Mulhouse - Caen (Division 1, 8e journée)

La simple lecture de l'affiche proposée avait de quoi faire saliver tout fan de hockey haut-rhinois.

Quoique peu nombreuses, les confrontations entre les Scorpions mulhousiens et les Drakkars caennais ont souvent été enjouées, serrées, intenses, les deux clubs ayant été rivaux directs soit dans le bas de tableau de Magnus, soit dans le haut de D1.

Cependant, à ce moment de la saison, si Mulhouse commence à reprendre de la vitesse après un petit coup de barre, Caen connaît lui actuellement un gros coup de mou après quatre défaites au cours de ses cinq derniers matches, dont 3 consécutives face à Neuilly, Toulouse puis Nice. Autant dire que la statistique actuelle, qui donne Mulhouse vainqueur de 2 matches seulement en 8 rencontres face aux Normands, peut être atténuée ce soir.

ScorpionsEn tout état de cause, la patinoire est copieusement garnie pour assister au dernier match des Scorpions... dans leur originale livrée rose fluo d'octobre.

De partie, on a bien cru pendant longtemps qu'il n'y en aurait pas vraiment, tant une des deux équipes avait encore les jambes dans le bus.

Passe encore un début de match brouilllon des deux protagonistes, le temps qu'ils puissent prendre leurs marques. Mais Caen a beau bénéficier assez tôt d'une supériorité numérique, les hommes de Luc Chauvel sont bien trop patauds pour pouvoir inquiéter de près Guillaume Richard. C'est même l'aiguillon Michal Kapicka qui manque d'ouvrir le score en contre (4'50") avant que son collègue Rolands Vigners, en supériorité, ne rate une cage béante de Quentin Kello (7'13").

Mulhouse presse sensiblement haut son adversaire et l'empêche d'entrer collectivement dans sa zone d'attaque. C'est donc assez logiquement que les Alsaciens ouvrent le score, lors d'une fugace hésitation de la défense normande, à mi-distance de son gardien : Michal Klejna en profite pour décentrer Milan Jurik (1-0 à 8'11"). Le reste de ce tiers (plutôt défensif) continue sur le même registre, à savoir que Mulhouse presse méthodiquement, nettoie plutôt bien devant le slot de son gardien et lance assez précisement les contres qui s'offrent, telle cette lancée de Milan Jurik, que Kello bloque bien pour l'occasion (14'10").

On se met à espérer que Caen sortira de sa torpeur à compter de la seconde période. Mais ce ne sera pas le cas. Le jeu est d'ailleurs bien brouillon de part et d'autre. Quand bien même la zone centrale a été réduite, suite au changement de règlement, les entrées en zone sont laborieuses, le placement approximatif, les passes coupées ou pas précises, tout en précisant que Mulhouse parvient quand même à dominer le match, sinon à annihiler les vélléités adverses. Et pourtant, contre le cours du jeu, Caen recolle au score, en supériorité, de près (1-1 à 31'58").

On sent alors un regain de confiance chez les visiteurs, mais ce répit est de courte durée puisque de nouveau en supériorité, Mulhouse reprend le match par Kapicka qui exploite un rebond alors que Kello est trop décentré pour revenir rapidement (2-1 à 34'53"). Quasiment dans la foulée, Vigners exploite une mauvaise passe de Caen en zone d'attaque pour partir en contre. L'attaquant, pourtant avec deux Normands collé à ses basques, parvient à gagner son duel face au portier caennais (3-1 à 35'19").

Les Drakkars retombent dès lors dans leurs travers et subissent le reste de ce tiers bien morne. Et pourtant... il reste trente secondes à jouer lorsque Erwan Pain dévie de près un tir lointain de Bobby Gerstakis (3-2 à 39'31"). Quasiment personne sur la glace et dans les tribunes ne bronche sur cette "gamelle" qui ressort ensuite du but et qui permet aux visiteurs de rentrer un peu moins abattus aux vestiaires.

Ce deuxième but a le mérite de réveiller les Drakkars, qui se livrent enfin dès le début de l'ultime période. Ils sont un peu plus précis, plus agressifs, et surtout plus percutants pour perforer la bleue adverse, même si de son côté, l'équipe alsacienne sait toujours lancer devant le danger.

