Dunkerque - Nantes (Division 1, 2e journée)

Ce 12 septembre marque les débuts officiels d’Antoine Richer derrière le banc des Corsaires de Dunkerque. Arrivé dans le Nord pour prendre la suite de François Rozenthal, le Picard retrouve une division qu’il a côtoyée avec les Bisons de Neuilly.

La patinoire Michel-Raffoux a connu quelques évolutions après la saison noire, par la création d’un nouvel accès vers les issues de secours. Inconvénient : les travaux ont conduit à un report de la réception des Scorpions de Mulhouse. Avantage : la capacité est portée à 886 spectateurs, la zone située derrière les plexiglas étant rouverte aux très bruyants fans habituellement massés à ses abords. Et qui pourront donner de la voix six semaines de suite, la glace étant indisponible en décembre…

De leur côté, les autres Corsaires, Nantais, enchaînent leur deuxième déplacement en huit jours, car l’antre du Petit-Port nécessite également des travaux, d’isolation notamment. Surpris par de fougueux Yétis, les hommes de Claude Devèze, obligés de se préparer à Rezé, sont venus sur les bords de la Mer du Nord en quête de points, et de certitudes défensives. Antoine Richer craignait les dix premières minutes, ses joueurs vont le rassurer par un départ enthousiaste. Dès la première minute, un tir de Janik est écarté de la botte par Juliàn Barrier. Le jeune gardien, revenu cette saison dans une région qu’il connaît bien, ne tremble pas lorsque l’autre Slovaque Marek Mikusovic s’échappe sur la droite, poursuivi par Chiappino, et ponctue son action du revers. Alors que Nick Prockow, élément le plus dangereux de l’attaque nantaise, tente de riposter, l’essentiel du jeu se déroule devant une cage bien gardée sur une reprise de Baazzi, alerté par Budínský. Une perte de palet dans la zone oblige ensuite Barrier à s’employer sur un tir dévié de Lafrance. De près, Budínský bute encore sur une botte solide, le palet repris par son centre Mikusovic ne franchissant pas la ligne fatidique, pas plus que l’essai du jeune Baazzi, très en vue en préparation mais vexé par une intervention de la plaque.

Timide jusque là, le capitaine nantais Demers hérite d’une opportunité de défier Martel, mais il en est empêché par un retour d’Ondrej Janik. Vexé, le Québécois fait trébucher le défenseur slovaque. En supériorité, les locaux tardent à porter le danger vers la cage de Juliàn Barrier, hésitant sur une relance mal négociée mais rapide dans son déplacement pour opposer la botte à Younes Baazzi, isolé au deuxième poteau par Joe Dubé. Une parade qui n’aurait sans doute pas échappé à l’objectif de Daniel Chateau, fidèle photographe du HGD depuis plusieurs années, décédé le mois dernier, et en mémoire duquel une minute de silence fut observée.

L’ancien Rémois est moins inspiré sur le pressing, commettant une faute sur Patrik Prokop. Peu en verve, l’attaque à cinq des hommes de Claude Devèze attend une percée de Prockow pour reprendre des couleurs. Demers arrêté au centre, il faut attendre un tir en force de Gabriel O’Connor, détourné, pour inquiéter Martel. Dans la dernière minute, deux fautes de Drolet, en zone offensive, et Dufournet, qui reprend illégalement Baazzi entre les cercles, offrent l’occasion aux Dunkerquois d’ouvrir la marque. Toutefois, la tour de contrôle O’Connor donne de l’air aux visiteurs, peu en difficulté au retour des vestiaires.

Les rôles s’inversent rapidement sur une faute du néo-capitaine Clément Thomas, encore une fois sur l’échec-avant. De la ligne bleue, Hugo Laporte met en difficulté son compatriote Martel, qui perd un temps la rondelle de vue, puis O’Connor met le feu de l’entrée de la zone, ses essais dans le trafic étant aussi létaux. Au retour au complet, Marek Mikusovic, servi devant l’enclave par Budínský, prend le temps de contrôler l’offrande pour mieux ajuster à ras glace un Barrier toujours serein malgré une charge de travail moins importante depuis la reprise. Frustré, l’ancien joueur du MHC Martin rate sa relance, expédiée directement vers Edouard Dufournet. L’ancien Rouennais alerte Nick Prockow, dont la menace est écartée… jusqu’à l’arrivée en renfort de Hugo Laporte, dont le lancer de la gauche trouve la lucarne (0-1 à 27’16"). Cette ouverture du score fait vaciller Marc-André Martel, dépossédé du disque derrière sa cage mais Francis Drolet est puni sur l’action.

Ce troisième avantage numérique est cependant mal négocié. Seul le généreux Adam Young parvient à bousculer une situation figée, d’un lancer puissant écarté à son tour. Lorsque le défenseur au passeport britannique opte pour la passe, Michael Buonincontri perd aussitôt le palet, ouvrant la brèche à une contre-attaque de Tommy Fiorentino, erreur rattrapée par le gardien maritime. Maxime Brachet renversé par O’Connor, une nouvelle opportunité se présente… à Francis Drolet pour partir en échappée. Le numéro 22 tente de faire passer le puck entre les bottes de Martel, qui maintient intact le minime écart (32’42"). Plutôt en vue pour ses débuts officiels, Ondrej Janik prend le pas de son compère Young et vient prêter main-forte à une attaque en manque de repères. Mais son centre n’est pas converti par Brachet et son lancer en hauteur est repoussé in extremis par Barrier.

