Épinal - Briançon (Ligue Magnus, 4e journée)

Deux points de gagnés... trois de perdus !

S’il est une patinoire où la logique hiérarchique est souvent bafouée, c’est bien celle de Poissompré. Mais si tant de favoris y sont tombés ces dernières années, l’ICE y a également connu de sérieuses déconvenues face aux plus mal classés. Les défaites subies devant Neuilly (janvier 2012), Mulhouse (novembre 2012) et Brest (en février dernier) pouvant en témoigner.

ALAFRANCEToby101012015utant dire, connaissant ces antécédents, qu’un match-piège attend les Spinaliens. Ils ne veulent évidemment pas s’arrêter en si bon chemin, mais voient débarquer des Briançonnais en grand besoin de points. Les Diables rouges, qui viennent de remporter leur toute première victoire cette saison (en Coupe de la Ligue, aux dépens de Lyon), se sont en effet déjà inclinés trois fois en championnat...

Regardant de très bas le haut du tableau, Briançon paraît donc plus prenable que jamais malgré l’accent suédois insufflé, cet été, par son nouvel entraîneur venu du froid. Un Patric Wener ayant vu son capitaine (Tomas Larsson) se blesser la semaine passée, victime d’une grosse charge dans le dos du néo-Grenoblois Sébastien Bisaillon. Une absence "profitant" à l’ancien spinalien Toby Lafrance, qui se voit chargé du capitanat le temps que durera l'indisponibilité du solide ailier suédois.

S’étant fait une spécialité de l’emporter à Poissompré (où ils restent sur six victoires d’affilée), les Haut-Alpins feraient presque figure de "bête noire" de Vosgiens ayant appris, dans l’après-midi, qu’ils ne seraient pas autorisés à disputer la Coupe de France cette année. Une décision s’accompagnant d’un retrait de trois points REESESteve10102015au classement...

La (mauvaise) nouvelle s'est vite propagée dans les travées, suscitant la colère des supporters. Mais plus que la sanction en elle-même (proche de celle infligée à d’autres clubs par le passé), c’est le moment choisi par la FFHG qui n’a pas manqué d’interpeller (à trois jours d’un Épinal-Dijon en Coupe de France).

Le staff spinalien s’est lui bien gardé d’en informer les joueurs, qui ne l’auront appris qu’à l’issue de la partie. Un match voyant les Gamyo se mettre rapidement en action. Moisand, en allant gratter un palet envoyé au fond, remise derrière lui, sur un Reese ratant totalement son dégagement. Ken Ograjenšek, qui n’en demandait pas tant, profite de l’occasion pour adresser un premier tir cadré, bien repoussé par Sebastian Idoff (00'21"). Le petit gardien suédois, vif et réactif, récidive dans la foulée en se mouvant suffisamment rapidement, le long de sa ligne de but, pour empêcher Kuralt d’exploiter le rebond d’un slap de Klouček non cadré (00'30").

IDOFFSebastian10102015On l’a compris, l’ancien portier de Frölunda et Södertälje (qui évoluait l’an passé à Asplöven, dans le club d’Allsvenskan qu’a rejoint Ronan Quemener cet été) est lui-aussi bien entré dans cette partie. Et sur sa lancée, Idoff va multiplier les arrêts, se rattrapant d’un rebond (sur un slap de Klouček) en frustrant Kuralt (03'28") avant de bloquer la tentative de Le Blond (05'22").

Défendant plus qu’ils n’attaquent vraiment, les Diables rouges sont loin de se montrer aussi menaçants. Peu dangereux, ils semblent même totalement inoffensifs en ces premiers instants, laissant à leurs hôtes l’entière possession du palet. Une domination territoriale, mais stérile des Gamyo, à qui ces Briançonnais toujours bien regroupés devant leur portier ne laissent que des tirs très ouverts ou trop excentrés (et surtout jamais déviés).

Les difficultés rencontrées par les hommes de Stéphane Barin sur jeu placé facilitant la tâche des visiteurs en infériorité. Le fougueux Sonny Karlsson, qui a fait trébucher Dominik Fujerik (06'52"), est le mieux placé pour assister à la démonstration d’inefficacité d’un jeu de puissance désespérément stéréotypé. Un powerplay toujours réduit à ce même enchaînement de passes et qui n’aura fait que tourner autour du solide carré briançonnais, sans créer de décalages, ni de vraies chances de lancer.

