Présentation NHL 2015/2016 : Division Pacifique (2/4)

Suite du tour d’horizon de l’intersaison NHL avec la division Pacifique : les Californiens sont à la relance, les franchises canadiennes veulent confirmer... et un prodige débarque.

 

vancouverCanucksLogoLes Canucks de Vancouver ont retrouvé les playoffs – la sixième fois en sept ans - et c’est déjà un air de victoire pour l’entraîneur Willie Desjardins. Cependant, le manager général Jim Benning n’a pas vraiment goûté la piteuse élimination dès le premier tour face à Calgary, qui paraissait largement à leur portée... Il s’est « vengé » en limogeant son assistant et deux autres hauts placés dans l’organigramme, avant de procéder à une série de mouvements qui continuent à intriguer les observateurs.

Desjardins est donc de retour. L’entraîneur continue d’alimenter un CV bien garni, puisqu’il n’a jamais manqué les playoffs dans toute sa carrière de coach (junior, AHL, NHL). Sa mission est simple : continuer dans ce sens, et aller plus loin que l’an dernier.

Le problème, c’est que l’effectif s’est plutôt affaibli au cours de l’été. Dans les cages, Benning s’est séparé du gardien Eddie Läck, très populaire auprès du public et décisif l’an dernier lorsque Ryan Miller a connu des pépins physiques. Les supporters, dépités, imaginent mal un troisième et un septième choix de draft sérieusement améliorer leur équipe... Miller est donc confirmé en numéro 1 – pas trop le choix vu son contrat – et sera secondé par Jakob Markström, ex-grand espoir de Florida, qui a raté toutes ses chances en NHL mais reste sur une saison brillante avec Utica en AHL, qu’il a mené en finale (1,88 buts encaissés et 93,4% d’arrêts en 32 matchs).

La défense a elle aussi perdu un joueur majeur, Kevin Bieksa. Le vétéran a été échangé à Anaheim contre un deuxième choix 2016. Même s’il avait perdu du temps de jeu et était tombé en troisième paire, son expérience manquera. Ryan Stanton, l’une des bonnes surprises depuis deux ans, est également parti. Vancouver n’a plus que trois défenseurs de haut niveau. Dan Hamhuis, 32 ans, est en fin de contrat. Chris Tanev, solide en tant que défenseur pur habile pour bloquer les tirs, a resigné pour 5 ans. Enfin, Alex Edler a retrouvé des couleurs sans John Tortorella sur le banc, passant d’un ratio de -39 à +13 et comptant 41 pts...

Derrière ce trio, Matt Bartkowski débarque après avoir joué les utilités à Boston, et secondera le gros shoot de Yannick Weber (11 buts l’an dernier mais en fin de contrat en 2016), le décevant Suisse Luca Sbisa – étrangement resigné 3 ans - et le mobile Franckie Corrado. Le rookie Ben Hutton a enfin gagné sa place lors du camp. Au vu des autres effectifs de la division, le groupe défensif parait bien faiblard.

L’attaque est du même calibre. En somme, Vancouver n’a qu’une seule ligne : les frères Sedin (76 pts pour Daniel, 73 pour Henrik) et Radim Vrbata (31 buts, 63 pts) à la finition. Le souci, c’est que les jumeaux suédois ont déjà 35 ans, et le Tchèque 34... Qui pour reprendre le flambeau ? Nick Bonino devait remplacer Ryan Kesler, mais Jim Benning l’a déjà échangé à Pittsburgh. Brandon Sutter sera donc chargé de la deuxième ligne, lui qui a toujours évolué en ligne d’échec et n’a jamais dépassé les 40 pts – à presque 22 millions sur 5 ans, cela fait cher le point.

Les Canucks ont aussi perdu Brad Richardson, Shawn Matthias (18 buts l’an dernier) et Zach Kassian, ce dernier étant envoyé à Montréal contre Brandon Prust, une version identique mais plus chère, plus âgée et avec moins de potentiel... Chris Higgins (32 ans) blessé pour débuter la saison, Vancouver se révèle sérieusement dépeuplé derrière sa première ligne. Alex Burrows (34 ans) et Jannick Hansen (29 ans) restent assez limités. Il faudra donc confier plus de responsabilités à Bo Horvat, 20 ans à peine, qui a compté 13 buts et 25 pts l’an dernier. D’autres jeunes vont faire le grand saut, comme Sven Baertschi, Jared McCann ou Jake Virtanen. Aucun ne semble en mesure de relayer les Sedin à court terme, cependant...

