Présentation NHL 2015/2016 : Division Atlantique (4/4)

Fin du tour d’horizon de l’intersaison NHL avec la division Atlantique : le finaliste de la dernière coupe Stanley remet le couvert, face à des formations canadiennes ambitieuses et quelques équipes qui regardent enfin vers le haut...

Par Lionel LT. et Nicolas Leborgne

boston bruins logoL'année dernière, pour la première fois en huit ans, les Boston Bruins n'ont pas accédé aux playoffs - au grand soulagement de la plupart des équipes qualifiées, qui n'auraient pas aimé se retrouver contre eux... Cette désillusion a engendré de nombreux changements dans l'effectif, mais le noyau dur de vétérans reste intact. Rien n'est plus dangereux qu'une bête blessée : Boston peut encore croire à la Stanley Cup.

Certes, deux joueurs importants de l'effectif ne sont plus là : Milan Lucic a rejoint les Kings de Los Angeles pour des raisons de plafond salarial, et la franchise n'a pas pu retenu le très prometteur Dougie Hamilton, qui voulait changer d'air. De bonnes recrues sont arrivées pour compenser ces pertes, notamment Matt Beleskey et Jimmy Hayes (en échange de Reilly Smith). On peut mentionner également Brett Connolly : il n'est pas à proprement parler une recrue, mais il n'a joué que 5 matchs la saison dernière à cause d'une blessure à la main, et sa présence peut changer beaucoup de choses au sein de l'attaque des Bruins.

Cependant, les principales incertitudes des Bruins sont liées à la défense : depuis l'arrivée de Claude Julien, elle est l'un des points forts des Bruins, la raison principale pour laquelle ils ont remporté la Stanley Cup en 2011 et sont parvenus en finale en 2013. A l'inverse, leurs problèmes défensifs apparus l'an dernier les ont privé des playoffs.

Le départ de Hamilton est évidemment préjudiciable, mais un Adam McQuaid en pleine forme et Kevan Miller ont le niveau pour compenser cette perte. La principale incertitude est liée aux blessures : celle au dos de Dennis Seidenberg, mais surtout l'état de santé général du capitaine Zdeno Chara. Après avoir manqué une partie de la saison l'an dernier à cause d'un genou récalcitrant, il avait profité de l'absence des playoffs pour se refaire une santé. Hélas, il a rechuté lors du premier match de présaison... On espère qu'il reviendra en forme, tant les Bruins ont besoin de sa solidité pour espérer renouer avec le succès.

L'autre incertitude majeure pour Boston est l'identité du coach : après 9 années de bons et loyaux services à la tête des Bruins, Claude Julien a failli être renvoyé au printemps dernier, mais la direction s'est contentée de limoger le GM Peter Chiarelli. Même si Patrice Bergeron assure que l'équipe croit en lui et que les médias de Boston plaident sa cause, il demeure plus que jamais sur la sellette. Malgré ces quelques heurts, force est de contaster que les atouts ne manquent pas : la colonne vertébrale de l'équipe a fière allure, du gardien Tuukaa Rask jusqu'aux attaquants Bergeron et David Krejci, en passant par Chara dont on a déjà parlé. Si l'équipe peut compter sur ces quatre joueurs en pleine santé, elle ne craint pas grand monde dans la Ligue. Mais Zdeno Chara n'est pas le seul à connaître des pépins de santé : Krejci n'a participé qu'à 47 matchs lors de la saison 2014-2015 en raison de nombreuses blessures.

Pour résumer, cette saison s'apparente à un "tout ou rien" pour les Boston Bruins, à l'image de leur passé récent : la franchise peut s'effondrer comme l'année dernière en raison de la méforme de ses joueurs cadres et à cause de nombreux départs, mais elle peut tout aussi bien remporter une Stanley Cup cinq ans après son exploit de 2011, si tout le monde parvient à rester en bonne santé et soudé autour de Claude Julien.
Ceux d'entre vous qui désirent parier peuvent se laisser tenter : les Bruins sont donnés vainqueurs de la prochaine Stanley Cup à 26 contre 1 d'après les principaux guides de paris sportifs, loin derrière les Rangers ou les Blackhawks par exemple.

