États-Unis - Russie (Mondiaux 2015, demi-finale)

Alors que le Canada s'est qualifié pour la finale, la deuxième demie a des allures de revanche, entre les États-Unis et la Russie.

IMG 0758Il est donc arrivé à Prague. Les Capitals de Washington ont été éliminés à l'issue du second tour des play-offs de la Coupe Stanley par les Rangers de New York, Aleksandr Ovechkin était donc libre de rejoindre la mère patrie. C'est lui-même qui a d'ailleurs téléphoné à Oleg Znarok, le sélectionneur n'ayant évidemment pas hésité une seule seconde. Ovechkin arrive et les médias russes ne cessent de lui coller ce statut de messie qui pourrait mener à bien la campagne de la Sbornaïa vers une deuxième médaille d'or en deux ans.

Mais en 2013, on se souviendra que l'arrivée tardive de "Ovie" n'avait pas empêché un naufrage en quart de finale 8-3 face... aux États-Unis. Et voilà donc de nouveau ces Américains, vainqueurs de la première confrontation en phase de groupe (4-2), en travers de leur passage. Mais cette fois-ci, l'heure est à la vengeance, Artemi Panarin annonçant qu'il voulait donner une leçon à "ces jeunes étudiants américains".

Néanmoins, s'il s'agit de l'équipe la plus jeune du tournoi, le Team USA entraîné par Todd Richards a bon nombre d'arguments à faire valoir, même si sa marche s'est ralentie depuis justement son succès face à la Russie.

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Si Ovechkin a pris l'avion pour Prague, les États-Unis ont également enregistré une arrivée en cours de tournoi, celle de Charlie Coyle. Le jeune attaquant du Minnesota n'a certes pas la même influence sur le jeu que peut avoir la superstar russe mais il est devenu un joueur très utile qui peut tout de même devenir décisif. Il a d'ailleurs inscrit un doublé aux dépens de la Suisse (3-1) qui a permis la qualification en demi-finale.

Irrégulière en 2013, la Russie semble néanmoins avoir trouvé un tempo cette année qui pourrait lui permettre de préserver son titre mondial. La troupe de Znarok a tout de même fait forte impression en évinçant la Suède en quart de finale, pourtant habituée au dernier carré. La contribution offensive est désormais homogène et tout ne repose plus seulement sur la ligne magique du SKA Saint Pétersbourg. Cela tombe bien car Evgeni Dadonov était incertain de disputer cette rencontre ! Finalement, il est bien présent, Valeri Konov, médecin en chef de l'équipe, précisant que son état n'était pas préoccupant et que, de toute façon, il avait six ou sept patients réguliers parmi les joueurs !

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Face à l'incontournable Sergei Bobrovsky se dresse Connor Hellebuyck, devenu titulaire durant ce tournoi au détriment de l'autre jeune gardien Jack Campbell. Hellebuyck, gardien de Ligue Américaine, possède des statistiques étonnantes avec à la fois le meilleur pourcentage d'arrêts de la compétition (94,4%) et la plus faible moyenne de buts encaissés (1,32). Saura-t-il tenir le choc ce soir face aux nombreuses flèches adverses ?

IMG 0900La Sbornaïa joue quasiment à domicile puisque les Russes ont profité du week-end pour venir nombreux à Prague. Et ils ont l'occasion d'acclamer rapidement Ovechkin, auteur du premier tir du match après à peine vingt secondes de jeu.

Dans les cinq premières minutes, la possession est russe avec de bonnes occasions de Panarin, Kovalchuk et Dadonov. Cependant, les États-Unis se montrent dangereux par Jimmy Vesey. L'attaquant de l'université d'Harvard voit son premier essai repoussé de la jambière droite de Bobrovsky, puis il échoue de quelques centimètres quelques minutes plus tard.

Sur cette dernière action, Vesey et les USA ont un lot de consolation : un premier jeu de puissance suite à un surnombre russe. Mais hormis quelques slaps de Justin Faulk, pas grand chose à signaler !

IMG 1053Les Américains, plus fringants qu'en début de match, tentent toutefois de conserver un rythme élevé. Steve Moses et Nick Bonino donnent quelques frayeurs au camp russe. On retrouve ensuite Ovechkin avec un tir balayé mais Hellebuyck ne se laisse pas impressionner.