Vancouver injecte donc peu à peu de la jeunesse à un effectif vieillissant. Le niveau de la division ayant grimpé en flèche, reproduire les 101 pts de l’an dernier serait surprenant. Il avait fallu des records de carrière de la plupart des vétérans pour cela. La mission playoffs reposera encore une fois totalement sur les épaules des frères Sedin...

Arrivées : C Brandon Sutter, AG Brandon Prust, G Richard Bachman, D Matt Bartkowski
Départs : D Kevin Bieksa, AD Zack Kassian, C Nick Bonino, G Eddie Lack, C Shawn Matthias, D Adam Clendening, AD Brad Richardson, D Ryan Stanton

Alignement prévisionnel

Attaquants
Daniel Sedin - Henrik Sedin - Radim Vrbata
Sven Bärtschi - Bo Horvat - Jake Virtanen
Alex Burrows - Brandon Sutter - Jannik Hansen
Brandon Prust - Jared McCann - Derek Dorsett

Défenseurs
Alex Edler - Chris Tanev
Dan Hamhuis – Yannick Weber
Ben Hutton - Luca Sbisa

Gardiens
Ryan Miller
Jakob Markström

****

lgo nhl san jose sharksUne nouvelle page s’ouvre pour les Sharks de San José, avec le départ de Todd McLellan. La non-qualification en playoffs l’an dernier, une première depuis 2003, a laissé des traces. McLellan démissionnaire, Doug Wilson a choisi pour le remplacer Peter DeBoer, ancien coach de Florida et New Jersey.

DeBoer disposera cette fois-ci d’un effectif de qualité bien supérieure à ses précédentes expériences. Après avoir raté les playoffs trois fois avec les Panthers, il a échoué à deux reprises avec les Devils, atteignant cependant la finale de coupe Stanley en 2012. Peut-être était-il temps d’avoir une autre voix sur le banc ?

L’intersaison fut bien occupée pour le manager général, qui a multiplié les mouvements pour relancer une franchise perpétuellement décevante. Le principal changement se situe dans les cages. Antti Niemi avait été signé à prix d’or après son titre à Chicago. Le Finlandais n’a montré que de l’inconstance dans les buts, alternant une saison 2014 digne du Vezina et une saison 2015 coupable. Laissé libre, il est remplacé par Martin Jones, ancien remplaçant de Jonathan Quick chez le rival Los Angeles. Pour Jones, qui propose de solides références en junior, c’est la première expérience de numéro 1.

Pour faciliter son intégration et bien le protéger, San José est allé chercher Paul Martin, défenseur d’expérience, solide dans sa zone. Mobile, il a l’habitude de couvrir des défenseurs offensifs, et devrait tout naturellement protéger le fougueux Brent Burns, dont les 17 buts et 60 pts l’an dernier se sont classés 3e de la ligue parmi les défenseurs. Avec la valeur sûre Marc-Edouard Vlasic, les Sharks disposent déjà d’un bon trio d’arrières. La question se pose en revanche sur le reste du banc. Brenden Dillon, arrivé en cours de saison, devrait jouer à ses côtés. Sur la troisième paire, tout est ouvert, entre Justin Braun, Matt Tennyson, Mirco Mueller et Dylan DeMelo. L’alternance sera probablement de mise.

Ce groupe de défenseurs possède un trait commun : la qualité de relance. Le jeu de transition rapide vers l’avant est l’un des atouts des Californiens e,t cela ne devrait pas changer avec DeBoer aux commandes, le coach étant plutôt adepte d’un jeu de possession de palet. La capacité de conservation du disque en zone offensive a souvent porté ses fruits ces dernières années, grâce aux expérimentés Joe Thornton et Patrick Marleau. À 35 ans, les deux hommes rêvent encore de coupe Stanley et restent indispensables à l’équipe. Ils ne sont cependant plus sous le feu des projecteurs ; Joe Pavelski a été promu capitaine après une saison de 37 buts et 70 pts. Il sera une arme fatale en supériorité pour bonifier les caviars de Thornton.

La relève porte les noms de Logan Couture et Tomas Hertl, ou encore de Melker Karlsson, Matt Nieto et Chris Tierney, qui ont tous apporté de la variété offensive et des « jeunes jambes ». Nikolay Goldobin, le premier choix 2014, devrait lui aussi intégrer rapidement le groupe, tout comme Joonas Donskoi, très en vue en élite finlandaise. La vitesse de ces prometteurs ailiers devrait faire merveille.

