Bilan NHL (14/30) : Boston Bruins

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec la dernière équipe non qualifiée en playoffs : les Bruins de Boston.

La fin d’une époque ?

Favoris à l’Est, les Bruins de Boston ont donc manqué les phases finales pour la première fois depuis 2007. Une surprise, mais qui résulte sans doute de problèmes multiples. La génération championne il y a quelques années parait arriver en bout de course. Les cadres défensifs, dont Zdeno Chara et Dennis Seidenberg, ont connu des saisons décevantes, avec, dans le cas du capitaine slovaque, quelques absences pour blessure. L’attaque a manqué d’efficacité, à l’image de Milan Lucic, ou de David Krejci, lui aussi gêné par des pépins physiques. En bref, la belle mécanique qui dominait son sujet depuis plusieurs années n’a pas fonctionné, la faute aussi à un sprint final complètement raté. Les dirigeants ont rejeté la faute sur le manager général Peter Chiarelli, débarqué dès la fin de saison. Son adjoint Don Sweeney prend les rênes et aura la lourde tâche de tirer les leçons de cet échec...
Sur le plan statistique, Boston se situe dans la moyenne. L’attaque anémique a coûté cher, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé de lancer au but. L’écart entre le « Corsi » et le « Fenwick » tendrait à indiquer que le nombre de tirs bloqués est assez élevé, témoin d’un manque de réalisme devant la cage – ou d’une qualité défensive... La défense a fait un travail correct, mais moins bon que les années précédentes, bien aidé par une domination majeure au cercle des mises au jeu. Les équipes spéciales, moyennes voire médiocres, expliquent pour partie l’échec de la saison. Toutefois, le bilan calamiteux en fusillade éclaire la non-qualification de toute sa lumière : échouant à deux points et deux victoires de Pittsburgh pour la 8e place à l’Est, Boston a perdu des points en route dans cet exercice individuel.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Fusillade
(V-D)
Mises au jeu Corsi Fenwick
96 213 211 31 29,9 17,8% 82% 778 4-10 53,6% 51,7% 50,6%
17e 23e 12e 8e 18e 18e 12e 16e 27e 1er 12e 17e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Boston entame timidement, avec quatre défaites en six matchs. Ce mois d’octobre médiocre (6-6-0) est suivi d’un excellent mois de novembre, avec une fiche de 7-3-1, marquée par six victoires à domicile. Boston retombe toutefois dans ses travers en décembre (5-6-3) lorsque l’équipe se déplace beaucoup, perdant notamment trois matchs de suite face aux formations californiennes. Mais les Bruins ont donné l’habitude de départs moyens et on s’attend à une réaction. Janvier répond à ces attentes avec une fiche quasi parfaite (8-1-3), aussi bonne à l’extérieur qu’à domicile. On y trouve notamment cinq victoires d’affilée qui replacent Boston dans le top-8. Confortablement installés ? Pas vraiment puisque février plombe l’équipe (4-6-2). Désormais en lutte pour sa survie, Boston réagit très bien en mars, enchaînant les victoires (8-3-4) avec une très belle réussite à domicile, mais perdant des points après le temps réglementaire. Malgré tout, les Bruins perdent un match crucial le 19 mars face à une équipe d’Ottawa en feu, en plein milieu d’une série de six défaites. Quatre succès de rang fin mars les laissent au coude à coude. Malheureusement pour les hommes de Claude Julien, Boston perd ses trois derniers matchs face à Washington, Florida et Tampa Bay. Cet avant-dernier match sonne le glas de la qualification.
Dans le détail, Boston a complètement échoué face à son rival de Montréal, perdant les quatre duels sur un score combiné de 16-6. La rivalité, ancrée dans les habitudes, a sans doute eu des répercussions psychologiques.
Curieusement, on notera que la blessure au genou de Zdeno Chara le 24 octobre (un mois d’arrêt) n’a pas vraiment eu d’impact. Le géant slovaque a manqué 19 matchs et Boston s’en est sorti avec une fiche de 11-7-1. Cependant, Chara a terminé la saison avec une fracture de la cheville, ce qui l’a bien évidemment affecté.


Le grand huit de Boston

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La défense a connu une grande inconstance, explosant en vol à plusieurs reprises. On compte tout de même 17 matchs avec quatre buts encaissés ou plus, soit presque le quart de la saison ! Avec cinq blanchissages et un total de 18 matchs à zéro ou un but encaissé, la défense paraissait capable de tout. Sans surprise, 35 des 45 matchs à deux buts encaissés ou moins se sont soldés par une victoire.

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L’inconstance offensive apparait là aussi comme le leitmotiv de la saison. Trop souvent, Boston a enchaîné quelques matchs prolifiques par une série d’anémie. Au final, les Bruins ont été limités à zéro ou un but à 17 reprises, et ont marqué quatre buts ou plus à 20 reprises. Capables de passer d’un extrême à l’autre, les attaquants de Boston ont connu une saison compliquée.

Gardiens

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Ancien vainqueur du trophée Vezina, le Finlandais Tuuka Rask n’a pas connu autant de réussite cette saison – toutes proportions gardées ! Malgré tout, il reste un numéro 1 de valeur et n’est pas responsable de la non qualification. Son remplaçant Svedberg a assuré un intérim correct mais sans plus et ne sera pas reconduit. Le grand espoir Malcolm Subban attend son heure, même si sa première apparition NHL fut très difficile.


