Bilan NHL (15/30) : Pittsburgh Penguins

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les éliminés du premier tour des playoffs : les Pittsburgh Penguins.

Pittsburgh régresse

Finaliste de conférence 2013, 2e tour en 2014... et 1er tour seulement en 2015 ? Après avoir modifié l’ensemble du staff à l’intersaison et la moitié de l’effectif, Pittsburgh pensait bien repartir vers les sommets. Malheureusement pour les supporters, la saison a tourné court. Les explications sont multiples, mais les blessures constituent un premier indice. Malkin a fini la saison blessé à la cheville, culminant par 15 matchs sans buts et 10 matchs sans point, une rareté. Trois des quatre meilleurs arrières étaient blessés pour les playoffs, dont une commotion pour l’offensif Kris Letang. L’attaque fut également aux abonnés absents, avec quatre défaites 2-1 consécutives lors du premier tour face aux Rangers de New York. Malgré pléthore de solutions offensives et de candidats-ailiers sur les premières lignes, aucun joueur n’a paru prendre ses responsabilités lors de ces phases finales, d’autant que la qualification fut très longue à se dessiner – il aura fallu une victoire contre le dernier, Buffalo, au 82e match !
Tout n’est pas à jeter, loin de là. A commencer par la défense et le poste de gardien. Souvent critiqués ces dernières années, ces deux secteurs ont fait le travail, avec une excellente saison de Marc-André Fleury, qui a fait tout ce qu’il pouvait en playoffs. Si l’on regarde de plus près les statistiques, Pittsburgh se situe au milieu de tableau : le jeu de puissance n’a pas produit autant qu’espéré compte tenu de l’effectif, surtout en playoffs, mais le jeu en infériorité a brillé : et heureusement, car les Penguins furent l’équipe la plus pénalisée de la ligue ! Pittsburgh termine donc à sa place et l’élimination au premier tour par les Rangers n’a surpris personne.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Fusillade
(V-D)
Mises au jeu Corsi Fenwick
98 221 210 31,6 29,3 19,3% 84,8% 1123 4-6 49,1% 51,7% 50,6%
15e 19e 10e 4e 13e 10e 3e 30e 24e 19e 12e 17e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Pittsburgh s’est éteint au fil des semaines et le graphique le prouve nettement. Pittsburgh entame la saison en boulet de canon, gagnant dix de ses treize premiers matchs. Les Penguins bataillent en tête de la ligue avec les Islanders et les Ducks, une situation qui durera jusqu’à fin décembre : des fiches de 6-2-1, 10-3-1 et 7-4-3 sur les trois premiers mois, il n’y a pas grand-chose à critiquer... Janvier constitue une première alerte (5-4-3), mais l’équipe réagit bien en février (7-4-1) à la faveur de bons résultats en déplacement. La machine se grippe le 14 mars avec une défaite 2-0 contre Boston. Les Penguins explosent complètement et ne gagnent que quatre de leurs quinze derniers matchs ! L’avance prise en début de saison se révèle la bienvenue et le dernier match de la saison contre les Sabres est décisif. Fleury blanchit Buffalo et qualifie Pittsburgh.


Pittsburgh s’est éteint

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Les Penguins terminent à un rang défensif respectable (10e), limitant leurs adversaires à un but ou moins à 22 reprises (10 blanchissages, dont 6 avant janvier). Cependant, des marques de fragilité apparaissaient déjà avec pas moins de 25 matchs à quatre buts ou plus encaissés, dont 10 à partir de février. Difficile de gagner ces matchs là bien évidemment (3 victoires). Il faut dire qu’avec les blessures et les acquisitions de la date limite des transferts, Pittsburgh s’est trouvé gêné au niveau salarial et a joué à cinq défenseurs une bonne partie de la fin de saison...

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Lorsque l’on regarde l’effectif de Pittsburgh, il est difficile d’imaginer l’attaque ne terminer que 19e de la ligue. La faute à une saison moyenne des stars offensives et à un manque criant de support. Ainsi, Pittsburgh a été blanchi à 8 reprises cette saison et limité à un seul but à 16 autres occasions. C’est quasiment autant que les 23 matchs à quatre buts ou plus, avec notamment deux cartons, le 8-3 face aux Devils le 28 octobre et le 7-2 contre le Wild ne 13 janvier. Les Penguins n’ont perdu qu’un seul de ces matchs offensifs (5-4 en fusillade contre les Islanders le 21 novembre). Le graphique illustre bien la fin délicate de l’équipe, qui a peiné à trouver la cible dans la dernière ligne droite.


Gardiens

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Fleury a réalisé une excellente saison et signe son meilleur pourcentage d’arrêts depuis 2008. Le remplaçant, l’ex-Shark Thomas Greiss, a moins brillé et Pittsburgh pourrait se tourner vers Jeff Zatkoff ou Matt Murray, ce dernier ayant explosé les compteurs en AHL.


