Villard - Marseille (Division 2, poule A, 10e journée)

Les Ours de Villard de Lans dévorent les Spartiates de Marseille

Sait-il P’tit Luc alias Tardif, qui jouait à Ravix pour les Ours il y a des lustres, qu’il est devenu l’incarnation moderne de Léonidas 1er roi des Spartes en 480 avant notre ère ? Son expression et son attitude à la fin du match face aux Ours ne laissaient aucune place au doute : Luc Tardif, coach-capitaine des Spartiates, et son équipe ont été chocolat* !

Les deux équipes se jaugent en première période. Si les premières secondes montrent des Ours hargneux et à l’attaque, notamment avec un jeu agréable et incisif de Miroslav Skovira, les Spartiates se ressaisissent vite. Ils s’appliquent à organiser leur offensive et Robin Carrier subit les premiers tirs sans broncher.

En aparté : Le jeune gardien des Ours va montrer une réelle maturité durant toute cette rencontre et le succès de son équipe est aussi sa réussite dans les cages. Benoît Niclot, son alter ego marseillais, va essuyer 32 tirs durant les trois périodes. Il en stoppera 26. Robin Carrier, dont la cage sera visée à 35 reprises ne concèdera qu’un seul but !

2015 11 28 Villard Marseille Skovira TardifRetour au premier tiers et à la première prison pour les Ours qui touche Bakos à deux minutes du début de la rencontre. Le public villardien, de plus en plus nombreux, retient son souffle et les joueurs se serrent les coudes. Beau travail des défenseurs, prison tuée.

Comme à leur habitude, une équipe après l’autre, les arbitres pénalisent alors les Spartiates pour surnombre. En supériorité, toutes griffes dehors, les Ours trouent le filet de Niclot sur un agréable jeu de passes initié par Pierre-Antoine Simonneau, faufilant le palet à travers les Spartiates qui s’entassent autour de lui. Bakos récupère et Skovira score. Pleine lucarne !

S’ensuit un joli travail de Florian Pesce qui, d’un léger coup d’épaule, se débarrasse d’un défenseur et monte à la cage. Point de but au bout mais du hockey agréable. Alors que les Marseillais tentent, en vain, de trouver leurs marques vers les buts de Villard, le capitaine local Simonneau s’agace et monte le ton "d'un gant" ! Le jeu reprend vers la cage de Marseille. Sénéchal, bien placé, comme souvent lors des dernières rencontres, réclame le palet mais ne trouve pas de partenaire pour le servir.

Grâce à une pénalité infligée aux Spartiates pour surnombre et sur une belle combinaison Simonneau/Skovira, Bastien Sangiorgio donne le second but à son équipe !

Les Ours dominent au score et sur la glace. Skovira nous montre ce qu’il a de meilleur : sa capacité à servir ses coéquipiers, sans affolement avec du métier. Je rêve d’une ligne où Sénéchal serait servi par Miroslav ! Même si on assiste aussi à une jolie montée "ping-pong" entre Pesce et Sénéchal qui se solde par un bel arrêt de Niclot. À la 18e minute, une prison pour le jeune Sénéchal déchaîne les Marseillais. Carrier stoppe tir sur tir. Téo Laurent (qui inscrira le lendemain en junior un superbe but en pénalty face à Dijon) parvient tout de même à monter sans scorer jusqu’au gardien des Spartiates.

Le deuxième tiers débute par de vilains gestes de Thomas Lebailly, notamment une charge dans le dos sur Sénéchal. Gestes non sanctionnés par la patrouille... Maxime s’énerve et écope, lui, de deux minutes de pénitence. Une prison qui s’éternise. À trois secondes de la fin de la pénalité, Morgan Pagni crucifie Carrier. Tout juste le temps pour la table de marque de faire l’annonce, car 15 secondes plus tard, Bastien Buisson tente sa chance, la rondelle arrive dans la crosse et les patins d’un défenseur marseillais qui marque... contre son camp !

