Bilan NHL (22/30) : St. Louis Blues

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du premier tour des playoffs : les Blues de St. Louis.

Eternels perdants

Les Blues de St. Louis éliminés en playoffs dès le premier tour ? Cela devient une sale habitude. C’est la troisième fois de suite que la franchise du Missouri échoue à franchir l’obstacle malgré une nouvelle brillante saison régulière. L’excuse de perdre contre le futur champion, Los Angeles ou Chicago, n’a pas tenu cette saison puisque les Blues ont buté sur le Wild du Minnesota, équipe largement à leur portée. La domination dans le jeu ne s’est pas concrétisée au score. Cette nouvelle désillusion pousse les observateurs à s’interroger : cette équipe a-t-elle réellement ce qu’il faut pour aller plus loin ? N’y a-t-il pas une fragilité mentale ? Un bilan de l’effectif et du staff semble impératif. Ken Hitchcock a tout de même été prolongé d’une saison, mais cela sonne comme une dernière chance.
Sur le plan statistique, difficile de trouver une meilleure saison que celle des Blues, vainqueurs de la redoutable division Centrale. Une attaque prolifique, une défense très solide, un jeu et puissance efficace, un désavantage numérique respectable... La possession de palet ne s’est pas forcément traduite en tirs cadrés, mais les Blues ont porté le jeu vers l’avant toute la saison, privant leur adversaire d’occasions. Tout juste pourrait-on critiquer l’indiscipline de l’équipe.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
109 248 201 30,9 27,2 22,3% 83,7% 904 9-4 53,4% 51,8% 53,1%
4e 5e 4e 11e 2e 4e 7e 27e 4e 2e 11e 4e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Après un début timide, St. Louis prend feu dès le 25 octobre avec une série brillante de onze victoires en douze matchs. De quoi s’installer dans les sommets de la ligue, une position que les Blues occuperont toute la saison. Les hommes de Ken Hitchcock se montrent spécialistes des séries de quatre ou cinq victoires (22-29 novembre, 6-16 décembre) et font rêver leurs fans en janvier. A la faveur d’une longue série à domicile de sept matchs, les Blues, qui restaient sur deux victoires en déplacement, font quasiment un sans faute, ne perdant qu’un point contre Detroit. Au final, une série de 25 points sur 26 possibles entre le 3 janvier et le 5 février ! Beaucoup font des Blues les favoris au titre... Malheureusement, la mécanique s’enraye un peu dans les semaines qui suivent, avec des enchainements moins convaincants. Le sprint final reste cependant de bonne facture et les Blues terminent sur cinq succès en six matchs.
Le premier tour s’aborde en posture de favoris face au Wild de Minnesota, auteur d’une deuxième partie de saison ébouriffante. Les Blues entament mal le premier match et s’inclinent 4-2, n’étant menaçants qu’en fin de match. Ils réagissent au match 2 avec un triplé de Tarasenko (4-1), mais enchaînent par une prestation poussive sur la glace du Wild, victorieux 3-0 en ne concédant que 17 tirs. La réaction tranche, puisque St. Louis gagne le match 4 sur le score de 6-1. Le retour à domicile prend des allures de douche froide : incapables de tromper Devan Dubnyk (37 arrêts), les joueurs s’inclinent 4-1 et n’existent pas vraiment au match 6, perdu 4-1 malgré 30 tirs.


Une attaque de feu

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La quatrième défense de la ligue a dominé son sujet sur la première partie de saison, avant de piocher un peu en fin d’année, par manque de constance. Avec 9 blanchissages, les gardiens ont fait le boulot, limitant l’adversaire à un but ou aucun à 27 reprises au total. A l’opposée, 22 rencontres se sont terminées par 4 buts encaissés ou plus, dont une déroute 7-1 le 6 février contre Columbus, qui mettait violemment fin à leur série de douze victoires en treize matchs.

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Le public a constamment vu du spectacle avec les Blues, qui n’ont été blanchis que cinq fois et qui n’ont marqué qu’un but à 13 reprises. A l’inverse, on trouve 31 matchs à quatre buts ou plus, dont deux cartons de suite contre les Sharks (7-2 le 3 et le 8 janvier) et un 7-5 fou contre Dallas le 3 avril.

Gardiens

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Point fort traditionnel de St. Louis, le poste de gardien a connu des hauts et des bas cette saison. La concurrence entre Brian Elliott et Jake Allen a joué à plein, mais la fin de saison difficile permettait de douter de la réussite en playoffs. Elliott affichait un pourcentage d’arrêts de 93% jusqu’au All-Star Game, avant de s’écrouler en fin d’année (90,4%). Allen pourrait donc bien devenir le gardien du futur à St. Louis. A 24 ans, il a même pris les commandes en playoffs, avec un résultat correct mais insuffisant à ce niveau (91,7%). Les Blues ont même offert un dernier adieu à la légende Martin Brodeur à la faveur de quelques blessures. L’ex-star des Devils est apparu dans sept rencontres, signant un ultime blanchissage et trois victoires avant d’intégrer le staff de l’équipe.