Avant la sirène de ce premier tiers-temps, Malkin écopera de deux minutes de pénalité mais cela aurait pu être bien plus : Kulyomin réalise une excellente percée dans la zone américaine, Malkin échoue sur le rebond et assène un mauvais coup intentionnel à Jack Eichel. 

IMG 1052La faute de Malkin permet aux hommes de Todd Richards de commencer la deuxième période en supériorité numérique. Mais ceux-ci ne parviennent à en profiter, la faute à beaucoup d'approximations. Les États-Unis dominent toutefois ce début de tiers. Ne sont pas loin d'ouvrir le score Anders Lee, Steve Moses et Ben Smith. Mais ces cinq minutes de temps fort américain passées, ce sont au tour des Russes de se mettre en évidence.

Hellebuyck se fait même peur, il ne réussit pas à capter du gant un lancer lointain de Mironov et laisse un rebond dangereux mais sans conséquence à Tikhonov. C'est ensuite une passe-abandon d'Anisimov à Kovalchuk en contre-attaque qui sème la panique mais le papillon d'Hellebuyck est effectué à temps.

Il faut attendre la 31e minute pour voir le meilleur jeu de puissance du tournoi à l'oeuvre lorsque Torey Krug joue le puck avec Tikhonov alors qu'il a perdu son casque, ce qui est strictement interdit. Le Team USA frôle la catastrophe avec une mauvaise passe en retrait de Seth Jones, mais Panarin échoue de justesse dans la transmission devant la cage. Et malgré de bonnes combinaisons de Panarin, Dadonov, Shipachyov et Kovalchuk, les Américains s'en sortent.

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Et à la 34e minute, ces derniers vont se créer la meilleure occasion du match jusqu'à présent. Sergei Bobrovsky réalise un triple arrêt (photo ci-dessus) : d'abord face à deux essais successifs d'Eichel puis, couché, il repousse de la jambière gauche face à Anders Lee. Et Bobrovsky restera par la suite imperméable devant Reilly et de nouvelles tentatives de Jack Eichel. Cette dernière poussée est stérile : toujours 0-0 après 40 minutes de jeu.

Ce n'est pas une illusion d'optique : Malkin et Ovechkin reviennent ensemble sur la glace. Mais ce duo ne tiendra que quelques secondes. Et les États-Unis vont tenter de garder le même tempo qu'en fin de deuxième période. Slap de John Moore dans la mitaine, centre fort de Bonino, Bobrovsky reste vigilant.

IMG 1185 But MozyakinY compris devant une reprise de Moses devant l'enclave après un bon travail derrière la cage de Dylan Larkin. Mais ce même Larkin est malheureusement pénalisé pour une faute sur Panarin. Sans incidence, les Américains réalisant un travail remarquable en infériorité. Les minutes passent, toujours 0-0 et l'on commence à rêver dans le camp nord-américain d'une finale mondiale, la dernière datant de 1960.

Un rêve qui va s'écrouler dans le dernier quart d'heure. Le tir de Larkin est détourné de la botte par Bobrovsky, l'action se poursuit, Sergei Mozyakin réalise un excellent jeu de percussion en zone neutre, entre en zone offensive et frappe, la mitaine d'Hellebuyck est trop juste, le puck passe sous la barre (0-1, 47'17").

À la 50e minute, Malkin reprend de volée sur un service de Mozyakin, ce n'est pas cadré mais cela précède un nouveau temps fort de la Russie.

Les Américains ne semblent plus aussi sereins et cafouillent en zone neutre : Justin Faulk n'arrive pas à contrôler le puck, Ovechkin récupère, élimine l'opposition de Krug en armant son tir et frappe, Hellebuyck s'incline une seconde fois (0-2, 50'19").

Pour un retard de jeu, Brock Nelson concède une pénalité dans un mauvais moment. Mais, alors que Mozyakin se fait dangereux par une déviation puis une passe pour Tarasenko, Larkin reprend de volée après un bon jeu d'Hendricks derrière les filets. La pénalité est donc tuée par les Américains qui peuvent de nouveau pousser sur le but russe. Et c'est le poteau droit qui sauve même Bobrovsky lors d'un essai de Nelson.

IMG 1112La défense russe est toutefois attentive et va créer le K.O. Dans le coin, la défense américaine est défaillante, Kulyomin prolonge au poteau gauche vers Vadim Shipachyov qui bat Hellebuyck (0-3, 55'28").

