Brest – Lyon (Ligue Magnus, 4e journée)

Pour rugir de plaisir 

Les Albatros sont en pleine forme actuellement. La trêve leur a fait le plus grand bien puisqu’ils ont l’opportunité ce soir d’enchaîner une sixième victoire en sept matchs depuis le mois dernier. Déjà installés à la septième place avec un match de retard, ils peuvent conforter un peu plus leur position en cas de succès et surtout distancer un concurrent lyonnais davantage en difficulté.

Après trois défaites consécutives, Lyon a offert à Charlemagne un beau feu d’artifice offensif en s’imposant nettement face à la lanterne rouge morzinoise (8-4). L’opposition brestoise est un bon test pour confirmer ce regain de forme et surtout engranger la première victoire à l’extérieur.

Leur dernier renfort, bien connu des Brestois puisqu’il s’agit de Ben Breault, dispute sa première rencontre sous ses nouvelles couleurs. Il est aligné au centre de la première ligne avec sur sa droite un autre ex-Albatros en la personne de Vikhael To-Landry. Voilà reconstitué le duo dynamique qui a porté une bonne partie de l’offensive brestoise l’an passé.

Brest peut également compter sur sa récente recrue, David Bastien, passé par Amiens et… Lyon ! Le monde du hockey est décidément petit. Toutefois, fraîchement débarqué de l’avion, il est aligné sur le dernier bloc afin de prendre tranquillement ses marques.

Le rythme est soutenu dans les premières minutes entre deux équipes joueuses. To-Landry se rappelle au bon souvenir des supporters et touche le poteau extérieur (3’30’’). Le capitaine Prosvic lui répond par une échappée annihilée par Tommi Virtanen (3’45’’). Lyon propose une opposition différente de celle entrevue samedi face à Grenoble. Certes l’effectif est moins "lourd" sur le papier, mais il porte régulièrement le danger en zone offensive tout en étant plus méfiant défensivement même s’il y a des espaces.

Face à une équipe qui se découvre moins, les Albatros parviennent tout de même à avoir leur part d’actions. La plus belle reste un splendide revers de Graham Avenel qui s’écrase sur la barre transversale (14’). Les débats sont très équilibrés et Lyon frappe régulièrement à la porte d’un Bertein qui continue sur la lancée de ses bonnes prestations récentes. Le jeu local à base de longues passes est souvent trop téléphoné, ce qui permet aux Lions d’intercepter plusieurs relances. Breault et To-Landry n’ont pas dû se priver de renseigner un maximum le staff lyonnais des stratégies de leur ancien coach Sébastien Oprandi.

Cette rencontre, équilibrée jusqu’alors, bascule en peu de temps. L’homme au casque bleu lyonnais, Conor O’Donnell, est pris par la patrouille pour un accrocher (23’38’’). Cette première supériorité numérique brestoise va faire mouche avec plutôt de la réussite. Le corps arbitral laisse le jeu se poursuivre alors qu'un joueur lyonnais a été fait trébucher. Jarno Lippojoki se positionne pour défendre face à Jaroslav Prosvic qui tente de s’engouffrer en zone offensive. Patatras, le défenseur finlandais, en souhaitant patiner à reculons, glisse et chute, permettant au capitaine brestois de le contourner et de centrer. Martin Hujsa, à la lutte avec un adversaire en allant vers l’enclave, se trouve sur la trajectoire et dévie de la jambe (ou du patin ?) le palet dans le but de Virtanen (1-0 à 24’33’’). L’arbitre en chef valide le but puisque le top scorer brestois n’a pas fait de mouvement visant à pousser volontairement le palet.

Le réalisme est maximal pour Brest qui hérite d’une nouvelle supériorité après un cinglage de Jules Breton sur Jérémie Romand (25’58’’). Le jeu de puissance, pourtant peu mobile, parvient à déjouer une seconde fois les Rhodaniens. Christian Ouellet effectue un slap sur réception lointain et excentré mais qui troue Virtanen à la surprise générale (2-0 à 27’32’’). Le portier était-il masqué ? C’est possible car il y avait du trafic. Toujours est-il que le break est fait.

Et les affaires lyonnaises ne s’arrangent pas avec Langelier-Parent qui commet une crosse haute pénalisée sur Romand (28’41’’). Malgré de bons tirs brestois, les Lions tiennent bon cette fois, et c’est à leur tour d’obtenir une supériorité après avoir franchi la mi-match sur une faute de Jonathan Avenel (32’25’’). De quoi leur permettre de se porter à l’avant après avoir subi globalement depuis la reprise du jeu. Ben Breault est tout près de réduire la marque mais Bertein s’impose avec autorité de la jambière (32’25’’). La fin de période est un peu folle avec une vraie partie de ping-pong ou chacun attaque l’un après l’autre avec très peu de palets qui s’attardent en zone neutre. Les transmissions sont souvent longues pour tenter de prendre à revers l’adversaire.

