Présentation de Chamonix 2015 - 2016

A la poursuite des play-offs

Après une saison 2014-2015 mi-figue mi-raisin. Un bon championnat (6ème, à 5 pts du 2ème, 14 victoires, 4ème attaque),

les Chamois, à domicile, ont blanchi l’attaque de Grenoble (1er) et battu Rouen (2ème). Les joueurs du président, Michel Bilbollet, ont perdu en prolongation à Rouen, aux tirs-au-but à Grenoble et à Gap (le Champion), preuve que Chamonix était dans le coup. Mais handicapés par la blessure de leur buteur, Julien Tremblay, et de l’expérimenté Matthieu Jestin, ils n’ont pas su passer Dijon. Les Haut-Savoyards, malgré l’avantage de la glace, ont concédé trois (très courtes) défaites (2 aux TAB & 1 en prl) aux Duc de Dijon et une élimination, la première en quatre ans, au tour préliminaire des play-offs.

Alors, quels choix Chamonix a-t-il fait à l’intersaison pour retrouver les play-offs cette année ?

Stéphane Gros, son entraineur, a été confirmé pour qu’il poursuivre son bon travail des six saisons dernières et devant le filet, très vite, il a fallu au coach palier le départ vers Gap de Clément Fouquerel.

C’est Henri-Corentin Buysse, le gardien qui leur a barré la route avec Dijon, qui a été choisi par le staff des Chamois. Les deux gardiens sont de niveau équivalent. Leurs statistiques des deux dernières saisons sont proches. Tous deux sont aux portes de l’équipe de France pris en sandwich entre les titulaires (Huet, Hardy et Quemener) et les plus jeunes (Bertein, Ylönen…). Mais à 27 ans, le natif d’Amiens qui jouera dans son cinquième club de Ligue Magnus, approche de la pleine maturité sportive et sera d’autant plus capable de relever un nouveau challenge. Au jeu des chaises musicales, Jimmy Darier (21 ans) arrive de Grenoble, pour être le back-up de Buysse, à la place de Victor Goy qui jouera ce rôle à… Grenoble.

L’entraîneur a reconduit sa brigade défensive habituée aux joutes de la ligue Magnus. Ainsi, le régulier Damien Torfou (29 ans / 252 matches) et le Finlandais polyvalent Riku Silvennoinen (31 ans / 78 matches), tous deux en progrès au plus-minus, apporteront une base au bloc défensif. A 31 ans, Mathieu Jestin, est presque un renfort par la force des choses, après une double commotion cérébrale qui a tronqué une grande partie de sa saison dernière. Pendant l’incapacité du champion de France 2014 avec Briançon, Clément Colombin (23 ans) a su s’imposer, il fera partie des 6 arrières de l’équipe à la place d’Arthur Cocar qui après 4 saisons passées à Chamonix retourne à Mont-Blanc.

Pour compenser les départs des arrières plus offensifs, Kyle Hardy et Sébastien Payette, Stéphane Gros a misé sur des joueurs qui connaissaient la ligue. Il a puisé directement dans un club du top 4, à Grenoble, pour récupérer une doublette Canadienne, Dominique Jalbert (26 ans) et Pierre-Luc Lessard (27 ans). Peut-être un peu moins attiré par l’offensive que Hardy, les deux joueurs ont un parcours assez similaires et ont quasiment le même profil. Mobiles, agressifs et rapides, les deux joueurs ont aussi une bonne vision du jeu. Dominic Jalbert sait monter le palet et faire la bonne première passe. Formés en QMJHL, puis après une formation universitaire (CIS), ils ont tenté leur chance en Europe à Grenoble. Le premier, excellent étudiant, admiré par Richard Martel (ex-entraineur de Grenoble) qui l’a fait venir en Ligue Magnus, a été un défenseur offensif pour Antoine Roussel à Chicoutimi (QMJHL) et a remporté la coupe Kelly (ECHL) en 2013. Le second, élu meilleur défenseur universitaire en 2013, est doté d’un flair offensif. Il est déterminé et se présente à tous les matches. L’an dernier, les deux Québécois étaient des pierres angulaires dans le Grenoble qui a dominé la majeure partie de la phase régulière et qui a remporté la coupe de la ligue. Ce sont là des valeurs sûres pour Stéphane Gros dans l’optique d’éviter des play-down plus dangereux dans cette saison dans de rétrécissement de la ligue.

Pour compléter l’escouade le coach Chamoniard puisera dans l’équipe de jeunes régionaux du HC 74 renforcée par l’arrivée de l’ex-Lyonnais Florian Potier (20 ans).               

Du côté des avants, les départs de Julien Tremblay et de Michael Beaudry et surtout la retraite, à 39 ans, de l’emblématique Laurent Gras (587 matches pour 502pts – 242 buts – en élite française) ont été comblés par deux arrivées, celle du Finlandais de Dijon, le très complet Ilpo Salmivirta (31 ans), quadruple champion de France et une coupe européenne acquis avec Rouen, et celle du Canadien Randy Cameron. Le second, à 26 ans, débute une carrière en Europe après une première saison professionnelle en SPHL. C’est un joueur de centre, formé en QMJHL, où il a rempli de belles fiches et qui a été le coéquipier de Matt Bissonette en CIS à Fredericton chez les Tommies (St-Thomas Université) où il a joué dans de nombreuses situations. « Mr. Everything » comme il était surnommé chez les universitaires a un style de jeu intelligent.

Le nombre n’y est peut-être pas mais les qualités, vitesse et abnégation, aperçues sur la troisième ligne chez Jeremy Ares (23 ans, 12pts, +5) et Joris Bedin (22 ans, 14pts, +6) qui ont pris de la confiance, sont des axes de bonifications pour le groupe de Stéphane Gros. Avec la montée en puissance programmée de Mathias Terrier (24 ans, 19pts, +4), le retour en forme de l’expérimenté Arnaud Hascoet (30 ans, 20pts, +0), le polyvalent suédois, lui aussi en progrès, Eric Andersen (24 ans) parfait joueur de complément, Chamonix et ses locomotives offensives, Clément Masson (29 ans) et le Canadien Matt Bissonette (23 ans), dispose de trois lignes offensives homogènes. Pour compléter celles-ci Patxi Biscard (25 ans), Lou Bogdanoff (21 ans), Pierrick Magnien (19 ans) ou Jordan Mugnier (19 ans) seront sans doute en concurrence.

Le groupe semble s’être renforcé à la ligne bleue, sans trop perdre de talents offensifs. L’équipe est donc plus équilibrée. Le recrutement fait quasiment uniquement en Ligue Magnus supprime les risques de mauvaises surprises, l’année où il faut absolument être en play-offs. Avec une phase régulière d’un peu plus d’une vingtaine de matches, c’est un sprint et Chamonix semble à l’abri d’un mauvais départ par rapport à certain de leurs concurrents directs qui devront trouver de la cohésion rapidement. L’effectif, même court, on l’a vu, est bâti pour valider le travail accompli de ses dernières saisons. Avec peu de changement, faire aussi bien que l’an dernier doit être l’ambition réalisable vers laquelle tendront les Chamois.