La défense gagne des titres

1938 : c'est la dernière fois que les Blackhawks de Chicago ont gagné la coupe Stanley à domicile. Lors des deux derniers titres, en 2010 et 2013, les hommes de Joel Quenneville s'étaient imposés sur les glaces de Philadelphie et Boston.

Les cinq matchs de la série se sont joués à un but d'écart et aucune équipe n'a mené de deux buts. Le Lightning n'a pas mal joué, a même souvent dominé, mais n'a pas su trouver la clé pour franchir le petit pas nécessaire à faire tomber cette équipe d'expérience. Les Hawks ne sont jamais aussi forts que dans ces matchs décisifs...

Les deux équipes conservent les mêmes effectifs qu'au match 5. Nikita Kucherov tient bien sa place après avoir manqué l'essentiel du match précédent sur blessure.

Un premier tiers serré

Tampa Bay entame avec énergie. Stamkos contrôle ainsi un palet derrière la cage et Filppula est tout proche de reprendre dans l'enclave. Puis, Palat récupère dans sa zone et envoie Kucherov en échappée... Oduya parvient à le reprendre avec brio sans coup de sifflet des officiels avant que le Russe ne puisse tirer au but.

Le rythme ne grimpe pas trop dans ces premières minutes : les deux formations restent relativement prudentes. Chicago laisse son adversaire créer le jeu pour mieux démarrer en contre et exploiter sa vitesse d'exécution. Une tactique risquée. Après huit minutes, Stamkos, lancé sur l'aile, trouve la barre. Sur l'attaque suivante, son centre est repris par Killorn et le palet file au ras du poteau. La bonne séquence s'interrompt pour une pénalité et Chicago tente d'installer son jeu de puissance, mais le Lightning travaille fort et tue la première minute en contrôlant. La deuxième est plus difficile. Hossa frôle la passe parfaite et Teravainen rate une cage ouverte, puis Hossa se heurte à Bishop. La pénalité s'achève et les Hawks ont repris la main. Brian Boyle concède dans la foulée une pénalité complètement stupide en frappant Kane sans palet le long de la bande. Deux minutes logiques pour ce mauvais geste.

La pression monte. Kane trouve Toews et le capitaine, genou au sol, trouve la botte de Bishop qui empêche le rebond de finir au fond des filets. Le capitaine lance une deuxième fois et le gardien sauve encore. La défense tient toujours, malgré cet avantage de 11-4 au tir pour l'équipe locale.

À deux minutes de la pause, Kucherov parvient à créer un décalage et Garrison voit le cadre se dérober à travers la foule. 0-0 après vingt minutes, la série reste toujours aussi serrée.

Un MVP débloque la situation

Une minute de jeu au deuxième tiers et Stamkos file en échappée, freine subitement devant Crawford qui s'étend... et ferme la porte de la jambière, rebond compris ! Le tir de Filppula qui suit glisse hors cadre et Chicago échappe à la correctionnelle. Deux minutes plus tard, Drouin déborde et Stralman ne peut reprendre devant une cage ouverte.

Le Lightning vendange depuis le début du match : moins de tirs, mais autant d'occasions franches. Le rythme s'accélère et le palet file d'un but à l'autre. Les défenseurs bloquent encore tous les tirs dans cette partie qui s'apparente de plus en plus à un bras de fer.

Il faut attendre la 37e minute pour que la partie se débloque. Chicago récupère dans sa zone et exploite un changement de ligne approximatif. Keith, servi dans l'axe par Kane, expédie un tir violent relâché par Bishop. Keith a suivi son action, échappe à Paquette et libère le public en prenant le rebond (1-0). Chicago enchaîne avec une action dangereuse de Desjardins, Shaw et Kruger, qui ne passent pas Bishop. La frustration de Tampa Bay transparait. Palat se fait sanctionner pour un coup de coude dans une mêlée près de la bande. Les Hawks se positionnent en attaque et Seabrook lance de la bleue... poteau, à neuf secondes de la pause. Shaw ne peut prendre le rebond, et le tir de Keith qui suit est sauvé. 1-0 à la pause : le supporters locaux, bouillants, n'ont plus que vingt minutes à tenir...

La défense et Crawford, irréprochables

La défense, point fort de Chicago, qui résiste encore dès la reprise. Occasion de Boyle, tir de Stralman bloqué par Shaw... Les visiteurs entament par un 4-0 au tir, avant que Hossa ne tente sa chance de loin. Les Rouges gèrent bien leur barque, solides dans leur placement défensif, attentifs. Le sens du sacrifice au duel impressionne. Le Lightning tente d'accélérer à mi-tiers avec une série de tirs, hors cadre.

