Soirée cauchemardesque pour la France

Le match à ne pas perdre ! Et ce, pour les deux équipes... La tension est à son comble après les défaites de la veille.

IMG 1193Un premier tiers effroyable

La Suisse entame bien la partie et teste déjà Huet à plusieurs reprises, faisant reculer la France dans son camp. Une bonne remontée de palet de Claireaux permet aux Bleus d'obtenir leur première occasion, mais la déviation de Roussel file à côté. Pas plus de chance pour Stéphane Da Costa dans la continuité. Le jeu s'équilibre au fil des minutes. Les deux équipes ne prennent guère de risques et les espaces sont limités.

Les Bleus commencent à conserver le palet un peu plus, ce qui n'empêche pas Almond de tenter un slap du cercle, dévié hors cadre par Huet. Streit peine à maîtriser Teddy Da Costa le long de la bande et finit au cachot. Le jeu de puissance est un peu lent, mais une bonne montée de Teddy Da Costa gêne Genoni, qui laisse un rebond pris par Yorick Treille et sauvé du patin par Helbling. Puis, Roussel se bagarre sur un rebond et la Suisse se dégage de justesse. Au retour à cinq, Desrosiers remonte un palet et Fleury reprend en pivot : Genoni s'impose.

La bonne phase française s'interrompt après un cinglage de Teddy Da Costa. Huet sort la botte devant Josi, Janil contre un deuxième lancer du défenseur de Nashville avant que Huet ne parvienne à s'imposer dansle trafic. Les Suisses, trop agressifs dans le slot, sont sanctionnés.

IMG 1256À quatre-contre-quatre, Robin Grossman, bien démarqué, envoie un tir puissant en hauteur que Huet repousse. Un défenseur sort le rebond de justesse.

La courte supériorité ne donne rien, et, lorsque Stéphane Da Costa tente de remonter le palet, il chute, la jambe prise par Bodenmann, et laisse les Suisses à trois contre un. Auvitu lit bien le jeu et contre la passe. C'est sur cette action que Stéphane Da Costa se blesse : il tentera une présence plus tard, mais peine perdue. Le genou est touché.

Dans la foulée, Hollenstein concède deux minutes, pour une faute sur Meunier. Le jeu de puissance français cherche le tir d'Auvitu : un arrêt du bouclier, un tir à côté. Les Suisses bénéficient d'un rebond favorable et Josi file en contre, forçant Huet à se coucher.

À dix secondes de la fin de la pénalité, les officiels renvoient Sacha Treille au vestiaire pour un coup de coude : une décision sévère qui place en prime la Suisse en supériorité pour 5 minutes. Sur l'action, Sacha Treille dégageait le palet le long de la bande et, en finissant son geste, touche Helbling - qui venait dans son dos - au visage. Le Suisse est en sang, nez cassé : les officiels renvoient l'attaquant français au vestiaire.

Hollenstein, servi dans le dos de la défense, contrôle du gant, reprend sa crosse correctement et, en tombant à moitié, bat Cristobal Huet (0-1). Le jeu de puissance a donc fonctionné d'entrée, mais l'action est jugée litigieuse par certains observateurs, estimant l'action entachée d'un hors-jeu. Les images ne permettent pas vraiment de le juger, et, dans tous les cas, les officiels valident le but.

Les Français sont furieux après ces deux coups du sort. Roussel veut en découdre, prend une méconduite pour des mots adressés au corps arbitral et finit lui aussi au vestiaire après avoir jeté une gourde une fois sur le banc de la prison.

Les Bleus tentent de se poser, avec un temps mort de Dave Henderson, puis un superbe arrêt à bout portant de Huet, puis un second du bout de la botte, un troisième sur Brunner lancé à pleine vitesse. La défense française est bien en place et fait le dos rond. Il n'y a que 1-0 à la pause, et Dave Henderson doit espérer que les calamités cessent : un Stéphane Da Costa blessé, Sacha Treille renvoyé au vestiaire - injustement d'après la majorité des analystes, même suisses - et Roussel exclu à son tour.

