Bilan NHL (7/30) : Philadelphia Flyers

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon en bas de tableau : les Flyers de Philadelphie.

Une équipe moyenne

La saison dernière, les Flyers s’étaient qualifiés de justesse en playoffs, avec une possession de palet moyenne. Cette saison, cela n’a pas suffi et Philadelphie termine à dix longueurs de la qualification. Le gros problème de l’équipe fut incontestablement sa profondeur de banc. L’attaque s’est appuyée sur un duo en feu – Giroux-Voracek – et un très bon Simmonds, mais il n’y avait pas grand-chose derrière. Du coup, les Flyers ont produit en supériorité, mais quasiment pas à égalité numérique. Pour couronner le tout, le bilan catastrophique en fusillade (3 victoires, 11 défaites) a plombé les chances de playoffs. En cause également, l’indiscipline, et surtout l’incapacité à tuer les pénalités, avec l’un des pires bilans de la ligue dans cet exercice. Craig Berube a donc été remercié en fin de saison : Ron Hextall aura du pain sur la planche cet été.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Fusillade
(V-D)
Mises au jeu Corsi Fenwick
84 215 234 29,4 30,3 23,4% 77,1% 833 3-11 51,1% 49,4% 48,9%
24e 22e 24e 21e 23e 3e 27e 20e 17e 13e 19e 20e

Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Après un mois d’octobre disputé en mode diesel (quatre victoires, quatre défaites et deux fusillades perdues), Philadelphie prend du retard à cause d’un mois de novembre raté, perdant dix des onze matchs disputés entre le 14 et le 3 décembre. Le regain de forme en décembre et janvier suffit à peine à revenir dans le peloton des poursuivants. La fracture de la jambe de Wayne Simmonds plombe les chances de l’équipe, juste après une série de neuf défaites en onze matchs entre le 7 et le 28 mars. Au final, l’équipe a perdu pas moins de 18 matchs après le temps réglementaire, nouveau record d’équipe, dont onze en fusillade.

L'inconstance comme marque de fabrique

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C’est surtout en début de saison que la défense des Flyers a souffert. Avec l’aide d’un Steve Mason revenu à un bon niveau, les Flyers resserent petit à petit la défense et termine mieux l’année. Cependant, on ne compte qu’un seul blanchissage, contre Toronto le 21 janvier, et 36 matchs à deux buts encaissés ou moins.

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L’attaque des Flyers a connu de grosses difficultés en décembre. La fracture de Wayne Simmonds, touché par un tir de son coéquipier Mark Streit, le 26 mars, s’est nettement vu en avril, mais l’équipe peinait déjà à marquer depuis mi-janvier. Blanchie à six reprises, l’offensive de Philadelphie a montré beaucoup d’inconstance.

Gardiens

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Ce fut la saison de la renaissance pour Steve Mason. L’ancien rookie de l’année signe la meilleure saison de sa carrière, avec 2,25 buts encaissés en moyenne (2,29 en 2009) et 92,8% d’arrêts (record à 91,6%). Mason a donné une chance de victoire à son camp tout au long de la saison et brille en Pennsylvanie : 90,3% d’arrêts en 232 matchs avec Columbus, mais 92,3% en 119 matchs à Philly ! Le souci est venu de ses remplaçants. Le vétéran Ray Emery n’a pas convaincu et, par le jeu des petites blessures, les Flyers ont même été contraint de faire appel à Rob Zepp. Le portier a fait ses débuts NHL à 33 ans après sept saisons en Allemagne.

Défense

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La défense des Flyers est apparue relativement moyenne. Le vétéran Mark Streit a montré ses limites défensives, mais reste précieux par son apport offensif, notamment en supériorité, signant son plus haut total depuis 2009. Michael Del Zotto cherchait à se relancer : hormis ses déboires sur les réseaux sociaux, il a plutôt satisfait sur la glace, évoluant dans toutes les situations et terminant avec dix buts, dont quatre gagnants. Le reste des lignes arrières se composait de défenseurs purs. Luke Schenn est sans doute un peu trop cher payé, mais il a fait son travail de façon correcte, surtout en deuxième partie de saison, de même que Nick Schultz. Nicklas Grossman reste limité et a vu son temps de jeu diminuer sur la fin, alors que Andrew MacDonald, signé à prix d’or (6 ans, 30 millions) l’été dernier, n’a pas vraiment emballé la foule, au point qu’il a même été plusieurs fois aperçu en tribunes… Philadelphie aurait bien aimer lancer l’espoir Shayne Gostisbehere, au potentiel offensif considérable, mais il a connu une saison noire : touché au genou dès novembre, il n’a pas rejoué de l’année. L’échange de Braydon Coburn à Tampa Bay à la deadline a libéré la place pour Carlo Colaiacovo, aux prestations honnêtes dans un rôle limité, et pour l’acquisition Radko Gudas, 24 ans et au jeu particulièrement physique. Philadelphie a aussi permis à Kimmo Timonen de finir sa carrière à Chicago, sur une victoire. Au final, Ron Hextall dispose d’une défense limitée, vieillissante et très ordinaire. Fort heureusement, le système accueille de solides espoirs comme Travis Sanheim ou Samuel Morin.