Arrivées : AG Matt Beleskey, AD Jimmy Hayes, C Zac Rinaldo, D Matt Irwin, AG Joonas Kemppainen
Départs : AG Milan Lucic, D Dougie Hamilton, G Niklas Svedberg, AG Daniel Paille, C Gregory Campbell, C Carl Soderberg, D Matt Bartkowski, D David Warsofsky, C Gregory Campbell, AD Daniel Paille

Alignement prévisionnel

Attaquants
Matt Beleskey - David Krejci - Loui Eriksson
Brad Marchand - Patrice Bergeron - David Pastrnak
Jimmy Hayes - Ryan Spooner - Brett Connolly
Zac Rinaldo - Chris Kelly - Max Talbot
Défenseurs
Zdeno Chara - Zach Trotman
Torey Krug - Adam McQuaid
Matt Irwin - Kevan Miller
Gardiens
Tuukka Rask
Jonas Gustavsson / Malcolm Subban

 

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detroitCruelle saison 2014-2015 pour les Detroit Red Wings : à l'issue d'une saison régulière plus que satisfaisante, qui voyait la franchise disputer les playoffs pour la 24e fois consécutivement, prolongeant ainsi la série record (NBA, NHL, NFL et MLB confondus), les Rouge et Blanc se faisaient éliminer dès le premier tour par Tampa Bay, les futurs finalistes, après avoir mené 3-2.

Pour faire oublier cette désillusion, Ken Holland n'a pas lésiné sur les moyens : si les Red Wings sont habituellement assez frileux sur le marché des agents libres, ils ont cette fois-ci desserré les cordons de leur bourse pour s'offrir notamment les services de Brad Richards, attaquant canadien certes sur le déclin à 35 ans, mais qui peut encore assurer une quarantaine de points par saison, ainsi que son compatriote Mike Green, défenseur droitier en provenance des Capitals.

Cependant, les deux plus gros bouleversements ne se situent pas là : tout d'abord, il faut bien évidemment évoquer le départ de l’entraîneur Mike Babcock pour les Toronto Maple Leafs, après dix années de bons et loyaux services. Le changement devrait cependant se faire en douceur. Son remplaçant n'est autre que Jeff Blashill, qui connait bien la maison pour avoir été un ancien coach assistant au sein de la franchise, et qui dirigeait la saison dernière les Grand Rapids Griffins, l'équipe associée en AHL (American Hockey League).
L'autre chamboulement provient du centre de l'attaque. Le rookie Dylan Larkin s'apprête à disputer le premier match de la saison, ce qui en ferait le premier junior à intégrer la rotation depuis 25 ans. Certes, Larkin bénéficie des blessures de Pavel Datsyuk and Darren Helm. Mais on sait que les Red Wings sont très réticents à l'idée de lancer directement leurs recrues dans le grand bain et préfèrent généralement les faire mûrir en AHL. C'est dire la confiance qu'ils portent dans le jeune joueur américain, médaillé de bronze à Prague.

On évoquait la blessure de Pavel Datsyuk : on espère que le vétéran de 37 ans se remettra vite, tant il demeure le meilleur joueur de la franchise, capable d'inscrire son point par match tout en étant un véritable rempart en défense. Il lui reste encore deux ans de contrat, qui sera probablement son dernier. Ses coéquipiers sont vraiment désireux de lui permettre de remporter la Stanley Cup avant son départ.
Ceux qui aiment parier sur le hockey savent cependant que les bookmakers sont plus sceptiques et ne voient pas les Red Wings se mêler à la lutte pour le titre. Les spécialistes voient plutôt les Tampa Bay Lighting ou les Canadiens de Montréal se disputer la première place de la conférence Atlantique. Si Detroit semble pouvoir accéder aux playoffs sans trop de difficultés, le chemin vers la Coupe est encore long...


