Bilan NHL (21/30) : Nashville Predators

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du premier tour des playoffs : les Nashville Predators.

Si proche, si loin…

Finir sixième de la ligue et deuxième de la redoutable division Centrale, c’est plutôt une saison réussie. Mais se faire sortir dès le premier tour par Chicago, c’est moins mémorable… L’arrivée du nouvel entraîneur Peter Laviolette a permis de proposer un style de jeu plus offensif, sans perdre de vue la qualité de la défense, point fort des Predators depuis leur création. Le spectacle a donc été au rendez-vous dans le Tennessee, mais au moment-clé, l’équipe a craqué, face à l’expérience des Blackhawks. Un peu sonnés, les joueurs doivent encore se demander ce qu’il va falloir améliorer pour passer l’épaule et ce maudit premier tour, qu’ils n’ont franchi que deux fois. Dix qualifications, huit défaites au premier tour, cela commence à faire beaucoup… Les équipes spéciales, cela serait déjà un atout !

Car finalement, Nashville affiche le meilleur ratio entre buts marqués et buts encaissés cette saison, juste devant Tampa Bay et les Rangers. La possession de palet est là, l’offensive et la défensive aussi : reste à gagner en force mentale pour renverser les montagnes.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
104 232 208 31,9 28,3 16,2% 80,8% 693 6-6 48,9% 52,7% 52,9%
6e 13e 8e 3e 6e 25e 18e 5e 12e 21e 7e 5e

Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

1415 nsh ptsmarques

Les Predators entament la saison sur un nuage, en prenant des points lors des sept premiers matchs (5-0-2). Cela lance deux premiers mois remarquables, qui placent Nashville dans les premières positions de la ligue (6-2-2 et 10-3-0). Ce mois de novembre de feu est suivi de deux mois excellents eux aussi : 8-4-1 en décembre et 7-2-3 en janvier. Les séries de trois victoires ou plus ne sont pas rares (exemple, cinq de suite les 6-16 janvier). Nashville est confortablement installé dans le top de la conférence Ouest, et s’y enracine à la faveur d’un mois de février convaincant (10-4-1). Nashville, favori ? Pas si sûr. La mécanique s’enraye le 26 février, qui lance une série de six défaites de rang. Nashville tente de réagir et gagne quatre matchs de suite (21-28 mars), mais finit la saison en déroute complète, avec six défaites consécutives. Les Predators conservent leur deuxième place de justesse face à Chicago, pour gagner l’avantage de la glace face aux Hawks en phases finales. Une équipe de Chicago qui a gagné le duel en saison régulière : Nashville n’y a signé qu’une fiche de 1-1-2…

Ce retour en playoffs débute tambour battant. Les Predators mettent la pression sur la défense et chassent Corey Crawford, remplacé par Scott Darling. Le 3-0 ne tient pas : Chicago revient au score en deuxième tiers et Duncan Keith renverse le match en double mort subite. Nashville a dominé ce match 1, et domine le match 2, en tenant cette fois jusqu’au bout (victoire 6-2), pilonnant Crawford. Scott Darling débute le match 3 et fait la décision avec 35 arrêts, maintenant les trois buts marqués par son camp en deuxième tiers (4-2). Chicago s’empare aussi du match 4 avec une victoire en triple mort subite sur un but de Brent Seabrook (3-2). Les Predators, sonnés, réagissent à la maison et un triplé du rookie Filip Forsberg, le premier de sa carrière, porte le score à 5-2. Darling, en difficulté, cède trois buts sur les douze premiers tirs du match 6. Crawford revient et Nashville explose, concédant un but décisif de Keith à quatre minutes de la fin du match (4-3).

Au final, une défaite en six manches, dont deux en prolongations, et des scores bien serrés. Nashville a laissé passer sa chance en gaspillant de nombreux avantages au score…

Une fin de saison difficile

1415 nsh butscontre

La défense a parfaitement assuré son rôle pendant la moitié de la saison. Elle n’a ainsi encaissé quatre buts ou plus que deux fois lors des trente premiers matchs. La fin décembre fut beaucoup plus compliquée, et la fin de saison catastrophique. Au total, la défense a craqué plus de quatre fois à 21 reprises, dont 8 à partir de mars. A l’inverse, on compte cinq blanchissages, et 22 matchs à un seul but ou moins – mais seulement 3 après mars.

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L’attaque a très régulièrement marqué trois buts ou plus (49 matchs), dont un carton le 18 novembre à Toronto (9-2) et une victoire folle en prolongations à Los Angeles le 3 janvier (7-6). L’offensive si efficace n’a pas trouvé la cible à trois reprises, et a été limitée à un seul but à 10 reprises. C’est bien l’attaque qui a failli lors de la mauvaise série de mars.

Gardiens

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Pekka Rinne a connu une saison en bonne santé, contrairement à 2013-2014. Cela s’est vu tout de suite et il signe un pourcentage d’arrêts de 93,1% avant le All-Star Game. Cela s’est un peu gâté par la suite à cause d’une blessure au genou, et le prive d’un trophée Vezina. Néanmoins, il s’est montré encore exceptionnel cette année. Son remplaçant, Carter Hutton, a fait ce qu’il pouvait, mais son bilan reste très modeste. Il ne serait pas surprenant que Marek Mazanec finisse par lui voler la place, à moins que le prodige finlandais Juuse Saros ne les coiffe au poteau.

