Défaillance de la Russie à domicile

Un mois après la Coupe Karjala, l'Euro Hockey Tour se poursuit en Russie à l'occasion de la Channel One Cup. La Russie accueille la Suède pour cette première journée.

CHUDINOV Maxim 150516 625Il y a un mois, la Tre Kronor avait manqué de vigilance en s'inclinant à Helsinki 6-3. Mais la sélection de Pär Mårts a l'opportunité de se rattraper dans le flambant neuf Palais de Glace de Moscou, domicile du Dynamo et qui accueillera, avec Saint-Pétersbourg, les prochains Championnats du monde en 2016.

À quelques mois du Mondial, même si les lignes sont loin d'être définitives, cela a tout d'une répétition générale, évidemment surtout du côté russe. Les stars KHL sont là, dont Aleksandr Radulov, qui fait son retour en sélection après un an d'absence, blessé. Les 10 000 fans russes souhaitaient voir plusieurs nouveaux phénomènes de la KHL. Ce ne sera pas le cas d'Anatoli Golyshev. L'ailier de l'Avtomobilist n'a que 20 ans, n'est pas très grand mais il impressionne en KHL avec près de 1 point par match. Golyshev a d'ailleurs été élu meilleur joueur de novembre. Malgré tout, Oleg Znarok ne l'a pas sélectionné, prétextant qu'il avait sa dose de droitiers. Znraok a tout de même assuré que le petit maestro sera invité en février.

Pour cette Channel One Cup, le phénomène sera entre les poteaux de la Sbornaïa. Ilya Sorokin est également âgé de 20 ans, il était parti pour être troisième gardien du CSKA derrière Viktor Fasth et Stanislav Galimov mais il a lui aussi impressionné. En 16 parties, Sorokin a remporté 11 victoires dont 7 blanchissages. Si sa percée en KHL est spectaculaire, Sorokin dispute son quatrième match international avec la Russie, le troisième cette saison. Et même sous la pression de l'uniforme national, Sorokin a jusqu'à maintenant affiché solidité et sang-froid. Il se retrouve aujourd'hui face à... son collègue du CSKA, le Suédois Viktor Fasth.

La sélection de Mårts demeure également compétitive malgré les nombreuses défections. Jimmie Ericsson a décliné l'offre, ses coéquipiers de Skellefteå Tim Heed et Martin Lundberg doivent soigner des pépins physiques. Marcus Sörensen (Djurgården), Magnus Nygren (Färjestad) et Dick Axelsson (Davos) ont dû également renoncer à cause des blessures. Le défenseur Tom Nilsson (Frölunda), les attaquants Lucas Wallmark (Luleå) et Andreas Johnson (Frölunda) ont été rappelés en renfort.

Notons la première sélection de Johan Sundström, ex-centre AHL et qui a fait un retour remarqué à Frölunda, ainsi que le come-back de Mattias Tedenby. Tedenby (25 ans) n'a plus joué en Tre Kronor depuis 2011, c'était alors encore un grand espoir du hockey suédois, premier choix des Devils de New Jersey en 2008. Mais après plusieurs années de frustration, la lumière est revenue pour Tedenby qui réalise une deuxième année convaincante au HV71, loin des projecteurs et de la pression de la NHL. 

Sur le glaçon moscovite, la Sbornaïa se met d'entrée au travail, la première occasion est russe. Evgeni Dadonov effectue une rapide entrée de zone couloir gauche, il centre pour Shipachyov qui reprend de volée mais Fasth réalise son premier arrêt. Quelques minutes plus tard, c'est Radulov qui fait une remontée de palet et sert Nikolai Prokhorkin mais le jeune attaquant d'Oufa ne parvient pas à toucher la cible. La Russie est dans son match, très active mais la Suède va resserrer les boulons.

La première opportunité franche des Scandinaves, très appliqués défensivement, tarde à venir. Il faudra attendre la 16e minute pour voir le "débutant" Johan Sundström effectuer une belle reprise mais Sorokin intervient proprement, sans rebond. Fasth répondra ensuite à son collègue de club en captant un essai lointain de Victor Antipin. On se dirige alors vers un 0-0 après 20 minutes de jeu. Mais lorsque le buzzer retentit, Shipachyov sert Igor Grigorenko qui marque en deux temps. Après vérification, ce but n'est finalement pas accordé. Score nul et vierge après la première période.

La Russie veut prendre à la gorge les Scandinaves dès le retour des vestiaires avec une superbe combinaison Mozyakin / Dadonov, puis un lancer balayé de Kovalchuk. Le public russe ne va patienter qu'une minute et une reprise de volée de la ligne bleue de Maksim Chudinov (1-0, 21'04"). La déferlante russe se poursuit avec Denisov, Mozyakin et Andronov, mais elle va stopper brutalement.

AHNELOV Jonas 150509 726

À la 26e minute, Grigorenko rejoint la prison pour un slashing. Cinq secondes plus tard (!), Yakovlev est sanctionné à son tour pour une charge dans le dos : double supériorité numérique pour la Suède. Ilya Sorokin s'interpose devant Rosén mais cède devant André Petersson. L'ailier scandinave de Sotchi est posté dans le rond gauche, il décline la passe et préfère le tir : lucarne petit côté (1-1, 26'57"). Ilya Sorokin est battu mais il ne va pas avoir le temps de s'en remettre. Décalé sur la gauche, Jonas Ahnelöv s'approche du but et donne l'avantage aux Suédois, le puck passant sous le bras gauche de Sorokin (1-2, 29'33").

