Épinal - Dijon (Ligue Magnus, 7e journée)

Et d’une qui font six !

Le Rïnkla Stadium était, jusqu’à samedi dernier, l’une des dernières patinoires de France et de Navarre à n’avoir jamais vu l’ICE s’y imposer. Mais en revenant gagnants de la Cité du Ponant (3-0), les Gamyo n’ont pas seulement accompli ce qu’aucune équipe spinalienne n’avait réussi auparavant. Ils y ont également remporté une cinquième victoire de rang. Les voici désormais en quête d’un sixième succès d’affilée... chose jamais réalisée en douze ans de présence ininterrompue parmi l’élite du hockey français !

Epinal DijonLes Vosgiens, qui n’avaient jamais pu ramener mieux qu’un petit point de leurs précédents déplacements finistériens, ont donc brisé le "signe indien". Les hommes de Stéphane Barin n’ont pourtant pas été spécialement inquiétés samedi dernier, se montrant aussi solides qu’à l’accoutumée pour limiter les Albatros à seulement douze tirs cadrés. Bien loin des cinquante-quatre lancers que Matija Pintarič, son alter-ego dijonnais, dût essuyer le week-end passé...

Arrivé le mois dernier (en remplacement d’un Jakub Čech apparu insuffisamment performant devant le filet), le Slovène a fait le métier sans pour autant empêcher ses coéquipiers de s’incliner sur leur petite glace de Trimolet face au champion gapençais (2-5). Un revers supplémentaire pour l’actuelle lanterne-rouge du championnat, qu’une nouvelle défaite à Poissompré enfoncerait dangereusement dans les profondeurs du classement.

Le besoin de points commence donc à se faire urgent côté dijonnais, où l’on s’affiche désormais aux couleurs des deux cépages emblématiques du vignoble bourguignon. Un rouge vermillon symbolisant le "pinot noir" (au côté du jaune "chardonnay") qui a supplanté le bleu historiquement présent sur le logo et les maillots d’un DHC qu’Épinal aurait dû affronter en CoupeQUESSANDIERBenoit31102015 de France le 13 octobre dernier.

Cette compétition, toujours très prisée, s’est arrêtée avant même d’avoir commencé pour un contingent spinalien exclu au tout dernier moment. Épinal n’aura donc pas profité des Coupes nationales cette saison, contrairement à Dijon. Les Ducs se sont qualifiés mardi à Chamonix (3-2) pour les quarts de finale d’une Coupe de France menant de nouveau à Bercy (un POPB qu’il convient désormais d’appeler "AccorHotels Arena").

Également bien partis pour accéder au dernier carré de la Coupe de la Ligue (après leur victoire 4-0 à Lyon lors du match aller), les Riendeau, Briand et autres Mašlonka n’affichent toutefois pas les mêmes résultats en championnat. Trop souvent indisciplinés (avec 138’ de pénalités récoltées sur les six premières journées), les coéquipiers de Benoît Quessandier n’ont même, jusqu’à présent, pas encore accroché la moindre formation du haut de tableau. C’est dire si l’emporter à Poissompré, sur les terres d’un adversaire n’en finissant plus de gagner, ferait le plus grand bien aux Côte d’Oriens, forcés de tourner à trois lignes avec les forfaits des attaquants Romain Guttierez, William Wallén et Benoît Valier.

Aucun absent n’est en revanche à signaler côté lorrain, où Tomáš Klouček, toujours en sursis (la décision de la commission de discipline réunie la veille devant être normalement connue lundi), est bien de la partie. Un "derby" qui s’ouvre sur une récupération d’Anže Kuralt offrant une première occasion à Ken Ograjenšek. L’ailier slovKLOUCEKTomas31102015ène, servi dans l’intervalle, repique vers la cage pour solliciter Pintarič (00'42").

Un premier avertissement sans frais pour des Dijonnais entreprenants, mais peinant à se montrer menaçants. Les Gamyo serrent il est vrai parfaitement les rangs, forts d’excellents éléments (les Kloz, Klouček, Sušanj et autres Moisand, sans oublier Farina, toujours aussi étonnant) défendant remarquablement. Autant de rampes de lancement pour les attaquants, qui en profitent pleinement à l’image d’un Hordelalay bien placé dans la zone de vérité. Mais voilà, son tir croisé sera non cadré (01'58")... tout comme cette lucarne recherchée par un Ograjenšek voyant lui-aussi sa frappe s’envoler (03'11") !

