Bilan NHL (1/30) : Buffalo Sabres

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Début de ce tour d'horizon par le bas de tableau : les Sabres de Buffalo.

En attendant Eichel...
La saison des Sabres de Buffalo ne fut qu'une longue attente jusqu'au tirage au sort de la loterie pour la draft... La franchise est en reconstruction évidente depuis plusieurs années. Après avoir multiplié les choix de draft plutôt réussis ces dernières saisons (Girgensons, Grigorenko, Ristolainen, Zadorov au premier tour), Buffalo s'attendait à une saison difficile. Cela n'a pas loupé : le début de saison a été aussi catastrophique qu'attendu.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
54 153 274 24,2 35,6 14,5% 75,1% 853 9-8 44,9% 37,5% 38,8%
30e 30e 29e 30e 30e 29e 30e 23e 19e 30e 30e 30e

Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

Points marqués
Buffalo entame par sept défaites en huit matchs et prend d'entrée les commandes du classement à l'envers. Une bonne série fin novembre masque mal les problèmes récurrents de l'équipe. Entre le 15 novembre et le 15 décembre, l'équipe est en pleine bourre et remporte 10 de ses 13 rencontres. Un feu de paille... Derrière, l'équipe enchaîne les défaites : une seule victoire en dix-neuf matchs, ne gagnant pas le moindre point en janvier.
Février est un peu meilleur, principalement parce que la défense resserre un peu les boulons, avec une bonne série aux environs des deux buts encaissés par match. Malheureusement, l'attaque ne suit guère. Les matchs au-delà de trois buts marqués se comptent sur les doigts d'une main...
Ted Nolan a eu beau stigmatiser dans la presse le manque d'engagement de ses jeunes joueurs comme de ses vétérans, les Sabres manquaient tout simplement de talent pour faire quelque chose dans une division Atlantique déjà relevée.
C'est fort logiquement que Buffalo s'est positionné en "vendeur" à la date limite des transactions. Plus intéressant, l'équipe a procédé à un mouvement d'envergure, cédant Tyler Myers et Drew Stafford, ainsi que l'ancien premier choix Joel Armia et le deuxième choix 2014 Brendan Lemieux, contre l'ailier Evander Kane et le défenseur Zach Bogosian, ainsi qu'un gardien prospect. Un mouvement qui arrangeait Winnipeg comme Buffalo, les deux équipes s'échangeant finalement leurs problèmes. La fin de saison a démontré que cet échange aidait finalement tout le monde. Myers et Stafford ont joué un rôle majeur dans le parcours des Jets, alors que Bogosian s'est installé en défenseur n°1 de Buffalo. Kane, blessé, fera ses débuts en 2015-2016. La dernière ligne droite a en outre permis à l'ancien premier choix du Wild Johan Larsson de s'installer. Acquis dans l'échange Pominville il y a quelques années, le Suédois a très bien fini l'année, en première ligne.


Une attaque en panne, une défense fragile
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Les Sabres n’ont réussi qu’un seul blanchissage cette saison et ont régulièrement encaissé plus de trois buts par match. Le terrible mois de janvier transparait bien dans ce graphique, et la bonne fin de saison portée par Anders Lindback également.

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Offensivement, les Sabres auront été blanchis à 14 reprises, et limités à un seul but à 23 reprises. Bien évidemment, c’est un sérieux handicap…


Gardiens

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Si la reconstruction a bien avancé chez les Sabres, le poste de gardien reste un chantier. Depuis le départ de Ryan Miller, l'équipe multiplie les essais, sans grande réussite. Jhonas Enroth et Michal Neuvirth ont été échangés à la date limite des transactions. Buffalo a fini l'année avec un duo complètement différent. Anders Lindback, excellent à Nashville au début de sa carrière, a déçu partout depuis. Il a rebondit correctement depuis son arrivée, mais n’apparaît pas pour autant comme une solution pérenne, pas plus que le vétéran Chad Johnson. Les prestations médiocres de ce dernier aux Islanders ont même poussé certains fans à se féliciter de son arrivée dans l'objectif de finir dernier... Blessé, il n’a finalement pas joué. Les jeunes Makarov et Hackett ont donc reçu quelques miettes.