Il est temps pour les Russes de réagir mais Belov, en contre et servi par Shipachyov, cherche la remise et la complication. Et la sanction tombe encore une fois. Daniel Rahimi tire de loin, ça balaye devant l'enclave et c'est finalement John Norman qui triple la mise pour ses coéquipiers (1-3, 33'15"). C'est sûrement le tournant du match. Car même la violente charge de Rahimi sur Prokhorkin et sa pénalité ne profiteront pas à la troupe de Znarok. Fasth ne cède pas face à Anton Belov, et Sergei Mozyakin manque de peu le cadre, la Tre Kronor a toujours deux buts d'avance.

La Russie commence le troisième tiers-temps comme les autres, le couteau entre les dents. Pour finir le jeu de puissance, elle s'installe rapidement et s'offre de nombreuses occasions : deux tirs de Chudinov, une reprise acrobatique de Shipachyov et un joli tour de passe-passe d'Apalkov. La défense suédoise connaît un moment de flottement mais elle tient le choc et se reprend quand Engqvist est envoyé sur le banc des pénalités. Les Suédois défendent bien et sont par moment dangereux. Surtout par Thuresson qui force le passage, et Omark dont la tentative flirte avec la barre.

À dix minutes de la fin, la Russie hérite d'un nouvel avantage numérique, ce sera leur dernier. Mais la Suède est vigilante, à l'image de Viktor Fasth qui ne se laisse pas piéger par une passe dans le dos de Radulov derrière son but. Et la Russie finit par se faire piéger elle-même. Radulov y va franco contre la balustrade et Omark, trop : pénalité à moins de huit minutes de la fin. Puis, à cinq minutes du terme, Kovalchuk s'échauffe une première fois avant de péter totalement les plombs en s'en prenant d'abord à Zackrisson avant de déclencher son fulguropoing au visage de Thuresson. Radulov se lâche lui sur le corps arbitral. 2'+2' pour Kovalchuk et 10 minutes contre Radulov : la partie est terminée.

Le but en cage vide d'Oscar Möller est anecdotique. Finalement, la Russie a connu la même défaillance que la Suède il y a un mois. La micro-sieste dans le deuxième tiers a coûté cher malgré beaucoup d'implication dans le reste de la rencontre. La Russie aura l'occasion de se rattraper samedi contre la Finlande.

Commentaires d'après-match

Ilya Kovalchuk (attaquant de la Russie) : "Demain, nous avons un jour de repos, ce qui nous sera bénéfique pour comprendre notre jeu. Nous voulions gagner mais nous avons fait des erreurs stupides. C'est une honte. Je remercie les fans pour leur soutien."

Viktor Fasth (gardien de la Suède) : "Je pense que nous avons réalisé un très bon match. Nous avons travaillé tout au long de la rencontre et nous avons réussi à mettre la pression sur la Russie. Les chances étaient des deux côtés mais nous avons agi de manière agressive, ce qui a gêné notre adversaire. Nous avons gardé le même état d'esprit en troisième période et nous avons été en mesure de préserver notre avantage de deux buts."

 

Russie - Suède 1-4 (0-0, 1-3, 0-1).
Jeudi 17 décembre 2015 à 19h00 au VTB Ice Palace de Moscou. 9500 spectateurs.
Arbitrage de Robin Sir et Pavel Hodek (TCH) assistés de Dmitri Sivov et Sergei Shelyanin (RUS).
Pénalités : Russie 22' (0', 6', 6'+10'), Suède 20' (2', 10'+4', 4').
Tirs : Russie 31 (5, 10, 16), Suède 27 (7, 13, 7).

Évolution du score :
1-0 à 21'04" : Chudinov assisté de Radulov et Zaripov (sup. num.)
1-1 à 26'57" : Petersson assisté de Hersley et Omark (sup. num.)
1-2 à 29'33" : Ahnelöv assisté d'Omark et Rahimi 
1-3 à 33'15" : Norman assisté de Rahimi et Johnson
1-4 à 59'36" : Möller assisté de Sjögren


Russie

Attaquants :
Igor Grigorenko (-1, 2') - Nikolai Prokhorkin - Aleksandr Radulov (2'+10')
Sergei Mozyakin (-1) - Vadim Shipachyov (2') - Evgeni Dadonov (-1)
Ilya Kovalchuk (C, -2, 2'+2') - Sergei Andronov (-1) - Denis Kokarev (-1)
Yegor Averin (-1) - Vladislav Kartaev (-1) - Danis Zaripov (-1)
Daniil Apalkov

Défenseurs :
Denis Denisov - Nikita Zaitsev
Yegor Yakovlev (-1, 2') - Anton Belov (-1)
Viktor Antipin (-1) - Maksim Chudinov (-1)
Dmitri Vishnevsky (-1) - Andrei Zubarev  (-1)

Gardien :
Ilya Sorokin [sorti de 59'20" à 59'36"].

Remplaçant : Vasily Koshechkin (G).

Suède

Attaquants :
Linus Omark (+1) - Andreas Engqvist (+1, 2') - André Petersson (+1)
Joakim Lindström - Mattias Sjögren (+1) - Oscar Möller (+1)
John Norman (+1) - Robert Rosén (+1) - Andreas Johnson (+1)
Andreas Thuresson - Patrik Zackrisson - Johan Sundström (2')
Lucas Wallmark

Défenseurs :
Staffan Kronwall (C) - Patrik Hersley (2')
Erik Gustafsson - Jonas Junland (+1)
Daniel Rahimi (+2, 4'+10') - Jonas Ahnelöv (+3)
Tom Nilsson

Gardien :
Viktor Fasth

Remplaçant : Markus Svensson (G).