Bilan NHL (20/30) : Vancouver Canucks

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du premier tour des playoffs : les Vancouver Canucks.

De tristes playoffs

La première année de Trevor Linden à la tête de l’équipe laisse un peu sur sa faim. La nomination de Jim Benning en manager général et de Willie Desjardins, champion AHL avec Texas, a plutôt fonctionné : le coach mène les Canucks en playoffs, au-delà des 100 pts, avec une deuxième place inattendue dans la division Pacifique. Mais sortir dès le premier tour face à Calgary, sans briller, cela fait tâche. L’équipe s’est appuyée sur une attaque performante, les frères Sedin se retrouvant enfin, une fois « libérés » du système Tortorella. La défense a cependant parfois laissé à désirer – à l’exception d’un jeu en infériorité de très bonne facture. Il a manqué un petit quelque chose. Face aux Flames, autre équipe peinant à dominer la possession du palet, Vancouver n’a pas vraiment réussi à imposer son style et a globalement subi. Malgré quelques promesses, les Canucks auront bien du mal à faire mieux.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
101 242 222 29,9 29,8 19,3% 85,7% 892 6-2 46,7% 49,5% 49,4%
8e 7e 17e 16e 17e 9e 2e 26e 11e 29e 19e 18e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

Une fin de saison en yo-yo

1415 van ptsmarques

Vancouver commence du bon pied avec trois victoires de rang, lançant un mois d’octobre convaincant (7-3-0), série qui continue sur novembre. Les Canucks gagnent ainsi 15 matchs sur 21 entre le 23 octobre et le 4 décembre, pour s’installer durablement dans le top-8. La série est suivie de cinq défaites de suite : la réaction fin décembre remonte Vancouver au classement. A partir de fin janvier, l’équipe enchaîne très rarement trois victoires de suite, alternant le bon et le moins bon. La qualification est tout de même acquise à deux matchs de la fin, à la faveur de trois victoires à domicile pour finir la saison. Une qualification qui doit beaucoup à un mois de mars de haute volée (10-4-2).

1415 van butscontre

La défense de Vancouver a peiné toute la saison à contenir les assauts adverses, à l’exception d’une bonne séquence en décembre. 40 matchs se sont soldés par trois buts encaissés ou plus, dont une déroute 7-3 contre Colorado le 24 octobre. On trouve tout de même 9 blanchissages, dont deux de suite les 15 et 16 janvier : Ryan Miller enchaîne alors plus de 200 minutes sans encaisser de buts.

1415 van butspour

La clé du succès, c’est donc l’attaque, qui a marqué trois buts ou plus à 51 reprises, dont un festival 7-1 le 22 décembre contre Arizona. Blanchie quatre fois, elle a été limitée à un seul but à 11 reprises seulement. La fin de saison a d’ailleurs été très prolifique en buts, permettant la bonne série de l’équipe en mars.


Gardiens

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Après les échanges de Cory Schneider et Roberto Luongo, les Canucks ont misé sur Ryan Miller, signé à prix d’or à l’intersaison. Médaillé d’argent aux Jeux olympiques 2010 dans cette même cité de Vancouver, Miller a réalisé une saison assez moyenne avant de se blesser au genou. Du coup, son remplaçant Eddie Lack a quasiment joué autant, avec de bien meilleures apparitions. Un bilan encourageant, mais pas forcément décisif pour le Suédois, qui pourrait voir Jacob Markström le concurrencer. L’ancien grand espoir de Florida peine à confirmer en NHL, mais a affolé les compteurs en ligue américaine cette saison (93,3% d’arrêts en 50 matchs).

