États-Unis - Danemark (Mondiaux 2015, groupe B)

Après avoir battu la Finlande et la Russie, les États-Unis se voyaient déjà trop vite premiers du groupe. Certains fans nord-américains commençaient déjà à évoquer une finale canado-américaine, allant peut-être un peu vite en besogne.

Battus par le Bélarus, les Américains se sont vus rappeler qu'il n'y a plus d'adversaire facile en championnat du monde. Ils peuvent toujours finir en tête de leur poule, mais ne doivent plus commettre d'autre faux-pas.

Si jamais le Danemark, qui n'a qu'un seul point, mettait un petit pécule de son côté, peut-être pourrait-il s'épargner un ultime match de la peur face à la Slovénie. Dans une équipe où aucun joueur ne dépasse 1 but inscrit, les débuts du meilleur marqueur de WHL Oliver Bjorkstrand, arrivé avant-hier, sont très attendus. Il prend place en deuxième ligne avec son frère.

FAULK Justin 120505 241Les défauts de repli défensif dénoncés au dernier match ne semblent pas réglés pour les Américains car les Danois ont un 2 contre 1, mais Mike Reilly intercepte la passe de Hardt. De fait, les meilleures occasions du début de match sont danoises. Le joker Oliver Bjorkstrand est tout près de marquer sur un rebond, mais Connor Hellebuyck signe in extremis un arrêt-réflexe de la jambière. Un lancer flottant de Jesper Jensen dans un angle impossible touche même la transversale !

Trevor Lewis fait trébucher Spelling en zone neutre et prend la première pénalité. Jesper Jensen déboule sur l'aile droite et centre pour la déviation dans le slot de Thomas Spelling, arrivé plus vite que les défenseurs. Hellebuyck ferme les bottes sur le palet et jette un regard derrière son dos, pas très sûr d'avoir fait l'arrêt. Toujours en supériorité numérique, deux Danois se gênent et se percutent dans l'enclave, Dylan Larkin hérite du palet et fonce en contre-attaque. Sur sa seule vitesse, le junior déborde complètement Jesper B. Jensen et parvient à repiquer dans le slot, mais Dahm réussit un bon poke-check.

Quand Oliver Bjorkstrand laisse traîner sa crosse dans la jambe de Faulk, c'est au tour des Américains d'évoluer en jeu de puissance. Sebastian Dahm capte de la mitaine le lancer balayé de Torey Krug, puis bloque le tir à mi-distance de Nick Bonino. Après une crosse haute de Kristensen, les États-Unis s'efforcent de plus masquer plus la vue de ce gardien et cherchent des déviations, sans succès. Juste avant la pause, le capitaine danois Morten Green repique dans le slot en mettant dans le vent Sexton, mais Reilly lui enlève le palet au moment crucial.

Cette première période achevée sans but a été équilibrée, et le Danemark semble plus en jambes et plus compétitif qu'au début du championnat.

Au début du deuxième tiers-temps, Trevor Lewis écope de sa seconde pénalité du match pour un geste d'antijeu particulièrement stupide : il a poussé la crosse tombée de Morten Green pour empêcher le capitaine danois de la ramasser. La boîte américaine, toujours emmenée par le prometteur Larkin, fait du très bon travail pour couper les angles de tirs et de passes pendant deux minutes.

Les Américains ont bien remarqué que Dahm lâche beaucoup de rebonds et lancent de plus en plus à la cage. Le défenseur Mads Bødker bloque parfaitement Arcobello dans le slot, mais la défense n'est pas toujours aussi bien placée sur les rebonds. Brock Nelson, meilleur marqueur américain dans ce tournoi, trouve ainsi la faille en faisant le tour de la cage (1-0). Vesey aurait pu ajouter un deuxième but du revers en suivant un premier tir de Ben Smith.

Les frères Bjorkstrand sonnent la charge pour égaliser : Oliver perce dans l'axe pour dévier une passe de Jesper B. Jensen, tandis que Patrick, échappé, se fait contrer par Justin Faulk revenu juste à temps. Enfin, Frederik Storm délivre une passe en or à Oliver Bjorkstrand, seul face au but. L'homme qui devait débloquer l'offensive danoise tire nettement à côté... Si ça peut le rassurer, Brock Nelson - qui compte jusqu'ici 4 buts en 8 tirs cadrés dans ce Mondial - ne sera pas plus efficace avec Dahm en grand écart et tout le haut du but ouvert : il tire dans le haut de la jambière...

