Bilan NHL (23/30) : Calgary Flames

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du deuxième tour des playoffs : les Flames de Calgary.

 

Les statistiques, ça ne sert à rien...

16e et dernier qualifié à l’Ouest, les Flames de Calgary ont déjoué tous les pronostics cette saison. Annoncés dans les profondeurs du classement, ils se sont appuyés sur des valeurs traditionnelles : travail, humilité, énergie, opportunisme. Bob Hartley, entraîneur de l’année, a su tirer le meilleur parti des armes dont il disposait, et a profité de l’éclosion de jeunes talents prometteurs, d’un quatuor d’arrières de haut vol et d’un sacré pourcentage de réussite au tir pour faire la différence. Une saison réussie avec du cœur, mais il faudra progresser sur les équipes spéciales et la possession du palet. Après tout, Colorado avait surpris en 2013-2014 avec les mêmes armes que Calgary cette année. L’Avalanche n’a pas reproduit la surprise, plombée par des handicaps sous-jacents. Aux Flames de ne pas reproduire ce modèle...
Car les statistiques ne parlent pas pour la franchise de l’Alberta. Laminés en possession, incapables de lancer au but (28e de la ligue), les Flames finissent pourtant 8e de la NHL en buts marqués grâce à un pourcentage au tir de 10,5% (2e derrière Tampa Bay). Défensivement, Calgary a concédé beaucoup de tirs, la faute entre autres à une déroute aux mises au jeu, mais termine également premier avec 1557 tirs bloqués : autant dire que les hommes de Bob Hartley sont restés souvent cantonnés dans leur zone – ils sont également 28e en pertes de palet –, avant de démarrer en contre et de marquer sur leurs rares occasions. Autre spécificité de Calgary : l’équipe termine avec 99 buts dans le 3e tiers (68 contre), soit le 1er total de la ligue ex-aequo avec Tampa Bay, alors qu’elle n’est que 26e en premier tiers (41 pour, 70 contre). Les Flames finissent fort et ont donc bien souvent du renverser des montagnes pour gagner des matchs : ils comptent 20 victoires après avoir concédé l’ouverture du score, soit le 2e bilan de la ligue ex-aequo avec Nashville (Vancouver en compte 21). Ils ont remporté dix matchs en étant menés après deux périodes, le 3e bilan de la ligue derrière Anaheim (12) et Detroit (11).

Un scénario qui n’apparait pas comme une solution d’avenir ! Pourtant, Calgary s’est qualifié en playoffs avec cœur et courage, et c’est bien là la beauté du sport. Les statistiques ne font pas tout...

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
97 241 216 27,5 2*,2 18,8% 80,6% 626 4-3 47,4% 44,5% 45,8%
16e 8e 14e 28e 19e 13e 20e 3e 21e 26e 28e 28e

Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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En dépit des pronostics déprimants de pré-saison, Calgary entame plutôt bien la saison. Quelques blessures, dont celle du grand espoir Sam Bennett, qui manquera toute la saison sauf le dernier match, ne ralentissent pas l’équipe, qui finit octobre avec un bilan de 6-4-2. Novembre est convaincant, avec une fiche de 9-4-0, avec deux séries de trois victoires de rang, puis une de quatre victoires. A la surprise générale, les Flames talonnent Anaheim en tête de la division au quart de la saison. Les observateurs mettent en avant la fragilité de ce bilan et les faits leur donnent raison, avec une catastrophique série de 7 défaites entre le 6 et le 19 décembre, la pire série de la franchise depuis 1974, lorsque l’équipe était basée à Atlanta ! Il faudra un triplé de Johnny Gaudreau contre les Kings le 22 pour mettre fin à l’hémorragie et initier une série de quatre victoires, puis trois défaites, puis encore quatre victoires mi-janvier, lorsque les Flames enchaînent des succès-clés face aux rivaux de division (Vancouver, San Jose, Los Angeles). Gaudreau, tout comme le défenseur et capitaine Mark Giordano, reçoivent une invitation au All-Star Game après ces excellents débuts. Malgré ces bonnes performances, Calgary est loin d’avoir assuré sa place en phases finales et joue au yo-yo dans la dernière ligne droite, sans Giordano, blessé au biceps contre New Jersey le 26 février. Les Flames bataillent, à l’image d’un match le 8 mars à Ottawa, où ils remontent un 0-4 dans le dernier tiers avant de perdre en fusillade. Tout se joue dans les dix derniers matchs. Les Flames gagnent cinq des sept derniers matchs, dont le match décisif contre Los Angeles le 9 avril lors du 81e match, qui qualifie l’équipe.
Les playoffs débutent parfaitement, avec un succès 4 victoires à 2 contre Vancouver : un premier match gagné à 30 secondes de la fin par Kris Russell après un joli retour, un deuxième perdu avec une bagarre générale, un troisième gagné largement avec le premier but NHL de Sam Bennett, un quatrième gagné 3-1, un cinquième perdu 2-1... Et un sixième décisif, avec un 3-0 d’entrée pour une victoire finale 7-4. Le deuxième tour contre Anaheim était en revanche une marche bien trop haute. Après deux défaites 6-1 et 3-0, Bob Hartley lance Karri Ramo à la place de Jonas Hiller dans les cages. Les Flames, menés 3-2, se voient refuser une égalisation de Bennett en fin de match par arbitrage vidéo, mais égalisent tout de même à 20 secondes de la fin avant de gagner en prolongation. Le retour en Californie est trop difficile et Anaheim gagne 3-2 en prolongation pour enlever la série 4-1.


