France - Hongrie (EIHC, tournoi de Stavanger)

Après deux défaites face aux pays scandinaves, la France joue son dernier match contre une équipe qui intègrera l'élite mondiale pour la deuxième fois au printemps prochain, une équipe qui sera dans son groupe aux Mondiaux : la Hongrie.

L'invitation à ce tournoi change le quotidien de la Hongrie, qui n'était plus habituée à affronter des pays de ce niveau. Pour autant, il n'entre pas en priorité absolue. Au contraire, le sélectionneur national Rich Chernomaz a préféré aller... en France. Il encadre l'équipe U20, à un mois de son championnat du monde, et laisse son adjoint Diego Scandella gérer les séniors, qui commencera les choses sérieuses plus tard (mais assez rapidement quand même, avec la préqualification olympique en février). L'équipe A, elle, est un peu affaiblie. Deux joueurs-clés, Istvan Sofron (blessé au genou) et Viktor Tokaji (blessé à l'épaule) sont venus au camp, mais n'étaient pas en condition suffisante.

Nettement battus le premier jour, les Hongrois ont eu les mêmes difficultés que la France, mais eux ont réussi à prendre un point dès leur deuxième match en poussant les Danois aux tirs au but. Ils évoluaient sans Kevin Wehrs, touché à l'épaule mais rétabli ce soir pour former une "paire de naturalisés" avec Jesse Dudas. En revanche, Karol Csányi s'est étiré un muscle de la cuisse, et Balázs Sebok - joueur d'élite finlandaise - a une inflammation des sinus. Le seul expatrié de la Hongrie est donc Balint Magosi, l'attaquant de Briançon.

BESCH Nicolas 140509 366Les Hongrois avaient amené trois gardiens, et chacun a eu son match : Bence Balizs est titularisé ce soir. La France n'a que deux portiers, mais ils auront aussi un temps de jeu strictement égal : le remplacement de Ronan Quemener par Florian Hardy est prévu après trente minutes de jeu.

Le premier coup de sifflet intervient après moins d'une minute pour surnombre, après un changement complètement raté par la Hongrie, et la France domine cette première période où l'on joue rarement à 5 contre 5. Nicolas Besch frappe même le poteau. Malheureusement, comme les jours précédents, les Bleus encaissent encore en infériorité numérique : Jesse Dudas lance de la ligne bleue, et Balazs Somogyi redirige le palet vers les filets pour son deuxième but en deux jours (1-0).

La deuxième période part à toute allure. La France commence à 5 contre 4, mais Chakiachvili est pénalisé pour obstruction et l'avantage s'inverse. Pourtant, Mathieu Briand s'échappe en infériorité et subit un cinglage de Dudas. Le jeune Français bénéficie d'un tir de pénalité et vise la lucarne droite... mais tire juste au-dessus. Les Bleus semblent tirer profit d'un avantage physique pour asphyxier leurs adversaires, mais sans concrétiser. C'est la même Hongrie qui est proche de doubler la mise quand Aron Reisz lance sur la transversale.

Au troisième tiers-temps, une pénalité de Bence Balisz est exploitée dès la mise au jeu, puisqu'il faut 4 secondes à Damien Fleury pour égaliser. Et comme les Bleus les jours précédents, les Hongrois pâtissent de leurs pénalités. Gergö Nagy prend 2'+2' pour crosse haute, et Jonathan Janil vient dévier dans l'enclave le tir de la bleue de son coéquipier bordelais Nicolas Besch. Une minute plus tard, Benk part à son tour en prison (faire trébucher), et la Hongrie passe une minute en double désavantage. Quand Nagy sort de la geôle, il a juste le temps de poser le pied sur la glace qu'Antonin Manavian a clos le score à 1-3.

Cette trêve internationale aura permis à l'ensemble des équipes de se rendre compte de l'influence des consignes de l'IIHF, qui ont fait passer le mot aux arbitres d'une grande sévérité. La capacité à s'y adapter sera un élément-clé de la réussite aux prochains Mondiaux.

Désignés joueurs du match : Damien Fleury pour la France et Balazs Somogyi pour la Hongrie.