Côté expérience, Tommy Wingels en dispose, mais pas autant que Joel Ward. Le très populaire buteur des Capitals s’offre un nouveau défi, à 35 ans, poursuivant son parcours atypique : quatre ans de junior majeur, quatre ans d’université au Canada, trois ans de ligue mineure avant de percer à Nashville puis Washington. San José a besoin de ce profil de soutien, à l’état d’esprit irréprochable, coéquipier modèle. Parfois ballotés physiquement par ses rivaux, San José avait tenté le coup avec John Scott, Mike Brown et Raffi Torres l’an dernier, ce qui avait fait long feu. Cette fois, Ben Smith et Raffi Torres apporteront du muscle... sauf que Torres a encore commis un mauvais geste en pré-saison et a décroché la plus lourde suspension jamais décernée : 41 matchs !

Les Sharks ont donc connu une intersaison bien remplie, mais avec des renforts intelligents et une jeunesse intégrée petit à petit. Tous les éléments paraissent réunis pour faire oublier « l’accident » de la saison 2014-2015.

Arrivées : G Martin Jones, D Paul Martin, AD Joel Ward, Peter DeBoer (entraîneur)
Départs : G Antti Niemi, AG John Scott, D Scott Hannan, D Matt Irwin, Todd McLellan (entraîneur)

Alignement prévisionnel

Attaquants
Tomas Hertl - Joe Thornton - Joe Pavelski
Patrick Marleau - Logan Couture - Joel Ward
Tommy Wingels - Chris Tierney - Matt Nieto
Melker Karlsson - Ben Smith – Joonas Donskoi
Barclay Goodrow, Nikolay Goldobin, Brian Lerg, Raffi Torres

Défenseurs
Marc-Edouard Vlasic - Justin Braun
Paul Martin - Brent Burns
Mirco Mueller - Brenden Dillon
Matt Tennyson, Dylan DeMelo

Gardiens
Martin Jones
Alex Stalock

****

150px Kings de Los AngelesEnfin du repos pour les Kings de Los Angeles ! Après six ans de longues épopées en playoffs, les Californiens ont échoué à se qualifier pour les playoffs l’an dernier, et c’est peut être un mal pour un bien.

Le staff n’a pas tenu Darryl Sutter responsable de cet échec, car le triste bilan en prolongations et fusillade (3 victoires, 15 défaites) a coûté cher. L’équipe a été plutôt plombée par de multiples affaires hors glace. Celles-ci se sont toutes arrangées cet été. Slava Voynov a purgé sa sentence de prison pour des coups et blessures envers sa femme, et est rentré en Russie – où il a été accueilli en héros... Jarrett Stoll est parti aussi, après avoir été arrêté en possession de stupéfiants. Les Kings ont enfin racheté le lourd contrat de Mike Richards, et, après quelques menaces de la part de l’association des joueurs, tout s’est arrangé à l’amiable. Une page se tourne après ces épisodes sulfureux...

Du repos longue durée donc, ce qui devrait faire du bien à Jonathan Quick. Très sollicité, le portier jouera encore un rôle majeur cette année, avec un nouveau remplaçant, Jhonas Enroth.

Le cas Voynov enfin réglé, les Kings peuvent reconstruire leur défense sur de nouvelles bases, plusieurs joueurs étant partis (Andrej Sekera et Robyn Regehr). Drew Doughty est bien présent, en quête de son premier trophée Norris : joueur le plus utilisé de la NHL l’an dernier, il a enfin pu se reposer un peu. Il sera associé à Jake Muzzin, auréolé d’un titre de champion du monde à Prague. En deuxième paire, Alec Martinez, héros du titre 2014, devra intégrer le vétéran Christian Ehrhoff, signé cet été pour alléger le temps de jeu de Doughty. Le rugueux Matt Greene complète l’alignement, avec à ses côtés Brayden McNabb, Jeff Schultz et Jamie McBain en alternance. Au final, un top-4 très solide et un excellent gardien : Los Angeles devrait tenir la route défensivement.

L’attaque en revanche a causé bien du tracas. Anze Kopitar reste l’un des meilleurs centres de la planète, mais il arrive en fin de contrat. Son cas devrait donc alimenter la machine à rumeurs : que faire si les Kings sont hors course à la date limite des transferts ? Ses compagnons de jeu ont alterné le chaud et le froid l’an dernier. Los Angeles a donc transigé pour obtenir Milan Lucic. Grand gabarit, le « power-forward » reste sur une saison décevante à Boston, mais son style paraît coller complètement au style physique et agressif des Kings. Le rapide Marian Gaborik tâchera de profiter des espaces dégagés par ses coéquipiers.

