Juha Metsola sous les yeux de Martin Brodeur

La Finlande aime voir loin. Comme à son habitude, son changement de sélectionneur a été annoncé neuf mois à l'avance : Kari Jalonen a refusé une prolongation d'un an cet été, et son contrat s'achèvera donc en 2016 après les championnats du monde. Lauri Marjamäki lui succédera pour deux saisons, mais ce bail comprend les prochains Jeux olympiques.

Jalonen prépare cependant assez peu l'avenir pour ce qui est de l'intégration des nouveaux. Il rassemble une équipe expérimentée, où la principale nouveauté se situe au niveau des gardiens. Avec les débuts de saison ratés de Koskinen et Engren, ce sont Harri Säteri (1 sélection) et Juha Metsola (2 sélections) qui garderont les cages finlandaises ce week-end. En deux apparitions sous le maillot finlandais, Metsola n'a cependant encaissé qu'un seul but au total ! Il évolue sous des yeux avertis, car un des meilleurs gardiens de l'histoire du hockey sur glace, Martin Brodeur, est un spectateur avisé de cette rencontre.

JORMAKKA Pekka 140510 309La Russie aligne quant à elle un jeune gardien de 20 ans, Ilya Sorokin, et trois débutants sur sa quatrième ligne : le grand Vitali Menshikov pour muscler la défense, le centre Vladislav Kartaev, qui a remplacé Popov blessé, et l'ailier Nikita Gusev, le joueur qui monte, qui a récemment rejoint le SKA Saint-Pétersbourg. Gusev sera un des plus en vue sur la glace.

Néanmoins, Znarok avait prévenu que l'heure n'était plus aux expérimentations, mais que l'Euro Hockey Tour servirait à préparer sa meilleure équipe pour les Mondiaux de Moscou. Le principal forfait est celui de Radulov, dont la femme doit accoucher de manière imminente. La sélection initiale comportait un nom pour le moins controversé : Vyacheslav Voynov, sitôt rentré en Russie et engagé à Saint-Pétersbourg après avoir purgé 90 jours de prison aux États-Unis pour violence conjugale... Il a finalement été laissé à la maison pour "raisons purement sportives", parce qu'il manque encore de préparation.

Après le départ outre-Atlantique de Panarin, la Russie se demandait qui le remplacerait sur son ancien "trio magique" avec Shipachev et Dadonov ? Dès les premiers entraînements, le pur buteur Sergei Mozyakin a été choisi. Lui aussi est dans l'actualité : vendredi dernier, il est devenu le troisième joueur de l'histoire à franchir le cap des 400 buts en championnat soviétique/russe (après les légendes Mikhaïlov et Starshinov).

Malgré les nombreuses vedettes, la Hartwall Arena est à moitié vide, alors que les autres années, les billets sont habituellement tous vendus. Il faut dire que dans l'antre des Jokerit, c'est un peu Finlande-Russie toutes les semaines en KHL...

Les équipes s'observent en début de match et gardent le palet en zone neutre. Il ne se produit pas de grande occasion, hormis un bel arrêt de Metsola sur lucarne cherchée par Dadonov. À partir de la douzième minute, les Finlandais connaissent un temps fort avec Lepistö puis Kontiola. Quand les Russes sortent de leur zone, c'est pour voir leur capitaine Ilya Kovalchuk décocher deux de ses lancers surpuissants à une minute d'intervalle. Le second est le bon, juste sous la barre (0-1). Piquée au vif, la Finlande réagit rapidement par ses défenseurs : d'abord Anssi Salmela qui reprend une passe de derrière la cage, ensuite Lasse Kukkonen qui trouve la faille sous le bouclier de Sorokin (1-1). Coupable sur cette égalisation, le gardien russe évite tout de même que son équipe soit menée à la pause en ayant l'oeil sur une dangereuse déviation de Jani Lajunen.

La Finlande repart aussi fort, avec un poteau. En 2 contre 1, Jormakka fait croire à la passe et choisit le tir, détourné par l'épaule de Sorokin. La Russie reprend enfin la possession du palet et calme le jeu. Kivistö accroche alors Shipachev pour la première pénalité du match, vite tuée par des Finlandais qui se jettent devant les seuls palets dangereux. Juha Metsola connaît ses minutes les plus chaudes juste après la mi-match, avec une bonne sortie face à Shirokov, un arrêt face à Kovalchuk et un réflexe du pied devant Gusev.