Défense

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Les Blues disposent de deux défenseurs d’exception. Alex Pietrangelo évolue dans toutes les situations, face aux meilleurs trios adverses. Il a un peu peiné en termes de possession de palet. Kevin Shattenkirk a pour sa part terrorisé la NHL en supériorité numérique, menant les arrières avec 25 pts. Malheureusement, un contact avec Alex Ovechkin l’a poussé à l’infirmerie et il a manqué 25 matchs. Plus décevant, Jay Bouwmeester. Le vétéran restait sur une saison de 37 pts, et il n’en a inscrit que 13 cette année, avec un temps de jeu en chute libre. Le Suédois Carl Gunnarsson s’est installé dans le top-4 et a vu son temps de jeu s’accroître en fin de saison. En troisième paire, le vétéran Barret Jackman, pilier du club, notamment en infériorité, signe une saison très solide. Il a été plus difficile de trouver un comparse. Le staff a beaucoup utilisé Ian Cole, finalement échangé à la date limite contre un Robert Bortuzzo anecdotique. Chris Butler a joué le rôle du défenseur n°7, volant la place de l’expérimenté Jordan Leopold, finalement échangé au Minnesota – on se souvient de la touchante lettre de sa fille. La bonne surprise est venue de Petteri Lindbohm, 21 ans, qui a tenu sa place dans ses 23 apparitions. Le manque de profondeur a poussé l’équipe à acquérir Zbynek Michalek à la date limite, bien que convalescent après une commotion. Le Tchèque a disputé quinze matchs, apportant un plus.


Attaque

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Vladimir Tarasenko apparaît comme l’homme de l’année à St. Louis. L’ailier russe, 23 ans, a explosé les compteurs, avec 37 buts et 73 pts. Rapide, spectaculaire, véritable sniper, il a assuré le spectacle et reçu un nouveau contrat tout aussi spectaculaire en fin de saison (8 ans, 60 millions de dollars). Il a trouvé une entente royale avec Alexander Steen, qui a battu son record de carrière tout en brillant défensivement. Au centre, on a souvent vu Jori Lehtera. Le Finlandais a débuté en fanfare avec 20 pts en 20 matchs, avant de baisser le pied en fin de saison, à cause de quelques pépins physiques. L’ailier Jaden Schwartz a alterné entre première et deuxième ligne, signant une saison convaincante, à 22 ans. Cette « STL line » (Schwartz-Lehtera-Tarasenko) a dynamité bon nombre de défenses. David Backes a centré la deuxième ligne, et le capitaine a apporté son style abrasif – seul Scott Hartnell compte lui aussi plus de 300 pts et 700 minutes de prison sur les sept dernières années. Le sniper TJ Oshie constitue un bon ailier de complément, qui n’a pas réussi à franchir les 20 buts cette saison. Les deux hommes ont reçu des critiques virulentes pour leur prestation insipide en playoffs.

On attendait mieux de Paul Stastny. L’ex-centre de Colorado, recruté à prix d’or, n’a pas vraiment reçu un gros temps de jeu et n’a pas du tout fait la différence, notamment en playoffs. Autre ailier de complément, Patrick Berglund, grand gabarit qui a connu une saison mitigée. Il a même perdu du temps de jeu au profit du rookie Dmitrij Jaskin. Le point noir de l’équipe, c’est la quatrième ligne. Steve Ott, Maxim Lapierre et Ryan Reaves se sont montrés très discrets, indisciplinés et pilonnés dans le propre camp.


Bilan

Encore une saison au-delà des 100 points, encore une élimination au premier tour. Le bilan est forcément négatif, tant les Blues ont dominé leur sujet cette année. Spectaculaires, solides dans tous les compartiments du jeu, ils ont craqué au pire moment, affichant une fébrilité et une fragilité psychologique rédhibitoire à ce stade de jeu. Alors qu’ils avaient tout fait pour éviter leur bête noire de Chicago, ils sont peut-être tombés dans la facilité face au Wild. Le mental de l’équipe reste le point à améliorer pour l’an prochain, sous peine de recevoir la même étiquette d’éternel perdant que San José n’arrive pas à enlever... Le manque de leadership, les critiques envers Ken Hitchcock, pointés du doigt cette saison, devraient être particulièrement observés dans les prochaines mois.