Bilan NHL (28/30) : New York Rangers

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec les finalistes de conférence : les Rangers de New York.

Pas le trophée espéré

La saison des New York Rangers fut en tout point remarquable, statistiquement la meilleure saison régulière de toute l’histoire de la franchise. Jugeons plutôt : 8e saison à plus de 100 pts, record de franchise en nombre de victoires en déplacement (27), 4e saison à plus de 50 victoires (53), record de points (113), 3e trophée du Président... Les Rangers d’Alain Vigneault ont assuré le spectacle avec la troisième meilleure attaque et la troisième défense de la ligue, ce qui nous donne tous les ingrédients pour aller au bout – tout juste pourra-t-on critiquer le jeu de puissance, le bilan après soixante minutes, les mises au jeu et le différentiel de tirs à égalité numérique. Pourtant, dans une conférence Est très disputée, la défense n’a pas suffi face à la vitesse du Lightning de Tampa Bay. Les jeunes loups floridiens avaient les dents longues et ont fini par exploiter l’usure adverse. Les Rangers ont disputé 14 matchs de suite avec un seul but d’écart en phases finale, remontant deux fois des handicaps de trois victoires à une. Ils ont manqué d’énergie dans une nouvelle série à sept matchs, gaspillant même l’avantage de la glace en perdant trois des quatre matchs à domicile. Dommage...

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
113 252 192 31,5 29,5 16,8% 84,3% 712 4-5 46,7% 49,5% 49,4%
1er 3e 3e 6e 14e 21e 6e 7e 23e 28e 20e 19e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

1415 nyr ptsmarqués

Après un mois d’octobre poussif (5-4-0), les Rangers montent petit à petit en pression en novembre (6-4-4) avant de réaliser un mois de décembre époustouflant (9-3-0). Du 8 décembre au 10 janvier, les Rangers ne perdent qu’un seul match, pour treize succès, dont huit de suite (record de franchise). Les hommes d’Alain Vigneault remontent au classement et postulent rapidement à la première place. Le mois de janvier est tout aussi prolifique (8-4-0), avant une série encore plus spectaculaire en février (10-2-2) et mars (10-4-1). Avril n’est pas en reste (5-1-0) : les Rangers ont construit leur trophée du Président dans les derniers mois de compétition.
Les playoffs débutent bien contre Pittsburgh, mais la série sera crispée. New York se qualifie quatre victoires à une, mais tous les matchs se sont joués à un seul but (2-1, 3-4, 2-1, 2-1 ap., 2-1 ap.). Il aura fallu des buts en prolongation du rookie Kevin Hayes puis de Carl Hagelin pour faire pencher la balance.
Le deuxième tour est encore pire face aux Capitals de Washington. Les coéquipiers dOvechkin prennent en effet une avance de 3 victoires à 1 et, dans le match 5, ils ne sont qu’à 1’41 de la qualification. Un but de Chris Kreider permet aux Rangers d’arracher la prolongation et Ryan McDonagh fait basculer la série. Les Rangers remportent les matchs 6 et 7, ce dernier en mort subite grâce à un but de Derek Stepan. Encore une fois, tous les matchs se sont joués à un seul but (1-2, 3-2, 0-1, 1-2, 2-1 ap., 4-3, 2-1 ap.).
Ce stress continue face au Lightning de Tampa Bay. New York empoche la première manche (2-1) mais explose à domicile au match 2 face au triplé de Tyler Johnson (6-2). La défense ne résiste pas mieux au match 3, perdu sur un but de Nikita Kucherov en prolongations (6-5). La vengeance vient au match 4 et New York égalise (5-1). Le Lightning prend de l’avance en gagnant le match 5 sur la glace new-yorkaise (2-0) mais ne plie pas la série, s’écroulant à domicile (7-3). New York pense profiter de l’avantage de la glace au match 7 mais Tampa Bay s’impose 2-0, la première défaite à domicile en match 7 de l’histoire de la franchise.

Une mécanique bien rôdée

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Après un début de saison délicat, les Rangers verrouillent l’accès au but d’Henrik Lundqvist. On compte au total 10 blanchissages et 19 matchs à un seul but encaissé, contre 18 à plus de 4 buts. Seuls 9 de ces 18 matchs ont eu lieu après le 1er décembre !

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Blanchie six fois et limitée à un but à 8 reprises, l’attaque new-yorkaise a répondu présent durant l’essentiel de la saison, trouvant même une bonne carburation dans la dernière ligne droite. Pas moins de 33 matchs ont vu les attaquants faire mouche quatre fois ou plus, dont un carton 7-2 contre Anaheim le 22 mars dans le match au sommet de la NHL.

