Bilan NHL (8/30) : Columbus Blue Jackets

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon en bas de tableau : les Blue Jackets de Columbus.

La Croix-Rouge de Columbus

502 matchs. Si l’on cumulait les matchs manqués sur blessure par des joueurs des Blue Jackets de Columbus, 502 serait l’effarant total. Six blessures au genou, cinq commotions, quatre grippes, trois doigts cassés, deux fractures de fatigue au dos, un problème cardiaque, une infection à la main, des problèmes au biceps ou à l’aine... Jusqu’à onze titulaires sur le flanc en même temps ! Certes, Anaheim a manqué de peu le titre de saison régulière malgré une troisième place à ce classement des infirmeries, mais Columbus ne disposait certainement pas de la même profondeur de banc ni de la même expérience. Malgré un bon jeu de puissance et beaucoup d’efficacité en fusillade, Columbus a pêché défensivement et par indiscipline. Equipe montante à l'Est avec un premier tour de playoffs convaincant en 2014, les Jackets espéraient confirmer. Il leur faudra attendre un an pour cela, mais la fin de saison en boulet de canon laisse tout de même de bons espoirs...

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Fusillade
(V-D)
Mises au jeu Corsi Fenwick
89 236 250 28,9 33,4 21,7% 80,2% 978 9-2 49,3% 47,3% 47,1%
23e 11e 25e 24e 24e 5e 23e 28e 2e 17e 25e 25e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Après une brillante pré-saison (une seule défaite), Columbus attaque en confiance, fort de sa qualification en playoffs la saison précédente. Après trois victoires en quatre matchs, les blessures commencent à pleuvoir et l’effectif perd toute sa première ligne. Fin octobre-novembre devient un calvaire : neuf défaites de suite, puis deux victoires, puis six défaites de rang. Le coach Todd Richards s’ajuste, trouve une bonne combinaison en décembre avec une fiche remarquable (10-1-1), dont une série de huit victoires en neuf matchs, sept d’entre eux s’étant joués après soixante minutes. Richards parvient à hisser les Blue Jackets à 50% de victoires au 31 décembre. Malheureusement, cet étonnant retour au classement ne dure pas, car les blessures reviennent au moment de jouer les mieux classés de la ligue. Les chances s’envolent le 21 janvier avec la blessure de Sergei Bobrovsky. L’excellent gardien, qui portait l’équipe à bouts de bras, manque la fin janvier et tout le mois de février. Février se termine ainsi par sept défaites de suite, avant le retour du cerbère russe. Columbus récupère ses blessés les uns après les autres et termine en feu : pas moins de quinze victoires sur les dix-sept derniers matchs. La franchise de l’Ohio quitte donc les profondeurs du classement et remonte à seulement cinq points de Pittsburgh, dernier qualifié... Une saison noire, vraiment. Symbole ? La dernière semaine, lors d’une victoire 5-0 sur Toronto, le patin du rookie Wennberg qui sortait du banc pour fêter le succès vient couper le poignet de Cam Atkinson. Bilan, 10 points de suture...

Des problèmes défensifs

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La vingt-cinquième défense de la ligue a peiné toute la saison à empêcher les attaquants adverses de lancer au but. Avec deux blanchissages et dix matchs où ils n’ont encaissés qu’un seul but, les Blue Jackets devaient impérativement se reposer sur un gardien en état de grâce. Malheureusement, les pépins physiques de Bobrovsky n’ont pas aidé, même si Curtis McElhinney a fait ce qu’il a pu. Avec trente-deux matchs à plus de quatre buts encaissés, il faut tout de même une sacrée attaque pour compenser...

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Grâce à un jeu de puissance très en vue, Columbus a plutôt su convertir ses chances. L’attaque a tout de même été blanchie cinq fois et limitée à un but à neuf reprises, mais elle a dépassé les quatre buts à vingt-sept occasions. Le graphique est surtout très frappant sur la fin de saison : au retour des blessés, l’attaque a largement contribué à la série de victoires pour cette fin d’exercice spectaculaire.


Gardiens

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L’ancien vainqueur du trophée Vezina Sergei Bobrovsky a encore porté Columbus toute la saison... quand il a pu jouer. Le Russe a été limité à une cinquantaine de matchs, avec des soucis récurrents à l’aine. La préparation physique de l’ensemble de l’équipe a été mise en cause dans cette cascade de blessures du même type. Bobrovsky a en tout cas choisi de modifier sa préparation pour l’été prochain. Son remplaçant, le vétéran de ligue mineure McElhinney, ne s’en sort pas si mal en comparaison, mais reste assez limité.