En deuxième trio, la ligne des « 70 » revient au complet, avec le pivot-buteur Jeff Carter et les deux jeunots, Tanner Pearson et Tyler Toffoli, qui ont connu quelques pépins physiques l’an dernier. Pearson se remet notamment d’une fracture à la jambe. Le capitaine Dustin Brown est ainsi repoussé en troisième ligne, et c’est bien sur ces deux lignes d’échec que les doutes arrivent. Dwight King, Trevor Lewis, Nick Shore, Andy Andreoff ou Jordan Nolan n’ont guère de références offensives. Ils vont apporter du physique, de l’énergie, mais guère de points.

À ce titre, malgré tous les mouvements réalisés cet été, Los Angeles risque surtout de regretter le départ de Justin Williams. L’ailier s’est forgé une réputation de « Monsieur match 7 », comptant le plus grand nombre de buts et de points dans ces rencontres décisives en playoffs. Williams est parti à Washington, et on voit mal qui pourra remplacer sa contribution.

Le point positif, c’est que l’équipe-ferme des Manchester Monarchs a remporté le titre AHL l’an dernier. La relève existe, et il serait surprenant de ne pas voir quelques jeunes pousses bousculer la hiérarchie – Jordan Weal ou Adrien Kempe peut-être ? Los Angeles, reposé après plusieurs saisons de longues aventures et deux titres, paraît en mesure de revenir en playoffs. Et arrivé là, tout est possible...

Arrivées : AG Milan Lucic, D Christian Ehrhoff, G Jhonas Enroth
Départs : AD Justin Williams, C Jarret Stoll, D Andrej Sekera, D Robyn Regehr, C Mike Richards, G Martin Jones

Alignement prévisionnel

Attaquants
Milan Lucic - Anze Kopitar - Marian Gaborik
Tanner Pearson - Jeff Carter - Tyler Toffoli
Dwight King - Trevor Lewis - Dustin Brown
Kyle Clifford - Nick Shore - Jordan Nolan
Andy Andreoff, Jordan Weal

Défenseurs
Jake Muzzin - Drew Doughty
Alec Martinez - Christian Ehrhoff
Brayden McNabb – Matt Greene
Jamie McBain, Jeff Schultz

Gardiens
Jonathan Quick
Jhonas Enroth

****

lgo nhl anaheim ducksLes Anaheim Ducks ont les faveurs des pronostics. Une grande partie des observateurs font des Californiens les champions de la conférence Ouest, et un vainqueur potentiel. Il est vrai que l’équipe a manqué d’un souffle la qualification en finale, perdant au match 7 contre Chicago après avoir mené la série. Le manager général Bob Murray a senti qu’il manquait un petit quelque chose mentalement, et il a donc procédé à des changements importants.

Sur le banc, Bruce Boudreau poursuit son travail d’excellent coach de saison régulière – trois titres de division de suite. Son style de jeu, physique et offensif, a fait merveille ces dernières saisons, mais ses choix plus discutables en phase finale restent une petite alarme : c’est peut-être sa dernière chance à Anaheim, après trois éliminations consécutives au match 7 à domicile. Le staff a limogé l’entraîneur du jeu de puissance, Brad Lauer, remplacé par Paul MacLean, ancien entraîneur d’Ottawa. Ce secteur était en effet 22e en 2014 et 28e en 2015, un chiffre étonnant au vu du talent des lignes d’attaque.

Les questions existent aussi dans les cages. Frederik Andersen a connu des playoffs mitigés, avec de solides apparitions tout autant que des fiascos dans les matchs clés contre les Hawks. Le jeune John Gibson n’arrive toujours pas à le déloger et le staff a décidé cette fois de le faire mûrir en AHL en embauchant le plus expérimenté Anton Khudobin comme numéro 1 bis.

La défense compte sur une jeune garde en pleine progression. Cam Fowler, Hampus Lindholm et Sami Vatanen ont tous moins de 24 ans et constituent le top-3 de l’équipe. Le « papy » François Beauchemin parti, Bob Murray a lâché un deuxième choix 2016 pour acquérir Kevin Bieksa, dont les qualités offensives et la relance correspondent bien au jeu des Ducks. La troisième paire accueillera Simon Després, convainquant à son arrivée de Pittsburgh en cours de saison – il a été prolongé de cinq ans -, et Clayton Stoner – si ce dernier échappe à ses ennuis judiciaires pour avoir tué un ours lors d’une chasse cet été... Josh Manson a été prolongé pour être le septième défenseur, en attendant que Shea Theodore soit prêt. Cela ne saurait tarder : à 20 ans, le double défenseur de l’année en WHL a remporté le Mondial junior en janvier dernier.

