Bilan NHL (24/30) : Minnesota Wild

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du deuxième tour des playoffs : le Wild du Minnesota.

Et un gardien improbable surgit...

Le Wild du Minnesota se qualifie donc pour le deuxième tour des playoffs, mais n’a rien pu faire contre Chicago. En soit, c’est déjà un exploit improbable, pour une équipe qui affichait un triste bilan de 18 victoires, 19 défaites et 5 défaites après le temps réglementaire mi-janvier !
Pour renverser cette prestation navrante, il n’aura fallu qu’un seul renfort : Devan Dubnyk. Ancien premier choix de draft des Oilers d’Edmonton, Dubnyk n’avait pas réussi à s’y imposer, avant d’etre balloté d’équipe en équipe, puis de se morfondre en remplaçant de Mike Smith dans l’Arizona. Son arrivée dans le Minnesota n’a pas fait les gros titres, mais son jeu a vite changé cela. Le portier s’est montré spectaculaire dans la deuxième moitié de saison et apparait comme l’un des éléments moteurs de la qualification contre St. Louis au premier tour. Le grand gabarit parviendra-t-il à confirmer ?
La clé du succès est venue du jeu défensif, extrêmement solide, surtout après l’arrivée de Dubnyk. La 5e défense de la ligue a su rester disciplinée et dominer la ligue en infériorité numérique. En revanche, le jeu de puissance fut catastrophique : le Wild a mis des semaines à marquer son premier but en supériorité ! Le jeu de possession n’a pas trop brillé, mais vu le petit nombre de tirs concédés, le travail a tout de même payé.
On passera rapidement sur l’épidémie d’oreillons qui a touché l’équipe, après être passée par Anaheim, puis s’en aller vers Pittsburgh et New Jersey, entre autres...

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
100 231 201 30,8 27,6 15,8% 86,3% 728 4-3 49,9% 51,0% 52,1%
11e 14e 5e 13e 4e 27e 1er 9e 20e 15e 16e 10e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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La saison en deux temps du Wild apparait nettement sur ce graphique. Après deux blanchissages contre Colorado d’entrée, Minnesota remporte cinq matchs sur six entre le 23 octobre et le 1er novembre mais enchaîne quatre défaites, puis quatre victoires, avant de ne plus réussir à gagner deux matchs de suite. Mi-décembre, l’équipe perd cinq matchs de rang, dont trois en mort subite, et débute janvier à genoux : six défaites de rang.
Le 15 janvier, Devan Dubnyk débarque dans les cages. Sous sa direction, Minnesota enchaîne une série incroyable : six victoires de suite (27 janvier-9 février), une défaite en prolongations, puis encore cinq victoires en six matchs. Le Wild se replace dans la course aux playoffs. On trouve encore une série de cinq succès à cheval sur février et mars, puis une autre série de cinq fin mars. La fin de saison apparait plus laborieuse avec deux victoires sur les six derniers matchs.
Les playoffs se passent superbement bien face à St. Louis, grâce à un Dubnyk de feu. Comme l’an dernier face à Colorado, le Wild déjoue les pronostics et remporte son premier tour. Mais le deuxième est un cauchemar. Alors que Minnesota avait poussé Chicago en cinq manches en 2013, et six manches l’an dernier, l’équipe 2014-2015 concède un cinglant 4-0. Le premier match se termine sur le score de 4-3 : après trois buts des Hawks, le Wild remonte et égalise, mais un but de Teravainen en fin de deuxième tiers donne la victoire aux siens. Le deuxième est à sens unique (4-1) et Minnesota rentre à la maison sous pression. Le Wild donne tout au troisième match mais Corey Crawford stoppe 30 tirs (1-0). Chicago contrôle le match 4 en menant 4-1. Le retour du Wild, avec deux buts dans la dernière minute, ne suffit pas et Chicago balaie son adversaire.


Une défense en progression

1415 min butscontre

Le graphique parle de lui-même : jusqu’au 15 janvier, la défense peine à s’en sortir. Après les deux blanchissages pour débuter et un troisième fin octobre, le Wild n’arrive pas à limiter son adversaire à 0 ou 1 but (7 matchs jusqu’à mi janvier). A l’inverse, après l’arrivée de Dubnyk, on compte 15 matchs avec un but ou aucun encaissé, dont cinq blanchissages. L’équipe a encaissé quatre buts ou plus à 18 reprises cette saison : aucune fois après le 20 janvier !

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L’attaque a connu plus de constance. Blanchie trois fois, elle n’a marqué qu’un seul but à 17 reprises, mais quatre ou plus à 27 occasions, dont un 7-2 contre Tampa Bay (25 octobre) et un 7-0 contre Buffalo (15 janvier). L’essentiel de ces gros scores a cependant eu lieu dans la première partie de saison (15 avant le 15 janvier, 12 après).


Gardiens

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Le poste de gardien fut une aventure pour le Wild. Josh Harding, victime d’une sclérose en plaques, a tout d’abord été limogé après un mouvement d’humeur : il a tapé du poing dans un mur et s’est brisé les os ! Cela a contraint Minnesota à aligner un Niklas Backstrom déclinant et fragile, et un Darcy Kuemper qui n’a pas capitalisé sur sa bonne première saison l’an dernier. Le staff a donc acquis Devan Dubnyk mi-janvier, mais on se demande s’ils s’attendaient vraiment à un tel résultat... Dubnyk signe 27 victoires en 39 matchs sous ses nouvelles couleurs (36-14-4 au total) avec 93,6% d’arrêts et moins de deux buts encaissés, des statistiques dignes du trophée Vezina, pour lequel il termine finaliste.


