Allemagne – France (Euro Hockey Challenge 2015, match 6)

La France rate le départ

Deuxième chance pour les Bleus à Ravensburg cette fois face à l’Allemagne, futur adversaire lors des championnats du monde de Prague. Par rapport au match de jeudi (perdu 2-1), la France renforce son alignement avec Stéphane Da Costa, Yohann Auvitu et Florian Hardy (à la place de Robin Gaborit, Maxime Moisand et Clément Fouquerel). Du lourd pour les Bleus qu’on peut attendre donc plus solides qu’à Füssen où ils s’étaient inclinés 3-0 face à la Mannschaft. Du côté allemand, Laurin Braun et Oliver Mebus remplacent Henry Haase et Jens Baxmann dans l’alignement.

SEIDENBERG Yannic 130505 331Titularisé dans les cages allemandes au coup d’envoi, Hardy va connaître un début de match relativement compliqué. Les Allemands investissent la zone d’attaque et se créent une première énorme occasion sur un lancer de Stephan Daschner repoussé par Hardy. Au rebond, Brent Raedeke manque de peu d’ouvrir le score après seulement trente secondes de jeu mais le palet heurte le poteau. Une pénalité contre Kévin Hecquefeuille est appelée sur l’action et la Mannschaft est déjà en supériorité numérique. Justin Krueger remonte le palet le long de la bande, sert Daniel Pietta qui devance Chakiachvilli et centre pour Yasin Ehliz lequel marque à bout portant (1-0, 01'10"). Un but très bien construit et un signe de réussite pour l’attaquant des Ice Tigers de Nuremberg, déjà double buteur jeudi contre les Bleus.

Ces derniers pouvaient rêver d’un meilleur départ et tentent de réagir en monopolisant la rondelle dans les secondes qui suivent. Mais les Allemands sont plus mordants et provoquent une nouvelle pénalité appelée contre Manavian. Les Français n’arrivent pas à se dégager et sur un lancer lointain, Oliver Mebus trompe Hardy, masqué par la présence de Raedeke devant lui (2-0, 03'21").

A cause d’un cinglage de Desrosiers, la France évolue quand même en infériorité numérique et continue de subir le jeu pendant deux minutes. Hardy doit s’employer sur un bon lancer de Patrick Reimer et les Bleus se jettent pour contrer les tirs allemands. La Mannschaft donne le tournis à une équipe de France pas vraiment rentrée dans son match. De retour à cinq contre cinq, les Bleus peinent à sortir de leur zone défensive. Un bon travail de forecheck la ligne S.Treille-Raux-Bertrand permet à la France de désserrer l’étreinte et Claireaux met Felix Brückmann à contribution pour la première fois depuis de longues minutes.

FLEURY Damien 140515 376Les débats s’équilibrent et c’est au moment où on pense les Français enfin dans le match qu’ils encaissent un troisième but par Björn Krupp sur un nouveau lancer lointain qui surprend Hardy entre les jambières (3-0, 13'39"). Dave Henderson fait alors sortir Hardy et le remplace par Buysse devant la cage tricolore. La première pénalité allemande de Nicolas Krämmer pour avoir accroché Hecquefeuille permet aux Bleus d’évoluer enfin en supériorité numérique. Malgré une bonne présence en zone offensive, les hommes de Dave Henderson n’arrivent pas à créer complètement un décalage. Un bon lancer de Bertrand sur lequel Brückmann relâche le palet aurait pu leur permettre de réduire le score mais ils accusent finalement un retard de trois buts à la première pause.

Dépassés en première période, les Tricolores débutent la deuxième période de la pire des façons : Manavian accroche Reimer et prend dix minutes de méconduite au passage pour s’être plaint auprès de l’arbitre. Sans leur colosse en défense, les Bleus encaissent rapidement un nouveau but sur un lancer de Stephan Daschner dévié au passage involontairement par Janil (4-0, 21'40"). Humiliés au tableau d’affichage, les coéquipiers essaient de sauver l’honneur mais ils s’exposent aux contres allemands à l’image de Wolf, tout près de tromper Buysse sur un deux contre un finement joué par Reimer. Yorick Treille se fait pénaliser, ajoutant à l’indiscipline française depuis le début de la partie. Très en jambes en power-play, les Allemands créent beaucoup de mouvements autour de la cage de Buysse et il s’en faut de peu pour qu’Oppenheimer ne marque le cinquième but mais Buysse détourne le lancer allemand.

