Les Russes toujours en course pour conserver leur titre

Les choses sérieuses commencent ! Au hasard de ce calendrier prédéfini, les quarts de finale de ces championnats du monde nous offrent quelques alléchantes affiches, notamment ce Suède – Russie.

La CEZ Arena est bien garnie pour ce remake de la demi-finale 2014 qui avait vu les Russes s’imposer 3-1 malgré la rapide ouverture du score (19 secondes) du Tre Kronor. À l’issue du tour préliminaire, ce sont les Suédois qui font figure de favoris pour avoir pris la deuxième place du relevé groupe A, tout juste derrière le Canada au parcours parfait. Il n’y a d’ailleurs que Team Canada qui aura su faire déjouer les hommes de Pär Mårts, au terme d’une rencontre pour le moins spectaculaire (4-6).

Pas de quoi faire douter la Russie pour autant : troisième du groupe B, la Sbornaïa n’a pas pour autant eu de crainte. Sa seule inquiétude, c'est qu'elle n’habille que 6 défenseurs après la blessure de Medvedev. Mais quid du réserviste Grigoriev par exemple qui est sur place ? Ou même d’Emelin qui aurait pu être appelé ? En fait un signal fort envoyé par la sélection qui mise sur le « tout Ovechkin ». Si la sélection se qualifie, c’est lui qui rejoindra le groupe et occupera la dernière place restante dans l’effectif. Son arrivée est déjà annoncée. Encore faut-il franchir l’obstacle du jour pour qu'il ne débarque pas pour rien !

ENROTH Jhonas 150509 928Le palet circule très rapidement des deux côtés de la patinoire en début de match, pour autant les occasions franches tardent à se présenter. Ce sont les Russes qui se montrent les premiers dangereux sur une grosse phase de jeu impliquant tour à tour Belov, Plotnikov et Shirokov devant la cage. Forsberg tente de donner du répondant mais Bobrovski capte le palet.

Ekman-Larsson inaugure le banc de pénalité pour avoir fait trébucher Shirokov. La force des joueurs d’Oleg Znarok en supériorité numérique dans ce tournoi est connue de tous, mais ce ne sera pas pour cette première puisque c’est même Eriksson qui a une opportunité. Seul Malkin en toute fin d’avantage vise la lucarne d’Enroth, mais le gardien des Stars de Dallas a le bon réflexe.

Le défenseur John Klingberg qui prend ensuite l’initiative mais son palet fait sonner le poteau russe. La période est plutôt équilibrée et les Suédois ont bien répondu à la possession russe des toutes premières minutes. Or ils se mettent en danger sur un énième surnombre dans ces championnats du monde, d’autant que celui-ci est flagrant. La Russie s'installe un peu plus que sur leur première possibilité quand Lindholm est à son tour pénalisé, offrant 48 secondes de double supériorité pour ses adversaires. Ils en ont besoin d’à peine une dizaine : Malkin propose une passe transversale à destination de Sergei Mozyakin qui est bien seul. Il a tout le loisir d’ajuster la lucarne (0-1, 10'51").

Scénario idéal pour les Russes, qui ne profiteront en revanche aucunement du reste de supériorité puisque Kulikov se fait sanctionner à son tour. À 4 contre 4, Enroth devant Mironov répond à Bobrovski devant Forsberg, tandis que la supériorité suédoise à venir ne donne rien. Et c’est bien dommage pour les jaunes car quelques instants plus tard, Tarasenko prend un lourd lancer depuis la ligne bleue. Tikhonov est au rebond et s’y reprend par deux fois avant que Shirokov ne pousse finalement le palet dans la cage. La vidéo est appelée car un coup de sifflet a été donné, mais celui-ci est intervenu après le franchissement (0-2, 16'01").

Cela va mal pour la Suède qui subit tout autant en fin de tiers-temps face à des rouges plus tranchants. Il faut une pénalité appelée contre Panarin pour faire respirer les Septentrions, bien que cela ne soit pas plus gage de réussite car l’équipe peine à présenter son jeu de puissance tandis que la sirène retentit.

