Dunkerque - Val Vanoise (Division 1, 8e journée)

Nikkilä rime avec sang-froid...
 
Sévèrement refroidis en Touraine, les Corsaires ont, par le fait notamment de leur indiscipline, retrouvé le goût amer de la défaite. La réception des Bouquetins de Vanoise peut leur permettre de reprendre la marche en avant. Elle se fera sans un élément essentiel du bon début de saison, Joé Dubé, toujours blessé, ce qui oblige Antoine Richer à revoir son alignement. Même équation pour son homologue Pierre Rossat-Mignod, qui doit se passer des deux blessés Léonard Nalliod-Izacard et Maxence Wagret (toutefois équipé), le nouvel arrivant Kyle Mariani n'étant pas encore disponible.
 
Les Maritimes semblent empreints de très bonnes intentions et pressent très haut. Après Brachet, Buonincontri lance vers Vladislav Koutský, dont la mitaine capte l'essai du Canadien. Les présences courtes s'enchaînent chez les bleus, pour maintenir la pression sur les Bouquetins. Ces derniers n'ont pas encore employé Martel qu'un palet mal maîtrisé par Jonathan Lafrance arrive jusqu'à Roope Nikkilä. Le Finlandais s'avance et d'un lancer croisé en hauteur surprend Martel (0-1 à 02’56"). La réussite continue de toucher les visiteurs, la passe de la droite de Kalinovic étant parfaitement exploitée par son centre, qui contrôle et ajuste Martel, peu aidé par sa défense (0-2 à 04’47").
 
Le temps-mort demandé par Antoine Richer porte ses fruits. Ses joueurs reprennent leur travail de sape par Budínský, dont la passe en retrait est reprise en force par Maxime Brachet vers Koutský, bien en place, y compris lorsqu'il faut fermer la porte à Moretti sur un tir détourné involontairement. Michaël Buonincontri force le passage contre la bande et ouvre une brèche à Younes Baazzi, dont le tir oblige le Tchèque à repousser alors qu'une obstruction est sifflée à l'encontre de son défenseur Faure-Félix. Dunkerque ne laisse pas passer l'occasion : Buonincontri allume la mèche, Koutský repousse de justesse, le palet demeure dans les environs et Loïc Destoop s'en empare pour le catapulter en force dans le petit filet (1-2 à 07’51").
 
Encore secoué par Younes Baazzi, Val Vanoise attend la moindre opportunité pour contrer. Elle arrive ainsi d'une interception dans la zone neutre de Lucas Bonnardel, permettant à un autre jeune Grenoblois, Antoine Torres, d'employer Marc-André Martel, qui concède un rebond dangereux plein axe. Toutefois, le jeu se déroule majoritairement dans la zone savoyarde, lorsque les Dunkerquois ne confondent pas vitesse et précipitation et parviennent à s'installer. Le pilonnage en règle se poursuit par Lionel Simon, dont un lancer oblige l'expérimenté capitaine Alexis Gomane à suppléer son gardien.
 
Loïc Destoop déséquilibré sur son aile par Duchosal, un surcroît de vigilance permet aux visiteurs de tuer la pénalité, non sans une nouvelle parade en déséquilibre de leur dernier rempart devant Clément Thomas. Revenus à cinq, les hommes de Pierre Rossat-Mignod terminent mieux le tiers, subissent moins le jeu et se redonnent même deux longueurs d'avance sur un jeu derrière la cage de Lukas Pek conclu par le rugueux défenseur Jiri Matejicek, aucunement gêné devant la cage (1-3 à 19’12").
 
La domination maritime est moins criante au retour des vestiaires. La pause ne paraît pas avoir brisé l'élan des Bouquetins désireux de rappeler de mauvais souvenirs à leurs hôtes sur une passe de Kalinovic vers Nikkilä. Positionné entre les cercles, ce dernier voit Martel le priver d'un triplé d'un arrêt solide… puis maintenir l'écart à la renverse devant Dorian Duchosal, une attaque à trois face à un seul défenseur étant gâchée par le troisième trio. Lukas Pek manque quant à lui une belle opportunité après une perte de palet de Lionel Simon, pressé par deux adversaires. Les Savoyards ne se détachent pas plus en supériorité numérique : l'obstruction de Maxime Brachet n'est pas mise à profit, Petr Stoklasa manquant de justesse dans son rôle de chef d'orchestre, le même sort touchant Nikkilä et sa passe trop appuyée dans la foulée d'une charge avec la crosse d'Alan Dana dans le dos de Blum.
 
