Dijon - Rouen (Coupe de la ligue, demi-finale retour)

Quand on s'appelle Rouen, compter 4 buts d'avance sur une équipe de bas de tableau en Coupe de la ligue laisse envisager une promenade de santé au match retour. Oui, mais. Dijon l'a emporté entre temps par 5 buts d'écart en championnat, et à l'Ile Lacroix. Ce match pourrait avoir été un déclencheur pour les Bourguignons. L'impatience de savoir ce que leurs protégés vont faire à domicile est d'ailleurs palpable chez les supporters dijonnais.

Le match débute sous le pilotage des visiteurs qui inscrivent très rapidement un premier but par Sacha Treille, sur une erreur de relance locale (0-1, 0'45"). Les choses se compliquent pour les Ducs.

SABOURINDany01102015Au demeurant, les locaux sont loin d'être largués, en témoigne la jolie déviation, de dos, de Brown, bourreau des Normands sur leurs terres, juste devant la cage de Sabourin. Les visiteurs sont toutefois en pleine maîtrise du jeu, et Pintaric est régulièrement sollicité sur des arrêts importants. Sa tâche est, il faut le noter, pour une fois facilitée par ses coéquipiers qui, ce soir, ne l'abandonnent pas. Bref, les Ducs semblent en tous points vouloir se racheter une conduite devant leur public, et ont l'opportunité de le prouver sur leur premier powerplay. Si le palet circule bien du côté des Ducs, les visiteurs ne sont guère perturbés de jouer en infériorité. Chabert apporte une bonne énergie aux locaux, mais paye un manque de précision dans les passes.

À 7 minutes de la fin du tiers, les locaux connaissent une longue période difficile, littéralement étouffés par leurs adversaires, avant de finalement porter à leur tour le danger sur la cage normande. Trimolet peut souffler, mais pas pour longtemps. C'est une fin de période sous tension, où le chrono défile alors qu'on attend l'équipe qui craquera. En tribune, les supporters dijonnais s'époumonent contre les coudes et autres genoux rouennais qui traînent ; certains gestes manquent effectivement d'un brin d'élégance, mais l'agrément de ne pas voir le match haché par les coups de sifflet est notable. Quand le coup de sifflet retentit, une information essentielle se dégage : ces Ducs-là méritent bien mieux que les tréfonds du classement de Magnus.


La reprise se fait sur un rythme enlevé, la tension du premier tiers en moins. Rouen domine les débats de la tête et des épaules, mais les Ducs sont appliqués à protéger leur cage. Pintaric n'écope que des arrêts les plus importants, et fait le job avec brio. Les Dragons enchaînent les belles actions, Dijon a du mal à se sortir de sa zone ; on craint le but à chaque instant.

Quand les locaux, finalement, parviennent à s'échapper vers Sabourin, ils ne manquent pas, à leur tour, de le mettre au défi. Même le penalty-kill dijonnais est admirable ; on peut à peine dire que Rouen a plus fait trembler Dijon qu'en situation d'égalité numérique. Un nouvel arrêt de Pintaric, dans la foulée, est sublime. Paredes, le coach local, se trompe quand il affirme à ses joueurs que personne ne croit en eux ; c'est justement parce qu'on sait les Ducs capables de jouer comme ça que des matchs comme Amiens en championnat sont inacceptables.

BROWNJared31102015La moitié du tiers voit l'étau visiteur sur les locaux se relâcher ; il était temps pour les Ducs de souffler un peu, et d'aller titiller Sabourin. La prudence reste toutefois de mise : avec les Dragons cru 2016, le danger semble ne jamais s'éloigner. Un adage particulièrement vrai quand Dijon est à nouveau pénalisé : entre une cage ouverte sauvée par miracle et les arrêts cruciaux de "Pinto", Trimolet est au bord de la crise de nerfs. Dijon a encore tenu ; rien que pour ça, à défaut d'une qualification, les Ducs mériteraient une victoire. Rouen, en face, semble ne pas avoir de point faible, si ce n'est Sabourin qu'on sent d'une sérénité moyenne, mais qui bénéficie grandement du travail de sa défense.

Le tiers se termine à 4 contre 4, alors que certaines absences de décisions arbitrales irritent encore les tribunes. L'essentiel est ailleurs : pendant ces 20 minutes, les deux équipes ont encore proposé un jeu plein.


À la reprise, Rouen ne peut imposer la même domination outrancière qu'au deuxième tiers. Treille, enfin, se distingue positivement sur un contre ; on avait presque oublié ses capacités offensives ce soir. Le powerplay rouennais est toutefois plus en difficulté pour se créer des occasions. Les Normands sont même surprenants de maladresse, par instants ; la fatigue est visiblement présente des deux côtés, preuve supplémentaire de l'excellence de la performance ducale.

