France U20 - Dijon (CDL, poule D)

Comme chaque année depuis que Dijon a rejoint le groupe de l'équipe de France u20, la saison officielle démarre de bonne heure. Mais si ces matchs permettent aussi de peaufiner la préparation, il convient de ne pas les aborder à la légère. La défaite est toujours possible, et les Bourguignons ne l'ont pas oublié, qui avaient été défaits l'an passé. Le sérieux affiche depuis la reprise incite toutefois à la confiance.

Les jeunes Bleus se montrent d'ailleurs volontaires dès le début. Dijon n'est pas mis en danger, mais Dijon ne domine pas. Wallen est le premier à tenter sa chance pour les siens, sans succès, alors qu'une pénalité sifflée contre Briand vient interrompre la séquence offensive ducale. Les locaux - visiteurs d'un soir dans leur propre antre - abordent l'infériorité avec le même sérieux qu'ils avaient montré contre Strasbourg, mais Cech n'en est pas moins sollicité plusieurs fois. Un palet, grapillé par Gutierrez, offre le retour en zone offensive aux Ducs, mais Wallen - une nouvelle fois - ne peut tromper Garnier.

KEVORKIANaram20141004327Pendant quelques temps, Dijon reprend le jeu à son compte, mais les Ducs sont de nouveau pénalisés. Une plus grande rigueur disciplinaire serait attendue pour la suite, si les Ducs veulent s'éviter un surcroît de travail inutile. Le penalty kill a tenu, on ne peut que s'en féliciter, mais le poteau qui suit quelques minutes plus tard n'est pas forcément rassurant.

Jusqu'ici, Cech a été nettement plus sollicité que son homologue ; ces petits jeunes n'ont, il faut le dire, aucune scrupules à jouer le coup à fond, partant même en attaque tout en jouant en infériorité. Cette action de début de pénalité laisse toutefois place à un retour bourguignon en attaque. Les locaux prennent leur temps ; un peu trop aux yeux des supporters, qui réclament des shoots. Et, finalement, alors que les deux équipes jouent à nouveau au complet, la délivrance vient d'une passe de derrière pour Chabert, qui ajuste un tir parfait (0-1, 13'42").

Les Ducs sont encore en infériorité et pourtant, il en faut de peu pour que les U20 encaissent un deuxième but. Les jeunes Français sont moins incisifs. La fin de tiers, pour l'essentiel, conserve cette physionomie : les jeunes attaquent encore ponctuellement en contre, mais sont surtout contraints de défendre. Le palet se montre toutefois notoirement récalcitrant à rentrer dans la cage, n'offrant aux Ducs que le plus petit des écarts après ces vingt premières minutes.

 

Dijon est en supériorité à la reprise, mais Garnier est concentré. Les Ducs ont toutefois repris position en attaque. Il n'aurait dû rester plus qu'à faire preuve de patience et de précision. Ce sont pourtant les U20, par l'intermédiaire de Maia, qui se montrent les plus aiguisés, trompant Cech lors d'un retour en zone dijonnais (1-1, 23'01"). 

Il serait de bon ton pour les Ducs de se remobiliser, mais la rébellion a du mal à sonner, et on sent poindre une once de frustration chez les visiteurs d'un soir, qui accélèrent le rythme. Il était temps ; tout le monde, jusqu'aux Archiducs, commençait à s'endormir un peu. Les jaunes et bleus, avec cette offensive séduction, n'ont pourtant été récompensés que d'un poteau. Patience. Garnier finira par craquer. C'est chose faite, face à Riendeau qui assume enfin son rôle de leader (1-2, 28'48"). 

Au milieu du deuxième tiers, Dijon mène à nouveau. Trimolet souffle. Au moins jusqu'à la prochaine pénalité dijonnaise, sifflée contre Maslonka. Les U20 jouent vite, mais pas assez, et, en tout fin de supériorité des Bleuets, Brown crucifie Garnier sur une passe rageuse de Roussel (1-3, 33'31"). Nouvelle séquence de jeu, nouvelle pénalité dijonnaise. Ce n'est pourtant qu'au retour à l'équilibre que les Bleus s'offrent leur plus belle occasion face à Cech, encore qu'une cage grande ouverte pendant l'infériorité ait fait frémir Trimolet. La fin de tiers est sifflée alors que les deux équipes bataillent toujours ; les sentiments sont mitigés, en dépit des deux buts d'avance.