TREILLE Yorick 140509 082Les Français bénéficient à leur tour d’une pénalité de Noebels, coupable d’accrocher Stéphane Da Costa, très discret jusque-là. La réussite fuit les Bleus en power-play, frustrés par Brückmann qui réalise des arrêts propres sans rebond. Sur un deux contre un, Leonhard Pföderl choisit le lancer mais Buysse réalise un arrêt propre de la mitaine. Une charge avec la crosse contre la bande de Sebastian Uvira sur Florian Chakiachvili est sanctionnée par une pénalité majeure et une méconduite de match. Une chance inespérée pour les Français de renverser la tendance. Mais les Bleus se montrent empruntés pendant leurs cinq minutes de power-play, parvenant rarement à se créer des situations dangereuses. Seul un lancer de Hecquefeuille bien dévié par Brückmann fait passer le frisson dans les rangs allemands. C’est paradoxalement de retour à égalité numérique qu’ils vont finir par marquer sur un palet rapidement remonté par Claireaux, Ritz servant de relai pour Yorick Treille, idéalement placé devant la cage et qui dévie le palet sous la barre transversale (4-1, 39'37").

Malgré leurs pénalités coûteuses en début de rencontre, les Bleus n’ont semble-t-il pas retenu la leçon. Une gross charge de Lampérier sur Oppenheimer est sanctionnée dès la première minute du troisième tiers. Sans conséquence heureusement grâce à un très bon « box play » qui laisse très peu d’espaces à la Mannschaft. Yorick Treille aurait même pu marquer en contre sur un palet récupéré à la ligne bleue. Reimer qui se présentait seul dans l’axe, ne cadre pas son tir. Le rythme baisse d’un cran dans ce troisième tiers, les Allemands laissant le contrôle du palet aux Tricolores qui tentent de trouver des bonnes positions de tir à l’image de Besch dont le lancer est difficilement contrôlé par Brückmann. Moritz Müller ceinture trop longtemps Sacha Treille et se fait pénaliser. Sur le power-play qui suit, les Bleus s’installent en zone offensive et ils finissent par trouver l’ouverture sur un centre devant la cage de Ritz pour Fleury lequel marque avec la complicité de la jambière de Brückmann (4-2, 48'58").

REIMER Patrick 110511 398L’embellie est de courte durée pour les Français puisque Trabichet se fait pénaliser dans la foulée. Obligés de défendre à quatre, les Tricolores concèdent de nouveau très peu d’occasions de tirs. En contre, Stéphane Da Costa sert sur un plateau Lampérier dont la reprise aurait pu faire mouche. Malheureusement les Bleus encaissent leur troisième pénalité du tiers par Rech et ils se retrouvent de nouveau en position défensive. Buysse réalise quelques arrêts importants notamment sur un lancer d’Oppenheimer alors qu’il était masqué. De nouveau en power-play suite à une pénalité Noebels qui a accroché Hecqueufeille, les Bleus se montrent alors beaucoup plus réalistes que leurs adversaires en unités spéciales : après un puissant lancer d’Hecquefeuille, une action toute en vitesse de Stéphane Da Costa est conclue magnifiquement par Charles Bertrand (4-3, 56'24"). Revenus à un but, les Français peuvent étonnemennt se remettre à croire à un résultat positif après un début de match très mal engagé. Buysse réalise un arrêt de grande classe face à Pietta ce qui permet aux Bleus de menacer la Mannschaft jusqu’au bout. Henderson sort Buysse dans la dernière minute et prend un temps mort pour tenter d’arracher l’égalisation. Une faute de Da Costa sur Mebus à vingt secondes de la fin mettra fin à leurs espoirs.