Défense

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La 10e défense de la ligue a pu compter sur un Kris Letang de gala. Le défenseur vedette de l’équipe a mené ses coéquipiers en temps de jeu, été utilisé dans tous les secteurs et a produit de manière décisive. Sa commotion en fin de saison explique en grande partie le final poussif des Penguins. À ses côtés, le solide Paul Martin a effectué une saison tout à fait respectable, comme d’habitude. Il est en fin de contrat et, comme le quatuor Crosby-Malkin-Fleury-Letang occupe 44% de la masse salariale, son avenir n’est a priori pas à Pittsburgh... Pour renforcer l’équipe, les Penguins avaient acquis Christian Ehrhoff, mais le défenseur allemand a connu une triste saison. Il a manqué presque la moitié des matchs et n’a quasiment pas produit. Le défenseur de complément Rob Scuderi a réussi plutôt une bonne saison, même s’il est assez fréquemment ballotté en possession de palet par les attaquants adverses. Le vétéran Ben Lovejoy, arrivé en fin de saison d’Anaheim contre le jeune Simon Després à la grande colère d’une bonne partie des fans, a apporté un peu de solidité, mais a surjoué en playoffs (21 minutes), faute de mieux, compte tenu des blessures des cadres. Le grand espoir Olli Maatta a connu une saison noire. Après un début formidable, le jeune Finlandais a vécu une alerte cancéreuse et une blessure à l’épaule qui ont mis un terme à sa saison. En son absence, les Penguins ont lancé leur ancien premier choix Derrick Pouliot, qui a prouvé qu’il avait le niveau, même s’il n’a pas vraiment été aligné face aux meilleurs trios. Outre Després, les Penguins se sont aussi débarrassés de Robert Bortuzzo, un défenseur de complément. Le retour, Ian Cole, a constitué une agréable surprise et a très bien joué sur la fin de saison et en playoffs. Avec plusieurs arrières en fin de contrat et de nombreux jeunes proches de la NHL, le secteur défensif devrait beaucoup bouger cet été.


Attaque

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Crosby, une saison décevante pour certains... mais il termine tout de même 3e marqueur de la NHL à trois points du leader – et cinq matchs de moins ! Le nouveau membre du « Triple Gold Club » grâce à sa médaille d’or à Prague produit toujours autant et reste toujours aussi indispensable aux Penguins. Dominateur en possession, prolifique en jeu de puissance, la star canadienne reste l’icone de tout un peuple. Les motifs d’inquiétude existent cependant, avec un nombre de tirs inférieur à l’habitude, un temps de jeu plus bas également. L’autre star de l’équipe, Evgeni Malkin, n’a pas produit autant que d’habitude. Après un départ canon, le Russe a pris un coup à la cheville contre Boston en mars et a fini la saison « sur une jambe », sans point pendant dix matchs ni but pendant quinze. Ses 70 pts restent tout à fait respectables dans ces conditions... Les deux hommes ont bénéficié de deux bons ailiers. Patric Hornqvist a plutôt brillé pour sa première saison hors de Nashville, avec une saison solide, y compris défensivement. Le vétéran Chris Kunitz n’a en revanche pas produit autant que les saisons précédentes, la faute à une fin de saison fantomatique (1 but, 0 passe en 19 matchs). David Perron, « libéré » d’Edmonton, n’a pour autant pas produit plus que dans l’Alberta malgré de bien meilleurs coéquipiers. Sorti de ces attaquants de type « top-six », Pittsburgh a bricolé ses lignes d’échec et multiplié les tests. Nick Spaling a démontré sa polyvalence, Brandon Sutter battu son record de carrière avec 21 buts mais a souffert en possession. On passera la saison de Pascal Dupuis, victime de caillots sanguins et qui, à 36 ans, doit s’interroger sur la suite de sa carrière. On attendait de Beau Bennett un rôle de top-six, mais le fragile ailier n’a disputé que la moitié de la saison, sans vraiment briller, au point de finir en quatrième ligne, puis en tribunes, pendant les playoffs.
Pour le reste, les Penguins se sont appuyés sur des « cogneurs » comme Steve Downie et Maxim Lapierre – ce dernier arrivé à la date limite des échanges-, deux hommes au rôle d’intimidation évident. Les Penguins ont encore en mémoire une série contre les Flyers où ils s’étaient fait bousculer. Downie a parfaitement joué son rôle, menant la ligue en pénalités tout en produisant tout de même 14 buts. Blake Comeau a pour sa part relancé un peu sa carrière après quelques saisons discrètes, et l’ancien Islanders a fait son trou en buteur d’appoint. Enfin, les défensifs Adams, Goc ou Ebbett ont été relayés par Winnik à la date limite des transferts, mais ce dernier n’a pas apporté grand-chose face aux Rangers. La cascade de blessures dans l’effectif a contraint le staff à effectuer beaucoup d’essais et de mouvements, avec des résultats mitigés.

Bilan

Une coupe Stanley en 2009, une finale de conférence en 2013 : le bilan de Pittsburgh ces dernières années reste très médiocre compte tenu des stars alignées. Le souci, c’est que le duo Crosby-Malkin vieillit (28 ans) et que le staff ne trouve toujours pas la bonne combinaison pour les entourer correctement. Le nouveau manager Jim Rutherford comme le nouveau coach Mike Johnston conservent le bénéfice du doute après leur première saison à la tête de la franchise, avec de sérieux bémols. Les choix de Rutherford ont été critiqués et son altercation avec un journaliste en fin de saison est mal passée. Johnson, très apprécié de ses joueurs, a pour sa part du changer sa philosophie offensive pour une stratégie purement défensive en playoffs, la faute aux blessures.
Presque la moitié du budget passe sur quatre joueurs, et le staff doit jongler avec le reste pour trouver 16 joueurs... L’éternel problème des ailiers existe toujours à Pittsburgh, entre des Dupuis et Kunitz vieillissants, des Hornqvist, Perron ou Bennett inconstants : Malkin et Crosby ont besoin d’ailiers rapides et techniques. Les lignes d’échec affichent une collection de joueurs de niveau assez moyen et âgés, un manque de profondeur qui coûte cher. En playoffs, les stars subissent un traitement de choc et personne ne parvient à les relayer. La saison n’est cependant pas si noire. La qualité défensive affichée est encourageante, avec un très beau réservoir de jeunes talents. L’échec de la fin de saison et des playoffs s’explique en grande partie par les blessures de trois des quatre meilleurs défenseurs, ce que bien peu d’équipes auraient réussi à compenser. Malgré tout, Pittsburgh reste en plein doute et le chantier est loin d’être terminé...