Un début flamboyant

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Calgary a réussi 5 blanchissages cette saison et a limité l’adversaire à un seul but à 14 reprises. A l’opposée, 21 matchs se sont soldés par quatre buts encaissés ou plus.

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Les Flames ont beaucoup marqué en début de saison, avant de rentrer un peu dans le rang par la suite. La blessure de Giordano fin février a beaucoup joué, tant le défenseur apportait offensivement. Blanchie 4 fois dans la saison – tous entre le 29 janvier et le 17 mars – l’attaque a par ailleurs été limitée à un seul but à 14 reprises. On compte en revanche 32 matchs à quatre buts ou plus.


Gardiens

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Après quelques saisons noires, les Flames ont identifié facilement le problème de gardien. L’arrivée de Jonas Hiller a donc parfaitement répondu aux attentes, avec son meilleur pourcentage d’arrêts depuis 2011. Karri Ramo l’a remplacé l’essentiel du temps, y compris en playoffs. En fin de contrat, ils pourrait être menacé par Joni Ortio.

Défense

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Le danger est venu des lignes arrières à Calgary, avec un quatuor exceptionnel offensivement. Dennis Wideman mène le groupe en points avec une saison royale, ponctuée par 19 pts sur les 18 derniers matchs, relayant Giordano, blessé, avant d’ajouter 7 assists en playoffs. Wideman signe aussi 184 tirs bloqués. Giordano a joué un rôle majeur tout au long de la saison et faisait figure de favori au trophée Norris avant sa blessure. A 32 ans, il joue le meilleur hockey de sa carrière. A ses côtés, TJ Brodie a fait tout aussi bien, à 25 ans, avec un record de carrière. Le partenaire de Wideman fut Kris Russell, auteur d’une saison incroyable avec pas moins de 283 tirs bloqués – dont 15 face à Boston le 5 mars, record de la ligue en un match –, n°1 de la NHL, et un record de carrière à 34 pts. Derrière ces quatre-là, la troisième paire a souffert, à l’image de Deryk Engelland, physique mais limité. Ladislav Smid, plus mobile, n’a pu jouer que 31 matchs, blessé à la nuque. Du coup, Calgary a récupéré David Schlemko et Raphael Diaz en cours d’année, et testé trois rookies au dernier match : John Ramage, Tyler Wotherspoon et Bret Kulak. Les trois jeunes ont ainsi pu goûter au plus haut niveau et voir ce qu’il leur manquait pour l’an prochain.


Attaque

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Les blessures ont contraint Calgary à puiser dans leur équipe-ferme toute l’année, avec un certain bonheur. Jiri Hudler, meilleur marqueur l’an dernier, récidive cette saison avec un nouveau record de carrière. Le Tchèque a brillé aux côtés des deux gamins : Sean Monahan, 20 ans, et Johnny Gaudreau, rookie de 21 ans. Gaudreau, joueur NCAA de l’année l’an dernier, n’a pas tremblé pour sa première saison NHL très attendue. Il signe 64 pts avec confiance et créativité, multipliant les jeux dignes des « highlights » de la ligue. Il termine 2e pour le trophée Calder derrière Aaron Ekblad (Florida). Sean Monahan a brillé pour sa deuxième saison avec 31 buts et 62 pts, dont pas moins de 8 buts décisifs. Il est déjà le centre n°1 de l’équipe. En deuxième ligne, David Jones a encore été gêné par les blessures et apparait comme un joueur de complément. Les progrès au centre de Joe Colborne sont encourageants. L’ancien premier choix s’est enfin installé et offre une solution de soutien. Il a cependant mal fini l’année, avec 2 buts en 34 matchs. Mason Raymond avait lui débuté très fort (5 buts en 7 matchs) avant de disparaitre par la suite (7 en 50). Son avenir au club pose question. Markus Grandlund peine lui à s’installer définitivement, malgré quelques prestations prometteuses. Mikael Backlund a pour sa part séduit en attaquant-défensif. Les bonnes surprises sont venues de l’aile, avec le physique Lance Bouma, et le rookie Josh Jooris. Les deux hommes ont apporté de l’énergie, un peu de soutien offensif et paraissent avoir un avenir en ailiers défensifs, tout comme Michael Ferland, autre jeune lancé dans le grand bain cette saison.Le petit gabarit de Paul Byron a bien contribué, mais a manqué un quart de la saison sur blessure. On notera enfin les débuts NHL de quelques anciens premiers choix, tels Emile Poirier et Sam Bennett. Ce dernier drafté 3e en 2014, a manqué toute la saison sur blessure avant de jouer le 82e match (1 passe à sa première présence) puis de très bien figurer en playoffs (3 buts, 4 pts en 11 matchs).


Bilan

Calgary a donc été l’équipe surprise de la saison. Dominés en possession et en équipes spéciales, les Flames s’en sont remis au sens du sacrifice – tirs bloqués, mises en échec – et à un vrai travail de « col bleu » pour gagner des matchs. Une énergie folle qui leur a permis de revenir à la marque très souvent en fin de match, grâce aussi à une réussite au tir spectaculaire. Il n’est pas dit que ces événements favorables puissent se reproduire, mais l’opération reconstruction de Calgary a pris de l’avance. La jeunesse d’une bonne partie de l’effectif laisse présager un progrès : la saison 2015-2016 devra être celle de la confirmation.