Défense

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Homme à tout faire de la défense, Jack Johnson a su rebondir après une saison noire qui l’avait privé des jeux de Sochi. Il mène la défense en temps de jeu dans tous les secteurs et en points, en ne manquant que trois matchs. David Savard s’est pour sa part installé dans le top-4 et n’a pas manqué le moindre match. Mieux, il a profité des blessures pour s’installer offensivement avec onze buts et un record de carrière. Une excellente saison qui lui a valu une sélection internationale et une médaille d’or à Prague avec le Canada. Le reste de la défense a du composer avec les blessures. Wisniewski et Leopold ont été échangés à la date limite des transferts – on se souvient de la touchante lettre de la fille de Jordan Leopold réclamant un échange vers le Minnesota. Kevin Connauton a pour sa part bénéficié d’un joli rebond après des passages au ballotage, via Vancouver et Dallas. Fedor Tyutin a joué son rôle purement défensif, de même que les jeunes Cody Goloubef et Dalton Prout, installés par la force des choses. Le grand espoir Ryan Murray, 21 ans, a en revanche été limité à seulement douze matchs (genou, cheville) et n’a jamais pu disputer plus de quatre matchs de suite...


Attaque

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Nick Foligno a profité des circonstances et d’une certaine sérénité retrouvée dans sa vie personnelle (sa fille a subi avec succès une opération audacieuse) pour exploser et signer la meilleure saison de sa carrière, à 27 ans. Il mène l’équipe avec 31 buts et 73 pts, dont 26 en supériorité, avec de très bonnes statistiques de possession de palet et un excellent ratio +/-. Foligno a été récompensé par une sélection au All-Star Game, à domicile, et un nouveau contrat. Ryan Johansen était en conflit avec le club au cours de l’été et avait raté tout le camp d’entrainement. Le jeune pivot n’a pas souffert de la situation. C’est le seul attaquant à avoir disputé tous les matchs et il confirme sa bonne saison 2013-2014 en signant encore 71 pts, dominant notamment aux mises au jeu. Les deux hommes ont reçu une aide précieuse de Scott Hartnell, attaquant puissant et abrasif, auteur de 28 buts et du deuxième meilleur bilan de sa carrière. Le petit et rapide Cam Atkinson a lui aussi dépassé le plateau des 20 buts et, avec 40 pts, apporte un danger utile sur les autres lignes. Il a très bien fini la saison, marquant 13 buts sur les 33 derniers matchs. Brandon Dubinsky a pour sa part connu l’infirmerie d’entrée et n’est revenu qu’en fin de saison, où il a marqué point sur point, s’offrant 36 pts en seulement 47 matchs. Le reste de l’attaque a en revanche assez peu produit, la faute aux blessures. Anisimov (triceps, commotion) et Calvert ont à peine joué plus de la moitié de la saison, ce qui a offert du temps de jeu aux rookies Marko Dano (20 ans) et Alexander Wennberg (20 ans). Le premier a surtout joué à cinq contre cinq, signant 21 pts en 35 matchs, dont 14 dans les 15 derniers, une prestation très encourageante pour cet ancien premier choix slovaque. L’autre premier choix, suédois, Alex Wennberg, a pour sa part reçu un bon temps de jeu en équipe spéciales et a marqué 9 pts dans les 11 derniers matchs. Il n’a pas trop trouvé le chemin des filets et sa prestation défensive doit encore largement progresser, mais il a appris. Boone Jenner, l’une des valeurs montantes de l’équipe, n’a pu disputer que 31 matchs à cause d’une main cassée puis de douleurs dorsales. Todd Richards a puisé abondamment dans la réserve pour compléter les lignes trois et quatre, avec pas moins de 27 attaquants utilisés au total, la plupart de manière anecdotique. On notera que Nathan Horton, qui évoluait en première ligne l’an dernier, n’a pas joué de la saison. La suite de sa carrière est mise en doute et son contrat a été envoyé à Toronto, afin de faciliter le « délestage » par les Leafs du contrat de David Clarkson. L’ancien buteur des Devils n’a joué que trois matchs avant de finir sa saison sur blessure. Columbus devra sans doute faire le ménage dans son bottom-six, car on ne peut pas dire que Corey Tropp ou Jared Boll n’aient particulièrement brillé sur les lignes d’échec, avec une possession de palet catastrophique.


Bilan


Une saison noire, à oublier sans doute. Les blessures des cadres ont joué un rôle majeur dans la non-qualification en playoffs. Mais comme l’a montré la fin de saison, Columbus reste une équipe en progression. L’effectif est jeune et le manager général, Jarno Kekäläinen, se montre très habile à la draft. Sonny Milano, Oliver Bjorkstrand et Kerby Richel apparaissent comme les prochains jeunes à pouvoir intégrer l’équipe. Les Blue Jackets devraient disposer d’un arsenal offensif majeur. Reste à consolider une défense hésitante, pour que tout ne repose pas sur les exploits de Bobrovsky.