Bilan NHL (29/30) : Tampa Bay Lightning

Hockey Archives vous présente un bilan détaillé de la saison de chaque équipe de la NHL. Suite de ce tour d'horizon avec le finaliste de la coupe Stanley : le Lightning de Tampa Bay.

Emporté par la foudre...

L’équipe la plus spectaculaire de la saison a atteint la finale : ce n’est que justice, tant le jeu du Lightning a enthousiasmé le public au fil des mois. Équipe jeune et dynamique, Tampa Bay a effacé sa déroute en quatre manches sèches dès le premier tour 2014 en bousculant des équipes bien mieux établies dans les phases finales. La force de l’équipe ? La vitesse, la technique et une entente redoutable de la « Triplet Line », composée de trois joueurs de deuxième année, Ondrej Palat, Nikita Kucherov et Tyler Johnson. Les trois « gamins » ont confirmé leur bonne première saison en atteignant les hautes sphères cette année, et mieux, ont confirmé qu’ils étaient aussi forts et impliqués en playoffs.

Tampa Bay apparaît comme la franchise d’avenir à l’Est. L’effectif ne coûte pas encore grand-chose, le staff dispose encore de nombreux choix de draft, le réservoir est rempli de jeunes futurs talents... Le noyau du Lightning, c’est l’équipe championne AHL il y a trois ans. Mais il a cependant manqué un petit truc face à la défense de Chicago, deux petites victoires... La blessure de Tyler Johnson, qui l’a sérieusement diminué au cours de la finale, n’est pas pour rien dans cet échec face à une formation expérimentée. Mais il faudra compter sur le Lightning en 2016...

Sur le plan statistique, la meilleure attaque de la ligue a bénéficié d’un pourcentage au tir très élevé. Mais la défense a fait le travail pour limiter les chances adverses, ce qui se traduit par des indicateurs de possession exceptionnels – l’écart de tirs à égalité numérique (Corsi, Fenwick).

Pts Buts + Buts - Tirs+
/match
Tirs-/match Sup.Num. Inf.Num. Min. Pén. Prol./fusillade (V-D) Mises au jeu Corsi Fenwick
108 262 211 29,6 27,9 18,8% 83,7% 823 3-5 49,7% 53,0% 53,1%
5e 1er 11e 19e 5e 14e 8e 19e 28e 16e 4e 3e


Corsi : Tirs + Tirs hors cadre + Tirs bloqués (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5
Fenwick : Tirs + Tirs hors cadre (pourcentage entre tirs lancés/subis) à 5 contre 5

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Tampa Bay entame très bien la saison, se montrant notamment impérial à domicile. Après deux mois, l’équipe n’a concédé que deux défaites à domicile dans le temps réglementaire. On trouve notamment une série de huit victoires en neuf matchs fin octobre - début novembre. De quoi s’installer parmi les équipes de têtes de la ligue. Le mois de décembre s’avère plus délicat mais les joueurs de Jon Cooper réagissent vers Noël avec une série forte de sept victoires en huit matchs (23 décembre - 9 janvier). Tampa se montre plus inconstant par la suite, peinant à dépasser les deux victoires de suite jusqu’au mois de mars où les « Bleus » remportent 7 victoires en 9 matchs, réalisant deux séries de quatre victoires de suite dans la foulée. Tampa termine sa saison sur trois succès. L’incroyable fiche à domicile de Tampa Bay constitue le point fort de la saison : 32 victoires, 8 défaites et 1 défaites après prolongation !

Battu l’an dernier en quatre manches par Montréal, Tampa Bay bénéficie cette fois-ci d’un Ben Bishop en santé. Le gardien sera l’un des artisans du succès de l’équipe dans les phases finales. Le premier tour face à Detroit est un duel au couteau. Les Red Wings mènent en effet trois victoires à deux, mais un Tyler Johnson intenable renverse le match 6 sur la glace de Detroit. Bishop blanchit la franchise du Michigan au match 7 et qualifie son camp (2-3, 5-1, 0-3, 3-2 ap., 0-4, 5-2, 2-0).