Les erreurs dans les transmissions enraient le jeu nordiste devant des (autres) Corsaires désormais bien en place pour protéger le fort. Michael Buonincontri, face au costaud Gabriel O’Connor, en témoigne, s’illustrant avant tout par ses poings, ce qui a au moins le don de réveiller un public en attente d’une étincelle. Demers sanctionné pour un accrocher devant la cage, les hommes d’Antoine Richer bénéficient de seize secondes de double supériorité. Jonathan Lafrance, de loin, trouve le bâton de Juliàn Barrier, le bon jeu défensif de Laporte faisant le reste pour faire souffler les joueurs des bords de l’Erdre.

À la sirène, Buonincontri se distingue encore, d’un coup de coude inutile sur Edouard Dufournet, mettant à nouveau le feu aux poudres et provoquant le courroux d’Alexandre Demers, passablement énervé. Le jeu de puissance n’étant décidément pas le point fort des deux camps en ce début de saison, la situation n’évolue pas. Michael Buonincontri tente de se rattraper en sortant de prison, surprenant Prokop pour servir Brachet d’une passe diagonale qui oblige la défense nantaise à se replier et détourner le lancer de l’ailier dunkerquois. Très à l’aise avec le palet, Nick Prockow se rend coupable d’une obstruction au centre de la glace. Situation que Marek Mikusovic croit exploiter, forçant le passage pour, pense-t-il, se présenter seul face à Barrier. C’était sans compter un retour très propre de Hugo Laporte, qui lui subtilise le palet. Epargné sur le coup, le jeune portier ne doit la préservation du court avantage qu’à sa vigilance, sur une passe de Dubé, posté dans son dos, vers Younes Baazzi.

À l’abord des dix dernières minutes, les deux formations s’échangent les pénalités. À l’apathie du power-play local répondent deux lancers de volée signés Laporte et David, pour autant d’interventions de Martel. À moins de trois minutes de la sirène finale, une explication entre Moretti et Tromeur laisse quatre patineurs de chaque côté. À ce jeu, Dunkerque retrouve un allant peu à peu perdu au fil de la soirée. Un centre de Dubé repris sans contrôle par Baazzi et un échange Budínský – Mikusovic conclu à ras glace par le second sont à nouveau écartés avec brio par le gardien. À 54 secondes du terme, une accélération de Destoop est contrecarrée par une faute de Prockow, très véhément (2’+10’). Sur la mise au jeu suivante, Alexandre Demers, lui aussi très remonté envers le trio arbitral, le rejoint, puis Nicolas Le Dren quitte le banc pour percuter Adam Young. Avec trente secondes à faire, deux hommes de moins, et même trois avec la sortie de Martel, les hommes de Claude Devèze vont-ils craquer ?

La dernière chance échoit à Vit Budínský. Le Tchèque arme son lancer, détourné par le patin de son équipier Mikusovic, avant que Drolet n’écarte le palet d’un plongeon. Battu à sept reprises en Haute-Savoie, Juliàn Barrier a su rebondir pour empocher son premier blanchissage, fruit d’une prestation solide et de plusieurs arrêts importants. Le tout derrière un dispositif solide, trop pour des Corsaires encore en quête de repères, notamment sur des supériorités numériques mal gérées, et trop justes pour (enfin) commencer la saison par une victoire. Les ajustements s’imposent alors que l’Hormadi et les Scorpions s’apprêtent à visiter Michel Raffoux dans les prochaines semaines.

 

Dunkerque – Nantes 0-1 (0-0, 0-1, 0-0)
Samedi 12 septembre 2015 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux.
Arbitrage de Adrien Ernecq assisté de Sébastien Levasseur et Jérémy Kahli.
Pénalités : Dunkerque 16' (2’, 10’, 4’), Nantes 48' (6’, 12’, 10’+2x10’).
Tirs : Dunkerque 36 (15, 11, 10), Nantes 18 (5, 7, 6).

Évolution du score :
0-1 à 27’16" : Laporte assisté de Prockow et Dufournet
 

Dunkerque

Attaquants :
Maxime Brachet - Marek Mikusovic - Vit Budínský
Michael Buonincontri – Joé Dubé – Younes Baazzi
François Moretti - Loïc Destoop - Clément Thomas (C)

Défenseurs :
Ondrej Janik – Jonathan Lafrance
Adam Young - Francis Ballet (A)
William Côté – Lionel Simon (A)

Gardien :
Marc-André Martel (sorti à 59’16").

Remplaçants : Pierrick Boudot (G), Victor Théry, Benjamin Bataille, Antoine Houque, Antoine Vanwormhoudt. Absent : Brendan Martial (en rééducation).

 

Nantes

Attaquants :
Kevyn Richard - Rémi Peronnard (A) - Thomas Saunier
Nick Prockow - Alexandre Demers (C) - Francis Drolet
Alexis Dicharry - Édouard Dufournet (A) - Tommy Fiorentino
Nicolas Le Dren.

Défenseurs :
Patrik Prokop - Étienne Chiappino
Hugo Laporte - Gabriel O’Connor
Éric David - Maximilien Tromeur.

Gardien :
Juliàn Barrier.

Remplaçants : Corentin Lapointe (G), Quentin Rodriguez, Charly Brugiere, Mathieu Touveron. Absent : Louis Boucherit.