Bilan NHL (25/30) : Washington Capitals

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du deuxième tour des playoffs : les Capitals de Washington.

A 1’41" du carré final...

Première saison pour Barry Trotz sur le banc des Capitals, et pas mieux ! Les Capitals sont en playoffs pour la septième fois en huit ans, après avoir échoué l’an dernier, et franchissent encore le premier tour, et échouent encore contre les Rangers de New York en sept manches. Alexander Ovechkin a encore tout donné du début à la fin et tenté de jouer son rôle de leader, mais les Capitals ont sans doute été trahis par une profondeur de banc un peu limite. Mais cela s’est joué à si peu... Une égalisation de Kris Kreider à quelques secondes de la fin du match 5... Puis un but en prolongations du match 7 ! Il y a peut-être également un blocage psychologique, tant les échecs en matchs 7 se multiplient saison après saison. Le capitaine russe arrive à 30 ans et n’a toujours rien gagné : la franchise a-t-elle ce qu’il faut pour y arriver enfin ?
Sur le plan statistique, Washington a surtout survécu grâce à son jeu de puissance, le meilleur de la ligue, qui a converti une chance sur quatre. Pourtant, le nombre de tirs par match traîne dans les profondeurs du classement, et du coup, l’équipe a globalement été dominée en possession à égalité numérique.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
101 242 203 29,5 28,9 25,3% 81,2% 857 5-4 51,2% 51,0% 51,4%
9e 6e 6e 20e 11e 1er 14e 24e 14e 12e 16e 14e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

1415 wsh ptsmarques

Washington prend des points lors des cinq premiers matchs. Octobre reste cependant moyen à cause d’une série de cinq défaites. La machine n’a toujours pas démarré en novembre, ni décembre : le bilan est de 18-11-7 fin décembre, un score respectable cependant. La victoire contre Chicago lors du Winter Classic le 1er janvier fait du bien et lance la machine : Washington finit fort, avec une fiche de 27-15-4 sur les quatre derniers mois. Les Capitals, qui bataillaient pour la 8e place, finissent même par lutter pour le titre de division Métropolitaine, et finissent finalement deuxièmes. Le style Barry Trotz a mis du temps à se mettre en place, mais tout a bien fonctionné à partir de la mi-saison.
Le premier tour face aux Islanders s’annonçait indécis. Après une déroute au match 1 (4-1), les Capitals bataillent tout au long de la série, menant 3 victoires à 2 après deux succès de rang aux matchs 4 et 5. Ils finissent par remporter le match 7 grâce à un but tardif du jeune Evgeny Kuznetsov paraissant enfin effacer la malédiction. Face à la meilleure équipe de la saison régulière, les Rangers de New York, Washington donne tout. Les Capitals gagnent le premier match 2-1 à deux secondes de la fin sur un but de Joel Ward, perdent le deuxième 3-2, avant de réaliser deux prestations défensives de haut vol : 1-0 (30 arrêts de Holtby, but de Beagle), 2-1 (doublé du rookie Burakovsky). Ils mènent alors 3-1 dans la série et ont un pied en finale de conférence. Ils ne mettront jamais le deuxième... A domicile, les Rangers font basculer la série en gagnant le match 5. Un but refusé de Niskanen en deuxième tiers, mais un but valide de Glencross, et les Capitals sont à 1’41" de la qualification. Mais Kreider égalise, McDonagh marque en prolongation et tout est à refaire. Washington craque à la maison 4-3 au match 6, malgré un joli retour en fin de match, et pousse le match 7 jusqu’à la prolongation. Derek Stepan reçoit le palet sur une mise au jeu et trouve la faille, éliminant sur le fil Washington : c’est la 5e fois de l’histoire que Washington gaspille une avance de 3-1 dans une série, record NHL.


Une qualité croissante

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Instable en début de saison,la défense a progressivement resserré les boulons, une fois intégré le système de jeu de Barry Trotz. Avec 9 blanchissages, les gardiens ont fait le boulot, d’autant que l’on compte aussi 15 matchs à un seul but encaissé. A l’inverse, 24 matchs se sont soldés par quatre buts encaissés ou plus.

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Porté par son jeu de puissance, Washington a beaucoup produit. 28 matchs se sont soldés par quatre buts marqués ou plus, et seulement 13 à un but ou moins (4 matchs blancs).


Gardiens

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Braden Holtby fut le marathonien de la saison en apparaissant dans 73 des 82 matchs de son équipe, le tout en maintenant un pourcentage d’arrêts de qualité. Depuis la saison 2010-2011, il se classe 8e de la NHL dans cette statistique, et monte encore son niveau de jeu en playoffs : cette saison, il signe 1,71 but encaissé et 94,4% d’arrêts en phase finale : Holtby est un vrai n°1, convaincant quand les matchs comptent. Mais pour l’économiser, Washington va devoir trouver mieux que Justin Peters. L’ex-Hurricane a connu une saison misérable et l’Allemand Philipp Grubauer tape à la porte, au point d’avoir même débuté et gagné un match de playoffs.


