Bilan NHL (27/30) : Anaheim Ducks

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les finalistes de conférence : les Ducks d’Anaheim.

Anaheim ne franchit pas l’obstacle

Après avoir obtenu 114 pts (meilleur total de l’histoire de la franchise), Anaheim a confirmé avec 109 pts cette saison, meilleure fiche de la conférence Ouest. Les Californiens échouent à quelques encablures des Rangers pour le trophée du Président, à l’issue d’une saison régulière maîtrisée, franchissant les 50 victoires pour la deuxième fois de suite, une rareté dans l’histoire de la NHL. Surtout, le bilan fut brillant en déplacement (25-12-4) et intra-division (18-6-5). Ce titre de division Pacifique fut obtenu grâce à de nombreux succès en fin de match : on compte 18 victoires alors que les Ducks étaient menés durant le 3e tiers, soit un nouveau record NHL, avec un total de 24 matchs gagnés après avoir été menés, une fiche ébouriffante de 33-1-7 dans les matchs qui se sont joués à un seul but, et 16 victoires acquises après le temps réglementaire.
En bref, en dépit d’un jeu de puissance pathétique et de statistiques d’équipes moyennes, Anaheim a su faire basculer les rencontres en sa faveur tout au long de la saison... mais pas en playoffs. Les hommes de Bruce Boudreau ont craqué face à Chicago, plus solide dans les matchs couperets, et qui a su élever son niveau de jeu lorsque les matchs comptaient vraiment. Les stars d’Anaheim sont en revanche restées muettes dans ces matchs-clés : il faudra tirer les leçons de ce nouvel échec.

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
109 236 226 30,0 28,9 15,7% 81% 887 8-5 51,6% 51,0% 51,5%
3e 10e 19e 15e 10e 28e 15e 25e 5e 9e 17e 14e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

1415 ana ptsmarqués

La saison régulière des Ducks fut convaincante. Toujours placés dans les premières positions, les joueurs de Bruce Boudreau ont bataillé jusqu’au bout pour le trophée du Président. Après une défaire inaugurale, ils ont enchaîné sept victoires consécutives et maintenu cet élan dans les semaines qui suivent, dans des rencontres toujours serrées. Début novembre, on trouve ainsi une série étonnante de huit matchs sur dix au-delà du temps règlementaire. Début décembre, à nouveau sept victoires de suite, et encore six en janvier. En février, Anaheim remporte une nouvelle série de sept victoires en huit matchs, terminant finalement la saison par neuf succès en treize matchs. Curieusement, Anaheim a souffert contre San Jose : le voisin californien a gagné quatre des cinq matchs, poussant le cinquième en prolongations.
Vainqueur de la conférence Ouest, Anaheim ne tremble guère devant l’inexpérimentée équipe de Winnipeg, balayée quatre manches à zéro (4-2, 2-1, 5-4 OT, 5-2). Le deuxième tour est du même tonneau. Calgary, surprise de la saison, s’accroche, mais c’est peine perdue et la série se boucle en cinq manches grâce à Corey Perry en prolongations (6-1, 3-0, 3-4 OT, 4-2, 3-2 OT).
L’adversité survient en finale de conférence face à Chicago. Anaheim débute bien, gagnant à domicile 4-1. Le deuxième match laissera des regrets : Marcus Kruger fait plier les Ducks en triple mort subite, le plus long match de l’histoire des Ducks. Anaheim réagit bien et remporte le match 3 à l’extérieur(2-1). La série bascule au match 4. Fredrik Andersen et les stars offensives, décisives jusque là, disparaissent de la circulation. Chicago revient à égalité dans la série en double mort subite (5-4). Pire, au match 5, Anaheim gaspille une avance de 3-0. Menant 4-2 en fin de match, les Ducks assistent au show Jonathan Toews qui envoie la série en prolongations avec deux buts dans la dernière minute. Si Anaheim gagne rapidement par Beleskey, l’ascendant psychologique a changé de camp. Chicago remporte le match 6 en prenant rapidement une avance de 3-0 (trois passes de Duncan Keith, score final 5-2), et perd le match sept 5-3, sur un doublé de Toews et une avance de 4-0 en deuxième tiers. Anaheim n’a pas su museler les meneurs d’hommes des Blackhawks. Les stars de Chicago ont répondu présent, pas celles d'Anaheim.

Une défense inconstante

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Seulement 19e de la ligue en nombre de buts encaissés, Anaheim a peiné défensivement cette saison. On ne compte que quatre blanchissages et 20 matchs à un seul but encaissé, contre 26 matchs à quatre buts ou plus, dont un 7-2 le 22 mars contre les Rangers.

1415 ana butspour

L’attaque fut plus efficace, même si elle ne termine que dixième de la NHL, la faute à un triste jeu de puissance, digne des plus mauvais de la ligue. Les attaquants n’auront pas trouvé la cible à quatre reprises, et n’ont pas marqué plus d’un but 9 fois. Le spectacle aura toutefois été au rendez-vous, puisque l’on compte 28 matchs à quatre buts marqués ou plus.