Arrivées : D Mike Green, C Brad Richards, Jeff Blashill (entraîneur)
Départs : C Stephen Weiss, D Marek Zidlicky, AD Erik Cole, G Jonas Gustavsson, Mike Babcock (entraîneur)

Alignement prévisionnel
Attaquants
Justin Abdelkader - Henrik Zetterberg - Gustav Nyquist
Tomas Tatar - Brad Richards - Darren Helm
Johan Franzen - Riley. Sheahan - Teemu Pulkkinen
Drew Miller - Luke Glendening - Landon Ferraro
Défenseurs
Nicklas Kronwall - Jonathan Ericsson
Danny DeKeyser - Mike Green
Kyle Quincey - Brandon Smith
Gardiens
Jimmy Howard
Petr Mrazek

 

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montrealLes saisons se suivent... et se ressemblent pour les Canadiens de Montréal : encore une fois, ils ont déroulé lors de la saison régulière, terminant en tête de la division Atlantique avec la bagatelle de 110 points. Et encore une fois, ils ont échoué en playoffs.

Certes, la confrontation avec Tampa Bay fut âprement disputée, mais les résultats sont là : une élimination de plus. Sachant que la dernière Stanley Cup remportée par Montréal remonte à la saison 1992-1993, les supporters commencent à trouver le temps long... Les dirigeants se sont-ils donné les moyens de franchir la dernière marche cette année ? On serait tenté d'apporter une réponse de Normand : "ptêt ben qu'oui, ptêt ben qu'non".

Défensivement, aucune inquiétude du côté des Canadiens : Carey Price est sans conteste le meilleur gardien de la Ligue, et peut compter sur l'un des duos les plus redoutés de la Ligue en défense. Pernell Karl Subban est devenu une superstar, et Andreï Markov le seconde admirablement. Si les rotations défensives pouvaient inquiéter, l'arrivée de Jeff Petry en provenance des Oilers d'Edmonton devrait arranger les choses - si tant est qu'il faille s'inquiéter : avec 184 buts encaissés lors de la saison dernière, Montréal était la franchise la plus hermétique de la Ligue.

C'est au niveau de l'attaque que les problèmes se posent : 11e l'an passé avec 214 buts marqués, c'est trop peu pour un prétendant sérieux au titre. Pour compenser ce déficit, les Canadiens vont tenter de relancer Alexander Semin, qui arrive en provenance des Carolina Hurricanes pour une bouchée de pain. Il faut dire que sa dernière saison était médiocre (6 buts marqués seulement). Mais ce vétéran de 31 ans nous a habitué à mieux (7 fois plus de 20 buts lors de ses 10 années en NHL), et il possède l'avantage de pouvoir évoluer sur l'aile droite comme sur l'aile gauche. Pour l'aile gauche, Montréal fait plus que jamais confiance à Max Pacioretty, promu capitaine. A droite, les recrues se multiplient : en plus de Semin, on assiste à l'arrivée de Zack Kassian et de Tomas Fleischmann (qui ne peut pas faire pire que sa performance lors des derniers playoffs avec les Ducks).

Au niveau du coaching, Michel Therrien rempile pour une nouvelle saison, au grand dam de la plupart des supporters. Certes, ses résultats en saison régulière ne souffrent d'aucune contestation, mais le style offensif de l'équipe (schématisé par certains en « je balance le palet derrière le but adverse et j'espère que les attaquants le récupèreront ») laisse à désirer.

Bilan global : les Canadiens devraient encore une fois se régaler lors de la saison régulière, mais difficile de les imaginer en favori pour le titre. Sans Carey Price, vainqueur incontesté du trophée Hart l'an passé, Montréal semble une équipe moyenne. Cependant, le nouveau système de prolongations (à 3 contre 3) peut les avantager lors des matchs serrés. Mais encore une fois, tout va reposer sur les épaules de Price... Les bookmakers ne s'y trompent pas : les principaux sites de paris, comme PMU ou Betclic, ne placent pas Montréal parmi les principaux prétendants à la coupe Stanley. Les Blackhawks de Chicago restent les favoris à leur propre succession.