Défense

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Alex Edler a parfaitement rebondi après sa saison 2013-14 noire (pire ratio +/- de la ligue, -39). Edler et son partenaire Chris Tanev ont affronté de très bons trios et s’en sont sortis avec une possession favorable et une contribution offensive non négligeable, Tanev évoluant dans un registre plus défensif, en étant un cadre en infériorité. Sur la deuxième paire, Dan Hamhuis a rendu une copie solide sans plus, gêné par une blessure à l’aine. En revanche, Kevin Bieksa, 34 ans, commence à afficher des signes de déclin – il a connu son plus bas temps de jeu depuis dix ans. La troisième paire devait permettre à Luca Sbisa de s’imposer, mais le jeune Suisse a peiné en début de saison, avant de mieux finir l’année. Son compatriote Yannick Weber, qui devait plutôt jouer en n°7, a finalement décroché une place dans le top-4 grâce à d’excellentes prestations, y compris en supériorité. Pour compléter l’alignement, Ryan Stanton a contribué dans un rôle très limité, moins convaincant que la saison précédente. Adam Clendening et Frank Corrado seront sans doute ses concurrents prochainement.


Attaque

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Les jumeaux Sedin, 34 ans, ont parfaitement rebondi, s’épanouissant hors du pesant système Tortorella. Ils ne sont plus aussi finisseurs qu’avant, mais tournent à presque un point par match. La trouvaille, ce fut Radim Vrbata, signé l’été dernier. Le Tchèque s’est entendu comme larron en foire avec les Suédois et signe un nouveau record de carrière, menant l’équipe en buts. Cependant, âgé de 34 ans également, il n’apparait pas comme une solution à long terme... Sur la deuxième ligne, Nick Bonino, arrivé contre Ryan Kesler, n’a pas effacé dans les mémoires le souvenir de l’Américain, même s’il signe une saison honnête. Son entente avec le vétéran Chris Higgins a contribué à l’efficacité de l’équipe en infériorité. Alex Burrows a su rebondir également sur ce trio, mais, tout comme Higgings, voit son temps de jeu décliner. Compte tenu d’un temps de jeu assez réduit, Jannik Hansen s’est plutôt montré efficace (16 buts, record de carrière). C’est l’un des rares « moins de 30 ans » de la ligne d’attaque. Le benjamin de l’équipe fut Bo Horvat. Le 9e choix 2013 a gagné sa place lors du camp et s’est sérieusement amélioré au fil des semaines. Un temps de jeu en hausse lui permet de signer une saison de rookie de 25 pts, dont 13 buts, ce qui constitue un bilan très prometteur. En quatrième ligne, Derek Dorsett bat son record de carrière (25 pts), dépassant un simple rôle de bagarreur (2e de la ligue avec 17 bagarres). Malgré tout, il peine à sortir de sa propre zone et n’apparait pas un atout en possession de palet...

Parmi les plus jeunes attaquants, Zack Kassian produit correctement, d’autant qu’il a manqué la moitié de la saison et les playoffs. Il apporte du physique et une profondeur de banc satisfaisante. On attend toujours plus de ce grand gabarit, mais il ne sera sans doute jamais le "power-forward" de première ligne que l'on espérait. Linden Vey a très bien débuté son année de rookie, avant de s’éteindre complètement (8 pts dans les 38 derniers matchs). Il devra gagner en constance, mais, à 23 ans, reste prometteur. La surprise est venue du Letton Ronalds Kenins. Non drafté, l’ailier restait sur six saisons en Suisse. Cet attaquant travailleur est arrivé en cours de saison après une prestation correcte en AHL et n’est pas redescendu, signant 12 pts en 30 matchs. On attend en revanche toujours l’éclosion de Sven Baertschi et de Nicklas Jensen, deux anciens premiers choix de draft qui peinent depuis à s’installer durablement en NHL.

Bilan

Vancouver a retrouvé les playoffs, et ce sera le seul bilan positif de la saison. Si les remaniements du staff ont porté leurs fruits, les Canucks ont atteint leur objectif minimal à l’aide d’un effectif plutôt vieillissant. L’équipe de Colombie Britannique se repose principalement sur des cadres qui ont dépassé les 30 ans, voire les 34... L’avenir de l’équipe pose donc question. Malgré l’apparition de Bo Horvat et quelques joueurs de 23-25 ans, ainsi que la constitution d’un système prometteur (Jake Virtanen, Brock Boeser, Hunter Shinkaruk, Cole Cassels...), la relève semble très loin. Combien de temps les frères Sedin pourront-ils porter l’équipe ?