Bilan NHL (9/30) : San José Sharks

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon en milieu de tableau : les Sharks de San Jose.

Des Sharks à bout de souffle

24e bilan à domicile, 17e à l’extérieur... San José termine à sa place, et ce n’était pas vraiment attendu. Ténor de la NHL depuis de longues saisons, sans interruption en playoffs depuis 2003, la franchise californienne est passée à un souffle de sortir son voisin de Los Angeles dès le premier tour l’an dernier. Las, les Sharks ont gaspillé un 3-0 et n’ont pas semblé s’en remettre en 2014-2015. Le rebond, la réaction, la rage attendues n’étaient pas au rendez-vous. La fragilité psychologique de l’équipe a coûté très cher. Après un début de saison dans le bon tempo. San José a paru s’écrouler après le match en plein air perdu contre les Kings. Le manque de banc de l’équipe, une saison moyenne dans les cages, expliquent en partie ce fiasco. Porté par un excellent jeu de puissance, San José a beaucoup lancé au but, mais sans trouver le fond des filets. Le nombre de tirs bloqués est en effet impressionnant et explique l’écart au classement entre les deux statistiques de possession. Enfin, le jeu défensif n’a pas spécialement brillé, surtout en infériorité numérique. Les vacances anticipées ont juste permis à Brent Burns et Todd McLellan de gagner l’or à Prague. Le coach venait juste d’annoncer son départ à l’amiable...

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Fusillade
(V-D)
Mises au jeu Corsi Fenwick
89 228 232 31,6 29,7 21,6% 78,5% 760 4-6 51,9% 46,9% 51,2%
22e 17e 23e 5e 16e 6e 25e 12e 25e 6e 24e 15e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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San Jose entame en fanfare avec un succès 4-0 sur la glace des Kings, petite revanche après la cérémonie du titre de Los Angeles... Avec quatre victoires en cinq matchs, cela part bien, mais San José enchaîne avec quatre défaites et poursuivra cette inconstance dans les semaines qui suivent. Il faut dire que le début de calendrier n’est guère favorable, avec seize déplacements sur les vingt-et-un premiers matchs ! La séquence s’inverse en novembre-décembre avec onze matchs à domicile sur treize, qui permettent à l’équipe de réaliser une bonne série, notamment neuf victoires en dix matchs entre le 29 novembre et le 20 décembre. Après ce mois de novembre décevant (5-6-2), décembre relance San Jose vers le haut (9-3-1). Fin janvier, San José reste dans le coup : février se révèle terrible. La fiche de 3-8-2 culmine avec une triste défaite 2-1 en plein air, dans le Levi’s Stadium, le 21 février, face à des Kings eux aussi à la lutte pour la huitième place. Les Sharks ne parviennent plus à redresser la barre et échouent dans le sprint final, marqué par de nombreux déplacements.


Une inconstance frappante

1415 sj butscontre

San Jose a tout de même obtenu huit blanchissages cette saison, mais n’a au final limité l’adversaire à deux buts ou moins que 38 fois. En parallèle, les Sharks ont concédé quatre buts ou plus à 30 reprises, ce qui complique singulièrement la tâche pour gagner des matchs...

1415 sj butspour

San Jose n’a marqué qu’un but, ou aucun, à 18 reprises. C’est presque autant que les matchs à plus de 4 buts marqués (23), ce qui témoigne d’une grosse inconstance. Concrètement, les Sharks se sont beaucoup appuyés sur leur jeu de puissance et, lorsque l’équipe n’obtenait pas de situation de supériorité, la situation devenait beaucoup plus compliquée.


Gardiens

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Si les Sharks ont coulé au classement, la faute en incombe en bonne partie sur la prestation des gardiens de but. Antti Niemi, ancien finaliste du trophée Vézina, a connu une saison très difficile, avec un pourcentage d’arrêt en dessous de son niveau. Son remplaçant, le jeune Alex Stalock, n’a pas fait mieux, loin de là. Le rookie Troy Grosenick a même disputé deux matchs, avec un certain succès, avec comme remplaçant un gardien local à une occasion, faute d’autre portier disponible. Le staff a annoncé dès la fin de saison qu’Antti Niemi ne serait pas de retour : le chantier « gardien » devient donc la priorité de l’été.