Cette défense jeune et explosive aura la lourde tâche de tenir le fort, tout en soutenant une attaque remaniée. Murray a en effet lâché trois ailiers établis : Matt Beleskey, agent libre trop coûteux, a filé à Boston. Kyle Palmieri, proche de la fin de contrat, a été échangé aux Devils, pour éviter une offre hostile. Emerson Etem a pour sa part quitté sa Californie natale pour New York, Anaheim obtenant en retour le rapide Carl Hagelin. Le Suédois devrait évoluer en deuxième ligne aux côtés de Ryan Kesler et Jakob Silfverberg, alors que le capitaine Ryan Getzlaf, décisif l’an dernier, alimentera le finisseur Corey Perry et le grand gabarit de Patrick Maroon.

Les lignes d’échec ont elles aussi été remaniées. Le vétéran Shawn Horcoff centrera le rapide Andrew Cogliano et le nouvel arrivant Chris Stewart, capable du meilleur comme du pire dans sa carrière. La quatrième ligne a fière allure avec le polyvalent Mike Santorelli, Jiri Sekac et Rickard Rackell, ces deux derniers disposant encore d’une marge de progression.

Anaheim se veut un favori au titre, mais les doutes restent présents. L’équipe a dû sa qualification à un nombre record de matchs avec un seul but d’écart. La marge n’est pas si grande, et il suffirait de peu de choses pour un recul. Les arrivants ne paraissent pas apporter autant de certitudes que les partants. L’alchimie se fera-t-elle ?

Arrivées : AG Carl Hagelin, D Kevin Bieksa, AD Chris Stewart, G Anton Khudobin, C Shawn Horcoff
Départs : AG Matt Beleskey, D Francois Beauchemin, AD Emerson Etem, AD Kyle Palmieri, D James Wisniewski

Alignement prévisionnel

Attaquants
Patrick Maroon - Ryan Getzlaf - Corey Perry
Carl Hagelin - Ryan Kesler - Jakob Silfverberg
Andrew Cogliano - Shawn Horcoff - Chris Stewart
Mike Santorelli - Rickard Rakell - Jiri Sekac
Chris Wagner, Tim Jackman

Défenseurs
Hampus Lindholm - Kevin Bieksa
Cam Fowler - Simon Després
Clayton Stoner - Sami Vatanen
Josh Manson, Shea Theodore, Korbinian Holzer

Gardiens
Frederik Andersen
Anton Khudobin

****

Arizona CoyotesLes Coyotes de l’Arizona ne cherchent qu’une seule chose : prouver à tout le monde que les pronostics ne tiennent pas la route. Unanimement installés à la dernière place de toute la NHL dans la plupart des prévisions d’avant-saison, les joueurs du désert restent il est vrai sur une saison cauchemardesque.

Don Maloney a même eu la malchance de manquer Connor McDavid et Jack Eichel lors de la loterie. Dylan Strome reste un talentueux lot de consolation, à plus long terme : il a été sagement renvoyé en junior. Maloney a donc décidé de faire du neuf avec du vieux, en resignant deux anciens de la maison. Antoine Vermette rentre au bercail après un bref intérim à Chicago, où il a soulevé la coupe Stanley – une expérience qui fera du bien à ses coéquipiers. Zbynek Michalek renforce pour sa part la défense après un court séjour à St. Louis.

Du coup, l’effectif des Coyotes affiche une certaine stabilité. Après avoir fini avant-dernier, ce n’est pas l’idéal... Mike Smith reste sur la pire saison de sa carrière et on imagine mal qu’il ne fasse pas mieux. Malgré tout, son entraîneur personnel Sean Burke est parti, remplacé par Jon Elkin, une tête connue puisqu’il a entraîné Smith lors de son adolescence. En remplaçant, on trouve le bourlingueur Anders Lindbäck, aux références assez mitigées.