À 15 minutes de la fin du match, alors que l'issue de la qualification ne fait plus de doute, Paredes offre du repos à son premier gardien et, surtout, du temps de jeu à Pierre Pawelek, l'espoir dijonnais. Cueilli à froid, le n°31 se laisse piéger sur le premier tir rouennais à son encontre (0-2, 45'39"). C'est tout de même son nom qui retentit dans Trimolet, en guise de soutien : il n'a que 18 ans, après tout. D'autant que, dans la foulée, "Pierrot" comme les supporters le surnomment sauve plusieurs fois les siens avant que Dijon se retrouve en supériorité. Peut-être l'occasion d'un premier but, qui serait tellement mérité ?

PINTARICMatija31102015Les locaux ont, à vrai dire, du mal à s'imposer dans la zone rouennaise, jusqu'à ce que Mc Millin, dans le slot, trompe finalement Sabourin (1-2, 49'48"). Enfin ! Trimolet savoure, tandis que ce premier but décomplexe les Ducs, qui tentent tout ce qu'ils peuvent dans la zone adverse, quitte à laisser le score reposer uniquement sur les épaules de Pawelek. Le deuxième gardien des Ducs fait le job tant qu'il le peut, mais l'équipe face à lui est une prétendante plus que sérieuse à tous les honneurs cette saison, de la Coupe de la ligue à la Conti cup. Sur une passe de Labelle, Arrossamena enfonce le clou (1-3, 52'28").

Avec la fatigue qui arrive, c'est la lucidité qui disparaît un peu des deux côtés. Treille, crasse depuis le début, finit par se battre et prend la porte. Bon débarras. Le jeu s'interrompt un long moment, tandis que les arbitres prennent leurs décisions. La montagne accouche finalement d'une souris mais, avec la sortie de l'international français, le calme est revenu sur Trimolet. Dijon tente encore crânement sa chance, offrant à ses supporters la satisfaction de voir les joueurs se battre jusqu'au bout. La tribune, qui avait à peine applaudi à la fin du match contre Amiens, se lève en dépit de la défaite. Dijon, en powerplay, donne encore du boulot à Sabourin jusqu'au coup de sifflet final, quand retentit "Dijon je t'aime". Comme pour sceller la réconciliation, les supporters offrent même à leurs Ducs le ban bourguignon de la victoire.

Commentaires d'après-match :

Loïc Chabert (attaquant, DHC) : "On a fait un bon travail, on a réussi à tenir le score la majeure partie du temps. Après, c'est sûr, on a eu du mal à marquer et c'est ce qui nous a fait défaut. On s'est tous dit que le match, on l'abordait comme pour aller en finale, on a tout donné, chacun s'est donné et le résultat reste serré. Tout le monde a joué, c'est bien pour l'équipe, et tout le monde a respecté son rôle. C'est un gros avantage qu'on a : qu'on joue à trois ou quatre lignes, chacun respect son rôle et on arrive à faire de bons matchs."

Jonathan Paredes (entraîneur, DHC) : "On savait qu'on avait un peu piqué Rouen dimanche, donc on s'attendait à un retour de bâton. Ils ont marqué très vite, ça faisait 7-2 sur le cumulé des deux matchs, c'était compliqué d'aller marquer 6 buts derrière, même si on a pu le faire il y a deux jours. On a eu deux très bonnes périodes, notamment de Matija, et une infériorité numérique qui a encore fait son travail. Derrière, on fait le choix de changer de gardien pour mettre un peu de repos. Il reste 15 minutes, il faut marquer 7 buts... Ça reste une équipe forte, il ne faut pas avoir honte d'être éliminé par Rouen en demi-finale. C'est le contraire qui aurait été surprenant. Maintenant, il faut qu'on réussisse à enchaîner les perfs. C'était une prestation intéressante, où on a fait tourner tout l'effectif. Filip Björk m'a donné une très bonne impression pour sa première prestation, en sachant que, vu qu'on ne savait pas qu'il était qualifié aujourd'hui, il avait fait à 16h une séance de muscu très intensive. À 17h30, je lui ai appris qu'il jouait. Je suis plutôt très content de sa prestation offensivement et défensivement, il est resté solide."

 

Dijon - Rouen 1-3 (0-1, 0-0, 1-2)
Mardi 1er décembre à 20h00 à la patinoire Trimolet. 511 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de David Courgeon et Sébastien Geoffroy.
Tirs : Dijon 31 (8, 7, 16) - Rouen 53 (16, 26, 11)
Pénalités : Dijon 24' (7x2', 1x10') - Rouen 34' (7x2', 2x10')

Évolution du score :
0-1 à 00'45" : Treille assisté de Krog et Chakiachvili
0-2 à 45'39" : Labelle assisté d'Arrossamena et Whitecotton
1-2 à 49'48" : Mc Millin assisté de Melin et Chabert (sup. num.)
1-3 à 52'28" : Arrossamena assisté de Labelle et Dame-Malka