KLOUCEKTomas10102015Pliant sans jamais céder, le "roseau" briançonnais a pourtant bien failli rompre sur une belle accélération d’Hordelalay, bien relayée par un Klouček frappant aussitôt le palet. Un tir qu’Idoff repousse au-devant d’un Le Blond ne pouvant bonifier ce rebond (09'05").

Épinal se procure donc quelques occasions, mais personne n’est jamais là pour les mettre au fond. Un constat similaire du côté de Briançon, où les rares incursions se terminent généralement par des centres tendus devant la cage, qu’aucun Diable ne parvient à couper.

Il s’en est pourtant fallu de peu pour que Loïc Farnier reprenne, au second poteau, le centre au cordeau adressé par Benjamin Villiot. Mais le jeune Briançonnais a vu cette passe coupée, in-extremis, par Yannick Offret. Un repli défensif décisif, mais qui sera aussitôt suivi d’une faute de l’attaquant spinalien, pris dans son élan (13'50"). Une pénalité tuée sans coup férir par ses coéquipiers, suffisamment bien organisés pour neutraliser les effets du powerplay (malgré tous les efforts d’un Toby Lafrance s’évertuant à animer le jeu).

Diables rouges... ou bête noire ?

Les minutes défilent, dans ce premier temps, sans que les Gamyo ne trouvent le chemin des filets. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. Mais dominer, on le sait, n’est pas gagner. Un pressing de Steve Reese profite à Cédric Di Dio Balsamo (16'05"), rappelant qu’un but inscrit contre le cours du jeu pend toujours au nez d’équipes en mal d’efficacité. Les Gamyo atteignent, il faut bien l’avouer, des sommets d’improductivité en supériorité, comme sur cette pénalité (qui aurait pu être doublée si le corps arbitral avait sanctionné la charge dans le dos de Kevin Igier en plus de celle infligée au solide "viking" Otto Jaksch, 17'04") restée inexploitée.

Et ce qui devait arriver arriva, sous l’impulsion d’un Bálint Magosi déboulant côté droit. L’international hongrois, contré par Sušanj, finit par récupérer un palet que Lafrance est allé gratter (19'38"). Bálint Magosi, qui a bien suivi, s’essaye d’un nouveau lancer qu’Andrej Hočevar ne pourra repousser que sur un Toby Lafrance très bien placé. L’ancien Spinalien répercute ce rebond au fond des filets... pour jeter un énorme froid sur Poissompré (0-1 à 19'47") !Faceoff Devin cacciotti

Les Diables rouges, qui n’avaient jusqu’alors rien montré, ont donc réussi le "hold up" parfait. Mais le plus dur reste à faire pour les hommes de Patric Wener, appelés à subir les assauts des Gamyo au retour des vestiaires. Une charge sonnée par Anže Kuralt et Ken Ograjenšek, dont les montées sont toujours synonymes de danger. Mais si Ograjenšek cherchera par deux fois la lucarne sans parvenir à cadrer (20'13" et 20'28"), Kuralt, lui, la trouvera en beauté. L’ailier slovène, parti de son camp, feintant Bourgaut en zone neutre pour arriver lancé dans le camp briançonnais. Une accélération parachevée d’une frappe soudainement déclenchée. Un maître-tir, aussi précis que puissant, s’engouffre dans la lucarne... côté mitaine d’un gardien suédois resté pantois (1-1 à 23'33") ! Une action qui en dit long sur les possibilités d’un Anže Kuralt visiblement revenu à son meilleur niveau...

En prenant les choses en main, ce fin technicien (qui en a sous le patin) a remis les siens sur le droit chKURALTAnze10102015emin. Et l’international slovène poursuit sur sa lancée en profitant d’une supériorité (née d’un retenir d’Igier sur Plch, 25'55") pour s’offrir un doublé. Kuralt, oublié dans le slot (sur la gauche du portier), bénéficie d’un bon service de Fujerik pour fusiller Idoff de près, d’une reprise nettoyant la lucarne opposée, côté bouclier (2-1 à 27'33").

Sur deux frappes bien senties de son buteur retrouvé, l’ICE a totalement renversé la situation. Mais gare au froid réalisme des Diables rouges, qui égalisent sans tarder. Tomáš Klouček laisse ressortir le palet sur Kevin Igier dont le slap lointain (totalement excentré, juste devant son banc) sera dévié de près un Magosi totalement oublié (2-2 à 29'50"). Un but qui relance totalement des Briançonnais profitant maintenant de chaque brèche pour s’y engouffrer... tout en continuant à bloquer un nombre important de lancers !