Défense

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Le nouveau défenseur n°1, c’est bien John Carlson, auteur de la bagatelle de 55 pts, dont 38 à égalité numérique – à une longueur de PK Subban pour le n°1 de la ligue. Carlson n’a manqué aucun match en cinq ans et joue un rôle clé en infériorité, comme en supérioité. Mike Green n’a pas la même endurance et a manqué beaucoup de matchs ces dernières saisons. Il a bien rebondi cette saison avec 45 pts, contribuant beaucoup en supériorité numérique. Matt Niskanen, signé à prix d’or au cours de l’été, a parfaitement joué le rôle attendu, aidant son équipe par sa bonne relance et sa mobilité. Karl Alzner lui aussi n’a manqué aucun match en cinq ans et apporte le profil de défenseur pur, couvrant ses partenaires plus offensifs et aidant son gardien en bloquant les tirs. Autre « costaud », Brooks Orpik avait lui aussi reçu un gros contrat à l’intersaison. Il a été utilisé face aux meilleurs trios dans un rôle défensif pur et a tenu sa place, sans marquer le moindre but en 79 matchs. Les postes 6 et 7 ont donc alterné, avec Jack Hillen, ex-Islanders, une partie de l’année, avant qu’il ne soit échangé. Nate Schmidt a finalement gagné la bataille aux dépens du vétéran Tim Gleason. Malheureusement, il s’est brisé la clavicule lors d’un court séjour en ligue mineure. On n’oubliera pas le jeune Dmitri Orlov, plein de promesses, mais qui a manqué toute la saison à cause d’une opération au poignet. Au rayon promesses, Madison Bowey, champion du monde junior, fut aussi l’une des satisfactions de la saison dans le système.


Attaque

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Alexander Ovechkin réalise encore une saison spectaculaire avec une nouvelle fois un plateau des 50 buts franchi pour le titre de meilleur buteur. Il fut impérial en supériorité (25 buts). Avec 395 tirs, il mène encore la NHL dans ce secteur. Il a mené son camp en playoffs avec 9 pts et 5 buts en 14 matchs. A ses côtés et dans son ombre, Nicklas Backström reste pourtant l’un des tous meilleurs centres de la ligue, se classant 4e en points par match depuis 2009. Il y ajoute des compétences défensives qui commencent enfin à être reconnues. La grande question, c’est qui aligner avec ce duo ? Barry Trotz a cherché toute la saison et multiplié les essais. Le vétéran Troy Brouwer a franchi les 20 buts pour la deuxième fois, et atteint son record de carrière (43 pts), en ajoutant un impact physique certain. Le rookie Andre Burakovsky, 20 ans, a démontré un potentiel évident. Le Suédois a débuté avec 12 pts en 15 matchs, avant d’accuser le coup et de ralentir le rythme, jusqu’à une prestation encourageante en playoffs. On peut en dire de même d’Evgeny Kuznetsov, 23 ans, qui a en revanche fini en feu (12 pts sur les 15 derniers matchs) et s’est montré décisif en playoffs (5 buts). Autre jeune, Marcus Johansson franchit le plateau des 20 buts, pour un record de carrière à 47 pts. A 24 ans, il est un peu juste pour la première ligne mais reste un ailier de soutien très important. Enfin, les lignes offensives ont souvent compté sur le roublard Joel Ward, toujours aussi important en buteur de soutien, sur le grand pivot Eric Fehr, ou sur le polyvalent Jay Beagle, dont la vitesse et l’abnégation en fond un « role player » particulièrement apprécié à Washington. L’acquisition de Curtis Glencross à la date limite avait pour but de diversifier encore plus le potentiel offensif :il n’a marqué qu’un but en playoffs et n’a pas vraiment brillé.
Sur les lignes défensives, le vétéran Brooks Laich reste loin de ses trois saisons à 20 buts et parait en déclin sensible. Il reste précieux en infériorité. Idem pour le rapide Jason Chimera, 36 ans, qui recule de plus en plus dans l’alignement. Tom Wilson est lui une valeur montante. Le premier choix 2012 est un bagarreur de première (172 minutes de prison), mais peut-il être plus que cela ? A 21 ans, il n’a compté que quatre buts cette saison, sa deuxième dans la ligue. Autre joueur de quatrième ligne, Michael Latta, 24 ans, a surtout joué en ligue mineure, et reste plutôt dans l’histoire comme la seule pièce restante de l’échange de Filip Forsberg vers Nashville... Enfin, la saison a vu les débuts NHL du grand espoir Stanislav Galiev, auteur de son premier but NHL courant mars.


Bilan

Il serait très sévère d’annoncer une saison ratée pour les Capitals de Washington. Pour leur première saison à la tête du club, le manager général Brian MacLellan et l’entraîneur Barry Trotz ont déjà réussi à remonter l’équipe en phases finales, à franchir un tour en sept manches, avant d’être tout proche de qualifier l’équipe pour le carré final. La série face aux Rangers s’est jouée à peu de choses, grâce à un Braden Holtby exemplaire. On ne peut non plus nier l’impact de Trotz sur le jeu défensif des Capitals, qui a permis à Ovechkin de passer d’un +/- de -35 l’an dernier à +10 cette saison, sans perdre son explosivité, sa capacité à lancer au but et son efficacité en jeu de puissance. Il ne manque sans doute pas grand-chose à cette effectif : un peu plus de profondeur en défense comme en attaque, quelques vétérans rompus aux guerres des playoffs... et de l’offensive en soutien de Backström et Ovechkin. Les jeunes pousses, telles Johansson, Burakovsky et Kuznetsov, peuvent-ils jouer ce rôle de leader ?