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Bilan NHL (13/30) : Los Angeles Kings

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec le milieu de tableau : les Los Angeles Kings, champion 2014.

Lendemain de fête difficile

Le champion 2012 et 2014 faisait à nouveau partie des favoris. Equipe physique et accrocheuse, dotée d’une superbe défense et d’un grand gardien ainsi que d’une armada offensive, la franchise californienne a pourtant vécu une saison noire. Tout a commencé dès le début de saison, lorsque le défenseur vedette Slava Voynov entamait des démêlés judiciaires le 20 octobre, accusé de coups et blessures sur sa compagne. Voynov se trouvait suspendu sans salaire par la NHL, qui continuait cependant à décompter ce salaire dans la masse salariale des Kings, en attendant la longue procédure judiciaire. Le staff devait alors jongler avec ce paramètre pour établir l’effectif, plombé en outre par le salaire de Mike Richards, de moins en moins performant et de plus en plus problématique hors glace. Des rumeurs de soucis du vestiaire avec le coach Darryl Sutter transpirent dans la presse. Puis, l’équipe se retrouve pénalisée de 100 000 $ par la NHL pour avoir autorisé Voynov à s’entraîner avec le groupe... Et pour couronner le tout, le centre Jarrett Stoll est arrêté sur la route en possession de cocaïne à la fin de la saison... Une saison noire ! Et rater les playoffs pour 2 points, c’est encore pire...
Alors, où chercher les motifs d’échec sur le plan purement sportif ? Incontestablement, le bilan en fusillade, le pire de la ligue, joue énormément : il ne faut pas chercher plus loin les deux points manquants pour accrocher une wild-card. Dominateurs défensivement – les Kings terminent en tête pour le plus petit nombre de tirs concédés – les Kings ont connu plus de difficultés offensivement, en dépit d’une possession de palet parmi les meilleures de la ligue. Un manque de réalisme criant, qui tranche avec la réussite des playoffs 2014 : Los Angeles ne termine que 17e en pourcentage de tirs (7,54%), bien loin des 9,03% du finaliste, Tampa Bay.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Fusillade
(V-D)
Mises au jeu Corsi Fenwick
95 220 205 30,9 27,0 19,0% 80,9% 744 2-8 51,3% 54,8% 54,7%
18e 20e 7e 10e 1er 11e 16e 11e 30e 11e 4e 1er


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Los Angeles entame mal, perdant le match d’ouverture, celui de la bannière, face à des Sharks revanchards. Le mois d’octobre reste plutôt bon, avec une série de six victoires de rang à domicile (6-3-2). Malheureusement, elle est suivie de quatre défaites en déplacement, ce qui lance une période d’inconstance. Les Kings peinent à enchaîner trois victoires de suite en novembre où le bilan s’avère plus modeste (6-4-3). Les Californiens rentrent dans le rang et il faut attendre fin décembre pour qu’une bonne série les remonte au classement, avec quatre victoires de suite vers Noël. Janvier n’est pas très bon (3-4-4) et beaucoup se demandent si le départ « diesel » qui avait conduit aux titres 2012 et 2014 n’est pas en train de se reproduire. D’ailleurs, les Kings commencent à faire peur en février avec pas moins de huit victoires consécutives, qui les replacent aux abords du top-8. Verra-t-on encore le favori des pronostics passer la cinquième et accélérer dans le sprint final ? Non. Malgré le renfort d’Andrej Sekera en défense lors de la date limite des transferts, l’attaque ne trouve pas la bonne carburation et reste trop souvent muette en mars-avril. Plombé par un mois de janvier décevant, Los Angeles échoue lors de la dernière semaine avec trois défaites de suite face aux formations de l’Ouest Canadien. L’ultime succès contre San Jose arrive trop tard.

Une défense solide, une attaque à la peine

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La saison des Kings apparait en deux temps sur le plan défensif. La défaite 7-6 après prolongations contre Nashville le 3 janvier se révèle un net séparateur. Avant, les Kings alternent très bons matchs (5 blanchissages) et série de « cartons ». Après ce 3 janvier, Los Angeles verouille mieux sa défense à la faveur de sa série de succès de février, et termine avec moins d’amplitude dans les scores. Au final, la défense a concédé deux buts ou moins lors de 44 des 82 matchs, mais quatre ou plus à 23 reprises.

1415 lak butspour

On peut en dire autant d’une attaque à la peine. Blanchie à sept reprises, l’offensive n’a pas réussi à dépasser les deux buts marqués à 41 reprises. Seuls 26 matchs ont permis aux attaquants de marquer quatre buts ou plus. Le 8-2 passé à Edmonton le 2 avril fait ainsi figure d’anomalie.