En voyant le jeune Grenoblois, percuté par son capitaine Alexis Gomane, en perdre son bâton, le public croit la bonne séquence alpine prendre fin. Il n'en est rien. Michaël Buonincontri est dépossédé du palet dans sa zone par Lucas Bonnardel et Marc-André Martel fait l'arrêt… avant de perdre de vue un caoutchouc immobile à quelques centimètres de ses patins, situation dont profite Antoine Torres (1-4 à 31’57"). Les affaires de Dunkerquois seulement dangereux par quelques montées de Young sont au plus mal, d'autant qu'une passe en retrait de Brachet se transforme, au moment d'un changement de ligne, en offrande pour Martin Kalinovic, parti défier un Martel, avide de rachat.
 
Plutôt épargné au cours de ce tiers, Vladislav Koutský voit un surcroît d'ouvrage poindre à l'abord du deuxième coup de sirène. Dans un angle fermé, Thomas l'oblige à se coucher, une action chaude menée par Mikusovic et Brachet puis une percée de Young au cœur de la défense l'obligeant à user de la botte.
 
Ce surcroît d'intensité chez les Corsaires augure d'une dernière période bien plus intense. Koutský sort un arrêt de classe sur un lancer sans contrôle de Maxime Brachet, servi par Janik, monté dans le coin gauche. Un accrocher de Moretti suite à une récupération de palet de Pek met fin au début de révolte. Martel maintient le navire à flot devant Blum, au rebond d'un lancer de Romain Pierrel, ancien équipier du portier québécois à Mulhouse.
 
Sorti de geôle, François Moretti met le feu en repiquant du coin gauche suite à une mise au jeu pour se heurter à un portier stoïque. Le numéro 15 nordiste n'est pas plus heureux face à une cage ouverte après un coup de semonce de son capitaine Clément Thomas, qui fait trembler la cage. Deux sanctions en l'espace d'une quarantaine de secondes ont pour effet d'énerver les visiteurs, surtout la seconde de Stoklasa sur Mikusovic devant leur banc. Alan Dana feinte le lancer pour mieux servir Clément Thomas devant lui, mais Koutský ne tombe pas dans la feinte. Val Vanoise récupère un joueur mais Martin Kalinovic fait le chemin inverse après un échange musclé avec François Moretti. À 4 contre 3, Francis Ballet arme un lancer que le portier tchèque ne peut qu'effleurer (2-4 à 48’46").
 
L'expérimenté défenseur adresse une passe millimétré vers Michaël Buonincontri, dont la menace est écartée par Koutský, heureux de voir Antoine Houque lancer au-dessus sur une nouvelle alerte. Le trio « local » maintient le tempo et Thomas centre de la gauche vers Loïc Destoop. Malheureux dans sa reprise initiale, le numéro 22 récupère le disque à droite de la cage et l'expédie sans tergiverser vers l'enclave, un rebond heureux faisant le reste (3-4 à 53’03").
 
Dans une ambiance totalement chamboulée, Pierre Rossat-Mignod demande son temps-mort, sans trop de succès. Dès la reprise du jeu, Alexis Gomane est surpris par un rebond contre la bande et, dépassé par Buonincontri, le défenseur passé par Caen voit Antoine Houque, au rebond, conclure le travail de son partenaire québécois (4-4 à 53’54").
 
La panique gagne les Alpins, qui en oublient un cinquième joueur pour l'engagement. Alan Dana lance de la ligne bleue, Brachet suit mais Koutský parvient à sortir la rondelle, comme il le fait de la crosse sur la pression du premier bloc. Serré par Thomas sur un essai en hauteur de Destoop, le portier résiste jusqu'à la fin de rencontre, sortant de l'épaule une salve de Marek Mikusovic dans les derniers instants d'une partie que les Bouquetins auraient pu remporter sans un plongeon de Martel sur un 2 contre 1 mené par Stoklasa et Pek, au centre.
 
La prolongation est elle aussi dominée par les hommes d'Antoine Richer, après quelques incursions des visiteurs : la passe précise de Nikkilä vers Kalinovic, entre deux défenseurs, est ponctuée d'une parade salvatrice de Martel, de la botte, portier encore à l’œuvre sur un tir instantané de Pek. Les meilleures occasions sont dunkerquoises : d'abord une salve de Ballet à ras glace, détournée au-dessus de la cage, tout comme la percée de Thomas, qui rebondit sur le dessus de la barre. Ensuite une action de Mikusovic, échouée par un arrêt spectaculaire de Vladislav Koutský. Enfin et surtout à la faveur de deux fautes des Vanoisiens, une obstruction de Nikkilä sur Thomas et une crosse haute de Kalinovic sur Mikusovic. Clément Thomas fait encore parler la puissance, puis Alexis Gomane se sacrifie face à un essai de Moretti. Et comme Janik n'est pas plus heureux que Dana à la ligne bleue, c'est en fusillade que se conclut cette soirée peu avare en rebondissements.
 