Gardiens

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Frederik Andersen paraissait débuter en concurrence avec John Gibson, mais a finalement remporté le poste de n°1, obtenant sa 50e victoire en carrière à son 68e match seulement. Le Danois fut plutôt moyen toute la saison, y compris en playoffs, mais a plutôt convaincu pour sa première saison complète. Gibson, 21 ans, reste toutefois le portier d’avenir de la franchise et a quasiment joué aussi bien. Les pépins physiques de Gibson (21 matchs manqués, touché à l’aine) ont contraint le staff à utiliser deux vétérans en dépannage, sans grand succès.

Défense

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Le défenseur n°1 de l’équipe fut... Sami Vatanen. Le jeune Finlandais a dominé offensivement comme défensivement et joué dans toutes les situations, avant d’être ralenti en février par une blessure. Il fait partie d’un groupe de jeunes talents en pleine émergence. Hampus Lindholm, 21 ans, a ainsi fini la saison avec 23 minutes de temps de jeu en playoffs et affiche un ratio +/- parmi les meilleurs de la NHL depuis deux ans. Cam Fowler, plus offensif, s’est installé dans le top-4 et, avec les progrès de ses compères, souffle un peu plus, n’étant plus la seule cible des attaquants adverses. Ce trio a reçu l’aide du vétéran François Beauchemin, toujours efficace offensivement, mais gêné par les oreillons, puis une fracture d’un doigt. Le reste de la brigade défensive a beaucoup bougé tout au long de la saison. Ben Lovejoy, victime d’une fracture d’un doigt, s’est montré solide mais fut échangé à la date limite contre le jeune Simon Després, lequel a parfaitement répondu présent sur la fin de saison et apparait comme un joli hold-up. Clayton Stoner a joué le rôle du défenseur pur, rugueux, entre deux blessures, relayé par des vétérans en bout de course finalement échangés (Eric Brewer, Bryan Allen), d’anciens bons espoirs décevants (Mark Fistric, Colby Robak) et quelques joueurs secondaires, dont Josh Manson, qui a profité des circonstances pour apparaitre dans 28 matchs. La décision la plus curieuse du staff reste cependant l’acquisition de l’expérimenté James Wisniewski. Offensif, mobile et capable de jouer plus de 20 minutes par match en dominant en possession, il a inexplicablement été laissé en tribunes pendant les playoffs au profite de Stoner, plus conservateur. Sa qualité de relance a sans doute manqué contre Chicago.

Attaque

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Ryan Getzlaf termine à presque un point par match : le capitaine domine le jeu par sa taille et sa qualité de passe. Une vision de jeu hors-norme qui le rend dangereux à chaque présence. A ses côtés, Corey Perry était parti en feu avant de manquer plusieurs matchs à cause des oreillons. Ce pur finisseur complète parfaitement Getzlaf, avec l’aspect abrasif en plus. L’axe constitue l’un des points forts des Ducks. L’acquisition de Ryan Kesler à sur ce plan répondu aux attentes. L’ex-Canuck a affronté les meilleurs trios adverses, excellant défensivement et aux mises au jeu, tout en franchissant les 20 buts pour la 7e fois. Reste à compléter le top-6 avec les ailes. Les gagnants de la saison ? Patrick Maroon et Jakov Silfverberg. Le grand gabarit de Maroon progresse saison après saison, apportant beaucoup de robustesse. Silfverberg, acquis contre Bobby Ryan, est monté en puissance au fil des mois, avec notamment 18 pts en 16 matchs de playoffs, tout en jouant un rôle clé défensivement. Kyle Palmieri a vu son temps de jeu gonfler cette saison. Il touche son record de carrière (14 buts). Rickard Rakell a mis du temps à trouver la cible (25 matchs) mais a bien fini la saison. Reste à ne plus disparaitre en playoffs. Andrew Cogliano s’est installé au centre du troisième trio. C’est l’iron-man de la ligue, avec 622 matchs consécutifs depuis le début de sa carrière. Rapide, il est surtout utilisé dans un rôle défensif.
Anaheim a beaucoup fait de ménage dans son bottom-six au cours de l’année. Devante Smith-Pelly n’a pas autant apporté qu’espéré et a donc été échangé contre Jiri Sekac. Le jeune Tchèque a apporté de la vitesse et de la technique, pour une première saison encourageante. Nate Thompson signe un record de carrière et a produit en playoffs, avant de se blesser à l’épaule. Son énergie a manqué sur la fin. Emerson Etem tente petit à petit de s’imposer grâce à son patinage, mais ne produit guère. Quant à l’acquisition de Tomas Fleischmann, elle n’a servi à rien. On finira avec le talentueux Matt Beleskey, auteur d’un record de carrière sur les premières lignes, mais qui arrive en fin de contrat et ne restera pas.

Bilan

Tous les ingrédients étaient réunis pour une saison phare des Ducks. La saison régulière a validé ce pronostic, mais les défauts de la cuirasse, masqués tout au long de la saison, ont finalement coûté cher contre une formation aussi expérimentée que Chicago. Anaheim va devoir tirer les leçons de cette faillite collective dans les matchs couperets : les gardiens doivent hausser leur niveau, les jeunes défenseurs encore progresser et l’offensive varier bien plus pour relayer les stars de l’équipe. La masse salariale reste confortable et le système est bien fourni en jeunes espoirs, donc l’espoir de remporter un deuxième titre après celui de 2007 reste présent... Du moins, si les rivaux californiens ne connaissent pas un rebond trop important...