Les Hawks attendent leur heure. À cinq minutes de la fin, un contre terrible s'enclenche. Saad intercepte et file sur le côté. Passe dans le dos pour Richards, qui s'infiltre et se présente seul devant le gardien. L'ex-MVP des playoffs 2004 avec Tampa fixe Bishop et passe vers Kane sur sa droite, qui fait mouche dans la cage ouverte (2-0). Le public respire et reste debout, dans l'attente du Graal. Le stress remonte un peu à 3'39" de la fin lorsque Desjardins se fait sanctionner. Palat, puis Kucherov échouent sur Crawford, en état de grâce. Bishop laisse sa place à un attaquant, mais la précipitation de ses équipiers le contraint à revenir dans son but pour un dégagement interdit. Fébriles, les visiteurs voient leur rêve s'envoler petit à petit, par maladresse. Ils passent plus de temps à éviter le but encaissé cage vide qu'à menacer Crawford, sous les vivas du public. Les joueurs de Chicago savourent ces dernières secondes : blanchissage pour Crawford, la coupe Stanley pour les Blackhawks !

Les joueurs de Joel Quenneville réalisent sans conteste leur meilleur match de la série pour s'offrir le titre. La défense et Crawford - qui n'a pris que deux buts en trois matchs décisifs, pour remporter son 45e match de playoffs, record de franchise de Tony Esposito égalé - ont assuré le travail aux moments clés de cette finale. Tampa Bay aura montré beaucoup de belles choses mais sérieusement manqué de réalisme. Leur attaque explosive n'a pas trouvé la solution, et, même si la défense floridienne a plutôt bien joué, cela n'a pas suffi.

Duncan Keith remporte le trophée Conn Smythe de meilleur joueur des playoffs, une décision unanime. Il est le neuvième défenseur à soulever ce trophée, avec 21 pts en 23 matchs (10e meilleur total de l'histoire) et plus de 31 minutes de jeu par match.

En face, Tyler Johnson révèle qu'il a joué la plupart de la finale avec un poignet cassé... Il finit meilleur marqueur (23 pts) à égalité avec Patrick Kane, qui avait manqué sept semaines de jeu de fin février à avril pour une fracture à la clavicule.

Kimmo Timonen prend donc sa retraite au sommet. Il soulève sa première coupe, tout comme Antoine Vermette et Andrew Desjardis, acquis à la date limite des transfers, et les rookies Scott Darling, Teuvo Teravainen et Trevor van Riemsdyk. Huit joueurs de Chicago soulèvent leur troisième coupe...

 

Chicago Blackhawks 2-0 Tampa Bay Lightning (0-0, 1-0, 1-0)
Chicago remporte la coupe Stanley, 4-2.
Samedi 13 juin 2015, 19h. United Center de Chicago, Illinois, Etats-Unis. 22424 spectateurs.
Arbitrage de Kelly Sutherland et Dan O'Halloran assistés de Shane Heyer et Pierre Racicot.
Tirs : Chicago 32 (13, 10, 9), Tampa Bay 32 (5, 12, 15)
Pénalités : Tampa Bay 4' (0', 2', 2'), Chicago 2' (0', 2', 0')
Mises au jeu : Chicago 42, Tampa Bay 20
Mises en échec : Chicago 32, Tampa Bay 56
Tirs bloqués : Chicago 25, Tampa Bay 12

Récapitulatif du score
1-0 à 37'13" : Keith assisté de Kane et Richards
2-0 à 54'46" : Kane assisté de Richards et Saad

 

Tampa Bay Lightning

Attaquants
Tyler Johnson - Ondrej Palat (A) - Nikita Kucherov
Alex Killorn - Valtteri Filppula - Steven Stamkos (C)
Brenden Morrow - Cedric Paquette - Ryan Callahan (A)
Brian Boyle - JT Brown - Jonathan Drouin

Défenseurs
Victor Hedman (A) - Anton Stralman
Jason Garrison - Braydon Coburn
Matt Carle - Andrej Sustr

Gardien : Ben Bishop (sorti de sa cage à 57'25")
Remplaçant : Andrei Vasilevskiy

Réservistes
Gardien : Kristers Gudlevskis
Défenseurs : Nikita Nesterov, Mark Barberio, Dylan Blujus, Anthony DeAngelo, Slater Koekkoek, Luke Witkowski, Jake Dotchin
Attaquants : Mike Angelidis, Yanni Gourde, Henri Ikonen, Jonathan Marchessault, Vladislav Namestnikov, Tanner Richard, Joel Vermin

Entraîneur : Jon Cooper.

Chicago Blackhawks

Attaquants
Brandon Saad - Jonathan Toews (C) - Marian Hossa
Patrick Sharp (A) - Brad Richards - Patrick Kane
Teuvo Teravainen - Antoine Vermette - Kris Versteeg
Andrew Shaw - Marcus Kruger - Andrew Desjardins

Défenseurs
Duncan Keith (A) - Brent Seabrook
Nicklas Hjalmarsson - Johnny Oduya
Kimmo Timonen - Trevor van Riemsdyk

Gardien : Corey Crawford
Remplaçant : Scott Darling

Réservistes
Attaquants : Bryan Bickell, Daniel Carcillo, Phillip Danault, Ryan Hartman, Joakim Nordstrom
Défenseurs : David Rundblad, Michael Paliotta, Ville Pokka, Michal Rozsival (fracture de la cheville), Viktor Svedberg, Kyle Cumiskey
Gardiens : Antti Raanta

Entraîneur : Joel Quenneville