Norvège - États-Unis (Mondiaux 2015, groupe B)

Les États-Unis, déjà vainqueurs en ouverture de la Finlande, s'attendent à un match tranquille face à la Norvège, qui a été baladée par les Russes. Ils maintiennent le prometteur gardien Connor Hellebuyck, alors que leurs adversaires font cette fois confiance à l'expérience de Lars Haugen.

Ils ne semblent pas mettre assez d'entrain face à des Norvégiens mieux entrés dans le match, au point de laisser le défenseur Ole-Kristian Tollefsen venir s'infiltrer jusque dans le slot. Les rouges mettent plus de gnac dans les duels. Sur un palet ainsi récupéré en zone neutre, Mathis Olimb initie le jeu de transition puis sert de relayeur à Ole-Kristian Tollefsen qui monte sur l'aile gauche et lance fort dans les bottes de Connor Hellebuyck. Le jeune gardien, héros hier, laisse un rebond à l'opposée dont profite Morten Ask en cage ouverte (1-0).

Peu pressés par des Américains toujours poussifs, les Norvégiens pourraient maîtriser cette avance... mais ils encaissent un but-double-gag. D'abord, tous les joueurs assistent, pour moitié en acteurs, pour moitié en spectateurs à l'affût, à un duel pour la conquête du palet le long de la bande. Lorsqu'il ressort dans l'axe, Justin Faulk arrive avec de l'élan, absolument seul, pour un lancer puissant. le gardien Lars Haugen fait l'arrêt mais n'arrive pas à contrôler le palet et se coordonne mal avec Ask qui veut lui rendre au lieu de simplement dégager. Dans la confusion, Trevor Lewis arrive alors pour marquer en cage ouverte (1-1).

HAUGEN Lars 140517 256L'égalisation ne semble pas perturber des Norvégiens toujours prêts à saisir la moindre opportunité, et à prendre autant de tirs que possible. Installés en zone offensive après une mise au jeu, ils y provoquent une pénalité de Nick Bonino. Chargé de mettre son gabarit devant la cage en avantage numérique, Andreas Martinsen n'arrive pas à utiliser les rebonds. Au retour au complet, un contrôle raté de Tollefsen en zone offensive offre un breakaway à Steve Moses, dont le revers est toutefoiss paré du bouclier par Haugen.

Dans ce match à erreurs, c'est au tour de Jack Eichel de se signaler par un accrochage en zone offensive après avoir perdu le palet, une pénalité à cheval sur la pause. Le gardien Connor Hellebuyck y a un réflexe décisif de la jambière face à Patrick Thoresen, parfaitement servi en retrait. On rejoint la pause à 1-1, et c'est la Norvège qui a dominé aux tirs.

Les États-Unis semblent décidés à réagir en deuxième période. Ils s'appliquent au moins à prendre des lancers et à chercher des déviations. Un jeu simple qui finit par fonctionner. Le tir du poignet de la ligne bleue de Torey Krug est touché en l'air par la crosse de Brock Nelson pour le 1-2.

Lars Haugen se replace à la vitesse de l'éclair en voyant que Nick Bonino a un angle de tir grand ouvert, mais en tentant le poke-check, il fait trébucher l'attaquant. Les Américains ne concrétisent pas cette supériorité numérique, mais essaient de prolonger le temps fort en intensifiant le forecheck pour la première fois ce soir. Leur capitaine Matt Hendricks le fait mal car sa charge atteint clairement la tête de Morten Ask : 2'+10'. En fait, les Américains dosent curieusement mal leur impact physique : ils rudoient des joueurs éloignés du jeu, mais laissent Patrick Thoresen entrer en zone offensive avec le palet au milieu d'eux sans le gêner...

Mathis Olimb n'est guère plus avisé en commettant un cinglage qui laisse son équipe à 3 contre 4 pendant une minute. Pas toujours en vue malgré une bonne conduite du palet indéniable, Jack Eichel trouve ce coup-ci une bonne passe pour Trevor Lewis dans le slot, mais son ailier tire dans la jambière gauche de Haugen.

NELSON Brock 140510 631Le "futur numéro 2 de draft" Eichel, dont on attend peut-être trop (sauver les Sabres de Buffalo à lui seul ?), n'agrémente toujours pas son bilan personnel : pénalité idiote avant la pause, perte de palet perdu qui gâche un powerplay en début de troisième période. 

