Brest – Grenoble (Ligue Magnus, 13e journée)

Quel exploit !

Les Albatros sont de retour pour un quatrième week-end consécutif passé à la maison. Un calendrier tellement bizarre qu’on peut en oublier qu’il y a match. C’est donc sans la présence de Hockey Archives que Brest s’est fait terrasser par le champion en titre gapençais (1-5). Depuis, la belle surprise est venue d’une victoire inattendue 4-1 en provenance du Coliséum où les Amiénois étaient pourtant invaincus jusqu’alors.

Pas le temps de s’auréoler de ce joli coup que les Bretons doivent se focaliser sur un nouveau très gros morceau avec la venue de Grenoble et de ses trois anciens de NHL (Chouinard, Kalus et Bisaillon). Les locaux sont loin d’être favoris. Comme à Amiens, c’est à Léo Bertein que sont confiées les clés du fort pour tenir le choc le plus longtemps possible.

Brest démarre pied au plancher mais la première grosse occasion est à mettre au profit des Grenoblois. Le jeune et talentueux Jordann Perret, aligné en première ligne, frappe à la porte de Bertein à bout portant (2’15’’). Le rythme est soutenu et les Albatros tiennent le choc y compris en infériorité. Léo Bertein sort le grand jeu avec un arrêt couché les jambières écartées pour voler un but certain au dangereux Danick Bouchard (9’55’’).

Grenoble domine mais commet plusieurs maladresses avec quelques palets perdus ou rendus à l’adversaire. Offensivement les occasions ne manquent pas mais si Bertein ne s’impose pas, c’est son poteau (17’45’’) ou sa barre transversale (18’56’’) qui le sauve. C’est un vrai miracle si le score est vierge à la première pause. Brest aura subi tout en adressant quelques tirs lointains à la recherche d’un rebond ou d’une déviation à exploiter.

La deuxième période est d’une physionomie différente avec des Grenoblois très indisciplinés (vingt minutes de pénalité). Heureusement pour les visiteurs, le jeu de puissance brestois est stérile, y compris à cinq contre trois (26’50’’). Trop posé et altruiste, il ne provoque que peu de tirs envers Mustukovs. Par moments, c’est à peine si le box-play visiteur à besoin de patiner.

À cinq contre cinq, la musique est plus douce pour Grenoble. Les Brûleurs de Loups continuent de presser la cage de Bertein. Sur un contre, Jordann Perret s’engouffre dans la défensive adverse à coup de dribbles. Il s’emmêle presque les pinceaux mais parvient à glisser le palet derrière le portier breton (0-1 à 24’34’’). Sébastien Oprandi est furieux après le corps arbitral car sur l’amorce de l’action une faute aurait pu être sifflée pour une charge dans le dos d’Hujsa.  

La barre transversale de Bertein tinte à nouveau, cette fois sur un tir de Tartari (25’07’’). Le fougueux Perret est dans tous les coups. Les bons (plusieurs occasions à son actif) comme les mauvais (deux pénalités successives  26’50’’ et 30’33’’). Il y a un peu de tensions sur le glaçon comme en témoigne les joutes verbales entre Julien Baylacq et les quelques Québécois de Brest (28’15’’).

Petr KalusMalgré plusieurs supériorités, les Albatros semblent avoir laissé passer leur chance. C’est tout en puissance que Petr Kalus fusille d’un tir pleine lucarne le solide Bertein (0-2 à 33’45’’). Grenoble semble avoir fait le plus dur car, cinq fois sur six cette saison, les Albatros ne sont jamais revenus après avoir encaissés le premier but du match.

À l’amorce du dernier tiers du temps réglementaire, Ryan Barlock n’a plus que treize petites secondes à purger d’une pénalité pour charge avec la crosse sur Vondracek. Le centre tchèque se fait justice car c’est exactement le laps de temps qu’il lui faut pour circuler plutôt librement en zone offensive avant de loger le palet dans la lucarne de Mustukovs (1-2 à 40’13’’).

Les Isérois ont été pris à froid et semblent avoir du mal à remettre la machine en marche. Graham Avenel est tout proche d’égaliser en échappée (41’28’’) mais il perd son duel. Ce n’est que partie remise pour l’ancien Grenoblois. Il effectue peu après une belle combinaison en lançant Jérémie Romand sur l’aile droite pour s’engouffrer en territoire adverse. Ce dernier remet au centre et retrouve Graham Avenel qui égalise dans le haut du but (2-2 à 44’01’’).