Malgré tout, ce tiers en termes de jeu est à l’avantage des Spartiates. Bakos est à nouveau en prison. Les frères Conil nous offrent du jeu ! Garnier puis Lebailly se déchaînent sur Carrier qui essuie des tirs puissants. Marseille montre un jeu d’individualités. Peu de collectif malgré les nombreuses allées et venues de Tardif qui ne parvient pas à faire prendre la mayonnaise. Le jeu de puissance des Ours ne fonctionne plus quand Lebailly part en prison. Sénéchal, je me répète, se place, bien démarqué, mais sans succès. À trente secondes de la fin de la période, Filip Janosik inscrit le quatrième but !

Adrian Popa, qui arbitre la rencontre, semble faire la leçon au capitaine des Ours à propos de certains de ses joueurs. Voilà qui ne laisse rien augurer de bon pour les pénalités du troisième tiers !

Le public villardien reste assez sobre... Serions-nous froids à Villard ? Pourtant les Ours se donnent et Skovira, qui pour moi comme pour d’autres est parmi les meilleurs joueurs du soir, inscrit le cinquième but villardien. Le match se poursuit sans grands changements : Marseille désorganisé, Villard en attaque même si on enregistre une légère baisse de mordant du côté des Ours durant les cinq minutes après le but.

Prison pour les Spartiates suivie d’un sévère 2’+10’ à l’encontre du grand Bakos accusé par les arbitres d’avoir mis une charge contre la tête. Bakos,sur les patins, doit aisément atteindre plus de deux mètres ! Prisons tuées pour Marseille comme pour Villard.

Sur le glaçon on ne voit plus beaucoup Sangiorgio, pourtant auteur du second but. Est-il laissé sur le banc afin de donner du temps de glace aux plus jeunes ? Jordan Agliardi, William Pras et Éric Aurard travaillent fort.

Maxime Sénéchal, lui, a une pression supplémentaire ce soir. Dans les tribunes, un homme observe chacun de ses gestes, chacune de ses actions. Le directeur général des Panthères de Saint Jérôme n’est pas un spectateur anodin. Coach durant une longue partie de sa carrière, Jean-François Sénéchal est venu spécialement du Québec avec son épouse Natali pour voir jouer leur fils Maxime.

Charge incorrecte de Novotny sur Sénéchal qui reste à terre. La prison s’ouvre pour Marseille sans que rien ne change au score. Il faut attendre trois minutes avant la fin pour que Janosik inscrive le sixième et dernier but des Ours. Le public manifeste sa joie. Les arbitres refroidissent l’ambiance en collant Pesce sur le banc de la prison dans la dernière minute.

6-1, ce sera le résultat de cette rencontre à propos de laquelle les supporters ronchons diront que Marseille n’était pas à la hauteur. Un match reste un match. Demandez à Chambéry, défait par les Spartiates !

Les statistiques sont évidentes : Tardif attaquant 14 points, Novotny attaquant 13 points et aucun défenseur dans les 23 premiers du classement. Côté villardien : Skovira attaquant 17 points, Simonneau 16 points et meilleur marqueur des défenseurs du championnat.

* Léonidas roi des Spartes et marque de chocolat. Être chocolat : expression qui vient du jeu qui consiste à cacher un objet sous un gobelet parmi trois gobelets que le "bonneteur" mélange. C’est grâce à un complice que les joueurs tentent leur chance et sont "chocolat", c’est-à-dire perdants. Dédicace à qui se reconnaîtra !

 

Villard-de-Lans – Marseille 6-1 (2-0, 2-1, 2-0)
Samedi 28 novembre 2015 à 20h30 à la patinoire André-Ravix. 430 spectateurs.
Arbitrage d'Adrian Popa assisté d'Éric Briolat et Vincent Zede.
Pénalités : Villard 22' (4', 4', 4'+10'), Marseille 10' (4', 2', 4').
Tirs : Villard 32 (13, 11, 8), Marseille 35 (11, 13, 11).
 
Évolution du score :
1-0 à 05'50" : Skovira assisté de Bakos et Simonneau (sup. num.)
2-0 à 13'39" : Sangiorgio assisté de Skovira et Simonneau (sup. num.)
2-1 à 26'43" : Pagni assisté de Lebailly et Garnier (sup. num.)
3-1 à 26'58" : Buisson
4-1 à 39'29" : Janosik assisté de Bienvenue
5-1 à 41'01" : Skovira assisté de Janosik et Simonneau
6-1 à 56'45" : Janosik assisté de Sénéchal