Les États-Unis dominent la fin de période et font souvent le siège de la zone offensive. Une belle contre-attaque se présente aux Danois qui ont pris le palet devant Seth Jones, mais le grand défenseur revient lui-même contrer de la crosse le centre d'Oliver Bjorsktrand pour Jesper Jensen.

BODKER Mads 100516 299Le troisième tiers-temps s'ouvre par un lancer de Connor Murphy sur le poteau. Après moins de trois minutes, Oliver Bjorkstrand part en breakaway et se met sur son revers, mais sa tentative est détournée du bouclier par Connor Hellebuyck.

À la 45e minute, Dan Sexton, esseulé dans l'enclave, dévie un tir de Dylan Larkin... sur la barre transversale. Mais sur l'action suivante, ce même Larkin donne un cinglage dans la crosse de Hardt et part en prison. Les Danois installent leur jeu de puissance mais manquent un peu d'idées et de vitesse d'exécution, car les espaces ne vont pas s'ouvrir tout seuls dans une boîte américaine bien en place, même sans son habituel pilier Larkin.

Lancé par une longue passe, Oliver Bjorkstrand obtient son troisième face-à-face avec Connor Hellebuyck... qui maîtrise une fois de plus son tir. Après une pénalité danoise sans conséquence, le jeune gardien américain réalise encore une superbe parade de la mitaine face à Jesper B. Jensen, servi en retrait par Morten Madsen.

Plus on s'approche de la fin, et plus les défenseurs américains resserrent la défense en bloquant parfaitement leurs vis-à-vis. Connor Hellebuyck ne reçoit plus que des tirs lointains, et même l'excellente déviation de Hardt, qui visait l'espace entre ses jambières, ne le trompe pas. Les États-Unis confisquent le palet et le Danemark n'a plus qu'une minute pour jouer sans gardien. Mais il n'aura aucune position de lancer contre une équipe bien positionnée, qui sait défendre quand elle le veut et qu'elle ne se laisse plus emporter par ses élans offensifs.

Le Danemark a réussi son meilleur match du tournoi, et Oliver Bjorkstrand a réussi une entrée en matière remarquable chez les adultes. Il s'est créé d'innombrables occasions, et a tout fait sauf le principal : mettre un but. Même lui, avec ses 80 buts cette saison en junior majeur, a semblé contaminé par la disette offensive qui poursuit les Danois depuis deux championnats du monde. Leur maintien n'est donc toujours pas assuré, avant d'affronter une Norvège contre laquelle ils perdent toujours.

Désignés joueurs du match : Seth Jones pour les États-Unis et Oliver Bjorkstrand pour le Danemark.

 

États-Unis - Danemark 1-0 (0-0, 1-0, 0-0)
Vendredi 8 mai 2015 à 20h15 à la CZE Arena d'Ostrava. 8812 spectateurs.
Arbitrage de Pavel Hodek (TCH) et Konstantin Olenin (RUS) assistés de Rudolf Tošenovjan (TCH) et Bevan Mills (CAN).
Pénalités : États-Unis 6' (2', 2', 2'), Danemark 6' (4', 0', 2').
Tirs : États-Unis 41 (9, 18, 14), Danemark 21 (6, 6, 9).

Évolution du score :
1-0 à 27'54" : Nelson


États-Unis

Attaquants :
Anders Lee – Nick Bonino (2') – Jeremy Morin
Jimmy Vesey – Mark Arcobello – Ben Smith
Brock Nelson (+1) – Jack Eichel (+1) – Trevor Lewis (A, +1, 4')
Matt Hendricks (C) – Dylan Larkin – Dan Sexton

Défenseurs :
Torey Krug – Justin Faulk (A)
Mike Reilly (+1) – Seth Jones (+1)
John Moore – Connor Murphy
Jake Gardiner - Zach Redmond

Gardien :
Connor Hellebuyck

Remplaçant : Jack Campbell (G). Blessé : Steve Moses (A, bas du corps).

Danemark

Attaquants :
Morten Madsen (A, -1) – Julian Jakobsen (-1) – Nichlas Hardt (-1)
Patrick Bjorkstrand – Jesper Jensen (A) – Oliver Bjorkstrand (2')
Frederik Storm – Morten Green (C, 2') – Thomas Spelling
Morten Poulsen – Anders Poulsen - Kirill Starkov
Nicholas Jensen

Défenseurs :
Oliver Lauridsen - Daniel Nielsen
Jesper B. Jensen (-1) – Emil Kristensen (-1, 2')
Mads Bødker – Markus Lauridsen

Gardien :
Sebastian Dahm

Remplaçant : Patrick Galbraith (G), Kim Staal. En tribune : Simon Nielsen (G), Bjorn Uldall (D), Mathias Bau Hansen (A).