Deux buts, voilà la marge à tenir pour les Albatros pour la dernière période. Le prochain but s’annonce important et Brest est bien placé pour le savoir puisqu'ils étaient menés exactement sur le même score il y a trois jours face à Grenoble avant de rapidement revenir à la marque dès le début du troisième tiers et d’entamer une folle remontée.

Les intentions locales ne trompent pas. Dès les premières minutes, il s’agit de ne prendre aucun risque, de laisser venir et de faire tourner le chrono. Cela donne un jeu plutôt pauvre avec des Lyonnais qui poussent mais maladroitement et des Bretons qui commettent plusieurs boulettes en défense tout en espérant qu’un bon contre permettra d’inscrire un but d’assurance.

Heureusement pour les Albatros, leurs nombreuses erreurs de relances ne sont pas sanctionnées d’un but encaissé. La faute à une offensive lyonnaise en manque de réussite qui multiplie les centres pour personne (47’). Ces minutes stériles et plutôt indigentes se poursuivent jusqu’à la sonnerie finale.

Sixième succès en sept matchs, 16 points sur 21 possibles et une septième place qui est confortée. Voilà le beau bilan des Albatros à mi-parcours. Le calendrier particulier pour les Finistériens cette saison les forçait à engranger le maximum de points en phase aller avant d’entamer le périlleux chemin du retour qui les verra jouer dix fois en dehors de leur nid.

Pour l’instant le contrat est largement rempli. Contrairement à l’an passé, les Albatros battent tous leurs concurrents directs (à l’exception de Bordeaux), ce qui est très positif compte tenu de la réforme du championnat. Les Bretons en sont déjà à huit victoires, soit autant que toute la saison passée. Léo Bertein s’affirme de plus en plus et met la pression sur Antoine Bonvalot qui n’a pourtant pas démérité jusqu’à présent. Le blanchissage de ce soir vient ponctuer trois performances de haute volée de sa part. De quoi se rappeler au bon souvenir de l’équipe nationale qui l’avait sélectionné à la même période l’an dernier.

L’arrivée de David Bastien s’annonce un vrai plus et instaure une grosse concurrence offensive puisque les places sur les deux premiers blocs s’annoncent chères. Quatre blocs compétitifs ne seront pas de trop face aux défis importants et nombreux des prochaines semaines. Les Albatros vont inévitablement connaitre des temps durs, mais ils ont les moyens de grappiller quelques points sur la route. Il faudra avant tout faire preuve d’une cohésion très forte et avoir un état d’esprit conquérant qui peut s’annoncer salvateur en dehors du Rïnkla Stadium.

Pour Lyon c’est un nouvel échec à l’extérieur et un coup dur face à un concurrent en dépit des encouragements nourris de leurs fidèles supporters (Jésus et ses “apôtres”). La défaite ne se joue pas à grand-chose mais force est de constater que leurs opposants ont été plus réalistes et ont mieux maîtrisé la partie. L’offensive rhodanienne a été clairement en panne ce soir malgré des occasions multiples. Ben Breault a paru plutôt en forme pour un premier match et devrait être un atout et un meneur pour tenter de relancer la machine lors de la phase retour. Le championnat est encore long, la barre peut encore être redressée.


Brest – Lyon 2-0 (0-0, 2-0, 0-0)
Mardi 15 décembre 2015 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 752 spectateurs
Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Charles-Édouard Salmon et Clément Goncalves.
Pénalités : Brest 6’ (2’, 2’, 2’), Lyon 10’ (2’, 6’, 2’)
Tirs : Brest 28 (8, 11, 9), Lyon  28 (8, 10, 10).

Évolution du score :
1-0 à 24’33’’ : Hujsa assisté de Prosvic et Dikis (sup. num)
2-0 à 27’32’’ : Ouellet assisté de Landry et Hujsa (sup. num)


Brest

Attaquants :
Alexandre Quesnel (A) - Roman Vondracek - Michal Dian
Martin Hujsa - Jaroslav Prosvic (C) - Christian Ouellet
Jonathan Avenel  - Graham Avenel - Jérémie Romand
Quentin Berthon – David Bastien - Dimitri Motreff

Défenseurs :
Mathieu Gagnon - Charles Landry
Aurélien Gréverend (A) - Edgars Dikis
Charlie Doyle - Doug Jessey
Florent Aubé
 
Gardien :
Léo Bertein

Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Gaëtan Cannizzo. Absent : Nicolas Motreff.

Lyon

Attaquants
Conor O'Donnell – Ben Breault – Vikhael To-Landry
Julien Lebey – Maxime Langelier-Parent (C) – Eric Galbraith
Fabien Metais - Loup Benoît - Julien Correia

Défenseurs
Jules Breton (A) – Johan Burlin
Oliver Styf – Slavomir Tomko (A)
Jarno Lippojoki – Cedric Custosse

Gardien
Tommi Virtanen (sorti à 58’40’’)

Remplaçants : Landry Macrez (G), Victor Vitton-Mea, Nicolas Lehericey, Thomas Lapointe Damien Bourguignon.
Absent : Jonathan Laberge (adducteurs)