Alors qu'il reste plus de quatre minutes au tableau d'affichage, Todd Richards tente alors un coup de poker en faisant sortir Hellebuyck pour un joueur de champ supplémentaire. Mais l'arrière-garde d'Oleg Znarok ne cède pas.

Evgeni Malkin et Aleksandr Ovechkin partent ensuite en direction de la cage vide, le revenant laisse le soin à Malkin de clore les débats (0-4, 58'35").

Ces jeunes Américains, les Russes les ont eus finalement à l'usure ! Plus expérimentés, plus constants dans leurs efforts et rompus à ce grand rendez-vous, les champions du monde en titre auront l'opportunité de défendre leur titre en finale face aux stars canadiennes. Une finale Canada - Russie, la dernière datait de 2009.

Désignés joueurs du match : Justin Faulk pour les États-Unis, Sergei Bobrovsky pour la Russie.

IMG 1250 But OvechkinCommentaires d'après-match

Ilya Kovalchuk (attaquant de la Russie) : "Une finale Canada - Russie, ça a toujours de l'allure. Ce sera très intéressant. Je pense que c'est un match excitant. Et je suis très excité !"

Aleksandr Ovechkin (attaquant de la Russie) : "Il est clair que Seryozha (Bobrovsky) est l'un des meilleurs gardiens du moment. C'était tout simplement impossible de le battre, il a montré aujourd'hui sa maîtrise et sa classe. C'est vraiment l'un des meilleurs gardiens au monde."

Jack Eichel (attaquant des États-Unis) : "Tout le monde a joué un bon match. Nous avons eu les occasions mais nous n'avons pu en profiter. Nous avons tous eu de bonnes chances de marquer."


États-Unis - Russie 0-4 (0-0, 0-0, 0-4).
Samedi 16 mai 2015 à 19h15 à l'O2 Arena. 14938 spectateurs.
Arbitrage de Tobias Wehrli (SUI) et Jyri Rönn (FIN) assistés de Jimmy Dahmén (SUE) et Bevan Mills (CAN).
Pénalités : États-Unis 6' (0', 2', 4'), Russie 4' (4', 0', 0').
Tirs : États-Unis 35 (10, 13, 12), Russie 30 (11, 10, 9).

Évolution du score :
0-1 à 47'17" : Mozyakin assisté de Bobrovsky
0-2 à 50'19" : Ovechkin
0-3 à 55'28" : Shipachyov assisté de Kulyomin et Mozyakin
0-4 à 58'35" : Malkin assisté d'Ovechkin

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États-Unis

Attaquants :
Anders Lee (-1) - Nick Bonino (-1) - Charlie Coyle (-1)
Ben Smith - Mark Arcobello (-1) - Jimmy Vesey
Brock Nelson (-2) - Jack Eichel (-4) - Trevor Lewis (A, -1)
Matt Hendricks (C, -1) - Dylan Larkin (-1, 2') - Steve Moses (-1)
Jeremy Morin

Défenseurs :
Torey Krug (-4, 2') - Justin Faulk (A, -3)
Mike Reilly - Seth Jones
John Moore jr - Connor Murphy
Jake Gardiner

Gardien :
Connor Hellebuyck [ sorti à 56'31" à 58'35"]

Remplaçant : Jack Campbell (G). En réserve : Alex Lyon (G), Zach Redmond (D), Dan Sexton (A).

Russie (2' pour surnombre)

Attaquants :
Aleksandr Ovechkin (+2) - Viktor Tikhonov (+1) - Sergei Plotnikov (+1)
Sergei Mozyakin (+2) - Evgeni Malkin (A, +2, 2') - Nikolaï Kulyomin (A, +3)
Artemi Panarin - Vadim Shipachyov (+1, 2') - Evgeni Dadonov 
Ilya Kovalchuk (C) - Artyom Anisimov - Vladimir Tarasenko
Sergei Shirokov

Défenseurs :
Anton Belov (+1) - Yegor Yakovlev (+1)
Dmitri Kulikov (+1) - Viktor Antipin (+1)
Maksim Chudinov (+2) – Andrei Mironov (+2)

Gardien :
Sergei Bobrovsky

Remplaçant : Anton Khudobin (G). En tribune : Konstantin Barulin (G), Evgeni Biryukov (D, fracture de la mâchoire), Danis Zaripov (A, épaule), Evgeni Medvedev (D, déchirure musculaire).

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