Les Bleus tentent de s'en remettre

IMG 1295 But JosiLa France tue le reliquat de pénalité et tente de se regrouper calmement. La Suisse maîtrise désormais son jeu et la confiance se fait sentir. Josi slalome dans la défense, laisse Huet au sol et finit cage ouverte (0-2 - photo).

La France en est réduite à défendre. Une rare incursion offensive se termine par une pénalité contre Fleury, agacé par un mauvais geste suisse. La défense française résiste encore plutôt bien.

Wieser accrochant dans la neutre, la France reçoit une chance de revenir. Meunier s'y emploie en bon capitaine, avec une volée puissante, repoussée par Genoni. La France s'est bien installée, sans réussite, et un surnombre suisse prolonge finalement l'avantage. Malheureusement pour les Bleus, Ambühl contre une passe et démarre en contre-attaque. Hecquefeuille, pris sur son geste technique, doit l'accrocher. À quatre contre quatre, Fleury s'avance et expédie un missile... sur le poteau ! IMG 1259Puis, Manavian lance de la bleue sur une mise au jeu et Genoni sort la mitaine. Les Bleus s'installent plutôt bien : nouvel écran de Raux, le palet file à côté. Les Suisses démarrent alors en deux-contre-un et Huet, aidé de Manavian, parvient à éviter la catastrophe de justesse.

Les Bleus ne lâchent rien et tentent de reprendre le jeu offensif. Claireaux et Raux ne sont pas loin de combiner devant la cage et Genoni doit s'imposer brillamment pour compenser sa défense assez friable. Malheureusement, une erreur de communication entre Laurent Meunier et Teddy Da Costa coûte un surnombre. Félicien Du Bois teste Huet de loin, le portier français capte du gant. Les Bleus poussent la Suisse hors de la zone, mais Romy est servi dans le dos de la défense. Il faut un retour spectaculaire de Besch pour lui voler le palet du bout de la crosse. Les Bleus comptent deux buts de retard après quarante minutes...

Qui relancera les Français ? La disparition de la première ligne entière de l'an dernier doit faire émerger de nouveaux leaders dans cette situation difficile. Une faute suisse d'entrée offre une chance en supériorité, mais la France ne s'installe pas suffisamment. C'est même Walker qui obtient une excellente chance en récupérant un palet filant le long de la bande, créant un deux-contre-un. Son tir trouve la barre de Huet.
IMG 1423 But France 700Les Français combattent avec détermination. Janil tente un premier tir, dégagé. Deuxième offensive et les Bleus attaquent la cage. Raux trouve le palet qui traîne (1-2 - photo). La Suisse ne se montre guère dangereuse : Romy dévie bien un tir mais les attaques sont rares.

La France fait le jeu, s'arrache sur tous les palets. Fleury en remonte un et se crée deux chances de suite. Puis, Hecquefeuille reçoit une passe transversale de Lampérier et Genoni repousse. 1'05" à jouer et Huet sort pour un attaquant. Malheureusement, la mise au jeu et perdue et Brunner envoie une passe lobée vers Reto Suri, qui marque sans opposition (1-3).

Victoire suisse, sans vraiment briller ni convaincre. L'action qui a valu une expulsion à Sacha Treille reste litigieuse aux yeux de nombreux observateurs, français comme suisses, qui mettent en avant le caractère involontaire du contact. D'autres évoquent des hors-jeu sur le premier et le troisième but de la Suisse. Mais quoiqu'il en soit, les Bleus ont dû faire avec ces réalités : ce n'est pas passé, et la situation de l'opération maintien devient critique. Le match contre l'Autriche s'annonce déjà comme le match de la peur. Il se jouera sans doute sans Stéphane Da Costa, blessé au premier tiers-temps. L'état de son genou sera évalué lundi matin.