Se muant en redoutables contre-attaquants, les visiteurs se font donc plus mordants à l’image d’un Bálint Magosi débordant côté gauche pour mieux servir Steve Reese. Le top-scoreur canadien sera toutefois mal inspiré d’aller défier Klouček en un-contre-un (qui le poussera à irrémédiablement s’enfermer, 33'57"). La défense spinalienne sera en revanche prise de vitesse sur une ouverture de Magosi envoyant Bourgaut défier, en vain, le portier des Gamyo (34'28"). Le danger s’éloigne quand Aspeqvist est puni d’une grosse faute sur Ograjenšek (36'13"), puis les esprits s’échauffent à cause d'une grosse charge de Kloz dans le dos de Magosi (37'37")? L’ailier magyar, durement secoué par le solide arrière tchèque (arrivé lancé), mettra de longues secondes à s’en relever...

Raccompagné au vestiaire par l’un de ses coéquipierKLOZVojtech10102015s, Bálint Magosi ne verra pas les sanctions tomber. Vojtěch Kloz écope d’un 2’+10’. Kevin Igier, qui n’a pas manqué d’aller "brasser", se voit quant à lui infliger une pénalité mineure pour dureté. Deux décisions n’influent pas sur la suite des événements.

Les Lorrains, tombés dans le faux-rythme briançonnais, vont pourtant tout tenter pour s’en dépêtrer. Mais de près comme de loin, Sebastian Idoff répond présent sur tous les lancers, même privé de sa crosse durant de longs instants (comme sur ce temps fort débouchant sur un seul tir cadré, 44'53"). Il faut dire que le gardien suédois est bien secondé par sa garde rapprochée, à l’image de ce poke-check salvateur d’Igier devant Fujerik, imparablement décalé par un Ograjenšek ayant su combiner avec Kuralt pour créer le premier vrai surnombre spinalien de la soirée (45'30").

Faisant fi d’une défense resserrée, les Gamyo, dominateurs, ne manquent pas une occasion de tirer. Des lancers le plus souvent lointains sur lesquels Idoff ne laisse pas de rebonds, même sous la pression, fort d’une mitaine pourtant chauffée par les tentatives de Moisand (45'47"), Sušanj (46'54") et Ograjenšek (47'29") sur la supériorité découlant de l’emprisonnement d’Igier (pris de vitesse sur un débordement de Moisand, 47'17"). Une pénalité non seulement inexploitée par un jeu de puissance ne montrant aucun signe de progrès, mais surtout génératrice d’une contre-attaque dévastatrice. Un dégagement de Mrena sert de rampe de lancement à Di Dio Balsamo côté gauche, qui prend le meilleur sur Le Blond pour marquer, d’un revers magistral, sous la barre d’Hočevar (2-3 à 49'5OGRAJENSEKKen101020150").

Kuralt, l’arme fatale 3

C’est un véritable "coup de couteau" qu’aura planté Cédric Di Dio Balsamo dans le dos des Gamyo, sur qui le piège semble lentement, mais sûrement se refermer. Mais loin de s’avouer vaincus, les Vosgiens vont persévérer, multipliant les lancers sur la cage d’un Idoff toujours déterminé à ne rien laisser passer. Le cerbère suédois, de la mitaine, rattrape même les erreurs de ses coéquipiers, surpris par une ouverture de Farina ayant libéré Hordelalay sur le côté (53'15"). Karlsson, en allant s’enfermer sur Farina, va lui se faire contrer au profit d’un Vinatier adressant un tir voilé difficilement stoppé (53'53").

Mais il était dit que les Spinaliens arriveraient à leurs fins. L’obstination d’Ograjenšek finit par être récompensée. L’ailier slovène, parti attaquer la cage depuis l’arrondi (où Klouček lui avait permis de récupérer le palet), bute sur un portier relâchant la rondelle devant lui. Un rebond qu’Anže Kuralt, encore une fois bien placé, s’empressera d’exploiter (3-3 à 54'59")...