Gardiens

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Jonathan Quick a été fidèle à lui-même la majeure partie de la saison, mais il ne réussit pour autant pas une prestation hors norme. Avec 91,8% d’arrêts, il fait mieux que l’an dernier (91,5%) mais moins bien qu’en 2012 (92,9%). En revanche, ses 72 apparitions sont le plus haut total depuis 2010. La fatigue de cette sur-utilisation a peut-être coûté des points. Le remplaçant Martin Jones s’en sort correctement en moyenne de buts encaissés, mais son pourcentage d’arrêts en demi-teinte a probablement forcé le staff à se tourner vers Quick. Loin, bien loin de son année 2013-2014 (1,81 buts encaissés, 93,4% d’arrêts).


Défense

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Drew Doughty a réalisé une saison en tous points exceptionnelle. Productif (46 pts), il mène la ligue en temps de jeu (près de 29 minutes) et affiche la meilleure statistique de possession (410 en « Corsi »). Autrement dit, lorsqu’il est sur la glace, les Kings ont lancé 410 tirs de plus qu’ils n’en ont reçu ! Un chiffre ébouriffant, secondé par celui de Jake Muzzin, aligné à ses côtés. Le méconnu Muzzin mène les arrières avec 10 buts, la meilleure production de sa carrière (41 pts), le deuxième Corsi de la ligue et une médaille d’or à Prague. Derrière ces deux hommes, Los Angeles a reçu une contribution prometteuse de l’ancien Sabres Brayden McNabb, auteur de 24 pts et d’un joli ratio de +11. Il a parfaitement secondé le héros des playoffs 2014, Alec Martinez, dont on attendait sans doute plus offensivement. Les deux vétérans Robyn Regeher et Matt Greene auront été moins à leur aise, avec un rôle strictement défensif, notamment en infériorité. L’arrivée d’Andrej Sekera a permis de compenser la blessure de Martinez et l’absence de Voynov.


Attaque

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L’un des tout meilleurs attaquants défensifs de la ligue, Anze Kopitar, 3e de la NHL en « Corsi », n’a pourtant pas réalisé une saison aussi productive que l’on pouvait l’espérer, avec seulement 16 buts au compteur. Plus passeur que finisseur, le Slovène a surtout contribué en supériorité numérique, manquant de réalisme à cinq contre cinq, et terminant avec son pire bilan depuis son année de rookie. Derrière lui, l’autre centre, Jeff Carter, avait démarré en feu sur la ligne « 70 » avec Toffoli et Pearson. Malheureusement, ce dernier s’est blessé et n’a joué que 42 matchs, ce qui n’est pas pour rien dans les soucis offensifs de son équipe. Autre joueur gêné par des pépins physiques, Marian Gaborik, précieux pour porter le danger dans le camp adverse et finir les actions, avec 27 buts au compteur, soit le 2e score derrière Carter. Le vétéran Justin Williams est généralement plus décisif en playoffs qu’en saison régulière, et cela se voit, avec une saison honnête, sans plus. Le gros souci est venu des 3e et 4e lignes, beaucoup moins efficaces. Le capitaine Dustin Brown signe la pire saison de sa carrière, tant offensivement (seulement 27 pts) que défensivement (ratio de -17, le pire de l’équipe, à comparer au +25 de Toffoli !), même s’il a apporté sa traditionnelle contribution en mises en échec. Dwight King ou Trevor Lewis ont fait leur boulot défensif, sans parvenir à apporter en attaque. Pas mieux pour Jarrett Stoll, précieux aux mises au jeu, mais qui n’a pas pu apporter son slap ravageur, avant d'être viré en fin de saison suite à son affaire de cocaïne. Autre déception, le vétéran Mike Richards, dont les soucis extra-sportifs n’ont pas vraiment servi les intérêts, alors que le club lui offrait une seconde chance. L’ex-capitaine des Flyers a même fini au ballottage, puis en ligue mineure !


Bilan


Des cadres en dessous des attentes, des problèmes hors glace qui ont pollué toute la saison : malgré tout, les Kings échouent à un cheveu des playoffs, deux points. Deux points à retrouver dans un bilan catastrophique en fusillade comme en prolongations (14 défaites au total, pour 4 victoires). Des points bêtement perdus en route... On peut s’attendre à un rebond la saison prochaine. Une telle possession de palet et une telle qualité défensive permettent normalement de gagner bon nombre de matchs. À moins que le système Sutter ne s’essouffle ?