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Slovaquie – Norvège (Mondiaux 2015, groupe B à Ostrava)

À la lecture du classement, l'écart commence à être conséquent : la Slovaquie et la Norvège sont séparées de sept points au profit de la première citée. Pour autant, à l'heure où les deux formations s'apprêtent à en découdre pour le compte de la quatrième journée, les pronostics sont plus nuancés et l'on prévoit une rencontre équilibrée et disputée.

S'il est vrai que les hommes des fjords sont toujours bredouilles dans le tournoi, il convient de préciser qu'ils ont entamé leur programme par les trois gros poissons de la poule, à l'inverse de la Slovaquie qui a montré les plus grandes peines à venir à bout des équipes les moins bien armées. Par ailleurs, la Scandinaves ont bénéficié de deux jours de pause alors que les Slaves ont terminé leur match contre la Slovénie il y a moins de vingt-quatre heures.

Peu sereine et à la recherche d'une force de caractère collective, la Double-Croix, qui évolue pourtant comme chez elle à Ostrava, est paradoxalement plus dans l'obligation de marquer des points contre la Norvège en prévision des rencontres prochaines contre la Finlande, la Russie puis les États-Unis. Un contexte pesant qui n'est pas allégé par le staff technique qui évince de la feuille de match le capitaine d'alors, Tomáš Kopecký, au profit de Michel Miklík, laissé sur le banc contre la Slovénie. C'est Marián Gáborík, enfin soulagé de deux buts la veille, qui récupère le « C ». Pour une partie des commentateurs, cette mise au placard d'un cadre présage un gros malaise interne…

Ça commence mal pour les Slovaques, déjà amputés d'un élément : Milan Bartovič se rend coupable d'une charge contre la tête et hérite de 2'+10' de pénalité (01'27). Patrick Thoresen tente sa chance entre les deux cercles, Ján Laco est sur la trajectoire mais Andreas Martinsen reprend de suite le rebond à gauche : le gardien empêche le but en tendant la jambe droite (2'58). Mats Trygg trouve dans la foulée le poteau droit sur son slap envoyé avant le cercle droit. 

Daniel Sørvik retient la crosse de Gáborík et c'est au tour maintenant de la Norvège d'évoluer en infériorité (4'28). Fidèle à son habitude, la Slovaquie montre peu de mouvement sur son jeu de puissance et, hormis une reprise de Libor Hudáček mal cadrée (5'23), aucune occasion n'est à signaler. Les Norvégiens sont les plus en jambes, ils défendent haut et gênent efficacement leurs adversaires dans leurs transmissions en zone neutre.

Dans le coin droit slovaque, Niklas Roest parvient à servir Andreas Stene qui est cependant en retard sur sa reprise devant un Laco manquant de couverture (12'36). Tomáš Tatar accroche justement l'ailier norvégien (15'19) et les troupes de Roy Johansen posent leurs valises dans le camp slovaque. Mats Rosseli Olsen n'est pas loin de tirer profit du rebond de la frappe lointaine de Mathis Olimb, mais, malgré une cage grande ouverte, il ne parvient pas à cadrer sous la pression de la défense bleue (16'30).  

La Slovaquie tue son infériorité en obtenant une… supériorité : Tomáš Surový intercepte dans sa zone une mauvaise passe, s'échappe, conserve le palet en effectuant un tour de cage et se fait accrocher par Martinsen dans le coin gauche (17'21). Gáborík, à gauche, sert Hudáček, en attente sur la ligne de but, qui remet à son capitaine ; le rebond du tir du vainqueur de la Coupe Stanley 2014 est transformé par Surový qui trouve un maigre espace entre la jambière de Lars Haugen et le poteau gauche (1-0, 18'03). Pour la première fois du tournoi, la Slovaquie marque avant la 48e minute. Pour la première fois, elle ouvre le score. Pour la première fois, elle marque contre le cours du jeu.  

La Double-Croix enchaine immédiatement sur un avantage numérique après une crosse haute de Morten Ask (18'06). Bien plus active sur cette troisième opportunité, elle bouscule enfin la défense blanche, notamment sous les coups de boutoirs de Tomáš Tatar. Pour autant, le gardien norvégien veille au grain.

Le début du deuxième tiers-temps est à l'actif de la Slovaquie. Tomáš Jurčo intercepte une mauvaise relance de Haugen et, de derrière la cage, trouve Marek Viedenský qui pilonne de suite : le portier norvégien contient mal la frappe, le palet longe la ligne de but mais Jurčo, malgré un rush, ne peut pousser au fond, pas plus que Juraj Mikuš qui s'y prend à deux fois mais dont les tentatives sont contenues par Haugen (21'09). Qu'à cela ne tienne, le slap de Marek Ďaloga dans l'axe donne le break aux hommes de Vladimír Vůjtek sur l'action suivante (2-0, 21'29).  