KULYOMIN Nikolai 120520 399On joue depuis moins d’une minute dans la deuxième période que les choses prennent une tournure franchement problématique pour Mårts et les siens : sur une phase de jeu anodine, Kulyomin remet la rondelle à Malkin qui sort du banc. Ce dernier se retrouve avec le champ libre, il prend de la vitesse et triple la mise (0-3, 20'48").

Les Suédois ont pris un sérieux coup sur le casque, et leurs difficultés à la construction sont complétées par un déficit psychologique de plus en plus important. Le gardien Jhonas Enroth en fait les frais puisqu’il est déjà remplacé par Anders Nilsson. La frustration se fait ressentir notamment sur un brassage de masse devant la cage de Bobrovski. On repart avec une supériorité russe, et donc une occasion de réduire quasi à néant les espoirs de retour suédois, mais Nilsson réussit son entrée devant Tarasenko.

La Russie poursuit sa domination et en l’espace d’une minute, les trois montants suédois seront touchés par Kovalchuk (poteau gauche) et Plotnikov (poteau droit et transversale sur un même lancer). Ce petit grain de chance donne de l’espoir à leurs adversaires qui sortent enfin de leur coquille. C’est d’abord Oscar Möller qui bute sur le gardien des Blue Jackets. Une autre possibilité est offerte à la Suède quand Dadonov est appelé pour retenir. Si Möller échoue une nouvelle fois, il n’en est pas de même pour Klingberg qui hérite du puck, feinte la passe et tire du poignet dans la lucarne adverse (1-3, 31'01").

Les supporters jaunes et bleus se prennent alors à espérer une relance dans la partie. Anton Lander se présente immédiatement au gardien russe mais cette fois sans réussite. Möller est quant à lui une fois encore frustré par Bobrovski qui s’impose de la jambière, dans une rencontre qui s’emballe du fait que les Russes ne comptent pas se mettre en danger en subissant le jeu. Sur un palet gelé, on reprend à 4 contre 4 suite à un échange d’amabilités. Le moment choisi par Tarasenko pour se mettre en évidence, mais par deux fois la vigilance de Nilsson prend le dessus.

La Russie a repris la maîtrise de la rencontre, et la doublure suédoise a bien du travail. Ses coéquipiers tentent de répliquer en contre-attaque, et peuvent au moins se targuer de se créer toujours plus de situations que dans la première partie du match. Eriksson ou Rask ne parviennent à faire déjouer Sergeï Bobrovski, aux réflexes étonnants sur un lancer de Lindström dévié par Lander dans les dernières secondes.

KLINBERG John 150509 754La Suède n’a plus le choix, il lui faut remonter deux buts. Peut être que la pénalité de Tarasenko peut l'y aider. Et c’est en toute fin de power-play que la lumière de l’espoir jaillit : sur un lancer puissant de Klingberg, le portier russe intervient mais laisse un rebond pour Lander, qui profite du déséquilibre de Bobrovski pour relancer totalement la partie (2-3, 43'36").

Les 4 contre 4 ne sont pas franchement courants, pourtant se présente déjà la troisième situation de ce type. Les coéquipiers de Daniel Rahimi ne relâchent pas la pression, mais le jeu relève toujours plus de la bataille tactique que du hockey débridé. À ce jeu, la défense russe a des arguments à faire valoir, bien qu’il faille également une part de réussite (poteau de Rask) et un gardien rassurant, devant Ekman-Larsson puis Forsberg.

D’une manière générale, les Scandinaves prennent confiance en leurs chances véritables et portent de plus en plus le danger sur la cage opposée. Les lignes défensives russes réalisent une très grosse partie, mais au courage les jaunes vont réaliser l’exploit de remonter le déficit de trois buts : Lander au lancer, Eriksson à la déviation (3-3, 54'45").

Généralement, en pareil cas, le momentum bascule totalement et l’équipe qui a su revenir trouve alors les ressources pour remporter la partie face à un adversaire qui a perdu le fil. Mais décidément, cette rencontre n’a voulu répondre à aucune logique, et l’incroyable se produit : sur la remise en jeu, les Russes se projettent immédiatement vers l’avant, Malkin contrôle le palet sur le flanc droit quand il tente de remettre dans l’axe. Il trouve en chemin le patin du malheureux Ekman-Larsson qui dévie la rondelle sous les jambières de son gardien, 26 secondes après l’égalisation tant attendue par les siens (3-4, 55'11").