Défense

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Absent un quart de la saison, le géant slovaque Zdeno Chara a connu l’une de ses plus mauvaises saisons depuis son arrivée dans le Massachussets. Un peu trop lent, moins physique, Chara commence à accuser son âge. Pas mieux pour Dennis Seidenberg, qui a certes disputé les 82 matchs avec 22 minutes de jeu, mais a souvent paru dépassé et laminé en possession. Du coup, le vrai numéro 1 de la saison fut plutôt le jeune Dougie Hamilton, 22 ans. Un temps de jeu en hausse, un impact significatif en possession et une contribution offensive : il est malheureusement agent libre avec restriction et la menace d’une offre hostile d’une autre équipe va lourdement peser sur les choix des Bruins. L’autre satisfaction, c’est Torey Krug. Le petit gabarit offensif n’est certes pas très grand ni très physique, mais il produit point sur point et domine en possession. Le reste des lignes arrières a beaucoup moins brillé : Kevan Miller ou Zach Trotman dépannent aux postes 6 et 7, mais ils paraissent largement remplaçables. Miller, aux prestations intéressantes, a manqué la moitié de saison à cause d’une blessure au genou, ce qui a ouvert la porte à Matt Bartowski, lui aussi au rôle relativement limité. Adam McQuaid, dans un rôle strictement défensif, a également connu une saison moyenne. En somme, les soucis des Bruins cette saison paraissent venir en bonne partie de la brigade défensive : c’est le secteur à remanier pour la saison prochaine.


Attaque

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Patrice Bergeron poursuit sa carrière de centre dominant : sans doute le meilleur attaquant défensif de la NHL à l’heure actuelle. Le double champion olympique s’offre ainsi un troisième trophée Selke en quatre ans. Avec un ratio de possession très élevé, bien qu’il soit aligné face aux meilleurs trios adverses, Bergeron, qui débute la plupart des présences dans son propre camp, parvient à porter le jeu dans le camp adverse et à écraser la concurrence aux mises au jeu. Derrière lui, Boston aligne une collection de joueurs avec de gros points d’interrogation. Loui Eriksson a atteint les vingt buts pour la première fois depuis 2012 mais n’a guère produit globalement et reste loin de ses saisons à 70 pts. Le grand gabarit abrasif de Milan Lucic a déçu cette année avec son pire bilan depuis 2010. En fin de contrat, son destin reste à déterminer. Reilly Smith, révélation de l’échange Seguin, avait marqué 20 buts et 51 pts l’an dernier. Il n’a pas réussi à faire aussi bien mais reste une solution intéressante en profondeur de banc. David Krejci devait porter l’attaque, mais il n’a joué que 47 matchs et devra rebondir l’an prochain, compte tenu du poids salarial de son contray (7,25 millions de dollars). Brad Marchand a connu une moins bonne saison, mais son entente avec Bergeron porte le jeu vers l’avant et son agressivité reste précieuse. Il a mine de rien marqué 95 buts sur les quatre dernières années (25e de la ligue). Carl Soderberg coûte assez cher et n’a pas vraiment produit autant qu’attendu : agent libre, il ne sera pas reconduit, compte tenu de l’émergence de joueurs plus jeunes. David Pastrnak a débuté en AHL, mais le junior de 18 ans a intégré la grande ligue après le mondial junior et fini en feu. Le Tchèque compte 27 pts en 46 matchs, et demeure le seul premier choix 2014 à avoir disputé autant de matchs, après Aaron Ekblad. Il devra confirmer avec un temps de jeu moins protégé, mais les fans peuvent se réjouir d’un tel impact si jeune.
Pour le reste, Boston a eu du mal sur ses lignes d’échec. Le duo Paille-Campbell apparait en bout de course. Chris Kelly reste un vétéran utile défensivement, mais il a sans doute surjoué cette année, avec plus de 15 minutes par match. L’acquisition de Max Talbot répondait à ces problèmes de profondeur, mais il n’a signé que trois passes en dix-huit matchs, après une saison médiocre. Du coup, Boston s’est beaucoup appuyé sur ses prospects. Seth Griffith, joueur travailleur, a gagné en temps de jeu. Ryan Spooner a fait encore mieux et ses 18 pts en 29 matchs apparaissent très encourageants. L’acquisition de l’ancien premier choix de draft Brett Connolly, de Tampa Bay, répond aussi à ce besoin de profondeur. S’il semble enfin avoir gagné sa place en NHL, l’ailier de 23 ans ne compte que 34 pts en 139 matchs en carrière et va vite devoir produire. Les Bruins ont en outre fait le ménage sur le banc, se séparant de joueurs de ligue mineure comme Fraser, Cunningham ou du décevant Caron.


Bilan


Boston est à la croisée des chemins. Place forte de la NHL depuis sept ans, la franchise du Massachussets n’a sans doute pas su renouveler son effectif à temps et a multiplié les échanges discutables, à l’image du départ de Tyler Seguin à Dallas : les joueurs reçus en retour sont loin de produire autant. Avec le départ de Peter Chiarelli, les Bruins s’appuieront sur un nouveau manager général. Don Sweeney aura la lourde tâche de gérer les problèmes créés par son prédécesseurs, notamment sur le plan salarial. Boston est tout proche du plafond salarial et des choix terribles devront être pris à l’intersaison. Vers l’implosion et la reconstruction ?