Cela offre une chance de rédemption face à Montréal : Tampa ne tremble pas et remporte les trois premiers matchs pour s’offrir un boulevard. Le sursaut du Canadien ne suffit pas et le Lightning passe en six manches (2-1 ap2., 6-2, 2-1, 2-6, 1-2, 4-1).

Le parcours « Original Six » se poursuit face aux Rangers de New York de leur ancien capitaine Martin St. Louis. La série est encore très accrochée. Après une défaite inaugurale, les joueurs de Cooper gagnent deux matchs de suite. New York fait tomber Tampa dans son antre pour égaler la série et pense avoir fait le plus dur. Mais le Lightning va gagner les deux matchs au Madison Square Garden et passe en sept matchs, blanchissant même les Rangers chez eux dans les deux cas (1-2, 6-2, 6-5 ap., 1-5, 2-0, 3-7, 2-0).

La finale de coupe Stanley sera très indécise face à Chicago : chaque match se joue à un but d’écart, sauf le dernier. À chaque fois, Tampa n’a pas exploité de solides périodes de domination dans le jeu. Chicago remporte le match 1 (2-1) et Tampa enchaîne avec deux succès (4-3, 3-2). Mais les Backhawks sont redoutables chaque saison à partir des matchs 4 : ils gagnent les trois rencontres d’affilée pour soulever la coupe (1-2, 1-2, 0-2).


Une offensive inarrétable

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La défense aura connu quelques difficultés pendant les deux tiers de la saison, avant de fermer la porte dans la dernière ligne droite. Tampa Bay a réussi 5 blanchissages et limité ses adversaires à un seul but à 15 occasions. À l’inverse, la défense a concédé quatre buts ou plus à 17 reprises, dont deux fois 7 buts en un match (7-2 le 25 octobre contre le Wild et 7-3 contre les Flyers le 12 janvier).

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L’attaque explosive de Tampa Bay n’aura été blanchie qu’une seule fois (Detroit, 28 mars) et limitée à un seul but à 10 reprises seulement. À l’inverse, elle a marqué quatre buts ou plus à 36 reprises ! Parmi ces matchs, on trouve trois rencontres à sept buts marqués dans le premier mois de compétition (7-1 contre Montréal le 13 octobre, 7-3 contre Arizona le 28 octobre et 7-4 contre Columbus le 8 novembre).


Gardiens

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Ben Bishop a confirmé tout le bien que l’on pensait de lui avec une saison de confirmation, certes un tout petit moins bonne statistiquement que la saison dernière. Malgré tout, Bishop a su se montrer décisif en playoffs (92,1% d’arrêts, 2,18 buts encaissés), avec deux blanchissages en matchs 7 et une finale délicate, disputée tant bien que mal en dépit d’une blessure à l’aine. Son remplaçant, le jeune Russe Andrei Vasilevsky, a pour sa part prouvé qu’il était le gardien d’avenir de la franchise, avec une saison aussi bonne que son coéquipier et un baptême du feu en playoffs, notamment en finale, à seulement 20 ans. Une expérience qui lui servira sans doute beaucoup à l’avenir.


Défense

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Anton Strålman était sans club il y a quelques années, non signé après un essai aux Devils du New Jersey. Maintenant, il reste sur deux finales perdues de coupe Stanley, une avec les Rangers, une avec Tampa Bay, le tout avec un temps de jeu monstre ! Le Suédois n’a pas coûté bien cher, mais domine le jeu en possession de palet et signe un record de carrière de 39 pts. Victor Hedman continue à franchir des paliers et fait figure de plus en plus d’outsider pour le trophée Norris. Un temps de jeu croissant et une contribution de plus en plus notable (14 pts en playoffs) en font le pilier des lignes arrières.

