Bilan NHL (18/30) : Detroit Red Wings

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du premier tour des playoffs : les Red Wings de Detroit.

Nouvelle garde

Battus par Tampa Bay au premier tour, les Red Wings de Detroit peuvent nourrir quelques regrets. Cette 24e qualification de suite en playoffs s’est achevée au septième match face au Lightning, alors que les Wings menaient 3 victoires à 2 : autant dire que la franchise est passée tout près de poursuivre sa route. Pour une formation qualifiée aussi souvent en phases finales, les choix de draft sont toujours lointains. Il faut un service de scouting de haut vol pour réussir à pérenniser un club d’élite, et c’est exactement le point fort des Red Wings, qui reconstruisent patiemment sans repartir de zéro. Les cadres expérimentés servent toujours de leaders, mais une nouvelle génération prend petit à petit les commandes.
Sur le plan statistique, Detroit a beaucoup porté le jeu en zone offensive, sans parvenir pour autant à envoyer beaucoup de tirs au but – l’écart entre Corsi (tous les tirs) et Fenwick (sans les tirs bloqués) et les moyennes de tirs par match semblent indiquer que l’équipe a eu du mal à éviter que ses tirs soient contrés. Malgré tout, l’efficacité du jeu de puissance joue un grand rôle dans la qualification, qui aurait pu échapper aux Wings à cause d’un bilan catastrophique en fusillade.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
100 235 221 29,6 28,3 23,8% 80,9% 724 4-10 51,5% 53,5% 52%
12e 12e 16e 18e 8e 2e 17e 8e 26e 10e 3e 11e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

1415 det ptsmarques

Les Wings ont plutôt démarré fort, avec une première partie de saison prolifique : 6-2-2 en octobre, 8-3-3 en novembre, 6-4-4 en décembre, 9-3-0 en janvier... La place dans le top-8 de la conférence Est n’a jamais été vraiment mise en doute à ce stade. Les Wings ont souvent aligné des séries efficaces : 9 victoires en 11 matchs entre le 18 novembre et le 7 décembre par exemple. Cette série positive fut suivie de six défaites de rang, dont quatre en fusillade ! L’autre temps fort se situe en janvier, avec six victoires de suite (13-27 janvier) et même 11 victoires en 13 matchs (6 janvier au 7 février). La franchise du Michigan a bien fait de prendre de l’avance, car le sprint final fut très difficile. Un mois de mars compliqué (5-8-2), marqué par 6 défaites en 8 matchs (6-20 mars) plaçait Detroit à la lutte pour une Wild Card avec Boston, Pittsburgh et Ottawa. Fin mars et début avril frôlaient la catastrophe (5 défaites en 6 matchs, 24 mars au 2 avril) et il fallait trois victoires et une défaite en prolongation sur les cinq derniers matchs pour assurer la qualification, atteignant une nouvelle fois la barre des 100 points.
Detroit perdait ensuite au premier tour face à Tampa Bay, une défaite très frustrante. Les Wings s’inclinaient en effet en 7 matchs. Après une victoire 3-2, les Wings perdaient le match 2 (5-1) et revenaient à la maison avec une victoire (3-0) et une défaite (3-2). La victoire au match 5 (4-0) leur donnait une avance de 3 victoires à 2 et la possibilité de conclure à domicile. Malheureusement, Tyler Johnson et Ondrej Palat étaient intenables et Tampa Bay remportait le match 6 (5-2) et le match 7 (2-0).

Un final pénible

1415 det butscontre

La défense a dominé son sujet l’essentiel de la saison, avec cinq blanchissages et 18 matchs à un but ou moins. Le graphique illustre bien la fin de saison délicate. Alors que l’équipe n’avait pas encaissé plus de 4 buts dans un match dans la première moitié de saison, on compte 9 matchs au-delà de ce chiffre après le 29 janvier, dont une déroute 7-2 le 14 mars à Philadelphie. Enfin, 28 matchs se sont joués après les soixante minutes : Detroit a gagné 7 fois en prolongations (4 défaites), mais n’a pas eu la même réussite en fusillade (4-10).

1415 det butspour

L’attaque a été limitée à un but ou moins à 21 reprises (dont blanchie 3 fois). L’essentiel de ces matchs inefficaces a eu lieu avant février. Al’inverse, 29 matchs ont vu l’attaque faire mouche quatre fois ou plus, dont un match fou à Dallas le 21 février (7-6).


Gardiens

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Jimmy Howard a connu une saison difficile. Bien qu’il ait débuté l’essentiel des matchs et affiche des statistiques honorables, il a petit à petit perdu du temps de jeu au profit de Petr Mrazek. Le jeune Tchèque, ancien meilleur gardien du mondial junior puis MVP de la finale AHL gagnée il y a deux ans, a joué bien plus que prévu. Il a brillé au cours de ses 29 matchs, avec de bien meilleures statistiques que Howard, au point de gagner la confiance de Mike Babcock en fin de saison. Mrazek a débuté les sept matchs de playoffs face au Lightning. Son potentiel parait très important et pourrait forcer les Wings à prendre des décisions, car Howard a encore quatre ans de contrat. On notera les débuts de l’ancien premier choix Tom McCollum.