C'est sur l'une de ses rares vraies actions collectives abouties que Caen recolle au score, sur un tir à mi-distance de Thibault Geffroy, qui exploite l'un des rares espaces libres laissé devant lui (3-3 à 46'04"). À ce moment de la partie, Caen commence à espérer, et s'implante durablement devant Richard. Au point d'avoir des sueurs froides quand Kapicka (encore lui) part et rate son duel à bout portant (47'31"). Ce ne sera que partie remise puisque lors d'une nouvelle supériorité, Vigners reprend de la crosse un palet qui flotte à hauteur d'épaule (4-3 à 48'54"). Le but n'est pas vraiment contesté par les Caennais, qui ne se découragent plus jusqu'à la fin du match, envoyant plus souvent leur troisième ligne au charbon. C'est d'ailleurs sur un travail rapide de cet alignement que Richard connaît des sueurs froides (55'31"), avant que ses coéquipiers referment bien la trappe pour conserver le gain du match.

L'affiche promettait d'être alléchante, au regard des dernières confrontations (tendues lors des play-downs en Magnus, notamment), elle fut tout simplement décevante. Contrairement à la prestation très correcte des Mulhousiens, c'est le non-match durant 40 minutes des Caennais qui n'a pas donné de relief et de piquant à la confrontation.

Mulhouse n'a pas été énormément dominateur, ni même conquérant, il a simplement été concentré, rigoureux, discipliné, régulier, et ce durant tout le match. Leur victoire est donc méritée, acquise avec trois lignes d'attaque globalement compétitives. Reste à savoir ce que ce schéma tactique "consciencieux", mais pas forcément enthousiasmant à regarder, donnera, lors de la prochaine journée contre le leader actuel, Nice.

Caen, de son côté, s'enfonce encore plus dans le doute. Qu'on ne s'y trompe pas, l'écart de buts entre les deux protagonistes ne reflète absolument pas la physionomie d'un match que les Normands ont subi tactiquement et physiquement durant 40 minutes. Et que dire de ces deux réalisations acquises en avantage numérique alors que paradoxalement les Drakkars ont eu toutes les peines du monde à pénétrer et s'installer en zone adverse, même (surtout ?) en supériorité ? Le seul point positif vient sans doute du dernier tiers où enfin ils se sont libérés et ont montré des signes conquérants et nettement plus convaincants.

Récompensés à la fin du match : Roland Vigners pour Mulhouse et André Ménard pour Caen.

 

Mulhouse - Caen 4-3 (1-0, 2-2, 1-1)
Samedi 31 octobre 2015 à 18h à la patinoire de l'Illberg. Environ 1200 spectateurs.
Arbitrage de M. Grabit assisté par MM. Germaneaud et Kahli.
Pénalités : Mulhouse 24' (6', 4'+10', 4') ; Caen 22' (4', 2'+10', 6').
Tirs : Mulhouse 32 (12, 12, 8) ; Caen 31 (8, 11, 12).

Évolution du score :
1-0 à 08'11" : Jurik assisté de Klejna et Obuch (sup. num.)
1-1 à 31'58" : Ménard assisté de Chauvel et Minarik (sup. num.)
2-1 à 34'53" : Kapicka assisté de Klejna (sup. num.)
3-1 à 35'19" : Vigners
3-2 à 39'31" : Pain assisté de Gerstakis (sup. num.)
3-3 à 46'04" : Geffroy assisté de Arnaud
4-3 à 48'54" : Vigners assisté de Jeslinek (sup. num.)


Mulhouse

Attaquants :
Raphaël Papa - Michal Jeslinek - Rolands Vigners
Michal Klejna - Milan Jurik (A) - Michal Kapicka
Lucas Bini (C) - César Joffre (A) - Harold Ten Braak
Kevin Ottino - Leyland Plaire - [Vigners ou Papa]

Défenseurs :
Ondrej Martinka, Alexanders Galkins, Brice Mansouri, Martin Obuch et Martin Lucka en rotation
Maxime Lutz à partir de 40'

Gardien :
Guillaume Richard

Remplaçants : Mickaël Muller (G), Miguel Cavuella. Absent : Ruslan Borisenko (blessé).

Caen

Attaquants :
Mathias Arnaud - Thibault Geffroy (C) - Karl Leveillé
Brice Chauvel (A) - Roberto Gliga - David Minarik
Hugo Damy - Erwan Pain - Yohann Robert

Défenseurs :
Udo Marie (A), Zach Sternberg, Bobby Gerstakis, André Ménard, Aurélien Dorey en rotation
Jérôme Ropert à partir de 40'

Gardien : Quentin Kello.

Remplaçants : Grégoire Blanc (G), Damien Grendka, Jean-Yves Barnes.