Arrivées : AD Alexander Semin, AD Zack Kassian, AG Tomas Fleischmann, D Mark Barberio, C Bud Holloway
Départs : AD PA Parenteau, AD Brandon Prust, C Manny Malhotra, D Mike Weaver, D Sergei Gonchar

Alignement prévisionnel
Attaquants
Max Pacioretty - Tomas Plekanec - Brandon Gallagher
Lars Eller - Alex Galchenyuk - Alexander Semin
Tomas Fleischmann - David Desharnais - Dale Weise
Bryan Flynn - Torrey Mitchell - Zach Kassian
Défenseurs
Andrei Markov - P.K. Subban
Alexei Emelin - Jeff Petry
Nathan Beaulieu - Tom Gilbert
Gardiens
Carey Price
Mike Condon


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Toronto Maple LeafsLes Toronto Maple Leafs reconstruisent... Encore, diront les mauvaises langues. Le dernier titre remonte à 1967 et on n’imagine mal que la série noire s’interrompe. Il faut dire que les Leafs se sont fait une spécialité des bons départs de saison avant une chute spectaculaire, un peu comme les feuilles mortes...

La saison dernière s’est achevée péniblement à la 15e place à l’Est, 27e au total, alors que l'équipe était dans le coup à Thanksgiving. Un retour dans le top-8 passera par des changements radicaux et, sur ce plan, le staff s’y est employé. Brandon Shanahan, président de l’équipe, a rapidement recruté un nouvel entraîneur : Mike Babcock. Après dix ans à Detroit, le champion olympique, référence de la ligue, s’offre un nouveau défi – et ses adjoints dans les bagages. Un nouveau manager général est également arrivé, et celui-ci, personne ne l’attendait. Lou Lamoriello, architecte du succès des Devils depuis 1987, avait cédé son poste dans e New Jersey à Ray Shero pour conserver la présidence du club... qu’il a finalement quitté quelques semaines plus tard. Le bilan de Lamoriello depuis cinq ans reste très décevant, mais son aura, son autorité, son charisme, peuvent faire merveille dans une franchise en quête d’un capitaine à la barre.

Sur la glace, l’effectif a aussi changé, en partie. C’est surtout le départ de Phil Kessel qu’il faudra remplacer. Le seul vrai buteur de l’effectif, pris en grippe par la presse, a été envoyé à Pittsburgh contre des jeunes prometteurs.
Toronto devra améliorer à peu près tous les postes. Le duo de gardien, James Reimer-Jonathan Bernier, va se bagarrer pour le poste de n°1, après une saison décevante, peuplée de buts gags. La défense n’a pas vraiment aidé, il faut dire. Le capitaine Dion Phaneuf, risée des supporters – un peu injustement – mène une escouade qui n’a guère paru à l’aise. Jake Gardiner a décliné, Morgan Rielly reste encore bien jeune. Roman Polak, Matt Hunwick et le vétéran Stephane Robidas restent limités. A voir si Stuart Percy ou Scott Harrington peuvent bousculer l’alignement, mais il y a peu de chances que l’un de ces rookies au profil de défenseur pur change radicalement la donne.
En attaque ? James van Riemdsyk sera bien seul, avec Nazem Kadri, à porter l’offensive. Les deux hommes manquent souvent de constance, mais auront cette fois la responsabilité des événements et ne pourront plus se cacher. Tyler Bozak, centre de soutien, aura lui aussi des responsabilités sans doute plus grandes qu’il ne peut les assumer. Mais sorti de ces trois-là, qui pour marquer ? Un Joffrey Lupul fragile ? Un Michael Grabner rapide, mais inefficace devant la cage depuis deux ans aux Islanders ? Richard Panik, plus ou moins jeté par Tampa Bay ? Les travailleurs Winnik, Komarov, Spaling voire Parenteau peuvent dépanner, mais pas porter le jeu. Pas plus que Shawn Matthias, qui, avec le jeune Peter Holland, risque de finir dans le top-6 par défaut.

Toronto n’a clairement pas les armes pour lutter pour les playoffs. Il faudrait une conjonction extraordinaire pour cela : deux gardiens qui ne font plus de boulettes, des arrières qui nettoient mieux leur zone, des attaquants qui se découvrent une efficacité offensive. Cela fait beaucoup. En revanche, l’équipe-ferme s’annonce redoutable : William Nylander et Kasperi Kapanen vont patiemment y mûrir...

