Bilan NHL (10/30) : Colorado Avalanche

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec le milieu de tableau : l’Avalanche du Colorado.

Une saison moyenne

L’euphorie de la première saison de Patrick Roy a bel et bien disparu. Le mythique gardien devenu entraîneur de l’année avait transformé Colorado en formation de haut de tableau en seulement un an. Mais ce n’était qu’un feu de paille : l’Avalanche restait fragile. Les statistiques de possession très faibles compensée par la réussite au tir de la saison 2013-2014 avaient déjà poussé certains experts à mesurer l’enthousiasme. Cette saison 2014-2014 a confirmé leurs craintes. Colorado finit dans le dernier tiers du classement dans à peu près toutes les catégories, à l’exception de l’infériorité numérique et des mises au jeu. Le classement apparait même flatteur car l’Avalanche a engrangé quantité de points en fusillade, avec le meilleur bilan de la ligue. Sur le plan du jeu, les jeunes talents ont connu des saisons délicates. Le potentiel est là, mais l’Avalanche reste bel et bien à sa place.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Fusillade
(V-D)
Mises au jeu Corsi Fenwick
90 219 227 27,9 33,2 15,0% 84,6% 771 10-4 50,8% 49,4% 44%
21e 21e 21e 27e 26e 29e 5e 14e 1er 14e 20e 29e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Blanchie deux fois de suite par Minnesota d’entrée, l’Avalanche témoigne d’une certaine inconstance tout au long de la saison. Les trois premiers mois affichent ainsi des bilans proches de 50% de victoires, la faute à un bilan peu enviable en prolongations (2 victoires, 8 défaites sur la saison). Une fois le cap de la 65e minute passé, l’Avalanche s’offre en revanche le meilleur bilan en fusillade. Toutes ces parties au-delà du temps réglementaire – 24 au total – montrent que l’équipe dirigée par Patrick Roy fut dans le coup la plupart du temps. Au total, 44 des 82 matchs se sont terminés avec un seul but d’écart. Mais Colorado avait pris du retard à l’automne. L’excellent mois de janvier (7-3-3) ne s’est pas confirmé et l’équipe a calé en février (6-7-0). Malgré un joli retour en mars (8-4-1) puis avril (4-2-0), c’était trop tard. Le niveau de la conférence Ouest, et plus particulièrement de la division Centrale, qui a qualifié 5 équipes sur 7, contraint l’Avalanche à finir à sept points des playoffs.


Un début délicat

1415 col butscontre

La défense peine à se mettre en place en début de saison. La plupart des matchs offrent des espaces aux attaques adverses. La défense ne concède 2 buts ou moins qu’à neuf reprises avant le 1er janvier, mais à 23 reprises une fois en 2015.

1415 col butsmarques

Blanchie à huit reprises, l’attaque de l’Avalanche inscrit deux buts ou moins à 39 reprises sur 82 matchs.


Gardiens

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Après une saison exceptionnelle, Semyon Varlamov est légèrement rentré dans le rang. Tout est relatif, car ses 92,1% d’arrêts apparaissent tout à fait respectables. Il a simplement été moins soutenu par sa défense, et une légère baisse a déséquilibré le fragile ensemble efficace l’an passé De plus, il a connu quelques pépins physiques, qui ont contraint l’Avalanche à s’appuyer sur les deux autres gardiens Le Suisse Reto Berra, arrivé l’an passé de Calgary, a été placé en concurrence au fil de la saison par Calvin Pickard, 49e choix de la draft 2010. L’ancien gardien vedette de Seattle (WHL) a démontré de très belles choses pour ses débuts NHL lors de sa troisième saison pro, et devrait rendre la lutte pour le poste de remplaçant très intéressante au prochain camp.


