Bilan NHL (4/30) : Toronto Maple Leafs

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon en bas de tableau : les Maple Leafs de Toronto.

Une histoire de deux saisons

Toronto échoue une nouvelle fois à se qualifier en playoffs, repoussant encore plus loin le dernier titre de la grande cité canadienne (1967). Laminés en possession de palet, les Maple Leafs ont concédé bien trop de tirs, souvent dominés au poste de centre notamment. Au cours de l’été, Brendan Shanahan était arrivé aux commandes du club et entamé la reconstruction du staff. Il avait cependant conservé Randy Carlisle au poste de coach : si le début de saison s’est révélé correct, l’expérience a tourné court.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
68 211 262 29,2 33,5 20,6% 80,9% 823 8-8 49,0% 46,4% 46,2%
27e 24e 26e 22e 29e 13e 16e 19e 21e 20e 27e 27e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Le parcours des Maple Leafs de Toronto intrigue en effet au cours de cette saison 2014-2015. L’équipe débute les deux premiers mois dans le bon tempo, signant une modeste fiche de 5-4-1 en octobre, puis une bien meilleure en novembre avec 7 victoires, 4 défaites et 2 défaites après le temps réglementaire. Le mois de décembre est encore meilleur, avec une fiche de 9-6-0 renforcée par un excellent bilan à domicile : entre le 8 novembre et le 16 décembre, Toronto dispute dix-huit matchs, dont quatorze au Air Canada Center, et engrange treize succès, dont onze sur sa glace.
Tout se gâte à la fin décembre. Avec une série de neuf déplacements en dix matchs, Toronto s’écroule. Les déplacements s’enchaînent après cette date et les Leafs ne gagnent plus, la défense ne parvenant plus à protéger les gardiens. Après une série de huit défaites en dix matchs, Randy Carlisle, déjà sur la sellette au cours de l’été, est limogé et Peter Horachek est nommé entraîneur par intérim le 7 janvier. L’ex-coach AHL cherche à renforcer la défense, sans que les résultats ne suivent. Un effet pervers en découle : l’attaque tombe en panne. Portée par une première ligne Van Riemsdyk-Bozak-Kessel en feu en première partie de saison, Toronto n’arrive soudain plus à marquer avec ce changement tactique. Les Leafs dépassent rarement les deux buts dans un match et paraissent tétanisés hors de leurs bases : du 2 janvier au 8 avril, Toronto ne gagne qu’un seul match à l’extérieur sur... vingt-cinq ! Une fragilité qui coule l’équipe au classement. Les supporters rêvent soudain de Connor McDavid. Le staff choisit d’échanger une partie des vétérans pour accumuler les choix de draft : Winnik, Franson, Santorelli, Clarkson, Jokinen ou encore les joueurs secondaires comme Holzer, Brennan et Ashton sont priés d’aller voir ailleurs. La saison tourne à l’humiliation... Consolation : les Leafs parviennent à arracher l’entraîneur vedette, Mike Babcock, aux Red Wings, en espérant revenir au sommet l’an prochain...


Une défense en chantier, une attaque qui s’éteint

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Avec vingt-et-un matchs au-delà des quatre buts encaissés – et une fessée contre Nashville le 18 novembre, 9-2 – Toronto n’a pas vraiment brillé dans le secteur défensif. L’arrivée de Peter Horachek pour tenter de reprendre la situation en mains n’a guère eu d’effets... Toronto ne compte donc que deux blanchissages cette saison, contre Buffalo (28 octobre) et Dallas (23 décembre), et dix matchs avec un seul but encaissé. Finalement, le bilan d’Horachek n’est pas meilleur que celui de Carlisle. 41 matchs chacun et 128 buts encaissés sous l’ex-coach d’Anaheim, 134 pour le coach par intérim...

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L’attaque des Leafs s’est éteinte peu à peu au cours de la saison et la coupure du changement d’entraîneur est frappante sur ce graphique : le 7 janvier. 132 buts marqués sous Carlisle, 79 seulement sous Horachek : les deux coachs ont dirigé 41 matchs chacun. On peut donc clairement affirmer que le changement d’entraîneur n’était pas la bonne solution pour les Leafs.


Gardiens

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Toronto a fait confiance au même duo que l’an dernier, avec des résultats mitigés. Jonathan Bernier s’est emparé du poste de n°1 et a fait ce qu’il a pu, avec des statistiques en milieu de tableau. En revanche, James Reimer n’a pas trop brillé en tant que remplaçant. Les deux hommes ont de toute façon subi beaucoup de tirs et n’ont pas vraiment été aidés dans leur travail.