Arrivées : AD Mark Arcobello, AD Michael Grabner, D Matt Hunwick, C Shawn Matthias, AD P.A. Parenteau, C Nick Spaling, C Daniel Winnik, Mike Babcock (entraîneur)
Départs : AG David Booth, D Eric Brewer, AD Phil Kessel, C Zach Sill

Alignement prévisionnel
Attaquants
James van Riemsdyk - Nazem Kadri - Michael Grabner
Joffrey Lupul - Shawn Matthias - Richard Panik
Daniel Winnik - Tyler Bozak - Leo Komarov
Peter Holland - Nick Spaling – Pierre-Alexandre Parenteau
Défenseurs
Dion Phaneuf - Roman Polak
Jake Gardiner - Morgan Rielly
Matt Hunwick - Stephane Robidas
Scott Harrington
Gardiens
Jonathan Bernier
James Reimer


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ottawa senatorsLes Senators d’Ottawa ont réussi l’an dernier le plus gros renversement de situation de l’histoire de la NHL. Avec 23 victoires lors des 31 derniers matchs, portés par un gardien sorti de nulle part – Andrew Hammond – les Senators ont foncé en playoffs, où ils ont été logiquement sortis par Montréal.

La grande question à l’orée de cette saison 2015-2016, reste de savoir si l’effectif à ce qu’il faut pour confirmer cet élan. Le staff a joué la carte de la stabilité, conservant logiquement sa confiance à Dave Cameron, qui a su tourner les fortunes de l’équipe en remplaçant Paul MacLean en décembre. L’effectif, lui, n’a quasiment pas changé.

Dans les cages, Craig Anderson retrouve son poste de n°1, cédé l’an dernier sur blessure. L’identité du remplaçant ne faisait guère de doute. Le populaire Andrew Hammond a expédié Robin Lehner sur la liste des transferts.
La défense compte les mêmes arrières que l’an passé. Le talentueux et offensif Erik Karlsson, véritable quatrième attaquant, sera couvert par le défenseur-pur Marc Methot. Patrick Wiercioch et Codi Ceci ont gagné leur place dans le top-4. Il y aura de la concurrence sur les postes 5 à 7 en revanche, avec le rugueux Mark Borowiecki, l’éternel espoir décevant Jared Cowen, et des joueurs de ligue mineure, comme Chris Wideman, pendant que le vétéran Chris Phillips se remet d’une opération du dos.

L’attaque devra compenser cette ligne défensive peu sûre en continuant à proposer son jeu rapide et spectaculaire, avec un certain talent pour les contre-attaques. La 5e attaque de la ligue comptait quatre joueurs au-delà des vingt buts, avec une moyenne d’âge très jeune. L’émergence de Kyle Turris en vrai centre n°1 s’est synchronisée avec l’explosion de Mike Hoffman et Mark Stone (47 pts sur les 46 derniers matchs) : les deux hommes ont fini 3e et 4e au vote du trophée Calder l’an dernier. Charge à eux de confirmer. Les autres armes ne manquent pas, entre le buteur pur Bobby Ryan, très inconstant, l’ailier Milan Michalek, Clarke MacArthur et le rapide Mika Zibanejad. Le tout jeune Curtis Lazar, 20 ans, devrait gagner en responsabilités défensives aux côtés de Jean-Gabriel Pageau.

Avec un tel sprint final, il est logique qu’Ottawa ait joué la carte de la stabilité. Les mêmes hommes tenteront de reproduire leur performance, mais la marge de manœuvre s’annonce très réduite. La concurrence au sein de la division Atlantique est réelle : pas sûr que Boston s’écroule encore, et les Panthers sont en progression. Sans parler d’une équipe de Buffalo qui passe à la phase deux de sa reconstruction. Les points seront de plus en plus disputés...

Arrivées : C Eric O'Dell, AD Zack Stortini, D Michael Kostka, G Matt O'Connor.
Départs : G Robin Lehner, D Eric Gryba, C David Legwand, AG Erik Condra.

Alignement prévisionnel
Attaquants
Clarke MacArthur - Kyle Turris - Mark Stone
Mike Hoffman - Mika Zibanejad - Bobby Ryan
Milan Michalek – Jean-Gabriel Pageau - Curtis Lazar
Alex Chiasson - Zach Smith - Chris Neil
Shane Prince, Colin Greening
Défenseurs
Marc Methot - Erik Karlsson
Patrick Wiercioch - Codi Ceci
Mark Borowiecki - Chris Wideman
Gardiens
Craig Anderson
Andrew Hammond


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Buffalo SabresLes Buffalo Sabres en ont-ils fini avec le bas de tableau ? L’opération démolition/reconstruction démarrée il y a quelques saisons a trouvé son nadir la saison dernière, avec une prestation pitoyable au classement. 30e et dernier de la NHL depuis deux ans, la franchise de l’Etat de New-York est aussi la pire attaque de la ligue.