Désignés joueurs du match : Cristobal Huet (France) et Roman Josi (Suisse)

Commentaires d'après-match :

Yohann Auvitu (défenseur de la France) : "Encore une fois, nous avons été menés au score. On perd trois joueurs assez vite, mais on a eu une bonne réaction en troisième tiers. On a pêché dans le deuxième, pas assez forts mentalement. Il faut qu'on soit moins stupides, faire preuve de plus de maturité. On a manqué d'expérience sur ces décisions. Mardi, ce sera le match de la mort, mais il faut garder le positif de ce troisième tiers où on a vu une bonne équipe de France, qui n'était pas loin du 2-2. Genoni a fait un gros match et ça s'est joué sur des détails. Notre jeu de puissance n'a pas été performant, on a pas assez posé le jeu."

IMG 1193Damien Fleury (attaquant de la France, photo) : "Il a fallu faire sans plusieurs coéquipiers, on a plutôt bien fait. On mérite sans doute mieux, c'est frustrant, je tape le poteau... L'objectif ne change rien, c'est le maintien. On a grillé deux cartouches, mais il reste des points à prendre. On est capable de les prendre contre les gros. Pour l'instant, la réussite n'est pas avez nous."

Kévin Hecquefeuille (défenseur de la France) : "On a eu une belle réaction d'orgueil, on a joué jusqu'au bout. Il a manqué un petit quelque chose. Il faut regarder vers l'avant, oublier et rebondir. Il n'y a pas eu de réussite, on perd des joueurs clés. Mais la France a toujours fait des grands matchs dans l'adversité, à nous de ne prouver. L'arbitrage ? Il faut contrôler ce qu'on peut contrôler, les arbitres font leur travail, il faut faire avec et ne pas s'obstiner."

Yorick Treille (attaquant de la France) : "On a affronté beaucoup d'adversité en première période, mais on a ressenti beaucoup de solidarité des gars. On a perdu un gars sur blessure, puis il y a des décisions des arbitres, qui font leur travail et il faut savoir faire avec leurs décisions, quelles qu'elles soient. On avait les troupes pour passer, on a poussé et tout donné. Mardi, il faudra être capable de relever le défi. Forcément, on manque d'énergie sur le push à la fin. On a laissé des plumes à tuer les pénalités et avec le banc réduit. On ne lâchera rien contre l'Autriche, ce sera un gros match."

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "Nous perdons trois joueurs rapidement, et avons dû jouer à trois lignes. Les joueurs se sont battus tout le match, mais c'était difficile de garder le tempo. Je suis satisfait du travail, sauf que nous n'avons pas concrétisé nos occasions et nous devrons y arriver pour gagner enfin. Demain sera un jour de repos, pour se regrouper et être prêt pour l'Autriche. La perte des trois attaquants a été un handicap qu'on a pas réussi à combler. L'équipe a bataillé, a sorti les crocs et s'est créé des occasions. Leur gardien a fait de gros arrêts. Je suis fier de l'équipe, car dans la difficulté, elle n'a pas baissé les bras, comme à chaque fois. Nous sommes moins efficaces que l'an dernier, c'est cela qu'il faut rectifier. Demain, nous travaillerons pour trouver des solutions, pour forcer la chance à tourner. Il faut être plus efficace, plus opportuniste.

Le maintien ? Cela ne change pas : il reste cinq matchs, c'est la même chose tous les ans. Nous allons panser les plaies et revenir. On ne mesure pas le niveau du groupe A [Dave parle du groupe Elite] ; Les équipes sont toutes capables de bien jouer au hockey, et on sera prêts contre l'Autriche. On a l'habitude de jouer des matchs de la mort depuis onze ans, cela fait partie du sport, des difficultés. On a joué beaucoup de matchs à couteaux tirés. On l'a déjà fait."

Stéphane Da Costa ? Il sera évalué demain, par précaution il a reçu une attelle et nous attendons le diagnostic du staff médical. Il a reçu un coup au genou dans un cisaillement avec un autre joueur.