Le rythme de la rencontre s'intensifie et le puck circule d'un camp à l'autre. Surový met fin à cet équilibre en accrochant Stene (25'20) et il ne faut qu'une poignée de secondes pour que le jeune défenseur Mattias Nørstebø, à peine 20 piges, réduise le score d'un missile envoyé dans l'axe (2-1, 25'40). Le ralenti montre que la rondelle ricoche d'abord sur le poteau gauche puis sur l'intérieur de la cuisse de Laco avant de terminer au fond des filets.

La Norvège reprend du poil de la bête après une reprise d'acte difficile. Pourtant, elle est de nouveau contrainte à tuer une infériorité lorsque Alexander Bonsaksen retient Gáborík en plein débordement sur la gauche (31'14). La résistance scandinave est efficace mais la Slovaquie se montre menaçante par Hudáček, hors cadre sur sa tentative dans le cercle gauche alors que Haugen est perturbé par le trafic (32'05) ou sur un rebond capricieux qui surprend le gardien mais qui est mal négocié par l'attaque slovaque (33'11). À forces égales, Tatar insiste dans le rond droit mais trouve le plastron de Haugen (34'17).

La formation des Tatras fait étrangement preuve de fébrilité et les cinq dernières minutes de la deuxième période sont synonymes de domination norvégienne. À la lutte en fond de zone avec Dominik Graňák, Martinsen trouve en retrait Rosseli Olsen dont la reprise se fraye un passage dans toutes les jambes présentes devant Laco, qui réagit légèrement trop tard pour éviter l'égalisation (2-2, 35'30). La Slovaquie a perdu son pécule de deux buts et ce qu'elle montre dans la suite du match n'augure rien de bon. 

Les premières secondes du deuxième tiers-temps avaient été slovaques, celles du troisième opus sont norvégiennes. Ďaloga est sanctionné d'une obstruction sur Haugen (41'30) et, comme sur la réduction du score, c'est Nørstebø qui se charge de châtier la Slovaquie en se replaçant dans l'axe avant de conclure d'une frappe imparable (2-3, 41'58). La Double-Croix est K-O.

Pour ne rien arranger à l'affaire, Andrej Meszároš, le héros slovaque de ce début de championnat, donne grossièrement un coup de bâton dans le bas du ventre de Martinsen et, pour ce vilain geste, encaisse une pénalité de match (47'08). Thoresen est dangereux dans l'enclave lorsqu'il oblige Laco à relâcher le rebond (49'32). Ça sent le roussi lorsque Ivan Baranka est sanctionné d'une charge dans le dos du même Thoresen qui entraine de fait son équipe à évoluer à trois contre cinq pendant plus d'une minute (51'00). Mathis Olimb lève trop sa frappe à droite et la rondelle frôle la transversale de Laco (51'40). La Slovaquie s'en sort on-ne-sait-comment !

La Norvège s'orient vers un succès mérité mais doit quand même être vigilante jusqu'au bout puisque la Slovaquie a un dernier power-play (faire trébucher de Sørvik, 56'33). Laco déserte sa cage une première fois, provoquant un surnombre de deux joueurs mais la pression bleue n'est pas assez soutenue pour faire plier Haugen, qui contient bien les ultimes assauts slaves.

Les Norvégiens cueillent leurs premiers lauriers de la compétition, la Slovaquie sa première défaite. Il semble que les deux équipes, certainement les mieux placées pour le quatrième ticket qualificatif, n'en ont pas fini de livrer bataille. À distance cette fois-ci.

Désignés joueurs du match : Marek Ďaloga (Slovaquie) et Mattias Nørstebø (Norvège). 

Réactions d'après-match 

Vladimír Vůjtek (entraîneur de la Slovaquie) : « Sur nos trois précédents matches, on a dû trimer pour l'emporter. Dans chacun d'eux, on a été menés et il a suffi de renverser la vapeur pour gagner. On s'était dit qu'une fois c'est nous qui devrions ouvrir le score et ce serait ainsi meilleur. Aujourd'hui, on a mené de deux buts mais on a malheureusement perdu. C'est pour nous un choc, et cela a brisé nos impressions des trois premiers matches. Pour le moment, on n'est pas à la hauteur, d'un point de vue psychique, d'une équipe qui évolue comme à domicile dans ce tournoi. »

Roy Johansen (entraîneur de la Norvège) : « Cela a été pour nous une confrontation très exigeante. On savait que les Slovaques avaient derrière eux trois rencontres difficiles et on espérait utiliser cet avantage en notre faveur. On a inscrit deux buts importants en supériorité. Marquer en avantage numérique était essentiel ce soir. On est toujours en jeu pour les quarts-de-finale. »