Dépassés quand le jeu tend à s’accélérer, les Ducs se font donc régulièrement contrer. Et ce qui devait arriver arriva. La défense, aux abois, laisse filer Hordelalay sur le côté, dont l’avancée est stoppée par un Quessandier s’étant laissé glisser. Une intervention n’écartant aucunement le danger : la rondelle revient aussitôt sur Moisand, qui a bien suivi... et la mettra au fond, d’un revers bien senti (1-0 à 04'50") !

Net et sans bavure !

Ce but n’entame en rien la détermination des Bourguignons, qui passeront tout près d’égaliser, dans la foulée. Une faute non sifflée sur Klimíček (impunément séché en zone neutre)RIENDEAU BROWN PLCH permettant à Groulx, Briand et Mašlonka de se retrouver à trois-contre-un face au gardien. Un Hočevar des grands soirs, qui se démultiplie pour garder sa cage inviolée (05'31"). 

Les esprits vont ensuite s'échauffer, entraînant l’emprisonnement des deux principaux belligérants (Offret et Mašlonka). Ce dernier ne restera toutefois pas longtemps isolé sur le banc des pénalités. Le fougueux Jared Brown, pris de vitesse sur une rapide entrée en zone d’Ograjenšek, y est lui aussi envoyé (06'18").

C’est donc en spectateur que l’Américain verra le powerplay spinalien arriver à ses fins. Cacciotti finit par trouver Sabatier, dos au filet, qui double la mise d’un joli revers à mi-hauteur (2-0 à 07'27"). Florian Sabatier, très en vue, passe de buteur à passeur dans la foulée en initiant une superbe combinaison magnifiquement relayée par un Tomáš Klouček très inspiré. L’ex-NHLer décale imparablement (et en première intention) Ján Plch au second poteau, pour l’un des plus beaux SabatierFlorian26092015"tic tac toe" jamais vus à Poissompré (3-0 à 10'08").

Calme et très posé, Klouček, la force tranquille, n’en finit décidément plus d’impressionner au côté d’un Moisand omniprésent. Le capitaine des Gamyo, toujours là où il faut, apporte lui aussi énormément défensivement. Devant de telles individualités oeuvrant au service d’un collectif bien rôdé, les Ducs, submergés par la vague orange, apparaissent sans solutions. Le temps mort demandé par Jonathan Paredes (sitôt le troisième but marqué) n’empêchera d’ailleurs par le duo Blanchard-Quessandier d’être à nouveau dépassé sur une remise de Kuralt pour Fujerik, qui s’en ira buter sur Pintarič (10'24").

La refonte des trios opérée par le coach dijonnais aura toutefois l’effet escompté. Jared Brown, repositionné au côté du grand Mathieu Briand (le jeune international frise le double-mètre) et du top-scoreur Yanick Riendeau, voit son activité récompensée. Le natif du Kansas, après avoir bataillé sur le côté, adresse un centre tendu que Riendeau, dans l’enclave, s’empresse de couper. La rondelle, déviée dans le haut du filet, file par-dessus la mitaine du portier (3-1 à 12'23").

Ravivant la flamme des supporters bourguignons ayant fait le déplacement, ce but anecdotique n’insinue pas le moindre doute dans le camp spinalien, où l’on a clairement le match en RIENDEAUYanick31102015main. Une passe renversée trop imprécise de Kloz pour Charpentier manque de profiter à Kevorkian, qui se présente toutefois dans un angle trop fermé (13'35"). Les Gamyo en remettent une couche en supériorité, suite à une pénalité infligée à Mašlonka (14'01"). Maxime Moisand, servi à la pointe, crochète son vis-à-vis pour expédier un lancer dévié, dans le trafic, par Dominik Fujerik (4-1 à 14'14").

Sur leur lancée, les Vosgiens vont continuer, profitant des approximations d’un ensemble bourguignon loin d’afficher un jeu aussi structuré. Une chance, pour Dijon, que la cage soit aussi bien gardée par un Pintarič repoussant l’assaut d’Hordelalay (15'33") avant de frustrer Sabatier, à l’origine et à la conclusion d’une action bien relayée par Cacciotti (15'57")...

Redonnant un semblant d’espoir aux quelques "Archi’Ducs" présents dans les travées, la pénalité d’Hordelalay (17'48") s’apparente à une énième désillusion. Brian McMillin, pourtant très bien placé aux abords du filet, rate la passe de Mathieu Briand (19e). Un loupé sonnant ainsi le glas d’un powerplay qui n’a jamais vraiment réussi à s’installer. Les Spinaliens, bien organisés (et combatifs à souhait), se battent comme des morts de faim sur tous les palets à l’image d’un Moisand barrant tout accès à Brown, parti dans une vaine chevauchée...

