Brest – HCMAG (Ligue Magnus, 2e journée)

Unités très spéciales

Devant une affluence famélique de 752 âmes, Albatros et Pingouins s’apprêtent à disputer un match pourtant déjà important. Rentrés bredouilles de leurs déplacements lors de la première journée (défaites 4-1 et 8-2), ils veulent débloquer au plus vite leur compteur de points. Pour Brest une défaite à domicile serait même déjà périlleuse quand on sait à quel point ils se doivent d’être intraitables chez eux pour espérer atteindre leur objectif de play-off. Les hommes de la légende Tommie Hartogs ne sont pourtant pas venu faire du tourisme et comptent bien réitérer la victoire obtenue l’an passé sur cette même glace.

Nouveauté dans ce championnat, les top-scorers de chaque équipe (Jaroslav Prosvic pour Brest et Jakub Sindel pour le HCMAG) se voient affublés d’un casque bleu. Une pratique déjà courante dans certaines équipes mais qui a semble t-il été généralisée. Privés de plusieurs attaquants (Michal Dian, Quentin Berthon, Nicolas Motreff), Sébastien Oprandi fait le choix de tourner à trois blocs tandis que son adversaire en dispose de quatre. Il faudra donc pour Brest bien doser les présences sur la glace pour ne pas souffrir en fin de match.

Le niveau de jeu affiché est bien différent de celui entrevu mardi face à Caen. On sent cette fois un réel enjeu derrière qui impacte de manière notable la vitesse du jeu. Chaque équipe se répond avec une légère domination territoriale visiteuse mais sans occasion très franche si ce n’est un bon contre de Sindel ponctué par un tir effleuré seulement par la mitaine de Léo Bertein (6’18’’).

Les occasions locales sont en revanche plus nettes : Vondracek aurait pu ouvrir la marque dès la troisième minute (2’56’’) sans une jambière ferme de l’international polonais Przemyslaw Odrobny. C’est encore ce dernier qui sort un arrêt bouclier reflexe sur Alexandre Quesnel (9’50’’).

Le bloc 100 % « ex-caennais » composés des frères Avenel et de Jérémie Romand connaît une entame de match difficile, leurs présences correspondant aux moments où la pression morzinoise est la plus forte. Ce sont pourtant ces trois gaillards qui vont débloquer la situation sur un palet bien négocié derrière le but par Jonathan Avenel pour une remise vers Jérémie Romand. Le tir ultra-précis qui en découle se loge pleine lucarne. Imparable (1-0 à 15’02’’). Le public s’est à peine rassis que Christian Ouellet met au fond un palet flottant initié par un shoot de la bleue de Charles Landry (2-0 à 15’14’’).

Brest est aux anges après avoir su se montrer opportuniste en un laps de temps très court en profitant des sautes de concentrations adverses. Ils n’ont pas trop le temps de s’enflammer puisqu’une pénalité de Mathieu Gagnon (17’15’’) les fait redescendre sur terre. Sur le jeu de puissance, une mêlée de joueurs se forme devant Léo Bertein qui s’avance pour tenter de recouvrir le palet qui traîne entre leurs patins. Il ne voit pas la rondelle ressortir et glisser vers Brandon Coccimiglio posté en embuscade pour un but facile (2-1 à 18’08’’).

Dommage pour les locaux car la prestation brestoise avait été solide jusqu’à présent. Ce but gag relance complètement le HCMAG avant le retour aux vestiaires. Profitant de l’absence de Michal Dian, le géant Cody Mathieu occupe l’aile droite en compagnie du binôme Prosvic-Hujsa. Il ne se met pas vraiment en valeur à la reprise du tiers médian en se chicanant quelque peu avec un Morzinois. Il récolte deux minutes, et rien pour son sparring partner (23’08’’). On prend les mêmes et on recommence : Papa et Besson pour Coccimiglio qui signe un doublé. Et cette fois le but est de toute beauté sur un jeu collectif à trois (2-2 à 23’53’’).

Deux prisons, deux buts encaissés. Le bilan du box-play brestois n’est pas fameux. Revenus au complet, le jeu des Albatros n’est plus aussi séduisant qu’au premier tiers. Les passes astucieuses ont laissé place à des solos inefficaces. De plus en plus de situations de un contre deux voir un contre trois sont à gérer par la défense des noirs, signe que Brest se découvre trop et néglige le repli défensif.

