HC Košice – Skellefteå AIK (CHL, 1/16e de finale)

Unique représentant slovaque en Ligue des Champions après l’élimination de Nitra en phase de poules, Košice est pourtant à la masse en championnat. Huitième avec seulement un petit point de plus que la lanterne rouge Skalica, le tenant du titre reste sur quatre revers consécutifs en Extraliga au moment où se profile dans la métropole de Slovaquie orientale la redoutable formation suédoise de Skellefteå.

 

Le premier tour de chauffe du raout européen n’a pas non plus été des plus convaincants pour les hommes de Peter Oremus. Deuxièmes du groupe H derrière l’intouchable Red Bull Munich, les Oceliari sont difficilement venus à bout de Klagenfurt (victoire 3-2 en Autriche puis 2-1 aux tirs au but en Slovaquie) pour valider leur ticket pour les play-offs, s’en remettant essentiellement à la dextérité de Jiří Bicek, meilleur buteur de toute la meute continentale à l’issue de la première phase (5 réalisations). Or, le vainqueur de la Coupe Stanley 2003 a depuis perdu son élan offensif…

 

Les finalistes suédois sont quant à eux plus fringants. Premier du groupe D devant Liberec, ils sont restés invaincus après leurs quatre sorties même s’ils ont laissé un point dans la bataille contre… Nitra ! La Slovaquie, les Scandinaves commencent donc à connaître ! Rappelons que leur capitaine Jimmie Ericsson a déjà joué dans la Steel Aréna avec la « Tre Kronor » lors des Mondiaux 2011, et que Janne Pesonen, le « Top Scorer » de l’équipe, a lui gagné la médaille d’or la même année.

 

Tout cela pour dire que le favori de ce seizième de finale est clairement trouvé : Skellefteå. La première période confirme d’ailleurs les attentes (ou les craintes) devant une assistance qui n’est pas celle des plus grands jours mais qui remplit quand même bien les travées de la patinoire cassovienne. Les doubles champions de Suède 2013 et 2014 pressent rapidement la défense locale pour progressivement l’acculer dans sa zone et harceler le gardien Marcel Melicherčík, de retour de blessure depuis seulement dimanche. Le gardien slovaque finit par plier : Pesonen glisse le palet entre ses jambières à la conclusion d’une action individuelle lancée dans le cercle droit (0-1, 10'42). 

 

Les locaux montrent les plus grandes difficultés à passer la zone neutre et, quand ils y parviennent, n’ont pas le temps d’ajuster leurs frappes. En contre, le vétéran Peter Bartoš, bien servi par Adam Lapšanský, n’est pourtant pas loin d’égaliser dans le slot mais sa déviation passe juste au-dessus de la transversale (16'11). Košice, avec du cœur, limite la casse. Beaucoup se demandent jusqu’à quand. À la première pause, le constat est sans appel : 19 tirs à 2 en faveur des Scandinaves ! 

 

Et lorsque Patrik Zackrisson double la mise sur power-plan via un slap dans le rond gauche (0-2, 22'24), les derniers fous qui espéraient un exploit déchirent leurs reçus de paris sportifs. Ce match va cependant nous rappeler qu’en hockey peut-être plus qu’ailleurs il ne faut surtout pas aller trop vite en besogne. Marek Bartánus est là pour le rappeler : sur une remise en jeu dans le cercle gauche, il s’en va seul réduire la marque, un peu comme Pesonen sur le premier but (1-2, 23'56). Ce n’était que le quatrième tir cadré de Košice ! Erik Hanses, le portier suédois, prouvera par la suite que la réussite offensive des Slovaques s’explique surtout par sa déroute personnelle. 

 

Le deuxième tiers-temps prend fin sans que le score n’évolue. Surprenant, tant la domination de Skellefteå est évidente. Au retour des vestiaires, Hans Wallson reste serein, comme l’ensemble du banc d’ailleurs. Les supporters, fatalistes, attendent la mise à mort de leur « taureau » qui aura toutefois mis beaucoup de bravoure. Non, personne ne se doute, à l’amorce du troisième acte, que Košice va inverser la tendance.

 

À la rue offensivement jusqu’ici, les Oceliari offrent un tout autre visage dans les vingt dernières minutes. La Steel Aréna, d’abord incrédule, s’enflamme. L’ambiance rappelle les vieilles confrontations avec l’ennemi national Slovan Bratislava, avant que les « Aigles » de la capitale slovaque ne laissent orphelins les Steelers de joutes mémorables et autres bagarres légendaires. L’ogre suédois vacille. D’abord, Hanses dévie de l’épaule un missile de Martin Štrbák qui ne fait mieux que d’embrasser la transversale (45'28). Puis Bartánus réussit son face-à-face avec le gardien en égalisant entre les compas de ce dernier (2-2, 50'32).

 

La fin de rencontre est haletante. Alexander Urbom redonne l’avantage aux siens sur une frappe tout en puissance adressée dans l’axe (2-3, 54'10). Déstabilisé après les deux premiers buts suédois, Košice, cette fois-ci, ne baisse pas de régime après le troisième, et insiste : Richard Lelkeš profite d’une énorme confusion dans la zone de but pour mettre au fond et si la réalisation est immédiatement validée par le corps arbitral, il faudra attendre dix minutes pour avoir confirmation de l’égalisation après visionnage de l’action (3-3, 56’14)… histoire de rajouter un peu plus de suspense dans une patinoire que les cardiaques feraient mieux de quitter prématurément !  