Défense

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Le duo Shea Weber-Roman Josi a encore une fois disputé l’essentiel des rencontres, avec l’un des plus gros temps de jeu de la NHL. Weber a parfois souffert côté possession, mais il faut dire qu’il est utilisé face aux meilleurs trios adverses et affiche un temps de jeu spectaculaire en équipes spéciales. Sa blessure au genou en playoffs est l’une des causes majeures de la victoire des Hawks. Régulièrement nominé au trophée Norris, Weber pourrait bien être rejoint par son partenaire Josi dans les discussions, tant le Suisse a ébloui la ligue cette année encore. Il mène même l’équipe avec 55 pts, ce qui en fait l’un des arrières les plus productifs de ces deux dernières saisons. Des défenseurs offensifs, c’est ce que Nashville produit de mieux. Le jeune Seth Jones avait souffert l’an dernier, mais il a progressé cette année, quittant la 3e paire à la faveur de blessures. Il a monté son temps de jeu et plutôt produit en retour. Ryan Ellis a beaucoup joué en début de saison, mais une blessure l’a ralenti et il a perdu des minutes au profit de Jones. Sa qualité de relance et sa vision du jeu restent précieuses.
L’un des défenseurs méconnus de l’équipe, Matthias Ekholm termine pourtant 17e de la ligue au « Corsi ». Défenseur pur, il couvre très bien ses partenaires et porte le jeu vers l’avant. Pour boucler la défense, le vétéran Anton Volchenkov a bien rebondi après une saison noire chez les Devils, dans un rôle limité et gêné par les pépins physiques. Victor Bartley l’a plus ou moins doublé en cours de saison, même si son potentiel ne semble pas très important.

Attaque

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Le hold-up du siècle dans la NHL s’appelle Filip Forsberg. Ancien premier choix de Washington, le Suédois est arrivé à Nashville contre Martin Erat et Michael Latta au printemps 2013. Depuis, il a été désigné meilleur joueur du mondial junior 2014 et a effectué une saison rookie prodigieuse, avec 26 buts et 63 pts ! Rookie du mois de décembre et nommé au All-Star Game, Forsberg a bénéficié d’un temps de jeu favorable, mais a brillé en finissant 12e en possession. Il a figuré parmi les meilleurs marqueurs de la NHL pendant la moitié de la saison, menant même en +/-, avant de ralentir en fin d’année. Du coup, il n’est que 4e au vote du trophée Calder. A ses côtés sur la première ligne, Mike Ribeiro, 5e de la ligue en « Corsi », a constamment porté le jeu vers l’avant et multiplié les passes décisives. Souvent critiqué pour son attitude, Ribeiro reste un centre productif et semble avoir trouvé une certaine sérénité hors glace dans le Tennessee. James Neal, acquis de Pittsburgh à l’intersaison, n’a pas vraiment apporté autant qu’espéré. Il a surtout eu du mal en fin de saison, avec seulement deux passes dans les 31 derniers matchs, mais il a beaucoup tenté toute l’année (221 tirs en 67 matchs).
La deuxième ligne a permis au rapide Craig Smith de briller avec constance. Il signe à nouveau une saison au-delà des 20 buts. Il y est rejoint par le grand pivot Colin Wilson. Auteur de 20 buts et 42 pts, il semblait pouvoir faire mieux que les 39 pts en 55 matchs de l’an dernier, mais il s’est écroulé dans la dernière ligne droite (1 but, 2 passes en 22 matchs). Fort heureusement, Wilson fut l’un des plus dangereux en playoffs (5 buts en 6 matchs). La troisième ligne comprenait le jeune suédois Calle Jarnkrok. Pour sa première saison complète, il signe un bilan modeste (18 pts) mais ses statistiques de possession très positives laissent espérer une progression sensible. Les lignes d’échec se sont aussi appuyées sur le vétéran Paul Gaustad, chargé des missions les plus défensives grâce à son habileté aux mises au jeu. Il a été accompagné de Mike Fisher, joueur d’expérience qui apporte avec régularité une offensive de soutien, ainsi que Viktor Stalberg. L’ex-Hawks n’a pas convaincu et a même été relégué en AHL pour vingt matchs, avant de mieux finir la saison.
Taylor Beck n’a pas trop brillé en quatrième ligne, et Gabriel Bourque, pour sa part, a perdu en temps de jeu, avec une saison moitié moins efficace que l’an dernier. Il sera sans doute sous la menace d’autres joueurs. C’est bien là que le bât blesse par rapport à Chicago : la profondeur de banc a fait la différence. Nashville doit améliorer son « bottom-six », et espère que les recrues de l’été apporteront. A ce titre, les débuts nord-américains de Kevin Fiala, premier choix 2014, apparaissent positifs.

Bilan

La première saison de Peter Laviolette a donc apporté une partie de ce que l’on attendait de lui : un jeu beaucoup plus offensif et spectaculaire. L’équipe a répondu présent sans perdre sa qualité défensive et parait disposer d’éléments prometteurs pour faire encore mieux la saison prochaine. Il manque sans doute une mentalité de « tueur », une force morale permettant de faire mieux que de perdre au premier tour, comme d’habitude. Nashville, qui a signé le sniper de KHL Steve Moses à l’intersaison, devrait encore disposer d’arguments offensifs majeurs l’an prochain : spectacle en vue !