Malgré tout, le staff a patiemment accumulé les choix de draft et donc les jeunes prometteurs, avant de passer à la vitesse supérieure l’an dernier. L’arrivée de Zach Bogosian et Evander Kane contre Drew Stafford, Tyler Myers et quelques espoirs, participait déjà de ce processus. L’intersaison a permis un nouveau mouvement d’envergure. Les Sabres ont enrôlé Ryan O’Reilly et Jamie McGinn de Colorado, cédant en retour deux espoirs russes, Nikita Zadorov et Mikhail Grigorenko, ainsi que des choix de draft. Le même jour, les Sabres draftaient en n°2 Jack Eichel, un secret de polichinelle depuis qu’Edmonton avait gagné la loterie.

Eichel « colle » si bien à l’image des Sabres. Humble, travailleur, issu d’un milieu modeste... Eichel a occupé l’espace médiatique, comme un véritable sauveur de franchise. Médaillé de bronze à Prague avant même de passer pro, le meilleur joueur universitaire 2015 est déjà une star : une patinoire comble dès juillet pour un match intra-rookie, c’est dire le poids du jeune attaquant dans les espoirs des supporters...
Pour autant, ce sont surtout les autres mouvements qui peuvent permettre à Buffalo de remonter la pente dès maintenant. C’est qu’il y a 44 points à remonter au classement pour rêver de playoffs... Le staff a débuté en reconstruisant le banc – arrivée de Dan Byslma, ancien champion NHL avec Pittsburgh – puis les cages, en recrutant Robin Lehner à prix d’or. La défense, outre Bogosian, a été renforcée de Cody Franson, un arrière aux qualités de relance reconnues, pour compléter l’émergence des jeunes comme Rasmus Ristolainen, Mark Pysyk ou Jake McCabe. L’expérience de Josh Gorges est toujours là.

L’attaque a déjà meilleure allure que l’an dernier. Evander Kane, qui n’a pas encore porté l’uniforme local – il était blessé lors de l’échange avec Winnipeg – débutera sur la première ligne avec Ryan O’Reilly et Tyler Ennis, créant une ligne particulièrement rapide. O’Reilly sait qu’il doit se faire pardonner après son accident navrant de l’été : ivre, il a percuté un fast-food avec son véhicule... Une image à reconstruire, pour un centre aux qualités défensives de haut vol. Eichel centrera le buteur Matt Moulson, qui l’a pris sous son aile et l’héberge, et Zemgus Girgensons. Le tout jeune Sam Reinhart, champion du monde junior et ex-n°2 de draft, jouera lui aussi en NHL, après avoir goûté à la grande ligue à 9 reprises l’an dernier. Avec des buteurs d’appoint comme McGinn, Brian Gionta voire Marcus Foligno, et un centre expérimenté comme David Legwand, Buffalo peut enfin compter sur quatre lignes dangereuses.

Il parait improbable que les Sabres passent en un an de la 30e place à une qualification en playoffs, mais une chose est sûre : il ne sera pas aussi facile de récolter des points contre eux. L’effectif s’est solidifié et, si le choix de Lehner en n°1 reste un pari délicat, les Sabres sont sur la bonne voie. Rien que pour voir jouer Eichel, les tribunes seront pleines...