La défense n’apporte pas vraiment de grosses certitudes. Oliver Ekman-Larsson s’est installé parmi les meilleurs arrières offensifs de la NHL, mais il sera bien seul. Michalek est vieillissant, et les autres défenseurs ont changé. En quelques mois, les Coyotes ont dit au revoir à Keith Yandle, David Schlemko, Chris Summers, John Moore et Brandon Gormley. La reconstruction permet de lancer Klas Dalhbeck, acquis de Chicago dans l’échange Vermette, mais aussi Nicklas Grossmann (Philadelphie) et Connor Murphy. Stefan Elliott arrive pour sa part du Colorado contre Gormley pour se relancer. La surprise du camp est venue de Dakota Mermis, 21 ans et non drafté, qui pourrait débuter en cours de saison.

Un poste de gardien incertain, une défense peu rassurante : les responsabilités du succès ou non de la saison risque de peser sur les épaules des attaquants, qui vont devoir rapidement donner de l’air à leurs coéquipiers. Le retour de Vermette offre un deuxième centre de haut niveau devant Martin Hanzal. Le top-6 sera complété sur les ailes par Mikkel Bødker et le teigneux Steve Downie, ainsi que par les deux rookies les plus prometteurs de la saison en NHL : Max Domi et Anthony Duclair, duo prolifique lors des derniers championnats du monde junior. Domi tentera de se faire un prénom, son père Tie ayant longtemps joué en NHL sous les couleurs de Toronto – dans un rôle bien différent ! Max Domi, rapide et explosif, apparaît comme un technicien magique et un passeur exceptionnel. Duclair, plus puissant, jouera sans doute le rôle de finisseur.

Les deux derniers trios accueillent des joueurs de soutien aux références offensives limitées. Ils paraissent cependant plus fiables défensivement que leurs prédécesseurs, Sam Gagner et Lauri Korpikoski étant donc échangés. Tobias Rieder est un franc-tireur d’appoint, mais les autres ne marquent que rarement. Quant au capitaine Shane Doan, 39 ans, il semble plutôt sur la pente descendante.

Les Coyotes entendent bien démontrer leur talent. Le top-six est intéressant et prometteur, reste à voir si la profondeur de banc permettra de relayer l’offensive. La clé de la saison sera la prestation de Mike Smith : le système Dave Tippett est clairement bâti sur lui, et une nouvelle saison noire coulerait rapidement les chances de l’équipe.

Même si le grand espoir 2016 Auston Matthews est natif de l’Arizona et a grandi en supporter des Coyotes, personne ne se bat vraiment pour finir dernier... sauf que la franchise de l’Arizona doit passer de 56 pts à 97 pour se qualifier en playoffs, ce qui paraît tout de même improbable.

Arrivées : D Stefan Elliott, C Boyd Gordon, D Nicklas Grossmann, G Anders Lindback, D Zbynek Michalek, C Brad Richardson, AD John Scott, C Antoine Vermette

Départs : C Mark Arcobello, AD B.J. Crombeen, AD Martin Erat, D Brandon Gormley, AG Lauri Korpikoski, D John Moore, AD David Moss

Alignement prévisionnel

Attaquants
Mikkel Bødker - Antoine Vermette - Steve Downie
Max Domi - Martin Hanzal - Anthony Duclair
Tobias Rieder - Brad Richardson - Shane Doan
Kyle Chipchura - Boyd Gordon - Joe Vitale
John Scott

Défenseurs
Oliver Ekman-Larsson - Michael Stone
Nicklas Grossmann - Connor Murphy
Zbynek Michalek - Klas Dahlbeck
Stefan Elliott

Gardiens
Mike Smith
Anders Lindbäck

****

cgyLes Flames de Calgary vont-ils faire mentir les "statistiques avancées" ? Les férus de cette nouvelle manière d’aborder les matchs mettent en avant le caractère anormal du succès de la franchise de l’Alberta en 2014-2015. Calgary aurait, selon eux, été copieusement dominé en possession de palet et n’aurait obtenu sa qualification en playoffs que grâce une réussite insolente au tir. La plupart des observateurs s’accordent à penser que les Flames n’arriveront pas à reproduire cette performance et chuteront au classement, comme Colorado l’an dernier.

Il est vrai que les Flames ne sont pas vraiment une franchise fiable au plus haut niveau. Cette qualification n’est que la première depuis 2009. Le deuxième tour obtenu n’est que le troisième depuis le titre de 1989, avec la finale perdue de 2004. Bref, pas vraiment de quoi rassurer...

Bob Hartley se chargera de garder son équipe sous pression et de confirmer le trophée Jack Adams d’entraîneur de l’année, largement mérité après avoir obtenu une progression de vingt points au classement. Calgary a bâti son succès sur sa capacité de réaction : dix victoires en étant mené à l’orée du troisième tiers, neuf victoires en prolongation, bref, les Flames étaient les terreurs du troisième tiers, et les terreurs pour bloquer les tirs (1557 !).