Gardiens

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Lorsque l’on compte dans ses rangs un gardien du calibre d’Henrik Lundqvist, la saison a de bonnes chances d’être positive. Le Suédois dépasse les 92% d’arrêts pour la sixième saison consécutive. A 33 ans, il a cependant manqué quelques matchs – victime notamment d'un tir à la gorge – ce qui a permis à son remplaçant Cam Talbot de briller et de se faire un nom.

Défense

1415 nyr def

La défense fut le gros point fort des Rangers, grâce à un top-4 homogène. Le capitaine Ryan McDonagh fut l’homme à tout faire de l’équipe, cumulant le temps de jeu dans toutes les situations, apportant son écot offensivement. Si ses statistiques de possession restent décevantes, il ne faut pas oublier qu’il évolue face aux meilleurs trios adverses. Son partenaire Dan Girardi ne l’a pas toujours aidé, avec une saison délicate. En deuxième paire, Kevin Klein a surpris son monde et approchait de son record de carrière avant de se fracturer un bras. Marc Staal a fait son travail, dans un rôle strictement défensif. L’acquisition à l’intersaison du vétéran Dan Boyle fut plutôt une réussite. A 38 ans, il a produit un minimum offensivement et continue à empiler les minutes. Boyle fut aussi en vue en phases finales (10 pts). Pour compléter un groupe manquant un peu de profondeur, le staff a lâché du lest pour obtenir Keith Yandle, un arrière offensif mobile, productif, surtout en jeu de puissance. Sur ce dernier point, il n’a pas autant apporté qu’espéré, mais à 5 contre 5, il s’est montré utile, ajoutant 11 pts en 19 matchs de playoffs. Côté banc, les prestations de Matt Hunwick furent solides dans un rôle limité. John Moore échangé, Chris Summers a fait le voyage dans le sens inverse et tentera de gagner une place la saison prochaine.

Attaque

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Rick Nash a joué comme la star de Columbus qu’il était : un pur finisseur. L’attaquant canadien signe 42 buts (3e de la ligue) et continue à évoluer dans les hautes sphères des buteurs de la NHL, en compagnie des snipers Ovechkin, Stamkos, Iginla ou Perry. Malgré tout, sa disparition annuelle en playoffs fait couler beaucoup d’encre. Il n’a inscrit que 5 buts en 19 matchs cette saison (14 pts). La bonne surprise est venue de Derick Brassard. L’ancien Blue Jacket signe un record de carrière (19 buts, 60 pts), mais, plus important, a étincelé en playoffs (9 buts, 16 pts), comme l’an dernier. Au centre, Derek Stepan a apporté son sens du jeu défensif face aux meilleurs trios adverses. Martin St. Louis termine sa carrière en franchissant à nouveau les 20 buts et 50 pts : le légendaire attaquant de poche n’a cependant pas beaucoup aidé en phases finales (1 but, 7 pts). Le Norvégien Mats Zuccarello reste précieux et a beaucoup manqué en playoffs, victime d’un slap en pleine tête de son coéquipier McDonagh. Autre ailier rapide, Chris Kreider signe une saison intéressante et continue à attaquer – un peu trop –les cages adverses, manquant souvent de réalisme devant le but après s’être créé de nombreuses échappées. Kevin Hayes, ancien premier choix de Chicago, avait refusé de signer avec les Hawks. A sa sortie de NCAA, il a rejoint les Rangers pour leur plus grand bonheur : le rookie compile 45 pts, dont 29 dans les 36 derniers matchs. Il n’a en revanche marqué que deux fois en playoffs et son triste bilan aux mises au jeu en font un centre assez friable. En quatrième ligne, Dominic Moore continue à faire son travail face aux meilleurs trios adverses et signe 27 pts, son meilleur bilan depuis 5 ans. Le jeune JT Miller a débuté la saison en AHL avant de gagner sa place en décembre. A 22 ans, ses progrès sont modestes mais réels, tout comme ceux de Jesper Fast, au rôle très défensif. Enfin, Carl Hagelin reste l’un des plus rapides de l’effectif et porte le jeu vers l’avant.
Pour compléter leur banc, les Rangers ont effectué plusieurs échanges. Le rookie québécois Antony Duclair avait bien débuté la saison en NHL avant de s’éteindre, d’être renvoyé en junior puis échangé dans le deal Yandle. Le vétéran Stempniak fut aussi échangé, remplacé par James Sheppard, arrivé de San Jose, pour un impact limité.

Bilan

Equipe d’expérience, les Rangers de New York ont connu la finale en 2014 et le carré final en 2015. L’effectif est homogène, basé sur la vitesse et la qualité de relance des arrières, renforcés par un gardien d’exception. New York dispose des armes pour soulever la coupe, mais a beaucoup cédé pour cela. Son réservoir de jeunes talents est quasiment vide. La victoire devra arriver très vite. Pour ce faire, les Rangers devront absolument pouvoir compter sur Rick Nash en phases finales et la progression des ailiers les plus jeunes, encore plus avec la retraite de Martin St. Louis.