Commentaires d'après-match

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "Jusqu'au dernier tiers-temps, le match était équilibré. L'équipe de Hongrie a fourni une performance bonne et stable dans un match aussi serré, et ce sera un adversaire difficile aux championnats du monde. Les supériorités numériques ont fait la différence, comme cela s'est produit à nos dépens les deux premiers jours. Notre adversaire était fatigué, et nous l'avons mis sous une pression plus forte pour le fatiguer encore plus."

Balazs Somogyi (attaquant de la Hongrie) : "Je ne dirais pas que c'était une déviation intentionnelle, mais j'étais au bon endroit au bon moment. Je n'ai pas vu comment le palet est entré, simplement que mes coéquipiers venait me congratuler. Je me sentais mieux aujourd'hui, je savais à quelle vitesse de jeu m'attendre. J'avais vu les matches de la France hier, c'est une équipe assez agressive. Les coachs nous ont dit que les crosses doivent rester sur la glace, parce que ce sera important de rester à égalité numérique aux Mondiaux. Je veux croire en ma chance de participer aux championnats du monde, et si cela n'arrive pas, j'aurai ma conscience pour moi parce que j'aurai fait de mon mieux. Statistiquement, ce week-end n'a pas nui à mes chances, mais je vois encore me développer et le je ferai aussi en club."

Bence Szirányi (défenseur de la Hongrie) : "Souvent, la tolérance zéro s'applique dans les matches IIHF. On ne peut pas toucher l'adversaire mais uniquement le palet. Il y a deux conditions pour ça, la concentration, pour ne pas faire de faute si on n'est pas à temps, et la condition physique, car pour être au bon endroit il faut plus patiner. Souvent, quand il y a des absents, l'équipe est à la peine. Cette fois, la moyenne d'âge était basse, mais les jeunes voulaient montrer qu'ils avaient leur place, ils n'ont rien lâché. Dans notre groupe, nous devrons nous focalisé sur la défense et sur les moyens de lancer des contre-attaques."

 

France - Hongrie 3-1 (0-1, 0-0, 3-0)
Samedi 7 novembre 2015 à 13h00 à la DNB Arena de Stavanger. 131 spectateurs.
Arbitrage de Tripimir Piagic et Roy Stian Hansen (NOR) assistés de Ulrich Pardatcher et Jon Kilian (NOR).
Pénalités : France 16' (6', 4', 6') ; Hongrie 20' (8', 4', 8').
Tirs : France 35 (13, 7, 15) ; Hongrie 20 (8, 7, 5).

Évolution du score :
0-1 à 15'58" : Somogyi assisté de Dudas et Kovacs (sup. num.)
1-1 à 42'54" : Fleury assisté de Chakiachvili et Perret (sup. num.)
2-1 à 49'51" : Janil assisté de Besch et Valier (sup. num.)
3-1 à 51'52" : Manavian assisté de Meunier et Fleury (sup. num.)


France

Attaquants :
Jordann Perret (+1, 5'+20') - Laurent Meunier (C, +1, 6'+10') - Damien Fleury (+1)
Damien Raux (+1) - Nicolas Ritz - Peter Valier
Nicolas Arrossamena (-1) - Valentin Claireaux (-1) - Loïc Lampérier (-1, 4')
Mathieu Briand (-1) - Maurin Bouvet

Défenseurs :
Florian Chakiachvili (2') - Antonin Manavian (+1, 2')
Nicolas Besch (+1, 2') - Jonathan Janil (2')
Maxime Moisand - Léo Guillemain (-1)
Raphaël Faure

Gardien :
Ronan Quemener puis Florian Hardy à 29'51"

En réserve : Julien Desrosiers, Charles Bertrand.

Hongrie

Attaquants :
Daniel Kóger - Ladislav Sikorcin - Csaba Kovács
Balazs Somogyi - Gergö Nagy - Aron Könczei
Andras Benk - Krisztian Nagy - Balint Magosi
Ferenc Kocsis - Aron Reisz - Tamas Sarpatki

Défenseurs :
Tamas Pozsgai - Bence Szirányi
Kevin Wehrs - Jesse Dudas
Attila Orbán - Daniel Szabó
István Mestyán - Daniel Kiss

Gardien :
Bence Bálizs [sorti à 59'45"]

Remplaçant : Miklos Rajna (G).