Peu avant la mi-match, le HCMAG est sanctionné une première fois pour un retard de jeu purgé par Craig Cescon (28’34’’). L’occasion de voir si le jeu de puissance local est aussi efficace que celui des visiteurs. La première unité spéciale effectue un shift beaucoup trop long de plus d’une minute et commet même un dégagement interdit. Aucun danger réel n’est porté sur Odrobny.

Penauds et bredouilles, les Albatros souffrent et Morzine domine les débats dans ce deuxième tiers. Le retournement de situation qui suit est donc étonnant. Brest s’arrache et parvient à reprendre les devants par Graham Avenel qui profite bien de l’écran de Ouellet dans l’enclave. Le Canadien a parfaitement réussi à gêner la défense et le gardien des blancs (3-2 à 34’23’’).

Odrobny avait encaissé deux buts en douze secondes au premier tiers, il en encaisse à nouveau dans le deuxième exactement dans le même laps de temps après le but inscrit par Graham Avenel. Heureusement pour lui le but est refusé par le corps arbitral. Mais le Polonais n’a guère apprécié le fouillis devant son but et la présence d’un joueur brestois. Il se fait justice lui même et écope de deux minutes pour dureté excessive (34’35’’). Cette fois miracle, le jeu de puissance breton fait mouche après un beau centre de Romand repris plein axe par Vondracek (4-2 à 34’56’’).

Clairement le portier visiteur a craqué mentalement sur cette séquence de jeu en sortant de ses gonds sur une action et en pénalisant par la même occasion son équipe par une pénalité idiote. Cette fois le laps de temps entre les deux buts encaissés est de 21 secondes. Et ce n’est pas le gros oubli défensif de ses partenaires, permettant à Hujsa complètement esseulé de planter tranquillement le cinquième but en petit pont, qui va le calmer (5-2 à 38’51’’).

Une fin de deuxième tiers complètement folle, donc, où Brest claque trois buts alors que les Albatros semblaient bafouiller de plus en plus leur hockey depuis l’égalisation haut-savoyarde. Ils ont donc toutes les cartes en mains pour glaner les trois points de la victoire à condition de ne pas faire n’importe quoi dans la dernière période du temps réglementaire.

Et c’est là que les Albatros vont jouer à se faire très peur. Tout d’abord avec un but gag encore une fois où Ouellet déjoue son propre gardien en voulant simplement lui remettre le palet pour le geler après un engagement en zone défensive (5-3 à 48’01’’).

Bénéficiant de quatre supériorités numériques durant le dernier tiers, les Albatros ont l’occasion de tuer le match. Ces phases vont au contraire être très mal négociées et porter trop peu de danger sur le but adverse. Sur un palet perdu à la bleue par Ouellet, qui voulait pourtant bien faire en se couchant pour empêcher le puck de sortir de la zone offensive, Josselin Besson part en contre et voit son tir toucher la barre transversale (50’11’’).

Le jeu de puissance morzinois continue lui son festival. Dix secondes après la prison de Alexandre Quesnel (52’55’’) pour faire trébucher et ce diable de Coccimiglio a déjà fait mouche pour signer un coup du chapeau. La feinte de tir du Canadien a berné Bertein qui s’est mis en papillon prématurément et n’a pas pu stopper le vrai tir survenu une fraction de seconde plus tard (5-4 à 53’05’’). Trois supériorités numériques : trois buts !

Brest prend son temps mort pour tenter de stopper l’hémorragie ce qu’ils parviennent à faire mais difficilement. Malgré un temps mort et la sortie d'Odrobny (58’59’’), le HCMAG ne parvient pas à terminer sa folle remontée. Les Albatros défendent becs et ongles leurs trois précieux points jusqu’au gong final.

Les Pingoins ne réitèrent donc pas le joli coup effectué il y a un peu moins d’un an avec un Andrew Hare de gala. Si Hartogs peut se satisfaire de son jeu de puissance à 100% d’efficacité, il y a eu des défaillances dans son équipe ce soir. Notamment au niveau du mental lorsque l’on constate les séquences de temps courtes qui ont amené les buts brestois au premier et deuxième tiers. Cela donne zero point en deux journées. Il y a urgence à lancer la machine. Le retour à la Skoda Arena face à Dijon en est une belle opportunité.