Steve Moses, le petit gabarit des Jokerit, est lancé à pleine vitesse quand sa tête, baissée, heurte de plein fouet le coude immobile de Ole-Kristian Tollefsen, tourné de côté. Il en perd son casque, mais le mouvement venait plus de l'attaquant que du défenseur qui n'a pas amorcé le moindre geste. C'est sans doute la raison pour laquelle les arbitres ne sifflent pas de faute, même si, connaissant le sulfureux Tollefsen (et une précédente charge visant Eichel), on a toujours un doute sur son innocence...

Lars Haugen se fait une frayeur sur un tir vicieux de Trevor Lewis, qui le transperce et file doucement derrière lui, déclenchant un cri dans les tribunes, avant qu'il ne se retourne pour écarter le palet de la crosse.

Les Américains montrent aux coéquipiers de Tollefsen qu'ils peuvent être plus malins en provocation : Bonino donne deux petits coups de poing à Martin Røymark, qui réplique d'un coup de crosse énervé et part en prison. La Norvège survit difficilement à cette pénalité, mais il ne lui reste guère plus de cinq minutes pour espérer égaliser. Une mauvaise passe en zone défensive de Faulk donne le palet à Thoresen, mais les rouges n'arrivent pas à maintenir la possession.

À l'avant-dernière minute, Brock Nelson et Jack Eichel se procurent un 2 contre 1 et s'échangent le palet, mais Haugen détourne le tir de Nelson.

Roy Johansen sort son gardien pour terminer à 6 contre 5, mais il y a un tel encombrement de joueurs dans le slot que les Norvégiens ne savent même pas comment y envoyer le palet. Ils peuvent regretter de n'avoir pas été assez tranchants quand ils avaient des occasions, c'est-à-dire bien plus tôt dans le match, avant que les États-Unis ne prennent l'avantage et ne verrouillent le jeu, presque à l'allemande.

Les Américains ont finalement donné l'impression de gagner à leur main. La meilleure illustration en est peut-être Seth Jones : c'est censé être un jeune défenseur au potentiel physique monstrueux, mais à le voir évoluer, surtout comme organisateur du jeu de puissance, on a l'impression d'observer un calme vétéran qui joue "au métier" !

Désignés joueurs du match : Lars Haugen pour la Norvège et Connor Hellebuyck pour les États-Unis.

 

Norvège - États-Unis 1-2 (1-1, 0-1, 0-0)
Samedi 2 mai 2015 à 20h15 à la CEZ Arena d'Ostrava. 6301 spectateurs.
Arbitrage de Maksim Sidorenko (BLR) et Vladimir Sindler (TCH) assistés de Bevan Mills (CAN) et Rudolf Tosenovjan (TCH).
Pénalités : Norvège 12' (2', 6', 4') ; États-Unis 20' (4', 6'+10', 0').
Tirs : Norvège 23 (13, 7, 3) ; États-Unis 35 (10, 16, 9).

Évolution du score :
1-0 à 06'39" : Ask assisté de Tollefsen et M. Olimb
1-1 à 12'14" : Lewis assisté de Vesey
1-2 à 25'58" : Nelson assisté de Krug et Lewis


Norvège

Attaquants :
Mathis Olimb (2') - Morten Ask (2') - Patrick Thoresen (+1)
Andreas Martinsen (-1) - Ken Andre Olimb (-1) - Mats Rosseli Olsen (-1)
Martin Røymark (2') - Anders Bastiansen - Kristian Forsberg
Niklas Roest - Andreas Stene - Jonas Djupvik Løvlie

Défenseurs :
Mattias Nørstebø (-1) - Jonas Holøs (-1)
Ole-Kristian Tollefsen (+1, 2') - Mats Trygg (+1, 2')
Alexander Bonsaksen (-1) - Daniel Sørvik (-1)

Gardien :
Lars Haugen (2') [sorti à 58'57"]

Remplaçants : Lars Volden (G), Henrik Ødegaard, Robin Dahlstrøm. En réserve : Stefen Søberg (G), Stefan Espeland (D), Mathias Trettenes (A).

États-Unis

Attaquants :
Brock Nelson (+1) – Steve Moses – Nick Bonino (+1, 4')
Anders Lee (-1) – Mark Arcobello (-1) – Jeremy Morin (-1)
Jimmy Vesey (+1) – Jack Eichel (+1, 4') – Trevor Lewis (A, +2)
Matt Hendricks (C, 2'+10') – Dylan Larkin – Dan Sexton
Ben Smith

Défenseurs :
Torey Krug (+2) – Justin Faulk (A, +2)
Mike Reilly – Seth Jones
John Moore (-1) – Connor Murphy (-1)
Jake Gardiner

Gardien :
Connor Hellebuyck

Remplaçant : Jack Campbell (G). En réserve : Zach Redmond (D), Stefan Matteau (A, blessé).