Arrivées : C Jack Eichel, C Ryan O'Reilly, AG Jamie McGinn, G Robin Lehner, D Cody Franson, D Matt Donovan, D Carlo Colaiacovo, Dan Bylsma (entraîneur)

Départs : C Cody Hodgson, D Nikita Zadorov, C Mikhail Grigorenko, D Andrej Meszaros, G Anders Lindback, Ted Nolan (entraîneur)

Alignement prévisionnel
Attaquants
Evander Kane - Ryan O'Reilly - Tyler Ennis
Matt Moulson - Jack Eichel - Zemgus Girgensons
Jamie McGinn - Sam Reinhart - Brian Gionta
Nicolas Deslauriers - David Legwand - Marcus Foligno
Johan Larsson, Cody McCormick
Défenseurs
Josh Gorges - Zach Bogosian
Mark Pysyk - Rasmus Ristolainen
Mike Weber - Cody Franson
Jake McCabe, Carlo Colaiacovo, Matt Donovan
Gardiens
Robin Lehner
Chad Johnson


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Florida PanthersLes Panthers de Floride furent l’une des équipes les plus spectaculaires de la fin de saison dernière. L’arrivée de Jaromir Jagr au sein de l’une des formations les plus jeunes de la ligue a proposé un cocktail détonnant : la légende tchèque s’est entendue comme larron en foire avec les gamins Jonathan Huberdeau et Alex Barkov, produisant un trio parmi les plus dominateurs du dernier quart de la saison.

Les Panthers espèrent qu’une année complète de Jagr, 43 ans, permettra à la franchise de passer l’épaule jusqu’au sprint final pour accrocher un top-8 qui échappe régulièrement au club – trois qualifications en playoffs depuis la création de la franchise en 1992 ! Jagr a resigné, ravi de jouer le rôle de mentor pour des jeunes aussi prometteurs. Le Tchèque a clairement pris sous son aile ses jeunes coéquipiers, avec une volonté affiché de transmettre son expérience pour les faire grandir au plus vite vers les sommets de la NHL.

L’intersaison a permis au staff de faire un gros ménage. De nombreux vétérans ont été libérés, afin de laisser la place à quelques jeunes talents émergents. Florida semble faire partie d’un groupe d’équipes pouvant accrocher la 8e place, mais cela sera une sacrée bagarre...

Dans les cages, les Panthers disposent en Roberto Luongo d’un vrai n°1, qui connait rarement des mauvais matchs. Le vétéran de 37 ans garde son équipe dans le match à chaque fois : à charge à son remplaçant, Al Montoya, d’assurer un intérim suffisant pour laisser souffler son aîné.
La défense a bien resserré les boulons l’an dernier, mais il faudra encore franchir un cap pour viser les playoffs. On trouve des défenseurs purs – le vétéran Willie Mitchell, le rugueux Erik Gudbranson – et des arrières mobiles, comme Brian Campbell, Dmitri Kulikov et surtout Aaron Ekblad qui, dès sa première saison à 18 ans, s’est imposé comme un défenseur incroyable. Auréolé du titre de rookie de l’année, Ekblad a compté 39 pts et 4 buts gagnants, une performance rarissime pour un défenseur si jeune – juste avant de gagner l’or à Prague avec le Canada... Le jeune prodige devra confirmer avec des responsabilités accrues cette année.

Son rôle est de lancer idéalement une ligne d’attaque complète. Outre la première ligne de « papy » Jagr et des gamins Huberdeau-Barkov, la deuxième ligne peut tout aussi produire. Le grand gabarit de Nick Bjugstad, un pur buteur, devient reconnu à l’Est. Le pivot pourrait centrer deux purs snipers, Brandon Pirri et Reilly Smith, acquis de Boston. Derrière, il y a de l’expérience sur les lignes d’échec (Dave Bolland, Jussi Jokinen, Derek MacKenzie) et un talent émergent, Vincent Trocheck.

L’entraîneur Gerard Gallant dispose donc d’un effectif allégé de vétérans inutiles, mais globalement assez stable par ailleurs. Il va pouvoir continuer à faire progresser ses jeunes talents, mettant l’accent sur une amélioration défensive et une amélioration des équipes spéciales. Réussir à maintenir Jagr productif tout au long de la saison sera aussi une des clés de la réussite. Florida dispose des armes pour batailler pour une place en playoffs, tout en étant conscient que cinq ou six équipes ont un niveau largement supérieur. Décrocher une Wild Card apparait comme l’objectif le plus accessible, tout en étant une mission difficile...