 

Dans la foulée, Richard Jenčík profite d’un retard de changement de lignes adverse pour trouver Lapšanský entre les deux cercles, lequel brise au bon moment son silence offensif en inscrivant le quatrième but des champions de Slovaquie (4-3, 57'13). Les joueurs de Skellefteå n’en reviennent pas : comment ont-ils pu bazarder un match qu’ils tenaient d’une main de fer pendant quarante minutes ? Sonnés, ils ne parviennent pas à réagir dans les ultimes secondes de la partie. Hanses n’est pas sorti, évidemment dans l’optique de la revanche en Suède, de peur d’éviter d’en prendre un cinquième et d’accuser dès lors un retard de deux longueurs.

 

Il y a longtemps que la Steel Aréna n’avait plus vécu une soirée de hockey aussi intense en émotions, avec un dénouement sensationnel pour l’équipe locale. Les marasmes de l’Extraliga sont un temps oubliés. Le second opus s’annonce pourtant délicat. Certes, mieux vaut voyager dans le nord de l’Europe avec une victoire en poche, mais l’attitude des joueurs de Skellefteå, qui n'ont pas daigné serrer les mains de leurs bourreaux du soir en rentrant de suite aux vestiaires, en dit long sur leur frustration et leur désir de remettre les pendules à l’heure à domicile. 

 

Match retour à Skellefteå le mardi 6 octobre 2015 à 17h30. 

 

Réactions d’après-match

 

Peter Oremus (entraîneur de Košice) : « On a joué un match de qualité. Les vingt premières minutes n’ont pas répondu à nos attentes mais après on a commencé à très bien jouer. Je suis content que l’on ait tenu bon dans ce match, particulièrement contre un adversaire suédois en Ligue des Champions. Cela va beaucoup nous apporter d’un point de vue psychologique. On doit maintenant se remettre de ce match, nous voulons nous battre pour passer au prochain tour. »

 

Hans Wallson (entraîneur de Skellefteå) : « On a joué vraiment une excellente première période et, dans l’ensemble, toute la première moitié du match a été bon de notre côté. Après, on a permis à Košice de revenir dans la partie et ils en ont profité. On a ralenti notre rythme et on en a eu le retour de bâton. On a encaissé le but du 3-3, il est arrivé comme il est arrivé, et en fin de compte on a perdu. On fera tout au match retour pour se qualifier. »

 

 

HC Košice (SVK) – Skellefteå AIK (SUE) 4-3 (0-1, 1-1, 3-1)

Mardi 22 septembre 2015 à 18h00 à la Steel Aréna de Košice. 5038 spectateurs.

Arbitrage de Milan Zrnić (SLO) et Jozef Kubuš (SVK) assistés de Martin Korba (SVK) et Peter Šefčík (SVK). 

Pénalités : Košice 6' (2', 6', 0') ; Skellefteå 10' (4', 4', 2')

Tirs : Košice 18 (2, 5, 11) ; Skellefteå 34 (19, 12, 3)

 

Evolution du score :

0-1 à 10'42" : Pesonen assisté de Lindholm  

0-2 à 22'24" : Zackrisson assisté de Holmström (sup. num.) 

1-2 à 23'56" : Bartánus assisté de Suja (sup. num.)

2-2 à 50'35" : Bartánus assisté de Bicek et Šedivý

2-3 à 54'10" : Urbom assisté de A. Pettersson 

3-3 à 56'14" : Lelkeš

4-3 à 57'13" : Lapšanský assisté de Jenčík et Bartoš 

 

Košice

 

Attaquants

Richard Lelkeš (2'+2') – Matej Češík – Tomáš Hrnka

Jiří Bicek (A, 2') – Jakub Suja – Marek Bartánus

Adam Lapšanský (+1) – Peter Bartoš (A, +1) – Richard Jenčík (+1)

Dávid Šoltés – Dalibor Bortňák – Tomáš Hričina

 

Défenseurs

Tomáš Slovák (+1) – Martin Dudáš (+1)

Radek Philipp (2') – Eduard Šedivý (+1)

Martin Štrbák (C, -1) – Branislav Pavúk (-1)

Juraj Cebák (+1) – Miroslav Macejko

 

Gardien :

Marcel Melicherčík 

 

Remplaçant : Dominik Riečický (G). En réserve : Tomáš Halász (G), Peter Boltun (A), Matúš Chovan (A), Peter Sojčík (A).

 

Skellefteå

 

Attaquants

Jimmie Ericsson (C, 2', -1) – Axel Holmström (2', -1) – John Norman (2', -1)

Terry Broadhurst (-1) – Patrik Zackrisson (A, -1) – Martin Lundberg (-1)

Janne Pesonen (+1) – Pär Lindholm (+1) – Andrew Calof

Pontus Petterström – Erik Forssell (A) – Adam Pettersson (+1)

Sebastian Olsson 

 

Défenseurs

Niclas Burström (+1) – Tim Heed 

Alexander Urbom (2') – Marcus Pettersson (2')

Arvid Lundberg (-2) – Sebastian Aho (-1) 

Andreas Söderberg

 

Gardien :

Erik Hanses

 

Remplaçant : Markus Svensson (G). En réserve : Frederik Lindgren (D), Anton Öhman (D), Anton Lindholm (D), Mattias Ritola (A).