Défense

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Encore une fois, Ryan Suter reste le pilier de la défense, avec plus de 29 minutes de jeu. Avant tout distributeur plus que finisseur, Suter s’impose comme l’un des meilleurs arrières de la ligue. Il a reçu de l’aide de Jared Spurgeon, méconnu mais qui, à 25 ans, se montre solide en possession de palet. Marco Scandella, 25 ans également, a montré d’étonnantes qualités de finisseur, tout en jouant face aux meilleurs trios adverses. La progression de Jonas Brodin vers le top-4 est évidente et le jeune Suédois de 21 ans a reçu le 2e temps de jeu de l’équipe, même s’il a été assez protégé dans ses oppositions de lignes. La jeunesse de la défense se traduit aussi par les débuts de l’ancien premier choix Matt Dumba, qui a gagné en temps de jeu au fil de l’année. Son potentiel offensif semble très important. Autre rookie, l’ancien universitaire Christian Folin. Le Suédois n’a joué que la moitié des matchs mais devrait rapidement s’imposer. Conséquence des blessures – et oreillons – Minnesota a du piocher dans la profondeur de banc. On y trouve d’anciens titulaires NHL en déclin, comme Keith Ballard ou l’acquisition de Jordan Leopold à la date limite des échanges, mais aussi un Nate Prosser perdu/repris au ballotage, et d’anciens espoirs peinant à percer, tel Jonathon Blum ou Justin Falk, ce dernier étant donc envoyé à St. Louis contre Leopold.


Attaque

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Sans surprise, Zach Parise mène l’équipe avec 33 buts et 62 pts, ainsi que 10 pts en 10 matchs de playoffs. Solide défensivement, combattif, efficace près de la cage, l’ancien Devil a toutefois reçu un temps de jeu plus réduit que les années précédentes. Il a trouvé une bonne entente avec l’ancien Sabre Jason Pominville, auteur de sa huitième saison au-delà des 50 pts. Malgré tout, Pominville s’est montré moins efficace devant la cage, avec seulement 18 buts et 7,1% au tir, les plus bas de sa carrière. Thomas Vanek, signé à prix d’or, n’a pas vraiment justifié l’investissement cette saison. Il a donc reçu un temps de jeu réduit, a peu lancé à la cage par rapport à d’habitude, et a mis du temps à trouver ses marques. Opéré du dos après la saison, il n’était peut-être pas au sommet de sa forme. Autre temps de jeu en baisse, celui de Mikko Koivu, toujours solide dans les deux sens du jeu, mais moins décisif. Les jeunes ont bénéficié de ce transfert de temps de jeu. Mikael Granlund trouve petit à petit ses marques, sans être encore assez tranchant. Nino Niederreiter a démontré de grosses qualités de finisseur, mais doit beaucoup plus lancer au but s’il veut franchir un cap. Charlie Coyle affiche un potentiel de « power forward » mais a peiné à lancer sa saison, avec 3 buts en 39 matchs, avant d’être rejeté en bout de banc. Jason Zucker est entré dans l’histoire en devenant l’un des deux seuls joueurs à franchir le plateau des 20 buts avec moins de 5 passes depuis la saison 1937-1938, accompagnant Brandon Pirri de Florida, également cette saison. Zucker, pur finisseur, apparait comme une bonne pioche en ailier de complément. Autre joueur de complément, Justin Fontaine signe une nouvelle saison honnête, sans plus. Jordan Schroeder, 24 ans, ancien premier choix des Canucks, a bien paru en 25 matchs et pourrait postuler à une place de titulaire, en concurrence avec Erik Haula, qui n’a pas confirmé sa bonne fin de saison 2013-14. Matt Cooke, toujours aussi détesté dans la ligue, semble lui en bout de course, gêné par une série de blessures. Pour renforcer la profondeur de banc, le Wild a misé sur Chris Stewart de Buffalo. Le grand ailier n’a pas été aussi décisif qu’espéré, avec seulement trois buts et aucun en playoffs. Enfin, en quatrième ligne, Ryan Carter a décroché un contrat après son essai au camp, et a surtout servi de joueur énergique et de tueur de pénalités. L’acquisition de Sean Bergenheim de Florida s’est révélée anecdotique : le Finlandais fut complètement transparent.


Bilan

Le Wild a confirmé en atteignant le deuxième tour pour la deuxième fois de suite, non sans avoir du cravacher dans la deuxième moitié de saison pour se qualifier. En exploitant la fragilité mentale des Blues, ils ont passé les quarts, mais se sont heurtés à un véritable mur au deuxième tour, le futur champion Chicago. La grande question concerne Devan Dubnyk. Inconstant et peu convaincant toute sa carrière, a-t-il connu un déclic ou sa grande saison est-elle un feu de paille ? La réponse à cette interrogation sera l’enjeu majeur de la prochaine saison. S’il confirme, le Wild devrait à nouveau viser les phases finales, mais aura besoin que d’autres joueurs que Zach Parise haussent leur niveau de jeu. Accessoirement, améliorer le jeu de puissance ne ferait pas de mal...