Menant très confortablement, les hommes de Stéphane Barin ont fait preuve d’efficacité tout en régalant Poissompré avec leur jeu léché et rythmé. OGRAJENSEK QUESSANDIERDe quoi rendre envieux des supporters dijonnais ne peuvant que constater l’impuissance de leurs protégés, trop souvent débordés. Il s’en faut d’ailleurs de peu que Pintarič soit pris à contre-pied sur une triangulation Fujerik-Kuralt-Ograjenšek du plus bel effet (20'24"). Une action qui en dit long sur la complémentarité d’attaquants spinaliens dangereux dès qu’ils accélèrent le jeu. Et pouvant, à tout moment, se trouver les yeux fermés...

Loin de se relâcher, les locaux s’appuient sur leur grande profondeur de banc pour maintenir un certain degré d’intensité. Aussi défendent-ils efficacement, sans pour autant fermer totalement le jeu. Les attaquants, toujours capables de se projeter rapidement vers l’avant, apportent leur pierre à un édifice collectif reposant sur de bien solides fondations. De véritables piliers, comme le sont Vojtěch Kloz et Tomáš Klouček, deux "tours de contrôle" ne laissant absolument rien passer. Les deux Tchèques, tout en sobriété, régnent sur une défense de fer qui contient parfaitement des assauts dijonnais générant de rares tirs cadrés (sur lesquels Andrej Hočevar répond immanquablement présent).

S’évertuant à garder le palet à l’avant, les Gamyo vont ainsi parvenir à éloigner durablement le danger et ne laisser que des miettes aux Dijonnais. Des Ducs perdant trop rapidement la rondelle et peinant autant à faire le jeu qu’à se créer des occasions, même lorsque des espaces sont libérés par deux pénalités simultanément récoltées par Fujerik et Mašlonka (27'44"). Riendeau va pourtant réussir à s’emparerHOCEVARAndrej31102015 d’un puck mal dégagé pour décaler Kolba entre les cercles... mais le défenseur aux 823 matchs d’Extraliga (slovaque) ne fera trembler que les filets de protection de Poissompré (28'13") !

Un forecheck d’Ograjenšek va, lui, déboucher, sur une tentative de Cacciotti bien détournée par un Pintarič (28'48") s’efforçant de rattraper les erreurs de ses coéquipiers. Comme cette passe ratée de Mathieu Briand en zone défensive aussitôt exploitée par Anže Kuralt qui s’y reprend à deux fois, sans succès (35'08" et 35'13"). Le gardien slovène n’aura pourtant rien eu à faire sur ce deux-contre-un Le Blond-Hordelalay, né d’une passe mal assurée de Riendeau à la pointe du powerplay. Pierre-Charles Hordelalay, en mal de réussite, a envoyé à côté (38'04")...

L’obstruction de Klimíček (37'34") n’aura donc pas eu la moindre incidence sur la suite des événements (malgré les efforts d’un Riendeau fidèle à sa réputation d’artificier). Contrairement au retenir de Quessandier sur Cacciotti (39'54"), qui aurait pu être immédiatemment exploité malgré les six petites secondes restant à jouer. L’Italo-canadien, après avoir remporté l’engagement, jaillit au rebaction devant Pintaricond d’un slap décoché par Sušanj... sans pour autant parvenir à déjouer l’homme masqué (39'59") !

Cette supériorité numérique, poursuivie au retour des vestiaires, n’amènera pourtant qu’un deux-contre-un... dijonnais (40'51") ! Mais au come-back de Quessandier, Kloz déclenche un lointain tir croisé terminant au fond des filets après avoir heurté Cacciotti, posté sur la droite du portier (5-1 à 42'03") ! Les Ducs ont bien défendu, mais cela n’a pas suffi. Boiront-ils le calice jusqu’à la lie ?

Enchaînant les longues présences en zone offensive, les Spinaliens vont longtemps confiner les Dijonnais tout en récupérant un nombre incalculables de palets. Pintarič, fortement exposé, va ensuite multiplier les interventions, allant même jusqu’à sortir sa plus belle mitaine devant Fujerik à bout portant (45'21"). Mais l’étreinte finira par se desserrer. Jiří Klimíček écope KLIMICEKJiri31102015d’une méconduite assortie d’une pénalité majeure pour une vilaine charge assénée dans le dos d’un Mašlonka pas totalement relevé (48'28").

