Bilan NHL (16/30) : Winnipeg Jets

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du premier tour des playoffs : les Winnipeg Jets.

Le Manitoba retrouve les playoffs

Les Jets sont de retour ! Pour la première fois depuis le déménagement de la franchise dans le Manitoba, la qualification pour la phase finale a enfin consacré les efforts des joueurs. Les Thrashers d’Atlanta ne s’étaient qualifiés qu’une seule fois depuis leur création en 1999 : les Jets font donc aussi bien. Placé dans la redoutable division centrale, Winnipeg a bataillé ferme mais signe une superbe saison de 99 pts pour décrocher une « Wild Card ». La clé ? La défense et un retour au top du gardien Ondrej Pavelec, si critiqué l’an dernier, parfaitement secondé par Michael Hutchinson. Les jeunes se développent bien et l’avenir paraît rose dans la cité des grandes plaines. Bien sûr, il y avait un monde d’expérience face aux Ducks d’Anaheim, meilleure équipe de l’Ouest. Les Californiens ont logiquement remporté les quatre matchs pour balayer Winnipeg (4-2, 2-1, 5-4 ap., 5-2). Pourtant, Winnipeg menait au score à l’orée du troisième tiers dans les trois premiers matchs... Atlanta n’avait pas gagné le moindre match de playoffs : la franchise conserve donc un compteur à zéro... mais avec optimisme.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
99 230 210 29,7 28,7 17,8% 81,8% 1068 7-6 48,9% 52,5% 52%
14e 15e 9e 17e 9e 17e 13e 29e 10e 22e 8e 12e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

1415 wpg ptsmarques

La saison démarre mal pour Winnipeg. Après une victoire inaugurale, l’équipe perd cinq des six matchs suivants. La réaction survient fin octobre et début novembre, avec dix points sur douze possibles. Après ce mois d’octobre poussif donc (4-5-1), les Jets enchaînent avec trois mois excellents pour se mêler à la lutte aux playoffs. Novembre (8-4-3), décembre (7-3-3) et janvier (7-5-1) permettent aux fans d’y croire. Winnipeg fonctionne par séries, et accroche bien ses adversaires : pas moins de 27 matchs se sont réglés après le temps réglementaire. En janvier, après une série de cinq victoires de rang, les Jets perdent six matchs d’affilée et se retrouvent en danger. Ils réagissent avec quatre succès en cinq matchs, dont trois après les soixante minutes. Le sprint final est excellent avec dix victoires dans les quatorze derniers matchs, pour décrocher le Graal. Au final, 42 matchs n’ont eu qu’un seul but d’écart. Les Jets sont restés compétitifs l’essentiel de la saison. Retrouver Anaheim en playoffs n’était cependant pas un cadeau, car les Ducks avaient remporté les trois oppositions en saison régulière, dont deux après le temps réglementaire.


Une équipe régulière

1415 wpg butscontre

Tenace au début de saison, la défense laisse bien plus d’amplitude au score en fin de saison. Au total, les Jets ont encaissé un but ou moins à 25 reprises (6 blanchissages, dont deux de suite les 1er et 2 novembre et 6 et 7 avril). Ceci dit, Winnipeg n’a jamais encaissé plus de cinq buts cette saison.

1415 wpg butspour

L’attaque a fait preuve d’une régularité intéressante. Muselée à un but ou moins à 19 reprises (blanchie 4 fois, dont trois fois avant mi-novembre), l’offensive a dépassé les quatre buts 26 fois, dont un carton 8-2 contre Florida le 13 janvier.


Gardiens

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Après cinq saisons décevantes, Ondrej Pavelec a relancé sa carrière avec la meilleure saison depuis son entrée dans la ligue. Il faut dire qu’il a été mis en concurrence avec Michael Hutchinson, finaliste AHL la saison précédente. Ce dernier a surtout brillé avant le All-Star Game (93,5%) avant d’accuser le coup en fin de saison, où il a cédé un temps de jeu accru à son coéquipier tchèque. Winnipeg peut se réjouir de ces talents et réfléchir à l’avenir : Connor Hellebuyck, excellent en NCAA, a confirmé pour sa première saison AHL avant de porter les Etats-Unis vers le bronze à Prague, s’offrant une place dans l’équipe-type du tournoi ! Oh, et l'autre espoir, Eric Comrie, s'est offert l'or au Mondial junior...