L'arbitrage ? Il y a eu plusieurs choses qui se sont produites... Mais nous ne pouvons pas perdre nos nerfs, il faut rester concentrés. La France a toujours été une équipe de tempérament, elle l'a montré ce soir, parfois dans le mauvais sens du terme. Les arbitres font leur travail, il faut l'accepter et accepter nos erreurs.

Roussel ? L'émotion a parlé, c'est un atout chez lui, son envie, sa combativité. Cela arrive chez des joueurs qui veulent bien faire. Il y a eu trois incidents avant qui ont fait ressortir les émotions. On va en parler et ça ira.

Le banc ? J'ai confiance dans tous les joueurs, sinon ils ne seraient pas là. Lampérier, Raux, Claireaux... ils sont allés de l'avant, c'est encourageant, mais ils ont joué leur rôle. Nous avons Anthony Rech de disponible selon les blessures et l'éventuelle suspension d'Antoine, mais comme c'est 10'+10' je ne pense pas. Nous sommes dans l'attente du rapport de match.

Demain ? Il y aura une réunion avec les joueurs et selon leur état de fraîcheur, un léger travail sur la glace ou non.

Glen Hanlon (entraîneur de la Suisse) : "Les deux équipes ont bataillé dur, ont tout donné. Les supporters n'ont ont fait se sentir comme à la maison, ce qui nous a beaucoup aidé. Nous avons un peu fait le même match qu'hier, sauf qu'il y a eu deux matchs au bout."

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France - Suisse 1-3 (0-1, 0-1, 1-1)
Dimanche 3 mai 2015, 20h15. O2 Arena de Prague, République Tchèque. 8780 spectateurs.
Arbitrage de Pavel Hodek (TCH) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Henrik Pihlblad (SUE) et Masi Puolakka (FIN)
Tirs : France 20 (5, 7, 8), Suisse 35 (15, 13, 7)
Pénalités : France 63' (57', 6', 0'), Suisse 12' (6', 4', 2')

Récapitulatif du score
0-1 à 15'36" : Hollenstein assisté de Brunner et Josi (sup. num.)
0-2 à 21'24" : Josi assisté de Fiala et Blum
1-2 à 48'31" : Raux
1-3 à 59'06" : Suri assisté de Brunner (cage vide)


France

Attaquants :
Antoine Roussel (10'+20') – Stéphane Da Costa – Julien Desrosiers (-1)
Sacha Treille (5'+20') – Laurent Meunier (C, -1) – Charles Bertrand (-1)
Yorick Treille (A, -1) – Teddy Da Costa (2', -1) – Damien Fleury (2', -2)
Loïc Lampérier ou Anthony Guttig (+1) – Damien Raux (+1) – Valentin Claireaux (+1)

Défenseurs :
Yoann Auvitu (-1) - Antonin Manavian (+1)
Kévin Hecquefeuille (A, 2', -2) – Nicolas Besch (-1)
Jonathan Janil - Florian Chakiachvili
Benjamin Dieudé-Fauvel (+1)

Gardien : Cristobal Huet
Remplaçant : Florian Hardy (G)

En réserve : Ronan Quemener (G), Teddy Trabichet (D), Anthony Rech (A).

Suisse

Attaquants :
Denis Hollenstein (4') - Kevin Romy - Damien Brunner (+1)
Kevin Fiala (+1) - Cody Almond (+2) - Reto Suri (+2)
Simon Bodenmann - Reto Schäppi (2') - Andres Ambühl (A)
Tristan Scherwey - Morris Trachsler (-1) - Julian Walker (-1)
Dino Wieser (2', -1)

Défenseurs :
Roman Josi (A, +1) - Eric Blum (-1)
Mark Streit (C, 2') - Félicien Du Bois
Robin Grossmann - Timo Helbing (+1)
Patrick Geering

Gardien : Leonardo Genoni

Remplaçant : Reto Berra (G). En tribunes : Timo Helbling (D), Daniel Manzato (G). Blessé : Dean Kukan (D)

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