Défense

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La défense a largement été dominée en terme de possession de palet : le compteur de tirs pour/tirs contre à égalité numérique balance fortement du côté de l’adversaire. Cela témoigne d’une tendance à avoir du mal à relancer proprement. Pourtant, certains joueurs ont connu une bonne saison. Tyson Barrie signe 53 pts, une excellente performance. Son utilisation dans un rôle strictement offensif, notamment en jeu de puissance, lui permet de faire l’étalage de ses qualités de patinage et de sa créativité. L’ex-n°1 de draft Erik Johnson s’en sort également plutôt bien, avec une utilisation complète, défensive comme offensive : sa blessure au genou, qui l’a limité à 47 matchs, a coûté très cher à l’Avalanche. Car malheureusement, le manque de banc arrive très vite. Utilisés dans des rôles défensifs purs, les vétérans Brad Stuart et Nate Guenin – qui n’a jamais joué autant en NHL – ont montré leurs limites et ont eu du mal à sortir de leur zone. Pilier défensif de l’équipe, Jan Hejda s’est montré valeureux mais parait en bout de course. Enfin, l’ex-Wild Zach Redmond et Nick Holden ont complété l’alignement avec des missions plus offensives, avec des résultats mitigés : Redmond a plutôt séduit, Holden regressé. Le staff espère beaucoup de Stefan Elliott, brillant dans ses débuts en 2013-2014, mais blessé une bonne partie de la saison 2014-2015. Duncan Siemens, drafté récemment au premier tour, a fait ses débuts NHL cette saison et cherchera à bousculer la hiérarchie.


Attaque

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L’ancien capitaine de Calgary Jarome Iginla signe sa quinzième saison consécutive à plus de 28 buts : une performance à 37 ans. Malheureusement, il n’a plus vraiment la capacité de mener le jeu et apparaît plus comme le finisseur des actions des autres. Le capitaine Gabriel Landeskog, 22 ans, signe une saison solide face aux meilleurs trios adverses. Le Suédois reste une valeur montante de la ligue. Alex Tanguay n’est plus tout jeune, mais il signe 55 pts et mène la NHL dans une catégorie statistique : le pourcentage de tir. Avec 21,2% de réussite, Tanguay s’est montré décisif. Matt Duchene signe une quatrième saison à plus de 20 buts et 55 pts, mais n’a pas pesé autant en possession qu’espéré. Ryan O’Reilly a centré la deuxième ligne mais a finalement reçu le plus gros temps de jeu. Son rôle d’attaquant aux qualités défensives le rend précieux, mais son avenir est ailleurs. En fin de contrat en 2016, O’Reilly a fait l’objet de rumeurs de transferts persistantes depuis le lockout. Pour sa deuxième saison NHL, Nathan MacKinnon a légèrement regressé, avant de manquer une partie de la fin de saison pour une fracture du pied. Malgré tout, il n’a pas 20 ans et sa vitesse, sa capacité à se créer des occasions, en font un joueur majeur pour l’avenir du club. Duchene, O’Reilly et MacKinnon ont prolongé leur saison avec bonheur à Prague, s’offrant l’or au Mondial.
Le souci de Colorado vient des autres lignes. John Mitchell s’est imposé comme un solide joueur de troisième trio, avec un temps de jeu peut-être trop conséquent. Cody McLeod a en revanche moins été utile, menant la NHL avec 19 bagarres et se faisant laminer en possession. Les autres joueurs ont manqué d’efficacité. Le vétéran Daniel Brière n’a inscrit que 12 pts, bien loin de ses heures de gloire et la retraite n’est pas loin. Le rookie Dennis Everberg a proposé quelques bonnes prestations, sans aucun réalisme devant la cage. Pas mieux pour le très défensif Marc-André Cliche, cantonné à un rôle en infériorité numérique. Jamie McGinn avait montré de belles promesses, mais n’a pu jouer que 19 matchs, gêné par une blessure au dos. Patrick Bordeleau, pilier de la quatrième ligne l’an dernier, n’a joué qu’un seul match, ratant toute la saison sur blessure. Jordan Caron l’a remplacé, mais l’ancien joueur de Boston n’a pas marqué le moindre point (en trente matchs, si l’on compte ceux avec les Bruins !). Inquiétant pour ce premier choix 2009... Au rayon curiosités, on applaudira les débuts NHL de Borna Rendulic, premier joueur natif de Croatie à évoluer en NHL. Il y a inscrit son premier but et sa première assistance.

Bilan

La plupart des observateurs attendaient une régression de Colorado après une étonnante saison 2013-2014. Malgré une possession de palet extrêmement basse, le réalisme devant la cage avait qualifié l’équipe en playoffs. Malheureusement, la saison 2014-2015 a démontré les limites de cette stratégie. Malgré des gardiens plutôt solides, l’équipe a concédé plus de buts, la faute à une défense limitée, peu mobile et manquant de banc. Devant, Colorado dispose de pièces prometteuses, qui peinent cependant à prendre le jeu à leur compte et à dominer leur adversaire en zone offensive. Le moindre petit déclin en pourcentage de tirs coûte donc très cher. On imagine mal les joueurs de Patrick Roy faire mieux l’an prochain sans changement drastique de personnel, notamment à l’arrière.