Bilan NHL (26/30) : Montréal Canadiens

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les battus du deuxième tour des playoffs : le Canadien de Montréal.

Price, homme de l’année

L’intersaison 2014 avait vu le départ de plusieurs vétérans, tels que le capitaine Brian Gionta ou le défenseur Josh Gorges, ainsi que la resignature de PK Subban pour 8 ans. Le défenseur devenait ainsi l’un des leaders de l’équipe avec le « A » d’assistant capitaine, associé à Andrei Markov, Max Pacioretty et Tomas Plekanec. Les quatre hommes vont jouer un rôle important toute l’année, mais c’est surtout leur coéquipier Carey Price qui a fait le show. Le portier termine l’année avec quatre trophées : rarement un joueur aura autant contribué à la superbe saison régulière d’une équipe. Mais Price ne pouvait pas tout faire. Le CH, fragilisé par une attaque plutôt faible et manquant de tranchant en phases finales, passe sans encombre le premier tour face aux jeunes Senators d’Ottawa, mais subit la vengeance de Tampa Bay au deuxième. Le Lightning avait succombé en quatre manches en 2014 : cette fois, les Floridiens passent en six matchs.
Les statistiques témoignent de l’impact de Price sur les résultats du CH. Incapables de s’imposer en possession de palet, ses coéquipiers ont peu lancé au but, concédé beaucoup de tirs, échoué aux équipes spéciales tout en montrant de l’indiscipline... et terminent pourtant meilleure défense de la ligue, ex-aequo avec le futur champion, Chicago, et deuxième au classement de la saison régulière, juste derrière les Rangers. Il y avait un rempart derrière !

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
110 221 189 28,5 30,1 16,5% 83,7% 833 7-5 52,1% 48,5% 48,9%
2e 18e 1er 25e 21e 23e 9e 20e 8e 4e 23e 21e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Avec sept victoires en huit matchs pour débuter la saison, Montréal entame de manière idéale son mois d’octobre, enchaînant avec une bonne phase en novembre (six victoires du 5 au 16). Ce départ pied au plancher se freine fin novembre avec une mauvaise série, marquée par six défaites en sept matchs. La réaction ne tarde guère et les Québécois finissent l’année en feu, gagnant neuf de leur dix matchs entre le 9 décembre et le 3 janvier. Fin janvier, c’est une nouvelle série de cinq victoires, puis onze points sur douze début février. La fin de saison reste excellente et Montréal termine par trois victoires, de quoi s’installer au deuxième rang de la NHL.
Les phases finales confirment ce bon comportement. Le CH gagne ses trois premiers matchs face à Ottawa, avant de butter sur Craig Anderson. Price, encore lui, blanchit Ottawa au match 6 et qualifie le Canadien.
Au deuxième tour, Tampa Bay s’avère être un morceau plus coriace. Le Lightning reste en effet sur cinq victoires en cinq matchs face à Montréal : 7-1, 4-2, 1-0 (ap.), 4-2 et 5-3. La bête noire de Montréal enchaîne par trois succès en playoffs (2-1, 6-2, 2-1), et, dos au mur, le Canadien réagit enfin. Le CH gagne 6-2 puis 2-1 mais ne parvient pas à gagner le sixième à l’extérieur, perdu 4-1.


Une défense royale

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Après un début de saison délicat défensivement, marqué par une déroute contre Tampa Bay (7-1, le 13 octobre), Montréal resserre sa défense. On compte pas moins de 9 blanchissages et 24 matchs avec un seul but concédé, contre 21 matchs à 4 buts ou plus – auquel cas, Montréal ne gagne que deux fois et accroche un point quatre fois. Le CH a survécu par sa défense.

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Côté offensif, la saison fut plus délicate. Blanchie 6 fois, l’attaque a été limitée à un but 10 fois, dépassant les 4 buts à 24 reprises – que des victoires, sauf une défaite en prolongations contre Washington le 2 avril. Quand l’attaque produit, la victoire est au bout...


Gardiens

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La saison royale de Carey Price s’est donc traduite par une cascade de trophées : Jennings (meilleure défense), Hart (MVP), Lester B. Pearson (MVP par les joueurs) et Vezina (meilleur gardien). Price a réalisé la meilleure saison de sa carrière et porté l’équipe sur ses épaules. Son remplaçant, Dustin Tokarski, a connu sa première saison comme backup installé et signe une prestation honnête, sans plus, malgré un bon début de saison.