De quoi protéger les gardiens. La caractéristique des Flames, c’est de disposer de trois portiers de valeur équivalente et de ne pas trop savoir comment gérer cela. Jonas Hiller, Karri Ramo et Joni Ortio se partagent le temps de jeu car ils ont tous trois des contrats à un seul volet, avec un léger avantage pour le Suisse.

Le point fort des Flames, c’est donc une défense exceptionnelle. Le capitaine Giordano aurait pu se mêler à la lutte pour le trophée Norris (6e au vote final) s’il n’avait pas manqué les 21 derniers matchs. Il sera de retour, avec son partenaire TJ Brodie, qui débute à l’infirmerie (main cassée). Le deuxième duo, Kris Russell - Dennis Wideman, s’est montré tout aussi efficace offensivement. Mieux, le manager Brad Treliving a encore renforcé le secteur en subtilisant Dougie Hamilton à Boston, alors que personne n’avait imaginé qu’il était sur le marché. Un coup de maître, car le jeune arrière reste sur une saison de 10 buts et 42 pts. Voila un top-5 plus que respectable, aux qualités offensives rares... Les candidats ne manqueront pas pour compléter le groupe, notamment Jakub Nakladal, 27 ans, international tchèque à la longue expérience aux championnats du monde.

Avec de telles rampes de lancement, Calgary devrait pouvoir propulser ses fusées offensives. À commencer par Johnny Gaudreau, deuxième au vote du trophée Calder de meilleur débutant. Ses 64 pts ont mené tous les rookies et il a trouvé une entente parfaite avec le jeune Sean Monahan (31 buts) et l’expérimenté Jiri Hudler (76 pts). Le trio a marqué l'essentiel des buts, et il faudra donc que les autres lignes se mettent à produire. Le vétéran Matt Stajan devrait centrer Joe Colborne et Josh Jooris, qui ont manqué de constance l’an dernier.

L’acquisition de Michael Frolik devrait faire du bien : le Tchèque a signé pour cinq ans et reste un joueur précieux en infériorité numérique. Le passeur Mikael Backlund doit confirmer et alimenter David Jones et le costaud Lance Bouma. Enfin, Calgary espère que les prestations mémorables en playoffs des rookies Sam Bennett et Michael Ferland se poursuivront sur une saison entière : les deux jeunes ont plus ou moins débuté face à Vancouver, qu’ils ont bien contribué à dynamiter. Le perdant du lot ? Markus Granlund, renvoyé en AHL faute d’avoir réussi à confirmer sa place. La concurrence est rude à Calgary, mais derrière la première ligne, il y a bien peu de certitudes...

En somme, Calgary apparaît comme une équipe déséquilibrée : d’énormes qualités en défense, mais un poste de gardien assez moyen, et une ligne d’attaque à une seule ligne. Les jeunes vont vite devoir franchir un cap sous peine de voir les Flames reculer au classement.

Arrivées : C Derek Grant, AD Micheal Frolik, D Dougie Hamilton, D Jakub Nakladal

Départs : AG David Wolf, AG Ben Hanowski, D David Schlemko, D Raphael Diaz

Alignement prévisionnel

Attaquants
Johnny Gaudreau - Sean Monahan - Jiri Hudler
Michael Ferland - Sam Bennett - Michael Frolik
Lance Bouma - Mikael Backlund - David Jones
Joe Colborne - Matt Stajan - Josh Jooris
Emile Poirier, Drew Shore, Markus Granlund

Défenseurs
Mark Giordano - Dougie Hamilton
Kris Russell - Dennis Wideman
TJ Brodie - Deryk Engelland
Jakub Nakladal

Gardiens
Jonas Hiller
Karri Ramo / Joni Ortio

****

Edmonton OilersLes Edmonton Oilers entrent dans l’ère Connor McDavid ! Difficile d’échapper à l’événement médiatique, lorsque le plus grand espoir canadien depuis Crosby (2005) débarque dans une formation canadienne... On en a beaucoup écrit, sans doute trop, et le jeune talent natif de l’Ontario va subir de plein fouet une pression monstre. Le danger sera sans doute qu’il essaie de tout sauver à lui tout seul, sorte de syndrome du messie... Son caractère plutôt réservé sera mis à dure épreuve.

