Des Bleus déterminés

L'équipe de France était au repos aujourd'hui et s'est contentée d'une séance d'entrainement plus légère. Dave Henderson a surtout axé son discours sur les valeurs fortes de l'équipe : solidarité, combativité, confiance. Ce gros travail psychologique jouera un rôle majeur à la veille du match couperet contre l'Autriche.

Plusieurs joueurs ont été exemptés de cette séance d'entraînement. Cristobal Huet a été mis au repos, avec une simple séance hors glace. Il sera bien sûr titulaire contre l'Autriche. Stéphane Da Costa a lui aussi été dispensé de la séance : l'état de son genou rend toujours sa participation à la suite du tournoi très incertaine. Cependant, il devrait faire un essai avant le match de demain. Antoine Roussel n'a pas non plus participé à la séance. L'attaquant des Stars de Dallas avait été victime d'un tir sur la cheville contre l'Allemagne, qui avait perturbé sa préparation avant le match de la Suisse. Roussel était donc aux soins aujourd'hui.

Les joueurs et le staff nous ont accordé quelques instants d'interviews après leur séance d'entraînement.

Sacha Treille
La pénalité de la veille ?
Digéré, oui et non, mais de toute façon, il faut laisser cela derrière et aller de l'avant, pour être à 100% devant l'Autriche. J'ai surtout repensé à mon erreur d'il y a quatre ans... Là, cela nous coûte le match, c'est frustrant. Ceci dit, les arbitres ont plus ou moins avoué leur faute puisqu'il n'y a pas de suspension.
La recette contre l'Autriche ?
S'appuyer sur nos valeurs. Nous avons déjà vécu cette situation et, même quand ça allait mal, nous restions solidaires. C'est le hockey de niveau, ils ont des bons gardiens, des bons défenseurs et des bons systèmes de jeu. On a le talent pour marquer. Il faudra surtout un brin de chance.

DIEUDE FAUVEL Benjamin 140509 011Benjamin Dieudé-Fauvel
Sa saison outre-Atlantique...
J'ai fait un bon début de saison et j'ai été récompensé en étant rappelé en AHL, où ils m'ont fait confiance. Après, j'ai eu une blessure... Le staff de l'équipe de France a appelé mon entraîneur, le manager général, pour leur demander si je pouvais venir. Ils l'ont très bien pris, ont bien compris mon souhait et c'est très sympa de leur part. Ils ont jugé que c'était une super expérience de représenter mon pays.
La saison prochaine ?
Pour l'instant, je ne sais pas où je vais jouer. J'aimerai bien continuer là bas, ce sera peut-être un retour en Europe... Je ne sais pas encore.
Son deuxième mondial après Minsk ?
Maintenant, je sais comment cela se passe, je peux plus apporter la pierre à l'édifice.
Son style de jeu ?
Avant tout un travail défensif, avec le placement, les petits détails à la crosse, dans les coins, ne pas perdre les duels ; apporter du physique, ça j'aime bien. J'ai aussi un bon patinage.
L'Autriche ?
On a brouillé les cartes en perdant donc face à un rival direct, on n'a pas le droit à l'erreur. Nous avons travaillé en vidéo leurs sorties de zone, le power-play, le penalty-kill. Il faudra attaquer la cage, aller dans les zones dangereuses, gratter les palets. C'est notre jeu.

Laurent Meunier
Bien sûr, on est déçus, mais ce sont des choses qui arrivent. Les deux matchs étaients bons, maintenant il faut le laisser derrière et récupérer. Nous buvons beaucoup car il fait très chaud dans cette patinoire. Hier soir, beaucoup de soins, ce n'était pas facile de dormir après le match. Rien n'est perdu, il ne faut pas baisser la tête.
C'est sûr que c'est un coup au moral, mais il faut apprendre de ça et mieux gérer et penser avant tout à se maintenir. Contre l'Autriche, ça sera décisif pour la suite.
L'Autriche ?
Je connais bien l'entraîneur, je l'ai eu quatre ans à Straubing. Il n'y a pas de surprise sur le style donc, ils travaillent fort, agressifs, dur à jouer. Mais on a l'habitude. J'ai vu un peu des deux matchs, surtout le troisième tiers contre la Suisse. Il y a deux ou trois bonnes individualités NHL, rapides.
La situation au classement ?
Je l'avais dit avant, nous n'avons rien de donné, aucune marge de manoeuvre. L'an dernier, tout s'est déroulé à la perfection, là c'est le contraire, mais ça fait partie du sport. Il va falloir montrer notre caractère.
Les jeunes ?
Ils sont prêts, certains étaient déjà là en 2009 ou 2010 quand c'était compliqué. On est là pour les aider, les rassurer. Tout le monde est concerné, depuis le début et encore plus maintenant.


Dave Henderson (entraîneur de l'équipe de France)
Après le match hier ?
Nous avons fait pas mal de vidéo avec Pierre Pousse, des discussions pour rectifier des plans. On connait les tendances de l'Autriche, et on se réunit avec le staff deux ou trois fois par jour.
L'émergence d'Auvitu comme leader à 25 ans ?
Il est arrivé il y a quatre ou cinq ans, et c'est déjà un vétéran de l'équipe. C'est un joueur de qualité, qui a un rôle à Helsinki. Il apporte au vestiaire, et sur la glace, un rôle naturel.
Cristobal Huet ?
Il est au repos aujourd'hui, juste du hors glace. Cela permet de faire travailler Hardy et Quemener, pour les laisser dans le bain. Cristo est habitué à jouer beaucoup, et il joue même souvent mieux quand il joue beaucoup. Il suffit de voir sa longue saison régulière suivi des playoffs à Lausanne. Ce sont ses automatismes.
L'Autriche ?
Ils sont bien entrés dans le tournoi, en voulant montrer qu'ils avaient leur place dans le groupe A. Ils ne sont pas là par hasard. Il étaient prêts, ils méritent leurs résultats. Toutes les équipes de ce Mondial peuvent prendre des points n'importe quel jour. Aucun match ne se joue sur le papier ou le stylo d'un journaliste, tout se joue sur la glace.
Les forces de cette équipe ?
La discipline, quatre blocs, complets. Ils ont fait souvent l'ascenseur mais ont pris beaucoup d'expérience aux Jeux olympiques. Ils sont combatifs.
Le dernier mondial à Prague, en 2004, avait vu la relégation de la France...
À l'époque, nous étions mal rentrés dans le tournoi, en prenant un but après six secondes. J'étais deuxième assistant alors. C'est vrai qu'après les deux défaites cette année, on l'a en tête. Mais à l'époque, nous avions un objectif de quart de finale complètement irréaliste et le groupe a perdu espoir après le premier échec. Il faut savoir que faire un quart de finale à ce niveau, c'est TRES difficile, toujours. L'an dernier, il y a eu tous les éléments en notre faveur, le talent, la forme, la réussite. Et en 2004, nous avions un joueur majeur blessé, Laurent Meunier. Nous avions pris des gros scores. Cette année, les deux défaites ont été très serrées.