La Suède tente le tout pour le tout suite à ce coup du sort, mais elle s’expose aux contres adverses. Le temps mort est pris à deux minutes de la fin pour faire sortir le portier et créer le surnombre. Reste que la Russie fait encore parler son intelligence de jeu avec un palet intercepté et remis à Tarasenko dans la course. Ce dernier est accroché mais parvient tout de même à sceller le sort du match (3-5, 58'13").

Coup dur pour la Suède que cette élimination en quarts de finale, un stade de la compétition en deçà des objectifs de la sélection. Quant aux Russes, ils peuvent encore rêver d’une couronne mondiale à conserver. Pour ce faire ils devront se défaire des États-Unis en demi-finale, et pourront compter sur Ovechkin en chemin pour l’aéroport au coup de sifflet final.


Suède - Russie 3-5 (0-2, 1-1, 2-2)
Jeudi 14 mai 2015, 19h15 à la CEZ Arena d’Ostrava.
Arbitrage de Tobias Wehrli (SUI) et Vladimir Sindler (TCH) assisté de Vit Lederer (TCH) et Paul Carnathan (USA).
Pénalités : Suède 16' (6', 6', 4'), Russie 14' (4', 6', 4').
Tirs : Suède 28 (5, 13, 10), Russie 28 (12, 8, 8).

Évolution du score :
0-1 à 10'51" : Mozyakin assisté de Malkin et Tarasenko (double sup. num.)
0-2 à 16'01" : Shirokov assisté de Tikhonov et Tarasenko
0-3 à 20'48" : Malkin assisté de Kulyomin et Belov
1-3 à 31'01" : Klingberg assisté de Lander (sup. num.)
2-3 à 43'36" : Lander assisté d’Ekman-Larsson et Klingberg
3-3 à 54'45" : Eriksson assisté de Lander et Ekholm
3-4 à 55'11" : Malkin assisté de Mozyakin et Kulyomin
3-5 à 58'13" : Tarasenko (cage vide)


Suède

Attaquants :
Filip Forsberg (+1, 2') - Anton Lander (+1) - Loui Eriksson (2’)
Oscar Möller (-2) - Mattias Sjögren (-2, 2') - Joakim Lindström (-2)
Jimmie Ericsson (A, -1) - Victor Rask (-1) - Elias Lindholm (-1, 2')
Jacob Josefson (-1) - Joel Lundqvist (C) - Nicklas Danielsson
Simon Hjalmarsson

Défenseurs :
Oscar Klefbom (-3, 2') - Oliver Ekman-Larsson (A, -3, 4')
John Klingberg (+2) - Mattias Ekholm (+1)
Daniel Rahimi - Petter Granberg
Jonas Ahnelöv

Gardiens :
Jhonas Enroth puis à 22'30" Anders Nilsson [sorti de 57'53" à 58'13" et de 58'22" à 60'00"]

En tribunes : Andreas Thuresson (A), Staffan Kronwall (D, haut du corps).

Russie

Attaquants :
Artemi Panarin (-1, 2') - Vadim Shipachyov (-1) - Evgeni Dadonov (-1, 2')
Sergei Mozyakin (+2) - Evgeni Malkin (A, +3) - Nikolaï Kulyomin (A, +2)
Ilya Kovalchuk (C, -1) - Artyom Anisimov - Vladimir Tarasenko (+1, 2')
Sergei Shirokov (+1) - Viktor Tikhonov (+1) - Sergei Plotnikov (2')

Défenseurs :
Anton Belov (+1) - Yegor Yakovlev (2’)
Dmitri Kulikov (+3, 2') - Viktor Antipin (+2)
Maxim Chudinov (-1)  – Andrei Mironov (-1, 2')

Gardien :
Sergei Bobrovsky

Remplaçant : Anton Khudobin (G). En tribune : Konstantin Barulin (G), Evgeni Biryukov (D, fracture de la mâchoire), Danis Zaripov (A, épaule), Evgeni Medvedev (D, déchirure musculaire).