France - Italie (tournoi EIHC de Katowice)

Ce n'est pas vraiment l'équipe d'Italie qu'affronte l'équipe de France dans ce match, c'est plutôt une sélection du championnat italien. Cela a souvent été la même chose vu la faible propension des joueurs transalpins à l'expatriation... Mais il faut désormais compter tout le club de Bolzano comme évoluant à l'étranger, et donc soumis au calendrier de la ligue autrichienne, qui n'observe pas la trêve de décembre.

L'Italie a un certain impératif à se regrouper, car dans deux mois, elle jouera un premier tournoi de qualification olympique, et elle n'aura d'autre occasion de s'y préparer que cette manche d'EIHC (précédée d'un stage de trois jours qu'elle a organisée en République Tchèque). Tant pis s'il faut donc évoluer sans les "Bolzanini", sans les deux joueurs de DEL (Alex Trivellato et Joachim Ramoser) et aussi sans Andreas Bernard, le gardien qui évolue en Finlande. En effet, la Liiga a une trêve décalée, qui dure jusqu'à Noël. Certains ont joué jusqu'au mercredi (dont les Français Auvitu et Guttig), d'autres lundi (dont Bernard et les Français Bertrand et Da Costa). Participer à un tournoi international commençant le jeudi est impossible dans le premier cas, délicat dans le second.

DA COSTA Teddy 140517 373Un seul "Finlandais" est donc présent, Teddy Da Costa. Forcément, ce tournoi lui tient à coeur, organisé dans le pays d'origine de sa mère (la Pologne) où il a évolué plusieurs années. Il a joué neuf minutes lundi sur la quatrième ligne des Pelicans, et a été ménagé par le staff tricolore le jeudi pour être fin prêt à prendre place sur la première ligne lors de ce deuxième match.

Da Costa va de fait jouer un rôle décisif dans ce match mal engagé. Les débuts en équipe de France de Sebastian Ylönen - fils de Petri Ylönen qui fut le gardien des Bleux aux Jeux olympiques d'Albertville - pouvaient en effet difficilement plus mal se passer : après dix secondes de jeu, il est battu par un tir de Martin Castlunger ! Le tout jeune capitaine de Fassa fête ainsi de la meilleure manière ses 22 ans, par son deuxième but en équipe nationale. Il avait en effet déjà ouvert le score dans une victoire contre le Japon en novembre, alors qu'il avait été appelé au dernier moment en sélection depuis la liste des remplaçants. Le choix de Stefan Mair d'intégrer les hommes en forme du championnat semble payant : Jari Monferone, meilleur marqueur de série A2 la saison passée avec Alleghe et prêté cette saison à Fassa où il retrouve la première division, inscrit son premier but en sélection sur une passe transversale d'Armin Helfer, un des rares vétérans de ces Azzurri rajeunis.

2-0 pour l'Italie : cette mauvaise surprise dure moins d'une minute. Les cadres bleus mènent une attaque rapide, et Sacha Treille décale Teddy Da Costa qui réduit le score. Sebastian Ylönen remporte son face-à-face avec Andergassen et montre qu'il est désormais entré dans son match.

Tout est donc réuni pour que l'équipe de France refasse son retard, mais sa domination dans le deuxième tiers-temps reste vaine. Sa seule infériorité numérique est cependant annulée par une faute de Castlunger, et pendant la courte phase d'une minute d'avantage numérique qui suit, Florian Chakiachvili oblige Thomas Tragust à un arrêt difficile.

En début de troisième période, les Français prennent plus de risques. Marco Magnabosco intercepte ainsi une relance et se retrouve face à Ylönen, qui a repris confiance et remporte ce duel. Le salut des Bleus arrive... en infériorité numérique. Jordann Perret, spécialiste des échappées dans cette configuration de jeu avec Grenoble, les concrétise rarement, il y parvient cependant ce soir pour égaliser. La fin de match est ensuite équilibrée, chacune des équipes essayant de s'assurer la victoire.

Les cinq minutes de prolongation semblent acheminer les deux formations tout droit vers les tirs au but. Il reste dix-sept secondes quand Stefano Marchetti est sanctionné pour faire trébucher. Quand les Italiens remportent la mise au jeu et dégagent le palet dans la zone adverse, on se dit que c'est fini... Mais les Français repartent de l'avant et Teddy Da Costa expédie un slap gagnant dans la lucarne droite à quatre secondes de la sirène ! Le Franco-Polonais, salué comme iol se doit par ses coéquipiers, est bien le héros du soir.

Désignés joueurs du match : Teddy Da Costa pour la France et Thomas Tragust pour l'Italie.

 

France - Italie 3-2 après prolongation (1-2, 0-0, 1-0, 1-0)
Vendredi 18 décembre 2015 à 19h30 à Katowice. 130 spectateurs.
Arbitrage de Maciej Pachucki et Michal Baca (POL) assistés de Marcin Polak et Wiktor Zien (POL).
Pénalités : France 8' (2', 2', 4', 0') ; Italie 6' (0', 2', 2', 2').
Tirs : France 40 (11, 14, 10, 5) ; Italie 22 (4, 4, 11, 3).

Évolution du score :
0-1 à 00'10" : Castlunger assisté de Kostner et Helfer
0-2 à 16'12" : Monferone assisté de Gilmozzi et Magnabosco
1-2 à 17'04" : Da Costa assisté de Lampérier et S. Treille
2-2 à 43'45" : Perret assisté de Beron (inf. num.)
3-2 à 64'56" : Da Costa assisté de Chakiachvili et S. Treille (sup. num.)


France (2' de banc mineur)

Attaquants :
Loïc Lampérier - Teddy Da Costa - Sacha Treille
Peter Valier - Eliot Berthon - Anthony Rech
Jordann Perret - Brian Henderson - Vincent Kara (-1)
Florian Douay (4') - Damien Raux - Mathieu Briand
Fabien Kazarine

Défenseurs :
Kévin Hecquefeuille (-1) - Florian Chakiachvili (-1, 2')
Teddy Trabichet - Grégory Beron (+1)
Aziz Baazzi - Aurélien Dorey (-1)
Léo Guillemain (+2)

Gardien :
Sebastian Ylönen

Remplaçant : Cristobal Huet (G). En réserve : Jonathan Janil, Yorick Treille, Nicolas Ritz.

Italie

Attaquants :
Mirco Presti (+1) - Simon Kostner (+1) - Martin Castlunger (+1, 2')
Federico Gilmozzi (+1) - Jari Monferone (+1) - Peter Wunderer (+1, 2')
Michele Marchetti (-1) - Raphael Andergassen (-1) - Marco Magnabosco
Viktor Schweitzer (-1) - Fabrizio Pace (-1) - Riccardo Lacedelli (-1)

Défenseurs :
Armin Helfer - Stefano Marchetti (-1, 2')
Richard Crowley (-1) - Alex Gellert (+1)
Andrea Schina (+1) - Lorenzo Casetti
Daniel Glira

Gardien :
Thomas Tragust

Remplaçant : Alex Caffi (G).