Défense

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A 30 ans, Dustin Byfuglien reste une présence intimidante et particulièrement dangereuse offensivement. Dominateur en possession, rugueux, il arrive cependant en fin de contrat en 2016 et les questions ne manqueront pas... Winnipeg l’a beaucoup aligné avec le petit Tobias Enström, bien moins efficace offensivement cette saison, mais toujours précieux à la relance. Winnipeg a beaucoup remanié sa défense en cours de saison, la faute aux blessures, avec l’acquisition du vétéran Jay Harrison et surtout de Tyler Myers, dans un échange monstre avec Buffalo, contre Zach Bogosian. Myers a eu un peu de difficultés en possession de palet, mais sa relance et son patinage compensent souvent. A lui de relancer sa carrière. Le rayon de soleil est venu de Jacob Trouba. À 21 ans, le 9e choix 2012 a pris ses responsabilités cette année, jouant 23 minutes par match et apparait comme un défenseur complet. C’est clairement le futur n°1 de l’équipe. Pour solidifier l’arrière-garde, le vétéran Mark Stuart joue parfaitement son rôle de couverture. Harrison est donc arrivé lorsque les blessures ont commencé à décimer la défense ; il a surtout eu un rôle limité, notamment en infériorité. Pour compléter la défense, on trouve Grant Clitsome, solide mais fragile, limité à 24 matchs cette année. Cela a ouvert la porte à Ben Chiarot, un défenseur pur qui a beaucoup couvert Byfuglien. Paul Postma, 26 ans, n’a jamais joué autant (42 matchs) et a apporté à la relance. Adam Pardy, enfin, a complété le panel de défenseurs purs. Il y aura sans doute du ménage dans ce groupe pour libérer une place au grand espoir Josh Morrissey.


Attaque

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Andrew Ladd a terminé meilleur marqueur de l’équipe. Le capitaine reste un excellent joueur dans les deux sens du jeu, apporte leadership et qualité défensive. Ces 62 pts constituent son record de carrière. Il a trouvé une bonne entente avec Blake Wheeler, un grand gabarit qui n’a manqué que 7 matchs en 7 saisons. Wheeler continue de produire avec constance et la défense a souvent du mal à le contenir. Il mène l’équipe avec 26 buts. Méconnu mais précieux, Bryan Little apparaît comme l’un des centres les plus sous-estimés de la ligue. Dominateur en possession, régulier, très bon défensivement, il évolue contre les meilleurs trios adverses. Le centre n°2 est désormais Mark Scheifele, 22 ans, qui affiche de belles promesses. Autre centre, Mathieu Perreault n’a pas coûté bien cher en arrivant d’Anaheim à l’intersaison, mais a rapporté gros Après un début de saison médiocre (3 passes en 19 matchs), il a été replacé à l’aile de Scheifele et s’y est senti comme un poisson dans l’eau, signant 38 pts lors des 43 derniers matchs et contribuant au très bon final des Jets.
La révélation de l’année s’appelle Adam Lowry. Fils d’un ancien joueur NHL, le rookie s’est installé sur les lignes d’échec, apportant son grand gabarit pour museler les attaquants adverses. Winnipeg a cherché du monde sur les premières lignes. Après de nombreux conflits internes avec Evander Kane, la star rapide et explosive a été envoyée à Buffalo pendant sa blessure. En retour, les Jets ont relancé Drew Stafford. Son expérience n’est pas pour rien dans la qualification de Winnipeg, avec 19 pts en 26 matchs sous les couleurs canadiennes. Pour le reste, le travail défensif a été confié à Jim Slater, qui n’a guère produit, au rugueux Chris Thorburn, au rapide TJ Galiardi et au teigneux Anthony Peluso, qui apparait comme une espèce en voie d’extinction : le rôle de bagarreur au temps de jeu infime. On notera aussi la nouvelle excellente saison de Michael Frolik, précieux en troisième ligne et infériorité, et la saison plus moyenne de Jiri Tlusty, arrivé à la date limite des échanges pour apporter de la profondeur, mais qui n’a signé qu’un but en 20 matchs. Nikolaj Ehlers, brillant en ligue du Québec (101 pts en 51 matchs), viendra bientôt bousculer ce groupe...


Bilan

Paul Maurice peut mériter des éloges : l’entraîneur a mené un effectif assez moyen sur le papier en phases finales, où les Jets ont été compétitifs face aux Ducks malgré ce balayage 4-0. C’est d’autant plus remarquable que Winnipeg a été touché par de nombreuses blessures de joueurs clés, ainsi que par un conflit larvé avec la star Evander Kane. Le manager général Kevin Cheveldayoff a pris de nombreuses décisions payantes à court terme, mais il devra désormais gérer les nombreux agents libres de l’été. La saison 2014-2015 reste une réussite pour les Jets, que personne n’attendait là. Le bouillant public du Manitoba a retrouvé de la fierté et sera à coup sûr encore plus chaud la saison prochaine !