Vit Budínský est le premier à s'élancer, et à tromper d'un tir ras glace un gardien (trop?) vite avancé. Il est suivi du double buteur du début de soirée. Déjà auteur d'un numéro apprécié par son public la semaine précédente face au Mont-Blanc, Roope Nikkilä remet le couvert en trompant Marc-André Martel comme il avait eu raison de Tom Charton : le Finlandais emporte le gardien vers sa droite et glisse le palet dans la cage vide grâce à une maîtrise laissant pantois le public local. Les quatre autres attaquants étant moins chanceux, voire maladroits, les deux protagonistes ont droit à une deuxième chance. Nikkilä s'élance avec la même nonchalance et trompe Martel sur sa droite dans un parfait symétrique de son premier tir. Le revers de Vit Budínský étant repoussé par Koutský, les joueurs de la Vanoise peuvent laisser exploser leur joie et rejoindre leur portier, auteur d'une soixantaine d'arrêts pour préserver une victoire qui leur paraissait longtemps acquise.
 
Deux semaines après avoir touché le fond à Anglet, les hommes de Pierre Rossat-Mignod regagnent les Alpes avec deux nouveaux points, dus en grande partie au talent de leur leader finlandais, mais aussi grâce au travail d'un ensemble appliqué à déjouer les initiatives locales, contre-attaquer avec acuité et trouver les ressources pour défendre au plus fort de la pression nordiste.
 
 
Dunkerque – Val Vanoise 4-5 t.a.b. (1-3, 0-1, 3-0, 0-0, 0-1)
Samedi 31 octobre 2015 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 460 spectateurs.
Arbitrage d'Adrien Ernecq assisté de Jérémie Douchy et Florian Tocqueville.
Pénalités : Dunkerque 14' (2’, 4', 8’, 0'), Val Vanoise 18' (6’, 0’, 8’, 4').
Tirs : Dunkerque 68 (20, 14, 24, 10), Val Vanoise 29 (10, 8, 8, 3).
 
Évolution du score :
0-1 à 02’56" : Nikkilä assisté de Matejicek et Pierrel
0-2 à 04’47" : Nikkilä assisté de Kalinovic
1-2 à 07’51" : Destoop assisté de Dana et Thomas (sup. num.)
1-3 à 19’12" : Matejicek assisté de Pek
1-4 à 31’57" : Torres assisté de Bonnardel
2-4 à 48’46" : Ballet assisté de Mikusovic et Budínský (sup. num.)
3-4 à 53’03" : Destoop assisté de Thomas et Lafrance
4-4 à 53’54" : Houque assisté de Buonincontri et Baazzi
 
Tirs au but :
Dunkerque : Budínský (réussi), Mikusovic (arrêté), Thomas (arrêté), Budínský (arrêté)
Val Vanoise : Kalinovic (manqué), Nikkilä (réussi), Pek (arrêté), Nikkilä (réussi).
 
 
Dunkerque
 
Attaquants :
Maxime Brachet - Marek Mikusovic - Vit Budínský
Clément Thomas (C) - François Moretti - Loïc Destoop
Michael Buonincontri – Antoine Houque - Younes Baazzi
 
Défenseurs :
Ondrej Janik – Jonathan Lafrance
Alan Dana - Lionel Simon (A)
Adam Young - Francis Ballet (A)
 
Gardien :
Marc-André Martel
 
Remplaçants : Pierrick Boudot (G), Victor Théry, Benjamin Bataille. Absents : Joé Dubé (blessé), Brendan Martial (en rééducation).
 
Val Vanoise
 
Attaquants :
Romain Pierrel (A) - Roope Nikkilä - Martin Kalinovic
Lukas Pek - Petr Stoklasa - Dorian Duchosal (A)
Antoine Torres - Hugo Blum - Lucas Bonnardel
 
Défenseurs :
Jan Zmeskal - Alexis Gomane (C)
Pierre Lathuillière - Jiri Matejicek
Maxime Favre-Félix
 
Gardien :
Vladislav Koutský
 
Remplaçants : Yann Chamel (G), Mathis Fillatre, Maxence Wagret (cuisse).
Absents : Léonard Nalliod-Izacard (blessé), Kyle Mariani (non qualifié).