Défense

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Le grand Brent Burns jouait ailier droit l’an dernier et a été repassé défenseur cette saison. Il n’a pas ralenti le rythme, bien au contraire, et s’offre une saison monstrueuse. Il termine 2e défenseur de toute la NHL en points et buts, derrière Erik Karlsson (Ottawa), avant de s’offrir l’or à Prague. Une saison phare pour Burns, qui a pilonné les gardiens adverses en supériorité numérique comme à égalité numérique, ce qui explique des statistiques de possession au-dessus du lot. San Jose a cependant manqué de profondeur de banc. Si Marc-Edouard Vlasic signe une nouvelle saison solide, dans l’ombre, mais décisive – il joue les meilleurs trios adverses, défend lors des mises au jeu dans sa zone et s’en sort avec un différentiel de tirs positif –, le staff a cherché la bonne combinaison une bonne partie de la saison. Justin Braun et Matt Irwin ont plus ou moins gagné leur place, l’un dans un rôle défensif avec un record de carrière en temps de jeu, l’autre dans un rôle offensif. La troisième paire fut un chantier perpétuel. San Jose a ainsi choisi de lâcher l’offensif Jason Demers à Dallas pour tenter le plus rugueux Brenden Dillon, plus défensif. A ses côtés, Scott Hannan arrive clairement en bout de course et fut en difficulté une bonne partie de l’année. Le jeu des pépins physiques a profité à Matt Tennyson et Mirco Mueller. Ce dernier, 19 ans, a alterné entre tribunes et glace ; le jeune Suisse était clairement là pour apprendre. Les lignes arrières apparaissent comme l’un des principaux chantiers des Sharks pour l’an prochain.


Attaque

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Si la défense a manqué de profondeur, que dire de l’attaque ? Joe Pavelski mène encore l’équipe en buts et points, avec une prestation impressionnante en supériorité numérique. Ses statistiques de possession impressionnent tout autant. Derrière lui, Logan Couture a parfois eu du mal, mais signe un record de carrière. Le vétéran Joe Thornton prend de l’âge mais reste indispensable à l’équipe : sa vision du jeu en supériorité n’a quasiment aucun égal dans la ligue et il porte le jeu dans le camp adverse en permanence à égalité numérique. En revanche, son binôme habituel, Patrick Marleau, signe l’une des plus mauvaises saisons de sa carrière, n’atteignant même pas le plateau des vingt buts. Derrière ce quatuor, San Jose a manqué de souffle. Tommy Wingels fut une bonne surprise dans un rôle de soutien et d’énergie, mais l’on attendait plus du jeune Tchèque Tomas Hertl, après une saison de rookie spectaculaire. Matt Nieto, lui aussi joueur de deuxième année, a connu une saison correcte mais limitée. Les Sharks ont choisi de lancer dans le grand bain Chris Tierney, qui fut une plaisante surprise (14 pts sur les 18 derniers matchs), le combatif Barclay Goodrow ainsi que l’ancien de Skelleftea Melker Karlsson. Rappelé en cours de saison, le Suédois s’est installé sur la première ligne avec un taux de réussite au tir incroyable sur les premiers matchs. Avec 24 pts en seulement 53 matchs, il a pris date pour l’avenir. Le souci est donc venu des troisième et quatrième lignes, particulièrement inefficaces. Les Sharks se sont débarrassés en cours de saison de Kennedy, trop souvent blessé, Desjardins et Sheppard, testant une pléiade de joueurs en fond de banc. Les gros bras attendus – Raffi Torres, blessé toute l’année, Mike Brown, seulement 12 matchs sur blessure, John Scott, dépassé par la vitesse de jeu – n’ont pas pu apporter la réponse physique et le réveil psychologique dont l’équipe avait besoin. San Jose doit retrouver du soutien à ses leaders, car l’équipe devient trop prévisible.


Bilan

La saison 2014-2015 apparaît finalement comme une sorte de fin de cycle. Après plusieurs années à jouer les premiers rôles, avec deux finales de conférence Ouest, le staff et le coach Todd McLellan ont choisi de prendre des chemins différents à l’issue de cette non-qualification. Les changements annoncés l’an dernier n’ont finalement pas vraiment eu lieu et les effets d’annonce paraissent avoir plus pénalisé le mental de l’équipe qu’autre chose. San José se trouve à la croisée des chemins : les cadres commencent à prendre de l’âge, mais le reste de l’effectif est très loin d’être prêt à prendre le relais.