C’est que McDavid est le quatrième numéro 1 de draft de l’équipe en six ans, et que les attentes sont donc considérables côté public. Les fans des Oilers sont frustrés de succès depuis la finale perdue contre Carolina en 2006. Ces années de vaches maigres, ils espéraient bien qu’elles s’arrêteraient avec Hall, puis Nugent-Hopkins, puis Yakupov... C’est au tour de McDavid désormais. Il ne sera pas seul, car le staff a enfin pris des mesures intelligentes. Juste après la loterie gagnée pour piocher en premier, Edmonton a nommé Bob Nicholson, ancien président de Hockey Canada, à la tête du club. Ce dernier a alors changé de manager général, remplaçant Craig McTavish par Peter Chiarelli, l'architecte du succès de Boston, qui a nommé le récent champion du monde Todd McLellan sur le banc de l’entraîneur. Un trio avec de telles références, cela donne espoir à tout un peuple !

Malgré tout, remonter la pente jusqu’aux playoffs ferait figure d’exploit monumental. Car l’effectif des Oilers reste un chantier incroyable et McDavid ne va pas régler les problèmes à lui tout seul. À commencer par un poste de gardien toujours pas consolidé depuis Dwayne Roloson. Ben Scrivens, acquis à prix d’or, n’a pas convaincu. Edmonton tente donc sa chance sur Cam Talbot, remplaçant d’Henrik Lundqvist aux Rangers. À 28 ans, c’est sa première chance en tant que numéro 1 et la concurrence jouera à plein.

Le souci, c’est que devant eux, il n’y a pas vraiment grand-chose. La pire défense de la ligue depuis deux ans doit impérativement verrouiller sa cage pour espérer quoi que ce soit. Chiarelli a commencé le chantier avec trois recrues : l’expérimenté Andrej Sekera, signé pour six ans et 33 millions, et les plus jeunes Eric Gryba et Griffin Reinhart. Ce dernier, 4e choix 2012, n’a pas réussi à percer chez les Islanders, et devrait cette fois être utilisé directement en NHL. Avec le développement d’Oscar Klefbom et Justin Schultz, plus l’expérience du discret Mark Fayne, le groupe a déjà un peu plus d’allure. Le capitaine Andrew Ference se retrouve donc en danger et a échappé de peu au ballotage...

L’attaque en revanche ne pose pas vraiment de problème. Ou plutôt, la question sera de savoir qui aligner avec qui... Taylor Hall a connu des pépins physiques l’an dernier, mais était l’ailier gauche le plus productif de la ligue en 2014 (80 pts). Il devrait finir le travail mené par le centre passeur Ryan Nugent-Hopkins et Jordan Eberle, trio efficace il y a deux ans. Connor McDavid débutera donc plutôt en deuxième ligne, à charge de faire exploser Nail Yakupov, clairement le numéro 1 de draft le plus décevant des Oilers jusque-là. Le vétéran Benoit Pouliot apportera sa taille pour protéger ses rapides équipiers : ses 19 buts l’an dernier étaient un record de carrière. Derrière ces deux lignes que l’on imagine dangereuses devant le but adverse, Edmonton continue à travailler par petites touches, avec des seconds couteaux utiles, comme Mark Letestu et Teddy Purcell. Anton Lander a également bien progressé. En revanche, le numéro 3 de la draft 2014, Leon Draisaitl, a été envoyé en AHL, histoire de ne pas trop brûler les étapes.

Clairement, Edmonton va dans le bon sens. Le staff se montre enfin crédible et les acquisitions pertinentes à chaque poste – sauf peut-être la prise de risque dans les cages – sont intéressantes. Le souci, c’est que le Oilers ont inscrit 62 pts l’an dernier. Il en fallait 97 pour atteindre les playoffs... Une remontée au classement de 35 pts ? Peu probable.

Arrivées : C Connor McDavid, G Cam Talbot, D Andrej Sekera, C Mark Letestu
Départs : C Derek Roy, C Boyd Gordon, G Viktor Fasth

Alignement prévisionnel
Attaquants
Taylor Hall – Ryan Nugent-Hopkins - Jordan Eberle
Benoit Pouliot - Connor McDavid - Nail Yakupov
Lauri Korpikoski - Mark Letestu - Teddy Purcell
Matt Hendricks - Anton Lander - Rob Klinkhammer
Leon Draisaitl, Anton Slepyshev, Luke Gazdic

Défenseurs
Andrej Sekera - Mark Fayne
Oscar Klefbom - Justin Schultz
Andrew Ference - Eric Gryba
Griffin Reinhart

Gardiens
Cam Talbot
Ben Scrivens