Confrontés à un box-play très agressif sur le porteur du palet, les Ducs vont longtemps s’avérer incapables d’installer leur powerplay. Ils se font eux-mêmes sanctionner d’un faire trébucher (49'35") entamant grandement leurs cinq minutes de supériorité durant lesquelles seul Briand, à bout portant, aura été en mesure de marquer. Mais c’était sans compter sur la mitaine d’Hočevar, aussi photogénique qu’efficace sur la reprise de volée du Saint-Pierrais (52'32")...

Rien n’aura donc réussi aux Dijonnais. Pas même cette incursion d’un Mašlonka parvenu à s’ouvrir le chemin des filets, du revers, après avoir dribblé Hočevar (55'36"). Pas sûr que ce but aurait atténué la déception des Bourguignons, qui n’étaient tout simplement pas de taille à lutter contre un adversaire donnant, actuellement, la pleine mesure de ses possibilités. Stéphane Barin tirant indéniablement le meilleur de ses joueurs.

Au presque parfait !

Aucun grain de sable ne pouvait, en effet, venir gripper les rouages bien huilés de la meilleure défense du championnat, qui aura fait le plein de confianceMoisand devant Briand et de points avant de goûter un repos mérité. Maxime Moisand, Anže Kuralt et Ken Ograjenšek n’auront toutefois pas le temps de souffler durant cette première trêve internationale. Le Français, appelé à pallier l’indisponibilité de Kevin Hecquefeuille, défendra les couleurs tricolores à Stavanger (Norvège) tandis que les deux Slovènes s’en iront disputer le tournoi de Katowice (Pologne)...

 

Réactions d’après-match (dans Vosges Matin)

Benoît Quessandier (défenseur et capitaine de Dijon) : " n savait que c'était difficile de venir ici. Or on les a laissés faire le break d'entrée, et quand on commence à courir après le score, c'est compliqué. On gagne les matchs le mardi (en coupes) et on les perd le samedi, c'est ça qui est dommage."

Stéphane Barin (entraîneur d'Épinal) : "Quand on commence un match comme ça, en marquant trois ou quatre buts au premier tiers, on se facilite la tâche. Les mecs avaient encore faim avant de partir un peu en vacances. C'était important. Pour une fois, on a bien géré le match en deuxième période."

 

Épinal - Dijon 5-1 (4-1, 0-0, 1-0)
Samedi 31 octobre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 600 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre, assisté d’Anne-Sophie Boniface et Aurélien Smeeckaert.
Pénalités : Épinal 33’ (4’, 4’ , 5’+20’) ; Dijon 12’ (6’, 4’, 2’).
Tirs : Épinal 34 (12, 13, 9) ; Dijon 28 (6, 12, 10).

Évolution du score :
1-0 à 04'50" : Moisand assisté de Rapenne et Hordelalay
2-0 à 07'27" : Sabatier assisté de Cacciotti et Sušanj (sup. num.)
3-0 à 10'08" : Plch assisté de Klouček et Sabatier
3-1 à 12'23" : Riendeau assisté de Brown
4-1 à 14'14" : Fujerik assisté de Moisand et Ograjenšek (sup. num.)
5-1 à 42'03" : Cacciotti assisté de Kloz et Sabatier

Épinal

Attaquants :
Anže Kuralt - Dominik Fujerik - Ken Ograjenšek
Steven Cacciotti - Florian Sabatier - Ján Plch (A)
Anthony Rapenne - Matthieu Le Blond - Pierre-Charles Hordelalay
Maxime Martin - Hugo Vinatier - Yannick Offret (A)

Défenseurs :
Tomáš Klouček - Maxime Moisand (C)
Jiří Klimíček - Vojtěch Kloz
Gašper Sušanj - Thibaut Farina
Martin Charpentier

Gardien :
Andrej Hočevar

Remplaçant : Lucas Savoye (G).

Dijon

Attaquants :
Aram Kevorkian [puis Brown à 10'08"] - Brian McMillin [puis Briand à 10'08"] - Yanick Riendeau (A)
Alexandre Mulle [puis Kevorkian à 10'08"] - Mathieu Briand [puis McMillin à 10'08"] - Marek Mašlonka
Loïc Chabert - Jared Brown [puis Mulle à 10'08"] - Geoffrey Parisot [puis Bastien Lardière]

Défenseurs :
Benoît Quessandier (C) - Rémi Blanchard
Samuel Groulx (A) - Quentin Mahier
Thomas Roussel - Marek Kolba

Gardien :
Matija Pintarič

Remplaçants : Pierre Pawelek (G), William Kern, Aloïs Franzino. Absents : William Wallén (épaule), Romain Guttierez (double fracture du métatarse), Benoît Valier.