Dijon - Bordeaux (Ligue Magnus, 4e journée)

Entre un promu bordelais au recrutement impressionnant et des Bourguignons maintenant vieux briscards de l'élite mais à l'intersaison ô combien compliquée, le match du soir promet. 

 
Les premières minutes, très rapides, ne déçoivent pas. Les Ducs construisent plus que le font les Boxers, mais il serait difficile de dire qui domine. Tout juste peut-on noter que Pintaric a été plus sollicité qu'Ylonen.
 
Une première pénalité sifflée contre Bordeaux autour des cinq minutes de jeu pourrait bien venir débloquer les compteurs ; on sent Bordeaux largement capable de craquer, jusqu'à ce que Groulx laisse échapper un palet à la bleue. Les Boxers foncent sans complexe ; Pintaric fait le premier arrêt. La deuxième fois sera la bonne pour Tarantino et les siens (0-1, 6'18").
 
Ce n'est pas exactement ce à quoi on s'attendait en parlant de débloquer les compteurs et, pendant quelques secondes, les locaux sont sonnés. L'équipe se remet toutefois au travail. Les Boxers, eux, sont moins leaders dans la construction du jeu, visant les bons coups, à l'image de Desrosiers qui ne laisse aucune chance à Pintaric (0-2, 11'10").
 
Bordeaux2Les Ducs, bien que volontaires, sont-ils suffisamment focalisés sur leur match du soir ? La réponse - positive évidemment - devrait fuser, mais les maladresses qui s'accumulent laissent plutôt penser le contraire. 
 
La fin de tiers, sous domination bordelaise, est plus sérieuse pour les locaux, en particulier à l'aune d'une pénalité brillamment tuée. Les Ducs semblent mener enfin la révolte, portés par Kevorkian. Tout n'est pas perdu...
 
 
Dijon est en infériorité à la reprise, sans se trouver en grosses difficultés pour autant. Les Ducs sont remobilisés, mais ont du mal à réellement mettre Ylonen en danger. Pintaric, lui, fait oublier l'erreur de casting Cech en multipliant les sauvetages.
 
La situation s'équilibre, alors que les locaux poussent de plus en plus fort sur la cage bordelaise. Au moins pour un temps, les visiteurs sont submergés. Il faudrait maintenant que les Bourguignons puissent récolter les fruits de leurs efforts ; le travail de sape des Bordelais - parfois à la limite de la légalité - les en empêche toujours, jusqu'à ce que Mc Millin fasse enfin lever les tribunes d'un shoot net et précis (2-1, 29'18").
 
Briand - au patronyme mérité ce soir - tente de servir Maslonka dans la foulée, qui est malheureusement un peu trop juste pour tirer. C'est au tour de Bordeaux d'être à la peine pendant quelques minutes - toujours stériles pour les locaux, tant les visiteurs protègent leur gardien des shoots dangereux.
 
Preuve de l'engagement physique des deux équipes, Roussel passe par-dessus la balustrade. L'arbitre ne bronche pas ; Trimolet gronde contre le laxisme arbitral à l'égard des visiteurs. Si tous les sifflets provenant de la tribune ne sont pas justifiés, force est de constater que certaines décisions - ou absences de décisions - interpellent toujours.
 
Le jeu, sur ces entrefaits, s'est réinstallé en zone dijonnaise. Ce n'est que dans la dernière minute que les Ducs parviennent à nouveau à porter le danger devant la cage d'Ylonen, sans succès. Le score est aussi serré que le jeu est tendu.
 
 
Les choses ne traînent pas, à la reprise. En 27 secondes, Dijon se laisse bêtement piéger par Desrosiers (1-3, 40'33"). On ne peut que regretter ce but qui vient augmenter l'avance de Bordeaux alors même qu'en parallèle il est si difficile pour les Ducs de shooter à la cage visiteuse. A fortiori, de marquer. Les Ducs, privés de Groulx après avoir débuté sans Gutierrez et Wallen, vont devoir aller chercher la victoire aux forceps.
 
Une supériorité locale offre quelques opportunités intéressantes aux Bourguignons ; Riendeau s'y exprime particulièrement , non plus pour son slap, mais pour son attitude de leader. Pintaric, quant à lui, continue de maintenir ses collègues dans la course sur les occasions - assez peu nombreuses mais toujours dangereuses - des visiteurs.
 
Yanick RiendeauLa supériorité suivante est maladroite pour ainsi dire du début à la fin, et le reste du jeu, dans la même veine, est brouillon. Le chrono défile en faveur de Bordeaux, on le sent dans l'attitude des visiteurs ; quant aux locaux, ils paient leur dépense d'énergie. Les patins sont lourds et les esprits plus tout à fait lucides. À trois minutes de la fin du match, il est à craindre que la messe soit dite...
 
Riendeau tente tout de même encore sa chance, Brown en fait de même et, finalement, Riendeau parvient à ses fins en contournant la cage (2-3, 58'39").
 
La cage dijonnaise est vide ; il reste moins d'une minute à jouer. Bordeaux inscrit sans gloire un but en cage vide, mettant fin aux espoirs locaux (2-4, 59'52").
 
Tarantino, peste depuis le début du match, invective ses adversaires depuis son banc ; une manière bien peu intelligente de boucler un match où, au final, aucune des deux équipes ne se sera réellement montrée sous son meilleur jour.
 
Commentaires d'après-match :
 
Yannick Riendeau (attaquant, DHC) : "C'est le genre de match qui peut aller des deux côtés. Bordeaux a joué un bon match, pareil pour nous. Les gardiens ont été solides. Ca a tourné en leur faveur, mais on retient du positif quand même de ce match-là. On a mis beaucoup de jeu, beaucoup d'action, les gars ont joué physique, on n'a pas abandonné. Bonnes impressions, on est sur la bonne voie, mais il y a des petits détails à régler."
 
Matija Pintaric (gardien, DHC) : "Je pense que c'était un match réellement difficile. Bordeaux a mis de la vitesse tout de suite. Nous avons fait quelques petites erreurs sur les buts encaissés, suivre le palet au lieu de jouer le joueur. Nous nous améliorons. Je pense que nous jouons de mieux en mieux, avec plus de confiance. Nous avons juste besoin de continuer, et ne pas garder trop de regrets à propos de ce match. Ils ont une bonne équipe. Ça a tourné en leur faveur, ça aurait pu tourner en la nôtre. C'est le hockey."
 
 
Dijon - Bordeaux 2-4 (0-2, 1-0, 1-2)
Samedi 10 octobre à 20h00 à la patinoire Trimolet. 648 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Jérémy Métais et Clément Goncalves.
Tirs : Dijon 48 (13, 20, 15) - Bordeaux 32 (8, 10, 14)
Pénalités : Dijon 8' (4x2') - Bordeaux 8' (4x2')
 
Évolution du score :
0-1 à 06'18" : Tarantino assisté de Cyr et Gillet (inf. num.)
0-2 à 11'10" : Desrosiers assisté de Petit et Ylonen
1-2 à 29'18" : Mc Millin assisté de Riendeau et Kevorkian 
1-3 à 40'33" : Desrosiers assisté de Charland et Petit
2-3 à 58'39" : Riendeau assisté de Brown et Roussel
2-4 à 59'52" : Petit assisté de Charland (cage vide)