 

BARCELOgeoffrey20140920324Très vite, à la reprise - encore que le rythme ne soit guère rapide - Riendeau tente d'augmenter l'avance de son équipe, servi par Gutierrez. Sa première tentative n'avait pas fonctionné ? Pas de problème. Après que les Ducs aient cravaché quelques minutes, le 17 remet ça, cette fois avec succès (1-4, 42'38"). Kevorkian, un temps crédité du but de son collègue, tente d'en inscrire un de la même manière mais cette fois, Garnier est prêt. Cette incursion en attaque rassure toutefois, quand on sait que Dijon est à nouveau en prison ; le penalty kill se montre plus serein, dans ce troisième tiers. D'ailleurs, Riendeau s'offre un triplé dans la foulée (1-5, 45'13").

Les choses deviennent compliquées pour des U20 qui ne manquent pas de mérite, mais n'ont clairement pas l'expérience de leurs aînés. Les jeunes repartent pourtant courageusement à l'assaut de la cage de Cech, plus guère sollicité depuis quelques minutes, mais qui reste vigilant sur les shoots qui lui sont proposés. 

Pour un temps, les Bleus sont récompensés de leurs efforts par une présence accrue en zone dijonnaise. Hélas, l'expérience parle, et il ne faut que quelques secondes à Gutierrez pour alourdir la note sur une passe de Riendeau - incontournable ce soir (1-6, 52'44").

Si la première ligne s'exprime beaucoup ce soir - et capitalise - d'autres joueurs, à l'image de Valier, proposent eux aussi des gestes susceptibles de capter l'attention du public. L'implication de la jeune garde bourguignonne est d'ailleurs à noter ; à n'en pas douter, l'expérience de Paredes en mineur fait mouche pour tirer le meilleur des jeunes pousses - locales ou non.

À cinq minutes de la fin, l'issue du match ne fait plus de doutes ; Dijon ne baisse pas en intensité pour autant, pas plus que leurs adversaires. Globalement moins pénalisés, ceux-ci ne peuvent résister quand ils se retrouvent en double infériorité. Briand enfonce le clou sans vergogne (1-7, 58'29"). Pire : c'est la douche froide quand Brown en rajoute une couche dans la lucarne. Pas immérité, mais dur pour la relève bleu-blanc-rouge (1-8, 58'47"). 

Dijon l'emporte finalement largement, après un début de partie guère convaincant. Impossible d'en faire autant pour le second match : les Bleus auront une revanche à prendre.

 

Commentaires d'après-match :

Jonathan Paredes (entraîneur de Dijon) : "On a été poussif, indiscipliné encore. C'est notre gros point noir du moment, sur les trois derniers matchs. On est trop indiscipliné pour mettre du tempo, parce que ça casse le match. On a eu un PP en premier tiers et on a dû enchaîner quatre ou cinq PK d'affilée au deuxième tiers. Le point positif, c'est que le PK a bien marché. Maintenant, je pense qu'on a encore une grosse grosse marge de manoeuvre. On doit amener tous les gars à jouer en confiance. Aujourd'hui ça passe. Je ne veux pas manquer de respect à l'équipe de France, mais si on veut être capable d'être une très très bonne équipe et de jouer contre les plus gros, ça va être très très compliqué d'avoir autant de PK. Il faut qu'on progresse, qu'on avance, et qu'on soit discipliné, tout simplement."

 

France U20 - Dijon 1-8 (0-1, 1-2, 0-5)
Vendredi 28 août 2015 à 20h00 à la patinoire municipale Trimolet. 242 spectateurs.
Arbitrage : Geoffrey Barcelo assisté de Jérémy Kahli et Gwilherm Margry.
Pénalités : France U20 14' (7x2') - Dijon 26' (8x2', 1x10')
 
Evolution du score :
1-0 à 13'42" : Chabert assisté de Kevorkian et Mulle
1-1 à 23'01" : Maia assisté de Colombin et Leclerc
1-2 à 28'48" : Riendeau assisté de Groulx et Gutierrez
1-3 à 33'31" : Brown assisté de Riendeau et Roussel
1-4 à 42'38" : Riendeau assisté de Brown et Gutierrez
1-5 à 45'13" : Riendeau assisté de Gutierrez et Blanchard
1-6 à 52'44" : Gutierrez assisté de Riendeau
1-7 à 58'29" : Briand assisté de Wallen et Maslonka (sup. num.)
1-8 à 58'47" : Brown assisté de Gutierrez et Riendeau (sup. num.)