Rejoints sur la fin, les Diables rouges gagnent du temps en essayant de garder la rondelle à l’avant et tiennent bon jusqu’aux prolongations. Une mort-subite dominée par des Spinaliens s’appropriant le palet sans pour autant SUSANJGasper10102015se créer de vraies occasions. Du moins jusqu’à ce deux-contre-un mené par Hordelalay, que Le Blond aurait sûrement conclu si Mrena n’avait pas fait opposition (63'23"). Une action laissant augurer un heureux dénouement pour les 1 500 spectateurs présents, "libérés" par un slap lointain de Sušanj consécutif à un pressing de Cacciotti suivi d’une belle remise de Sabatier (4-3 à 65'33")...

Vainqueurs dans la douleur de vaillants Briançonnais, les Gamyo ont éprouvé les pires difficultés à remporter un match qu’ils auraient dû plus "facilement" gagner. Ces Diables rouges, s’ils n’ont pas démérité, sont les moins impressionnants vus à Poissompré depuis de très longues années. Mais si ce succès tombe à point nommé, il gardera toujours un petit d’inachevé. Au point malencontreusement laissé de côté s’ajoutent ces nouvelles sanctions venues frapper un club brutalement rattrapé par son été agité...

Réactions d’après-match (dans Vosges Matin) :

Stéphane Barin (entraîneur d’Épinal) : "On a dominé surtout le troisième tiers-temps mais on a aussi fait beaucoup d'erreurs. On se met toujours un peu en difficulté. On doit mieux gérer nos moments avec et sans le palet. On sait que nous ne sommes pas les plus talentueux même si on sait faire de bonnes choses."

Toby Lafrance (attaquant et capitaine de Briançon) : "Même si on est un peu déçu, on va retenir le positif de ce match. On a pris un point sur la route. C'est le premier mais on en voulait plus. Épinal a beaucoup dominé en troisième période mais on a travaillé fort pour aller chercher un résultat. Beaucoup de gars se sont jetés sur les lancers et notre gardien a été très bon."

 

Épinal - Briançon 4-3 après prolongation (0-1, 2-1, 1-1, 1-0)
Samedi 10 octobre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Gwilherm Margry et Joris Barcelo
Pénalités : Épinal 14’ (2’, 2’+10’, 0’, 0’) ; Briançon 10’ (4’, 6’, 2’, 0’).
Tirs : Épinal 38 (8, 8, 21, 1) ; Briançon 15 (4, 6, 2, 3)

Évolution du score :
0-1 à 19'47" : Lafrance assisté de Magosi et Igier
1-1 à 23'33" : Kuralt assisté de Moisand et Ograjenšek
2-1 à 27'33" : Kuralt assisté d'Ograjenšek et Fujerik (sup. num.)
2-2 à 29'50" : Magosi assisté d’Igier et Devin
2-3 à 48'57" : Di Dio Balsamo assisté de Mrena (inf. num.)
3-3 à 54'59" : Kuralt assisté d'Ograjenšek et Klouček
4-3 à 65'33" : Sušanj assisté de Sabatier et Cacciotti

Épinal

Attaquants :
Anže Kuralt - Dominik Fujerik - Ken Ograjenšek
Steven Cacciotti - Florian Sabatier - Ján Plch (A)
Anthony Rapenne [puis alternance Vinatier-Offret à la 40e] - Matthieu Le Blond - Pierre-Charles Hordelalay
Maxime Martin - Hugo Vinatier - Yannick Offret (A)

Défenseurs :
Tomáš Klouček - Maxime Moisand (C)
Jiří Klimíček - Vojtěch Kloz
Gašper Sušanj - Thibaut Farina
Martin Charpentier

Gardien :
Andrej Hočevar.

Remplaçant : Lucas Savoye (G).

Briançon

Attaquants :
Peter Bourgaut (A) - Pierre-Antoine Devin (A) - Bálint Magosi
Norbert Abramov - Toby Lafrance (C) - Sonny Karlsson
Kevin Bernillon - Steve Reese - Cédric Di Dio Balsamo
Robin Colomban [ou Benjamin Villiot] - alternance des centres - Loïc Farnier

Défenseurs :
Kevin Igier - Otto Jaksch
Christopher Aspeqvist - Andrej Mrena
Marcel Šterbák - Paul Bahain
Brice Mansouri

Gardien :
Sebastian Idoff.

Remplaçant : Julian Junca (G). Absent : Tomas Larsson (commotionné).

Brassage