Pour les Albatros les trois points sont là et c’est bien l’essentiel. L’objectif est atteint et ils s’en tirent à bon compte malgré, il faut bien le dire, des unités spéciales qui ont dysfonctionné. On ne reviendra pas sur le 0% de pénalités tuées qui parle de lui-même. Les jeux de puissance, eux, n’ont pas été totalement inefficaces puisque le quatrième but est inscrit dans cette phase de jeu.

Mais ce n’est pas tant le manque de réussite qui prête à discussion car il est évident que toutes ces phases de supériorités ne peuvent être ponctuées par un but (quoique… les Pingouins en sont un bon contre-exemple ce soir). C’est surtout la manière qui interpelle. Trop peu de tirs, de danger porté sur la cage. Et trop de temps perdu en zone défensive à essayer de construire le jeu parfait pour au final s’emmêler les pinceaux et perdre un palet devenu subitement dangereux …

L’équipe est consciente qu’il y a encore des marges de progrès et la Coupe de la Ligue peut être un bon laboratoire. La tâche ne sera pas facile à Mériadeck mardi pour tenter de décrocher une qualification en quart de finale. Mais le gros rendez-vous de la semaine prochaine est d’ores et déjà la réception du club de Briançon en grande difficulté dans ce début de saison.


Brest – Morzine-Avoriaz Les Gets 5-4 (2-1, 3-1, 0-2)
Samedi 26 septembre 2015 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 752 spectateurs
Arbitrage de Jérémie Douchy et Charlotte Girard  assisté de Damien Bliek.
Pénalités : Brest 6' (2', 2', 2'), Morzine-Avoriaz Les Gets 12' (0', 4', 8').
Tirs : Brest  30 (9, 13, 8), Morzine-Avoriaz Les Gets 27 (12, 9, 6)
 
Évolution du score :
1-0 à 15'02" : Romand assisté de J. Avenel et G. Avenel
2-0 à 15'14" : Ouellet assisté de Landry et Quesnel
2-1 à 18'08" : Coccimiglio assisté de J.Besson et Papa (sup. num)
2-2 à 23’53’’ : Coccimiglio assisté de J.Besson et Papa (sup. num)
3-2 à 34’23’’ : G. Avenel assisté de Ouellet et Cannizzo
4-2 à 34’56’’ : Vondracek assisté de Romand et Quesnel (sup. num)
5-2 à 38’51’’ : Hujsa assisté de Greverend et Bertein
5-3 à 48’01’’ : Sarkanis assisté de Homjakovs
5-4 à 53’05’’ : Coccimiglio assisté de Papa et N.Besson (sup. num)

Brest

Attaquants :
Alexandre Quesnel (A) - Roman Vondracek - Christian Ouellet
Jonathan Avenel  - Graham Avenel - Jérémie Romand
Martin Hujsa - Jaroslav Prosvic (C) - Cody Mathieu (Jessey à 44’)

Défenseurs (rotation à sept) :
Mathieu Gagnon - Charles Landry
Florent Aubé - Doug Jessey
Aurélien Gréverend (A) - Edgars Dikis
Gaëtan Cannizzo

Gardien :
Léo Bertein

Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Thibault Kervella, Marlo Chapron, Dimitri Motreff. Absents : Quentin Berthon, Nicolas Motreff, Michal Dian.

Morzine-Avoriaz Les Gets

Attaquants :
Brandon Coccimiglio – Cyril Papa (C) – Josselin Besson
Karel Hromas – Peter Holecko – Jakub Sindel
Deivids Sarkanis – Edgars Homjakovs – Raphaël Corriveau
Julien Laplace – Jérémy Sabatier – Yann Diaferia
Hugo Casini (rotation ailiers sur 4e bloc)

Défenseurs :
Numa Besson – Mike Schwindt
Craig Cescon – Nicolas Deshaies
Hugues Cruchandeau – Théo Lanvers
 
Gardien :
Przemyslaw Odrobny (sorti à 58’59’’)

Remplaçant : Jérémy Rava (G). Absent : Ville-Veikko Väkeväinen.