Défense

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Le départ de Myers a été parfaitement compensé par Bogosian, plus physique. L'arrière affiche le plus gros temps de jeu en défense et les meilleures statistiques de possession de l'équipe.
Le reste est en chantier. Les deux membres de l’équipe-type du mondial junior 2014, Rasmus Ristolainen et Nikita Zadorov, poursuivent leur apprentissage. Le Finlandais a déjà bien progressé et s'annonce comme un futur grand, mais il a énormément souffert en possession. Ristolainen est dernier de toute la ligue pour la différence tirs pour/tirs contre avec -618 (le fameux « Corsi »). Zadorov a pour sa part plutôt bien fini la saison mais son attitude hors glace a parfois été critiquée.
Le vétéran Andrej Meszaros reste fragile, mais sa contribution offensive croissante en fin de saison pourrait se révéler utile à terme. En revanche, l'impact de l'expérimenté Josh Gorges reste décevant. L'ancien du CH a beaucoup joué dans son propre camp et a souvent été exposé par la vitesse adverse. Le rugueux Mike Weber a également été beaucoup critiqué. Quant à André Benoit, il a dépanné dans un rôle limité. Enfin, l'ancien premier choix Mark Pysyk a lui aussi pas mal souffert. Une bonne série de matchs a malheureusement été suivie d'un malaise à l'entrainement en AHL, qui a mis un terme à sa saison. Le joueur de ligue mineure Tyson Strachan a profité des blessures pour gagner en temps de jeu, mais a clairement montré qu’il n’était pas une solution.

Attaque

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La pire attaque de la ligue a rarement franchi le plateau des trois buts dans le même match. Les statistiques globales sont donc forcément très mauvaises. Matt Moulson a mené l'équipe aux côtés du petit Tyler Ennis. Le duo a produit comme il pouvait, bien esseulé. L'apport du jeune Johan Larsson en fin de saison a relancé les deux hommes et le trio a vu sa production croître. Larsson termine d'ailleurs avec un bon ratio de possession par rapport au reste de l’équipe. Le manque de profondeur de banc a cependant pénalisé les Sabres. Brian Gionta, Marcus Foligno ou Cody Hogdson n'ont guère produit. Ce dernier avait séduit aux Championnats du monde à Minsk, mais n'a pas du tout capitalisé ce bon passage. Il termine avec un bilan comptable misérable et de sérieux doutes. Gionta a peiné à porter le brassard de capitaine et termine avec ses pires statistiques en carrière. Le Letton Zemgus Girgensons, dont l'éthique de travail a toujours été un point fort, a progressé et joué un rôle plus important. Sa nomination au All-Star Game relève cependant des dérives du système de sélection : l’implication massive des supporters lettons l'a propulsé en tête des votes. Ceci dit, on voit mal quel joueur aurait correctement représenté les Sabres dans ce week-end de festivités... Girgensons a montré quelques bonnes choses, mais on peut s’interroger sur son réel potentiel. Il semble plutôt destiné à devenir un excellent centre de 3e ligne.
Le reste de l'effectif a plutôt sa place en AHL. Zac Dalpe, bourlingueur devant l'éternel, a tenté de faire son trou en fin de saison avec quelques prestations honnêtes. Le physique Nicolas Deslauriers n'a pas manqué un seul match. Parmi les leaders de la ligue en mises en échec, il aura au moins contribué dans cet aspect du jeu, aux côtés de la peste Patrick Kaleta, gêné par les blessures. Cody McCormick, Matt Ellis, Phil Varone, Tim Schaller ont bouché les trous. Brian Flynn, qui a plutôt séduit, a pour sa part été échangé à la date limite à Montréal, en compagnie de Torrey Mitchell. Chris Stewart a pris le chemin du Minnesota, juste après une séquence productive.
Enfin, Sam Reinhart, 2e choix de la dernière draft, aura disputé ses neuf matchs "gratuits", y montrant nettement le travail à accomplir. Le jeune attaquant, futur champion du monde junior, a semblé perdu à ce niveau de jeu et est loin d'être prêt.

Bilan

Une morne saison pour les supporters de Buffalo, qui n'ont réellement vibré que lors de la venue des Erie Otters dans leur arène le 22 octobre. Un match de Connor McDavid, cela fait rêver... Nombre de supporters arboraient d'ailleurs des maillots floqués au nom du prodige canadien. Ce dernier n’a pas déçu dans la victoire 8-4 (un but, trois passes).
Mais la 30e place ne laissait que 20% de chances aux Sabres de recruter le champion du monde junior. Raté : Edmonton a gagné la loterie et Buffalo a pioché deuxième. Ceci dit, Jack Eichel, joueur de l’année en NCAA et médaillé de bronze au Mondial senior à Prague, ce n'est pas si mal comme lot de consolation...