Défense

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Nicklas Kronwall a joué son role de défenseur n°1 face aux meilleurs trios adverses. Son entente avec Jonathan Ericsson fonctionne plutôt bien. Kronwall excelle surtout en jeu de puissance, mais a eu plus de mal à égalité numérique. Ericsson a vu son rôle se réduire petit à petit au fil de la saison et a moins brillé que par le passé. Du coup, Danny DeKeyser a récupéré des minutes. Pour sa deuxième saison, l’ancienne star universitaire signée en agent libre apparait comme un sacré hold-up. Mobile, bon relanceur, il a réalisé une superbe saison aux côtés du vétéran Kyle Quincey, solide mais sans éclat. Le troisième duo défensif a évolué au fil des blessures. Brendan Smith a solidifié sa place de 5e défenseur avec un rôle principalement défensif. Jakub Kindl a une nouvelle fois très peu joué : seulement 35 matchs, et un rôle « favorable » - départ en zone offensive face à des trios modestes. Son avenir parait mis en danger par l’émergence de Xavier Ouellet et Alexey Marchenko, bien plus convaincants. Conscient de cette fragilité défensive, le staff a décidé d’acquérir Marek Zidlicky à la date limite des échanges. Le vétéran tchèque a apporté exactement ce qu’il fallait, avec 11 pts en 21 matchs dont 8 en jeu de puissance.


Attaque

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Henrik Zetterberg a encore réalisé une superbe saison. Dominateur en possession le Suédois s’est surtout fait passeur cette année, accumulant les points en jeu de puissance. Il a manqué de réalisme devant la cage (seulement 2 buts sur les 29 derniers matchs, muet en playoffs) et a perdu un peu en temps de jeu, mais son impact et son leadership restent très importants. On peut en dire autant du magicien Pavel Datsyuk, qui a reçu son plus petit temps de jeu depuis 2006. Il a encore manqué vingt matchs sur blessure, mais son talent hors norme et son travail défensif restent exceptionnels. Il termine 11e de la ligue en « Corsi », preuve qu’il est plus souvent en zone dangereuse que dans son camp... On peut en dire autant du jeune Tomas Tatar, qui termine lui 7e de la ligue dans ce domaine et lance la nouvelle vague. Il explose son record de carrière (59 pts) et mène l’équipe en buts (29). C’est l’un des futurs leaders, en compagnie de Justin Abdelkader, 27 ans, qui a enfin passé le plateau des 20 buts (23 buts, 44 pts) et apporte un élément physique qu’aucun de ses coéquipiers ne peut proposer. A 23 ans, Riley Sheahan fait lui aussi partie de l’avenir du club et s’est bien développé en attaquant défensif, pour un rôle d’appoint en 2e ou 3e ligne. Gustav Nyquist avait explosé l’an dernier avec 28 buts en 57 matchs. Il a à peu près confirmé cette année avec 27 buts et 54 pts, avec une vitesse rare. Sur les lignes d’échec, Darren Helm a retrouvé des couleurs, avec enfin une saison à peu près complète de75 matchs. Il bat ses records de carrière (15 buts, 33 pts) avec un rôle majeur en infériorité numérique, jouant même sur les deux premières lignes à l’occasion. Stephen Weiss, blessé toute la saison dernière, a retrouvé des couleurs avec 25 pts dans un rôle limité, plutôt défensif. Johan Franzen, 35 ans, décline fortement et a surtout joué en supériorité pour masquer les gardiens et chasser les rebonds. Une commotion début janvier a mis un terme à sa saison. En quatrième ligne, Detroit s’est appuyé sur Drew Miller et Luke Glendening, qui ont assuré l’essentiel du travail en infériorité. Glendening, doté d’une grande conscience défensive, a souvent joué contre les meilleurs trios adverses et a surpris avec 12 buts. Parmi les autres solutions, Tomas Jurco tente de percer l’alignement, mais sans grande réussite : seulement 3 buts en 63 matchs, c’est un peu maigre pour un joueur offensif. Il risque d ‘être menacé par Teemu Pulkkinen, impressionnant pour ses débuts après une saison AHL prolifique. Côté vétéran, Erik Cole fut une énorme déception. Recruté contre deux espoirs et un choix de draft à la date limite, Cole devait apporter du physique et de l’agressivité. Il signe 3 buts en 11 matchs avant de se blesser et de mettre un terme à sa saison.
Si le grand espoir Anthony Mantha n’a pas joué – blessé en début de saison, il a peiné en ligue mineure – Detroit peut aussi compter sur Dylan Larkin, excellent au mondial U20.


Bilan

La saison a été un peu empoisonnée par le cas Mike Babcock. Le coach très respecté arrivait en fin de contrat et les rumeurs se sont multipliées tout au long de la saison. Il a finalement signé à Toronto peu après la fin de saison, et sera remplacé par l’excellent coach de la réserve, Jeff Blashill. Il aura la charge de relancer une franchise qui n’a plus atteint la finale depuis sa défaite face à Pittsburgh en 2009. Au final, la saison 2014-2015 apparait mi-figue, mi-raisin. Detroit a certes poursuivi sa série incroyable de 24 saisons en playoffs – un record tous sports nord-américains confondus – mais n’a pas passé le premier tour. Les vétérans prennent de l’âge et la nouvelle garde va vite devoir prendre ses responsabilités pour maintenir Detroit à son standing habituel.