Défense

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Fort d’un trophée Norris, PK Subban a justifié son extension de contrat record (8 ans, 72 millions) en signant une saison pleine : 15 buts, 60 pts, record de carrière. Il a aussi explosé son temps de jeu, eu un impact fort en jeu de puissance et à la relance, malgré une grosse prise de risques. Son partenaire Andrei Markov décline doucement – il a connu des playoffs délicats – mais avec 50 pts, dont 25 en avantage numérique, il signe sa saison la plus productive depuis six ans. Le duo a dominé en temps de jeu, mais les deux autres paires ont posé problème. Le vétéran Sergei Gonchar n’a joué que la moitié de la saison, sans avoir un impact franc. Pas mieux pour le petit gabarit ultra défensif de Mike Weaver, bien loin de sa saison phare en Floride. Tom Gilbert n’a pas eu l’impact offensif espéré : sa saison brillante chez les Panthers l’an dernier ne s’est pas reproduite. Alexei Emelin se fait dominer en possession assez nettement, et son impact physique compense mal ces lacunes. Du coup, le CH espérait qu’un jeune s’impose. Nathan Beaulieu a tiré son épingle du jeu dans un rôle limité, alors que Jarred Tinordi a connu bien plus de difficultés. Greg Pateryn a pour sa part montré des choses intéressantes dans un rôle défensif pur. Ce manque de profondeur a conduit le CH à transiger pour Jeff Petry. L’arrière des Oilers a peiné à s’intégrer, avant de réaliser des playoffs de très haute qualité, conduisant Montréal à le prolonger pour six ans.


Attaque

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Max Pacioretty talonne Ovechkin, Stamkos, Perry et Pavelski ces quatre dernières saisons et marque encore l’essentiel des buts du CH. Shooter constant, il porte le jeu vers l’avant et son rôle offensif reste décisif (10 buts gagnants). Le souci, c’est qu’il est un peu seul. Tomas Plekanec a reçu son lot de critiques : s’il termine avec son meilleur bilan comptable en cinq ans, il a disparu en playoffs. Il reste précieux défensivement face aux meilleurs trios adverses. Le petit gabarit de David Desharnais apporte un rôle d’appoint. Il a eu du mal à se lancer (deux buts sur les 30 premiers matchs) mais a connu une saison correcte. Les deux jeunes talents du CH suivent au classement des marqueurs. Brendan Gallagher progresse, porte le jeu dans le camp adverse, provoque dans l’enclave. Son énergie lui permet de voir ses statistiques monter année après année. On attend en revanche l’éclosion d’Alex Galchenyuk, 21 ans, qui apparait comme la clé du succès futur du CH. Intégré doucement à l’aile, il atteint le plateau des 20 buts, mais son insertion au centre reste l’objet du plus grand débat entre supporters.

Derrière ces attaquants de top-6, pas grand-chose. La bonne surprise est venue de Dale Weise, dont l’éthique de travail lui a permis de gagner du temps de jeu avec les pointeurs du club. Il signe un record de carrière avec 10 buts et 29 pts. Lars Eller a en revanche déçu. Le Danois manque de constance et reste bloqué aux environs des 30 pts saison après saison. Pierre-Alexandre Parenteau, acquis de Colorado, a connu de nombreuses blessures et finit l'année avec 2 buts en 32 matchs : pas très efficace... Sur les ailes des lignes d’échec, on a trouvé le bagarreur Brandon Prust, au rôle défensif évident. La signature du Tchèque Jiri Sekac n’a pas convaincu le CH, qui l’a échangé contre le plus physique Devante Smith-Pelly, pas beaucoup plus productif. Il a donc fallu faire un échange : Torrey Mitchell n’a pas produit en saison régulière mais a joué son rôle en playoffs (5 pts en 12 matchs), alors que Brian Flynn a apporté un peu de polyvalence. Montréal a beaucoup testé ses jeunes espoirs. Gabriel Dumont n’a pas réussi à s’imposer, mais Michael Bournival a montré de très bonnes choses avant sa blessure à l’épaule. Le grand vainqueur de ces essais apparait cependant être Jacob de la Rose. Le Suédois a séduit par sa qualité défensive et reçu beaucoup de responsabilités en fin de saison.


Bilan

Montréal ne pourra pas se reposer uniquement sur les exploits de Carey Price. Le portier a du réaliser la plus grosse saison d’un gardien depuis des années pour qualifier le CH en phases finales : il n’est pas certain que l’équipe aurait réussi avec une saison un tout petit peu moins bonne... Le manque de poids offensif est criant. Sorti de Pacioretty, voire Gallagher et Galchenyuk, il y a un déficit criant de réalisme, notamment en phases finales. La plupart des joueurs d’expérience ont failli, ce qui n’est pas sans inquiéter les partisans. Le manque de banc en défense inquiète également. Bref, Montréal devra espérer une progression de ses jeunes pour soulager son gardien...