Tampa Bay avait voulu renforcer son jeu de puissance avec Jason Garrison : il s’est installé dans le top-4, mais son shoot n’a pas beaucoup trouvé la cible. Matt Carle, 30 ans, a lui aussi reçu un temps de jeu de top-4, mais a connu une saison moins convaincante au point d’être moins utilisé en phases finales. Le bénéficiaire en contrepartie fut Braydon Coburn, acquis de Philadelphie contre Radko Gudas. Il n’a joué que quatre matchs de saison régulière avant de se blesser, mais est revenu en playoffs, peinant en possession de palet.

La troisième paire a accueilli de nombreux jeunes joueurs, une fois Eric Brewer transféré. Nikita Nestorov, qui a parfois joué ailier, est un solide manieur de palet, utilisé dans 17 matchs de playoffs. Le grand Andrej Sustr a apporté son impact physique. Mark Barberio, aux références AHL exceptionnelles, n’arrive pas trop à s’installer définitivement et joue plus un rôle de renfort occasionnel. Enfin, deux jeunes, l’ancien premier choix Slater Koekkek et l’ex-universitaire Luke Witkowski, ont fait leurs débuts.


Attaque

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La star de l’équipe est bien sûr Steven Stamkos. Le sniper dépasse les 40 buts pour la quatrième fois, malgré un temps de jeu économisé au fil des mois. À 26 ans, il sera agent libre en 2016, ce qui devrait occuper les conversations pendant les prochains mois... Sa première ligne a bien fonctionné, avec le Finlandais Valtteri Filppula, auteur d’une saison délicate défensivement, et l’ancien sniper de Harvard, Alex Killorn, qui a surtout brillé en playoffs (18 pts en 26 matchs).

Mais Tampa Bay a surtout été porté par sa deuxième ligne. Tyler Johnson, Ondrej Palat et Nikita Kucherov ont fait encore mieux en deuxième année que pendant leur saison de rookie, dominant la ligue en termes de tirs générés à égalité numérique, démolissant nombre de défenses par leur vitesse, leur technique et la qualité de leur jeu de passe. Le trio s’est trouvé les yeux fermés, au point d’être surnommé la « Triplet Line ». Johnson a produit plus avec moins de temps de jeu que l’an dernier, Kucherov a explosé son record personnel et Palat a constamment porté le jeu vers l’avant, tout en se montrant extrêmement solide défensivement.

Les troisième et quatrième lignes ont compté sur des joueurs d’expérience, comme Ryan Callahan (record de carrière, 54 pts), le grand pivot Brian Boyle (15 buts) ou l’ancien Brenden Morrow. La force de Tampa Bay a été de lancer dans le grand bain de nombreux jeunes. La star junior Jonathan Drouin a fait ses grands débuts, mais sa première saison fut mitigée. Il a produit certes, mais n’a marqué qu’un seul but en 70 matchs à égalité numérique, et a souvent été mis en tribunes en playoffs, le staff le punissant pour un repli défensif discutable. À l’inverse, Cédric Paquette a gagné sa place par son jeu agressif vers l’avant et son audace, n’hésitant pas à provoquer Chara ou Toews par exemple. JT Brown produit peu et joue surtout un rôle d’énergie. Enfin, Vladislav Namestnikov, premier choix 2011, creuse petit à petit sa place avec une certaine efficacité dans un rôle limité, qui devrait rapidement croître.


Bilan

Finaliste 2015, Tampa Bay sera désormais attendu au tournant. La saison fut exceptionnelle pour le Lightning, avec un jeu spectaculaire qui a convaincu tous les observateurs, et de nombreux jeunes qui font figure de valeurs montantes de la ligue. Le manager général Steve Yzerman accumule les bons choix et les bonnes trouvailles et vise désormais à grimper d’une petite marche : il n’aura pas manqué grand-chose pour remporter le deuxième titre de l’histoire de la franchise.