KOVALCHUK Ilya 130504 243En fin de deuxième tiers, Ilya Kovalchuk vient parler à l'arbitre après une pénalité contre Antipin et récolte dix minutes de prison. Comme son compagnon de ligne Grigorenko s'est déjà blessé en première période (remplacé par le treizième homme Shirokov, la Russie n'a plus que onze attaquants, et elle n'aime pas les lignes désorganisées.

Au moment où la pénitence du capitaine doit se terminer, Menshikov fait trébucher Hartikainen. Kovalchuk devra attendre, l'infériorité numérique n'est pas son domaine de spécialité. Une infériorité fatale : Petri Kontiola est le plus patient pour attendre l'angle de tir qui offre la victoire (2-1). Les Russes maîtrisent certes le palet par la suite, mais avec peu d'occasions d'égaliser. Le mieux placé est Shirokov qui tire juste à côté.

Même s'il n'a pas été toujours mis à rude épreuve, Juha Metsola poursuit donc son très beau bilan en équipe de Finlande : 3 sélections, et toujours aucun match en dessous de 95% d'arrêts... Martin Brodeur a dû apprécier.

Commentaires d'après-match :

Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : "Je n'ai aucun reproche à faire à mes joueurs sur leur engagement. Les jeunes m'ont plu. Mais un but ne suffit pas pour gagner. On tire trop peu. J'avais prévenu que le rythme serait différent et que les Finlandais se déplacent bien... Grigorenko a une vertèbre déplacée. Je ne connais pas encore la gravité. Le capitaine [Kovalchuk] a le droit de parler à l'arbitre. Ce qu'il lui a dit, c'est autre chose... Sorokin est un gardien d'avenir, calme avec du caractère. Koshechkin jouera le deuxième match, ensuite on verra."

 

Finlande - Russie 2-1 (1-1, 0-0, 1-0)
Jeudi 5 novembre 2015 à 18h30 à la Hartwall Arena. 7631 spectateurs.
Arbitrage de Mikael Sjöqvist et Marcus Linde (SUE) assistés de Pasi Nieminen et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Finlande 2' (0', 2', 0'), Russie 14' (0', 2'+10', 2').
Tirs : Finlande 25 (10, 9, 6), Russie 23 (8, 10, 5).

Évolution du score :
0-1 à 15'22" : Kovalchuk assisté de Grigorenko et Grigoriev
1-1 à 16'56" : Kukkonen assisté de Huhtala et Ohtamaa
2-1 à 49'58" : Kontiola assisté de Lepistö et Hietanen (sup. num.)


Finlande

Attaquants :
Pekka Jormakka - Jarmo Koskiranta - Teemu Hartikainen
Tuomas Kiiskinen - Petri Kontiola - Oskar Osala
Tomi Sallinen (+1) - Tommi Huhtala (+1) - Kristian Kuusela (+1)
Harri Pesonen (-1) - Jani Lajunen (-1) - Toni Koivisto (-1)

Défenseurs :
Anssi Salmela - Teemu Laakso
Sami Lepistö - Juuso Hietanen
Lasse Kukkonen (+1) - Atte Ohtamaa (+1)
Aleksi Elorinne (-1) - Tommi Kivistö (-1, 2')

Gardien :
Juha Metsola

Remplaçants : Harri Säteri (G), Mika Pyörälä.

Russie

Attaquants :
Sergei Mozyakin (A, -1) - Vadim Shipachev (-1) - Evgeny Dadonov (-1)
Ilya Kovalchuk (C, +1, 10') - Nikolaï Prokhorkin (+1) - Igor Grigorenko (+1)
Anton Burdasov - Ilya Kablukov - Sergei Andronov
Nikita Gusev - Vladislav Kartaev - Daniil Apalkov
Sergei Shirokov

Défenseurs :
Viktor Antipin (-1, 2') - Maksim Chudinov (-1)
Nikita Zaitsev - Denis Denisov (A)
Mikhaïl Grigoriev (+1) - Mikhaïl Pashnin (+1)
Yegor Yakovlev - Vitaly Menshikov (2')

Gardien :
Ilya Sorokin [sorti de 58'37" à 59'16" et de 59'35" à 60'00"]

Remplaçant : Vassili Koshechkin (G). En réserve : Denis Kostin (G), Dmitri Vishnevski, Bogdan Kiselevich (D), Danis Zaripov, Aleksei Tsvetkov (A).