Ne s’attendant pas à un tel scénario, Grenoble remet du cœur à l’ouvrage pour tenter de repartir en conquête. En face, Brest fait le dos rond mais s’annonce redoutable avec des contres assassins qui manquent de peu de piéger l’adversaire. Mustukovs montre même des signes de fébrilité sur un slap de Michal Dian qui ricoche sur son masque (48’19’’). Le but bouge sur l’action provoquant un moment de flottement chez les Albatros qui s’arrêtent de jouer en attendant un coup de sifflet qui ne vient pas. Ceci offre une contre-attaque iséroise que Bertein annihile.

On rentre peu à peu dans le money-time et les deux équipes ont chacune leurs temps forts. Bien que parfois recroquevillés en défense, les Brestois font mieux que résister et s’offrent même plusieurs situations chaudes autour de Mustukovs dans les cinq dernières minutes. Personne ne cède et il faut donc une prolongation pour départager les protagonistes.

Un point de pris c’est déjà un mini-miracle pour Brest compte-tenu du retard qu’il y avait à l’entame du troisième tiers. L’indiscipline grenobloise leur donne un point bonus avec une pénalité de Bouchard après 47 petites secondes de jeu en période supplémentaire. Bien installé et dangereux, le jeu de puissance local fait cette fois mouche par l’intermédiaire de Christian Ouellet au deuxième poteau profitant d’un Mustukovs hors position après un arrêt initial. La patinoire et les joueurs exultent pour savourer ce deuxième point chèrement acquis.

Les Albatros viennent de réaliser un authentique exploit et confirment leur statut d’équipe ayant pris le plus de point depuis la trêve. Ils se positionnent dans la zone des play-off (7e) avec un match en moins qui sera disputé mardi prochain face à Lyon. Un nouveau rendez-vous crucial qui en cas de succès fera de cette phase aller un incontestable succès.

Grenoble ne repart pas bredouille mais malgré un potentiel évident (l’effectif parle de lui-même), les Isérois ont franchement gâché les choses en ne gérant pas leur avance et en étant trop indisciplinés. La réussite leur a manqué (plusieurs poteaux et barres transversales ce soir) et ils ont fait face à un Léo Bertein énorme dans ses cages. Sur le papier, ils ont toutes les clés en mains pour réussir, à eux de s’en saisir.

 

Brest – Grenoble 3-2 après prolongation (0-0, 0-2, 2-0, 1-0)
Samedi 12 décembre 2015 à 18 h 40 au Rïnkla Stadium. 952 spectateurs
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Anne-Sophie Boniface et Jérémy Metais.
Pénalités : Brest 18' (4', 2'+10', 2', 0'), Grenoble 24' (0', 10'+10', 2', 2').
Tirs : Brest 41 (10, 10, 18, 3), Grenoble 42 (15, 10, 17, 0)
 
Évolution du score :
0-1 à 24’34’’ : Perret assisté de Chouinard et Gervais
0-2 à 33’45’’ : Kalus assisté de Barlock et Gauthier
1-2 à 40’13’’ : Vondracek assisté de Ouellet et Quesnel (sup. num)
2-2 à 44’01’’ : G. Avenel assisté de Romand et J. Avenel
3-2 à 62’02’’ : Ouellet assisté de Quesnel et Landry (sup. num)

Brest

Attaquants :
Alexandre Quesnel (A) - Roman Vondracek - Michal Dian
Martin Hujsa - Jaroslav Prosvic (C) - Christian Ouellet
Jonathan Avenel - Graham Avenel - Jérémie Romand
Gaëtan Cannizzo - Quentin Berthon - Dimitri Motreff

Défenseurs :
Mathieu Gagnon - Charles Landry
Edgars Dikis - Aurélien Gréverend (A)
Charlie Doyle - Doug Jessey
Florent Aubé
 
Gardien :
Léo Bertein

Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Jérémy Cormier. Absents : Nicolas Motreff, David Bastien.

Grenoble

Attaquants :
Eric Chouinard (C) – Dave Labrecque – Jordann Perret
Sébastien Thinel – Christophe Tartari (A) – Julien Baylacq
Petr Kalus – Sébastien Gauthier – Danick Bouchard
Robin Lamboley (?) - Romain Chapuis – Aubin Lamirault

Défenseurs :
Jonathan Harty – Sébastien Bisaillon (A)
Nicolas Favarin – Stéphane Gervais
Ryan Barlock – Quentin Scolari
 
Gardien :
Evins Mustukovs

Remplaçants : Victor Goy (G), Arnaud Faure, Hugo Blum. Absents : Arthur Montenoise, Julien Guillaume, Jakob Milovanovic.