Les Français s’inclinent de nouveau contre l’Allemagne et de nouveau avec un seul but d’écart. Mais après un début de match complètement raté, ils s’étaient mis en position très difficile, laissant l’écart grandir jusqu’à quatre buts. Ils se sont bien repris par la suite, venant à mourir un petit but malgré une indiscipline permanente. La satisfaction du jour vient de la bonne tenue des unités spéciales au troisième tiers alors qu’elles avaient été très moyenne au cours des quarante premières minutes, notamment lors de cette supériorité de cinq minutes mal exploitée. Si Hardy a manqué son retour, Buysse en a profité pour se montrer avec quelques beaux arrêts. Da Costa est monté en puissance au fil de la rencontre avec une belle assistance pour Bertrand sur le troisième but tricolore. Malgré tout l’ascendant psychologique sera du côté allemand lorsque les deux équipes se retrouveront à Prague lors des championnats du monde. Il reste deux rencontres face à la Suisse pour permettre aux Bleus de retrouver la confiance avant de s’envoler pour la République Tchèque.

Désignés meilleurs joueurs du match : Stephan Daschner (Allemagne) et Yorick Treille (France)

Allemagne – France 4-3 (3-0, 1-1, 0-2).
Samedi 18 avril 2015 à 20h15 à la Eissporthalle de Ravensburg. 2780 spectateurs.
Arbitrage de Bastian Haupt (ALL) et de Marcus Brill (ALL) assistés de Dominic Erdle (ALL) et Andreas Hofer (ALL)
Pénalités : Allemagne 33' (2’, 2'+5’+20’, 4’), France 26' (4’, 4’+10’, 8')
Tirs cadrés : Allemagne 40 (15, 13, 12), France 33 (6, 15, 12)

Évolution du score :
1-0 à 01'10" : Ehliz assisté de Pietta et Krueger (sup. num.)
2-0 à 03'21" : Mebus assisté de Krämmer et Oppenheimer
3-0 à 13'39" : Krupp assisté de Noebels et Ehliz
4-0 à 21'40" : Daschner assisté de Ebener et Oppenheimer (sup. num.)
4-1 à 39'37" : Y.Treille assisté de Ritz et Claireaux
4-2 à 48'58" : Fleury assisté de Ritz et Auvitu (sup. num.)
4-3 à 56'24" : Bertrand assisté de Da Costa (sup. num.)

Allemagne

Gardien :
Felix Brückmann

Défenseurs :
Bernhard Ebener – Stephan Daschner
Oliver Mebus – Justin Krueger
Björn Krupp – Moritz Müller (2’)
Jonas Müller – Florian Kettemer.

Attaquants :
Nicolas Krämmer (2’) – Brent Raedeke – Thomas Oppenheimer
Michael Wolf (C) – Daniel Pietta (A) – Patrick Reimer (A)
Marcel Nöbels (4’) – Yannic Seidenberg – Yasin Ehliz
Sebastian Uvira (5’+20’) – Martin Schymainski – Leonhard Pföderl
Laurin Braun.

Remplaçant : Danny Aus den Birken (G).

Entraîneur-chef : Pat Cortina


France

Gardien :
Florian Hardy puis Henri-Corentin Buysse (de 13’39’’ à 18’53’’ et de 19’41’’ à 20’00’’)

Défenseurs :
Nicolas Besch – Kévin Hecquefeuille (A) (2’)
Florian Chakiachvili - Antonin Manavian (2’+10’)
Teddy Trabichet (2’) – Jonathan Janil
Yohann Auvitu.

Attaquants :
Loïc Lampérier (2’) – Stéphane Da Costa (2’) – Julien Desrosiers (A) (2’)
Valentin Claireaux – Nicolas Ritz – Yorick Treille (C) (2’)
Anthony Rech (2’) – Teddy Da Costa – Damien Fleury
Sacha Treille – Damien Raux – Charles Bertrand
Vincent Kara.

Entraîneur-chef : Dave Henderson