Marián Gáborík (attaquant et capitaine de la Slovaquie) : « On a mené pour la première fois au score. Et pourtant, on a commencé à jouer fébrilement et on a cédé. Les Norvégiens rentraient facilement dans notre zone. On doit corriger ça rapidement. Les Norvégiens ont une bonne équipe. On a gâché la situation, c'est difficile de jouer quand on est longtemps en infériorité. Ça nous a pris beaucoup d'énergie. »

Marek Ďaloga (défenseur de la Slovaquie) : « On a arrêté de jouer comme on aurait dû à 2-0. On n'a pas joué simplement, on n'a pas tiré au but. On a commencé à cogiter, on doit changer ça. On aurait dû s'accrocher à ce qui nous avait embellis dans les rencontres précédentes et qui nous avait permis d'inscrire les buts nécessaires. Le match était bien parti mais on n'a pas réussi le maîtriser jusqu'au bout. Maintenant, on a deux jours de repos, on va observer comment jouent nos prochains adversaires et se préparer à les affronter. »

Dominik Graňák (défenseur de la Slovaquie) : « Je ne pense pas qu'on ait sous-estimé les Norvégiens. On a bien joué jusqu'à 2-0 mais on a ensuite commencé à bêtement réfléchir et cela a changé la configuration du match. C'est dommage parce qu'on avait vraiment le match en mains. On a retourné le score en fin de partie dans nos trois premiers matches mais on ne peut pas toujours s'en remettre à ça. Et les forces aussi commencent à nous manquer, on ne peut donc plus attendre la fin de match. C'est quand on devait poursuivre notre pression qu'on a été pénalisés, et c'est devenu tout de suite plus difficile. Rien n'est perdu, tout est encore ouvert. »

 

Slovaquie – Norvège 2-3 (1-0, 1-2, 0-1)

Mercredi 6 mai 2015 à 20h15 à la ČEZ Aréna d'Ostrava. 8812 spectateurs.

Arbitrage de Daniel Stricker (SUI) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Jimmy Dahmén (SUE) et Rudolf Tošenovjan (TCH). 

Pénalités : Slovaquie 47' (14', 2', 31') ; Norvège 12' (6', 2', 4')

Tirs : Slovaquie 24 (8, 8, 8) ; Norvège 23 (6, 9, 8)

Évolution du score :

1-0 à 18'03" : Surový assisté de Gáborík et Hudáček (sup. num.)

2-0 à 21'29" : Ďaloga assisté de Mikuš et Tatar 

2-1 à 25'40" : Nørstebø assisté de Holøs et M. Olimb (sup. num.)

2-2 à 35'30" : Rosseli Olsen assisté de Ask et Martinsen 

2-3 à 41'56" : Nørstebø assisté de Thoresen et Jonas Holøs (sup. num.)

 

 

Slovaquie

 

Attaquants :

Marián Gáborík (C, -1) – Tomáš Surový (2', -1) – Libor Hudáček (-1)  

Milan Bartovič (A, 2'+10) – Mário Bližňák – Richard Pánik

Tomáš Jurčo (+1) – Marek Viedenský (2', +1) – Tomáš Tatar (2', +1)

Marko Daňo – Patrik Lušňák – Vladimír Dravecký  

Michel Miklík

 

Défenseurs :

Andrej Meszároš (A, 5'+20') – Dominik Graňák (-1)

Milan Jurčina – Michal Sersen (-1) 

Marek Ďaloga (2', +1) – Juraj Mikuš (+1)

Ivan Baranka (2') 

 

Gardien : Ján Laco [sorti de 58'07" à 58'48" puis de 59'11" à 60'00"].

 

Remplaçant : Július Hudáček (G). Non-utilisés : Branislav Konrád (G), Adam Jánošík (D), Tomáš Kopecký (A).

 

Norvège 

 

Attaquants : 

Morten Ask (2', +1) – Patrick Thoresen (A) – Mathis Olimb

Robin Martinsen (2'+2') – Ken Andre Olimb (-1) – Mats Rosseli Olsen

Mathias Trettenes – Anders Bastiansen (A) – Kristian Forsberg

Andreas Stene – Martin Røymark – Niklas Roest

 

Défenseurs : 

Jonas Holøs – Mattias Nørstebø

Mats Trygg – Ole-Kristian Tollefsen (C)

Alexander Bonsaksen (2') – Daniel Sørvik (2'+2')

 

Gardien :

Lars Haugen

 

Remplaçants : Lars Volden (G), Henrik Ødegaard (D), Robin Dahlstrøm (A). Non-utilisé : Steffen Søberg (G), Stefan Espeland (D), Jonas Djupvik Løvlie (A).