Attaque

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Philadelphie a plus ou moins attaqué à deux joueurs… Jakub Voracek a franchi un sérieux palier en tournant à un point par match et termine dans la première équipe étoiles de la NHL. Une récompense pour le cinquième meilleur marqueur de la ligue, troisième en supériorité et deuxième passeur. Son compère idéal fut le capitaine Claude Giroux, arme fatale de la NHL en supériorité numérique, dixième passeur et douzième pointeur. Les deux hommes ont laminé l’opposition en possession de palet. L’inconvénient, c’est qu’ils se sont trouvés bien seuls. Si Wayne Simmonds a très bien complété leur travail en supériorité, planté dans l’enclave, il a manqué un ailier gauche au duo. L’Autrichien Michael Raffl a souvent été aligné et, si ses statistiques de possession s’en ressentent et qu’il a plutôt bien fini les actions (21 buts), il n’apparait pas comme une solution de haut vol. Le coach Craig Berube a en revanche beaucoup testé sur les deuxième et troisième lignes, la faute à une saison catastrophique de Vincent Lecavalier. L’ex-star du Lightning, 35 ans, a même été mis en tribunes pour la première fois de sa carrière, avec au final son plus bas temps de jeu et son plus bas total de points. Le tout pour 4,5 millions… Pas mieux pour RJ Umberger, 33 ans, dont le retour de Columbus contre Scott Hartnell lors de la dernière intersaison n’a pas vraiment apporté les résultats escomptés puisqu’il signe son plus bas total en carrière. Les deux vétérans, ainsi que le rapide Matt Read, terminent sous la barre des dix buts, bien loin de leur meilleur niveau. Read, habitué à 15% au tir, ne compte que 5,6% cette saison. Du coup, les jeunes Brayden Schenn (23 ans) et Sean Couturier (22 ans) ont grimpé d’un cran dans la hiérarchie et commencé à produire un peu plus. Couturier a reçu un rôle principalement défensif, notamment en infériorité et face aux meilleurs trios adverses. Pas évident dans ces conditions de produire en attaque. En quatrième ligne, les Flyers se sont principalement appuyés sur Chris Vande Velde et Pierre-Edouard Bellemare. Le premier, très rapide, a fini sur la troisième ligne. Quant au Français, son apprentissage de la NHL a débuté par un rôle majeur en infériorité numérique et pour contrer les tirs. Bellemare a suffisamment convaincu le staff pour décrocher en fin de saison une prolongation de deux ans. A lui de travailler au cours de l’été pour améliorer ses points faibles : physique, mises au jeu, efficacité au tir. Ryan White a pour sa part reçu un temps de jeu croissant vers la fin de saison, en tant que bon petit soldat des lignes d’énergie. Enfin, le teigneux Zac Rinaldo n’a pas servi à grand-chose, hormis recevoir une suspension. Les Flyers ont complété leur groupe par quelques espoirs, tels l’ex-premier choix Scott Laughton, ou encore Petr Straka, Nick Cousins et Jason Akeson. Ce dernier est en fin de contrat et ne reviendra pas, mais les trois premiers lutteront sans doute pour une place de titulaire.

Bilan

Les Flyers échouent donc à nouveau en playoffs, mais pour des raisons différentes de l’an dernier. Cette fois, le poste de gardien titulaire fut le poste fort de l’équipe. Mais Mason ne pouvait pas tout faire. La défense reste limitée, peu mobile et vieillissante. L’attaque, explosive sur la première ligne, se repose trop sur le jeu de puissance et manque singulièrement de profondeur de banc. Le bilan de la première saison de Ron Hextall reste donc mitigé, mais, à sa décharge, il était un peu limité par les gros contrats offerts par ses prédécesseurs. L’été servira sans doute à libérer de la masse salariale et à construire patiemment une franchise qui doit retrouver des ambitions, après deux saisons dans le ventre mou.