Arrivées : AD Reilly Smith, AG Lawson Crouse
Départs : AD Brad Boyes, AD Jimmy Hayes, G Dan Ellis, AG Scottie Upshall, D Shane O'Brien, AG Tomas Kopecky

Alignement prévisionnel
Attaquants
Jonathan Huberdeau - Alex Barkov - Jaromir Jagr
Brandon Pirri - Nick Bjugstad - Reilly Smith
Jussi Jokinen - Dave Bolland - Vincent Trocheck
Quinton Howden - Derek Mackenzie - Shawn Thornton
Défenseurs
Willie Mitchell - Dmitri Kulikov
Brian Campbell - Aaron Ekblad
Steven Kampfer - Erik Gudbranson
Alex Petrovic
Gardiens
Roberto Luongo
Al Montoya


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tampabayFinaliste de la dernière coupe Stanley, le Tampa Bay Lightning fait figure de sérieux candidat à la première place à l’Est, voire de candidat le plus crédible au titre de toute la conférence. L’expérience engrangée en juin dernier sera assurément mise à profit pour faire mieux...

Jon Cooper reste l’entraîneur et il disposera d’un effectif quasi inchangé. La meilleure attaque de la NHL (259 buts) s’efforcera de faire aussi bien, même si la jeune garde ne bénéficiera plus de l’effet de surprise.

Ben Bishop s’est imposé comme l’un des meilleurs portiers de la NHL, et a confirmé en playoffs. Les progrès d’Andrei Vasilevskiy en remplaçant permettent de mieux faire souffler le titulaire, même si le jeune Russe manquera le début de saison pour un caillot sanguin dans la clavicule.

Devant, les sept défenseurs qui ont joué la finale sont de retour, à commencer par Victor Hedman, candidat crédible au trophée Norris. Son partenaire Anton Stralman, qui reste sur deux finales perdues, a émergé comme un défenseur complet et précieux. Avec derrière eux l’offensif Jason Garrison et les plus défensifs Braydon Coburn, Matthew Carle et Andrej Sustr, ainsi que le polyvalent Nikita Nestorov, Tampa est bien loti. Mieux, Luke Witkowski et Slater Koekkoek ont prouvé qu’ils avaient le niveau, offrant à Tampa Bay neuf arrières solides.

Côté offensif, le Lightning a fait parler la foudre toute la saison, et il y a de bonnes chances que cela continue. Steven Stamkos figure parmi les buteurs les plus prolifiques depuis six ans, et il tentera de bonifier le travail de l’ombre de Ryan Callahan. Jonathan Drouin, pour sa deuxième saison, espère franchir un palier. La ligne forte reste cependant celle des « Triplés », qui a porté l’équipe toute la saison : Ondrej Palat, Tyler Johnson et Nikita Kucherov se trouvent les yeux fermés, patinent fort et font exploser les défenses par leur vitesse et leur jeu de passe. Ils seront malgré tout beaucoup plus surveillés cette année et il y a des chances qu’ils affrontent les meilleurs trios adverses. A eux d’assumer... La profondeur de banc du Lightning est réelle. D’Alex Killorn à Cédric Paquette, en passant par Valtteri Filppula et Brian Boyle, il y a quantité de profils, du sniper au joueur physique. Un seul nouvel arrivant : Erik Condra, rejeté par Ottawa, qui retrouve un entraîneur qu’il connait bien. Cooper a en effet dirigé Condra en NAHL en 2003-2004.
L’expérience de cette finale perdue en six manches face à Chicago doit impérativement être digérée, de même que cette longue saison. Gérer la récupération et assumer un statut de favori : voilà les deux contraintes de la saison de Tampa Bay, que l’on n’image mal manquer les phases finales cette année...

Arrivées : AD Erik Condra
Départs : AF Brenden Morrow, D Mark Barberio

Alignement prévisionnel

Attaquants
Jonathan Drouin - Steven Stamkos - Ryan Callahan
Ondrej Palat - Tyler Johnson - Nikita Kucherov
Alex Killorn - Valtteri Filppula - Erik Condra
J.T. Brown - Brian Boyle - Cedric Paquette
Vladimir Namestnikov, Jonathan Marchessault
Défenseurs
Anton Stralman - Victor Hedman
Jason Garrison - Braydon Coburn
Matthew Carle - Andrej Sustr
Nikita Nesterov, Luke Witkowski, Slater Koekkoek
Gardiens
Ben Bishop
Andrei Vasilevskiy / Kristers Gudlevskis