Défense

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Toronto a cherché toute la saison la bonne combinaison sans jamais la trouver. Le meilleur arrière du lot a sans doute été Cody Franson, qui a finalement été renvoyé d’où il venait – Nashville – à la date limite des échanges... Le vétéran et capitaine Dion Phaneuf a fait l’objet de rumeurs de transferts toute la saison et a connu une saison difficile, avec seulement trois buts, bien loin de son record de carrière au-delà des 20 ! Malgré tout, il a été utilisé dans toutes les configurations et a fait du mieux possible, compte tenu de la variété de partenaires qu’il a du gérer. Jake Gardiner n’a pas non plus été épargné par les rumeurs et s’en sort curieusement assez bien en terme de possession, malgré un ratio +/- calamiteux. L’avenir de l’équipe, c’est le jeune Morgan Rielly. Il réalise une saison relativement aboutie, menant les arrières en buts avec un temps de jeu conséquent, même si le staff lui a donné des situations favorables : il n’a par exemple guère joué en infériorité. Roman Polak a pour sa part apporté du physique avec pas moins de 225 mises en échec en 56 matchs. L’expérience de Stéphane Robidas et d’Eric Brewer ne se sont pas révélées décisives, même si l’ancien de Dallas a plutôt bien joué. Enfin, les Leafs ont complété avec une série de joueurs venus d’AHL. L’ancien premier choix Stuart Percy, qui avait gagné sa place au camp, n’obtient finalement que neuf matchs, avec quelques pépins physiques. Petter Granberg en obtient sept. Les deux jeunes devraient postuler à bien plus la saison prochaine, car leurs débuts promettent beaucoup.


Attaque

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La première ligne a porté sur son dos toute l’équipe, calant après la mi-saison. En feu au début, Kessel ne signe finalement « que » 25 buts et 61 pts - dont seulement 20 sur les 44 derniers matchs, avec un piteux ratio de -34. Il n'a pas été ménagé par la presse et les supporters, qui ont mis en cause pêle-mêle : hygiène de vie, préparation insuffisante, mauvais contacts avec les médias, manque de jeu physique, de repli défensif...
Ses deux compères de ligne, James van Riemsdyk et Tyler Bozak, se situent dans les mêmes eaux comptables, tant offensivement que défensivement... Dans cette Bérézina, Nazem Kadri ne s’en sort pas si mal. Son bilan offensif reste loin de son récent record, mais il a assurément progressé défensivement, avec le meilleur ratio de possession de l’équipe. Il n’a pourtant pas été aidé en deuxième ligne, avec une litanie de tests plus ou moins efficaces. Mike Santorelli, Daniel Winnik et David Clarkson n’ont pas fini la saison au club et Kadri a du se contenter de joueurs de bancs ou d’AHL... Leo Komarov a lui bien débuté avec 16 pts en 23 matchs, avant de subir une commotion. Joffrey Lupul, avec seulement 2 pts sur les 26 derniers matchs, n'est plus que l'ombre de lui-même. L’acquisition de Richard Panik a fait du bien, mais le club espère que Peter Holland confirmera, de même que le petit Brandon Kozun - blessé à la cheville après avoir gagné sa place au camp -, le grand Josh Leivo ou l’ex-star universitaire Casey Bailey, arrivé en fin de saison. Le gros problème de Toronto donc, c’est la contribution des troisième et quatrième lignes, particulièrement anémique.

Bilan

Brendan Shanahan a du se résoudre à continuer une reconstruction qui n’allait pourtant pas de soi mi-décembre. Installés dans le top-8, les Leafs ont encore une fois craqué dans la deuxième moitié de saison et tous les problèmes récurrents de l’équipe sont apparus : un poste de gardien fragile, une défense de bric et de broc, une attaque déséquilibrée, accentués par un coaching instable et des rumeurs d’ambiance délétère dans le vestiaire. Capitale médiatique du Canada, Toronto n’épargne pas ses vedettes – notamment Kessel et Phaneuf –, et créer une rumeur de transfert constitue un sport national. Le staff poursuit malgré tout sa mue, avec l’arrivée de Mike Babcock à l’intersaison, ponctuant un remaniement complet de l’organigramme. L’effectif suivra dès cet été...